Rénovation, refondation, rupture... Les termes utilisés par les candidats à la présidentielle pour nous promettre un avenir fondamentalement différent foisonnent ...
Notre société contemporaine semble pourtant connaître justement quelques difficultés à réinterroger réellement ses propres fondements. La question de la « Nation » évoquée pourtant récemment dans le débat présidentiel en est l’illustration pour ce qui est de la question politique.
Identité nationale et immigration... Deux mots soudainement associés au cours de cette campagne présidentielle. Et un thème, la Nation, qui a été à partir de là développé mais finalement de façon très superficielle par les deux candidats en tête dans les sondages. Pour en arriver aux « drapeaux à la fenêtre »... Mais la Nation mérite mieux que des effets d’annonce qui peuvent, surtout lorsqu’ils sont lancés sur un sujet aussi fondamental et sensible que celui-ci, être dangereux. On ne joue pas impunément avec la Nation disait il y a quelques jours Jean-Michel Apathie. Tous les mots doivent être pesés.
Pourtant le sujet est extraordinairement intéressant et fondamental s’il est présenté de façon dépassionnée et non partisane : Quelles sont aujourd’hui les valeurs de la France ? Quel est son projet de société ? Et c’est là qu’on peut aborder la question de l’immigration qui (n’)est (qu)’un aspect de notre projet de société. Comment traitons-nous la question de l’immigration ? Est-ce logique et humainement satisfaisant de scolariser des enfants et de les renvoyer dans leur pays d’origine du jour au lendemain ?... Quelle est la place de la France ou quelle devrait être sa place dans le monde ? Quelle Europe voulons-nous ?... Voilà des questions auxquelles nous devrions tous, citoyens français, réfléchir et être fréquemment invités par nos politiques à débattre collectivement. La campagne électorale démontre actuellement qu’il est possible de papillonner d’un sujet à l’autre et de les évoquer quasiment tous sans revisiter de fond en comble un seul des fondements de notre démocratie !
Il est également un thème pour lequel nous avons un respect démesuré et frileux, un sujet qui ressemble à une marmite dont on ne voudrait surtout pas soulever le couvercle :
On sait déjà que la famille peut être défaillante. Et qu’ainsi s’en tenir au rôle de la famille pour éduquer, c’est aller à contresens de l’égalité des chances, thème pourtant à la mode aujourd’hui. L’Ecole - et de façon plus général l’Etat car l’éducation ne passe pas forcément uniquement par l’école - ne devraient-ils pas avoir clairement pour objectif de pallier le plus possible les carences éducatives des familles ? Et donc ne pas se cantonner à une mission d’instruction (connaissances techniques : savoir et savoir faire) mais bien aller jusqu’à proposer une mission d’éducation (au savoir être) dans des domaines variés (éducation à la citoyenneté, à la psychologie, éducation sexuelle, civique, culturelle, philosophique...) à l’ensemble des élèves en leur délivrant les bases pour leur permettre de devenir des citoyens autonomes et indépendants.
La famille est aussi parfois destructrice. Ceux qui sacrifient leur vie à leurs parents sont encore nombreux aujourd’hui. Parce que tous les parents destructeurs ne sont pas en prison, loin de là... Il n’y a pas forcément besoin d’aller jusqu’à violer ou frapper son enfant pour lui infliger de graves séquelles. Quid des parents hyper possessifs, de ceux qui rabaissent et dévalorisent leurs enfants en permanence ? Les conséquences sont diverses : manque de confiance en soi et haine de soi (tout ce qu’a pu faire l’enfant n’a jamais été jugé assez bien par ses parents ; ce que l’enfant voulait faire de sa vie n’a jamais été jugé bien ou sérieux par ses parents), incapacité d’aimer, peur de l’engagement... Les dégâts sont d’autant plus importants que l’enfant se ment à lui-même pour respecter le fameux « quatrième commandement », chef d’œuvre de modernité : « tu honoreras ton père et ta père ». L’enfant devenu adulte aime alors ses parents pour qu’ils lui donnent un jour l’amour qu’il n’a jamais eu et aussi parce que
Car notre société est, après plus de deux millénaires, encore sous l’influence du quatrième commandement.
Depuis quelques années, au cours du mois de décembre, à l’approche de Noël, les débats sont de plus en plus nombreux sur le thème : faut-il laisser nos enfants croire au Père Noël, celui-ci n’étant finalement que la traduction d’un mensonge collectif. Cela revient à poser la question suivante : faut-il mentir à ses enfants ? Or, les comtes, les dessins animés, les histoires qu’on raconte à nos enfants le soir pour les endormir... Tout cela relève finalement de l’invention... Mais ce sont surtout des supports au service de l’entretien et du développement la part de rêve dont nous avons tous besoins, surtout à notre plus jeune âge. Aussi une fois le voile levé, le Père Noël laisse plutôt de bons souvenirs : l’euphorie du réveil le 25 décembre matin, les cadeaux au pied d’un sapin qui brille de mille feux...
En décembre dernier sortait par ailleurs la comédie musicale « Le Soldat Rose ». Un grand succès en terme de vente et de retombées commerciales et médiatiques. Alors que les débats « pour ou contre le Père Noël » allaient bon train, on ne s’est pas vraiment étendu sur les messages proposés par cette œuvre qui aura été et va continuer à être écoutée par des centaines de milliers d’enfants... Il n’a pas été relevé par exemple que l’une des chansons n’était finalement que la simple et incontestable survivance du quatrième commandement. « Tu honoreras ton père et ta mère » est simplement devenu « Il n’y a pas de bonheur plus grand que d’être dans les bras de ses parents, il n’y a pas plus réconfortant qu’un papa une maman... ». Comment l’ont vécu, comment vont le vivre les enfants dont les parents ne les prennent jamais dans leurs bras, ceux qui ne sont pas heureux quand ils se trouvent dans les bras de leurs parents ?... Ceux-là ne culpabiliseront-ils pas encore d’avantage, n’auront-ils pas tendance à croire qu’ils sont responsables de la situation qui les rend déjà malheureux si la société elle-même délivre massivement ce type de message erroné et simplificateur à l’extrême. Raconter des histoires - légendes, mythes et autres inventions, - ce n’est finalement que mentir sur
Il est de la responsabilité de chacun de réinterroger les principes fondateurs de notre société, surtout lorsqu’ils vont à l’encontre des intérêts des plus faibles d’entre nous.
Nicolas Froissard
Deux ouvrages pour aller plus loin :
- « Notre corps ne ment jamais » de Alice Miller, Flammarion.
- « N’y a-t-il pas d’amour heureux ? » de Guy Corneau, J’ai lu bien-être

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" Deux ouvrages pour aller plus loin".... Pour aller ou ????
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