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Féria

Du Minotaure, monstre à tête de taureau enfermé pour qu'il ne puisse plus se manifester à la conscience, et qui symbolise un état psychique et la domination perverse de Minos, (désir injuste, faute), refoulés et cachés, dans l'inconscient du labyrinthe ou dans le labyrinthe de l'inconscient ; du mythe de Mithra, Dieu des religions à mystères, représenté sous la forme d'un héros égorgeant un taureau, le premier vivant dont le sang répandu donnera naissance aux végétaux et aux animaux et dont le symbolisme de l'alternance cyclique de la mort et de la résurrection est l'unité permanente du principe de vie, la mort est inséparable de la vie.

Depuis plus de trois mille ans avant notre ère, le taureau est une bête altière à la fougue indomptable, symbole de l'esprit mâle et combatif, des puissances élémentaires du sang.

En Asie, le taureau noir est rattaché à la mort, c'est un animal primordial.

Dans la symbolique analytique de Jung, le sacrifice du taureau représente le désir d'une vie de l'esprit qui permettrait à l'homme de triompher de ses passions animales primitives et qui, après une cérémonie d'initiation, lui donnerait la paix.

Le taureau est la force incontrôlée sur laquelle une personne évoluée tend à exercer sa maîtrise.

En Inde, le taureau se rattache au complexe symbolique de la fécondité ; il figure l'énergie sexuelle, le taureau que chevauche Çiva est dominé pour transmuer cette énergie en vue de son utilisation spiritualisante...

Nous sommes dans le mythe du héros, le plus connu et le plus répandu, dans toutes les civilisations de tous les temps.

Du Minotaure donc à la côte de bœuf charolais rôti à votre souhait sur une braise de souches de vignes ou dans la poêle Tefal compatible avec votre plaque...à induction nucléaire... quel est le lien ?

Ce lien pourrait être la corrida.

L'habit de lumière, le rite de l'habillage, le sacrifice du taureau, sont un archaïsme ?

Au cas où vous ne le sauriez pas, tout sacrifice se passe en public, au cours d'une fête et quelque soit la civilisation concernée, les sacrifices ont toujours existé ; certes notre société s'est coupée de toutes attaches irrationnelles assumées et partagées, mais ce n'est en rien un progrès puisque le problème subsiste dans le cœur de l'homme qui ne fait que l'occulter !

Dans toutes les sociétés évoluées qui ont précédé la nôtre, là où l'homme avait l'humilité de sentir son appartenance au Tout, la mise à mort d'un animal pour se nourrir se faisait en public et la fête autour de ce moment était une reconnaissance rendue à l'animal.

Le taureau de boucherie est abattu, comme on arrache une carotte, pour nourrir l'humanité qui en a les moyens : ça c'est moderne (donc mieux). Inutile d'ajouter qu'aujourd'hui, les élevages en batteries et les abattoirs sont des lieux secrets où aucun regard extérieur n'est admis.

Mais mes contemporains haïssent, par défaut, le lien.

Tout lien.

Ils se veulent libres ! Sans frontières, sans racines, sans culture, sans ancrage d'aucune sorte.

Du passé faisons table rase : nous ne naissons de rien et nous allons nulle part ; tout le reste pour eux est obsolète, obscurantisme voire barbarie.

Tout ce qui est chargé de sens, de symboles, d'histoire leur est étranger.

Et ces gens-là aimeraient bien faire la loi, mener le monde à leur image.

Si les choses évoluent avec les sociétés, l'homme ne pourra jamais faire l'impasse à son inconscient : il tente de le faire aujourd'hui et l'on voit de quelle société élaborée il est capable !

Car l'homme n'a pas vocation à s'extraire du Grand Tout ni mission de le réduire en le dominant.

Sans ses origines, son passé, l'infime présence éphémère de sa petite existence, fut-elle luxueuse, est vaine. Vaine d'autant plus qu'elle ignore ou occulte le plongeon dans les abîmes de son inconscient, les abysses de la magie, le lien à ce qu'il ne maîtrise pas.

La Féria.

La Féria, des vendanges, de Pentecôte, dans les arènes de Nîmes, mais aussi dans la rue, dans les bodegas improvisées dans des garages, la Féria de Pâques à Arles ou de l'Ascension à Alès, même vécue par la plupart comme une énorme beuverie avec spectacles de rue, musiques et peñas ou comme un spectacle où l'argent est devenu roi pour des snobs qui n'y comprennent rien, reste pour certains le moment de célébration de l'appartenance au monde, cette connaissance ésotérique, ou simplement une immersion dans l'inconscient collectif, qui se révèle là.

L'homme et la nature, et son besoin inchangé de s'y mesurer.

C'est, me semble-t-il, la seule survivance d'une confrontation d'égal à égal ; contenus dans cette égalité, l'intelligence, le mental et les aides de l'homme.(1)

C'est une parenthèse dans ce monde qui va à vau- l'eau, à cause d'une prétendue omnipotence de l'homme sur sa planète dont il n'est en réalité qu'un hôte irrespectueux et destructeur.

Une attache en quelque sorte, un retour à un défi plus profond, primordial.

La parade qui consiste à mettre toute son énergie pour en obtenir l'interdiction, est un paravent ou une fuite loin de ce que l'on ne comprend pas et que, regardant du petit côté de la lorgnette, on juge hâtivement, cruel et barbare.

Certes il y a du sang, certes, il y a la mort, mais le sang et la mort ne sont pas perversion mais nature. Quelle facilité de se fixer sur ce combat singulier alors que toutes les barbaries, toutes les destructions ont lieu ailleurs.(2)

L'élevage du taureau brave est un élevage au même titre qu'un élevage de Salers, d'Aubrac ou de Charolais !

Une bête de combat, une bête qui combat quand elle est acculée, souffre plus de stress dans le camion qui l'emmène vers la mort, dans la prescience de son destin, dans l'odeur, dans la soumission forcée, la contrainte, l'attache ; mais pour les hommes qui sont prêts à avaler n'importe quelle substance pour fuir le réel, cette fin paraît moins douloureuse.

La seule idée du sang, la seule idée de la mort les remplit de terreur. Et ils ont si peur qu'ils voudraient ne plus la savoir exister car cette existence même leur est insupportable.

On pourrait aussi, et pourquoi pas, projeter qu'un être qui est fait pour combattre et à qui l'on interdit le combat, dont on ferait disparaître l'espèce parce que le combat heurte la sensibilité des citadins contemporains, est un être sacrifié sur l'autel de la pusillanimité ambiante !

Il ne faudrait pas que la superficialité et la douce hypocrisie de notre monde matérialiste gagnent...

Ces élevages donc sont les meilleurs qui soient (3), le troupeau vit dans des espaces immenses, sous le regard attentif du mayoral ; vers trois ans, les vaches sont « testées » au cours des « tientas » : les meilleures seront gardées pour la reproduction.

Le « sémental », lui, sera choisi pour son comportement dans le troupeau et sa conformation, ses capacités pourront être évaluées au cours d'une tienta spéciale où il n'aura en face de lui, et pour quelques instants seulement, qu'un homme traînant une branche d'olivier.

On devine pourquoi un taureau ne peut être toréé avant la corrida.

Le taureau a, dans son instinct, le combat : il combat pour sa suprématie ou quand il est acculé.

Ils sont transportés dans le courant de leur cinquième année ( un âge ou cinq générations de charolais ont été depuis longtemps mangés et digérés) dans des camions dignes de ceux qui transportent nos chevaux de course. Pendant une semaine avant la corrida, ils restent dans les corrales, à l'extérieur de la ville, où le mayoral en prend soin.

Les taureaux ne sont jamais touchés avant leur sortie dans l'arène ! De nombreux bruits ont circulé sur des meurtrissures faites à leur combativité ! Il n'en est rien.

Un taureau sort neuf dans l'arène, et s'il ne va pas au picador, c'est neuf que le torero le combattra.

Cependant, les taureaux mansos ne font pas montre de bravoure, il sont donc très dangereux parce qu' ils fuient le combat : on lui plantera des banderilles noires, au fer plus large.

« Face à de tels taureaux, l'homme est sans recours : le torero a besoin de la charge destructrice de l'animal parce que c'est le matériau qu'il modèle. Comme la gravité résiste au danseur ou le métal au sculpteur, le taureau résiste au torero. L'art du torero consiste à dévier l'agressivité de l'animal sur le leurre et la détourner à son profit pour créer des formes, belles si possible. » ( « La fête, l'art et le rite » Mireille Lagier-Ayma)

Le taureau est nu : il n'a que son instinct, sa force, sa détermination.

L'homme est nu, il n'a que ses banderilles ( imaginez ce que sont les banderilles pour un taureau comparées aux cornes d'un rival au combat), son agilité et sa capacité d'anticipation.

Il changera sa cape contre la muleta qui cache l'épée du... meurtre, si vous voulez.

Certains préfèrent l'abattage hypocrite... certains préfèrent la trahison.

Certains préfèrent vivre libres et mourir au combat, d'autres préfèrent vivres aliénés et mourir sans le voir.

On ne peut rien contre cela.

Le rejoneador à cheval, le toreador à pied, les peones, le picador, les chevaux... tout un code de comportement, une noblesse de l'agir, des actes justes qu'il faut connaître pour y porter le regard juste.

Certains préfèrent les corridas portugaises ; sans doute ignorent-ils que le taureau est lâchement assassiné dès qu'il rentre dans le toril. Ou alors, se moquent-ils de sa mort puisqu'ils ne la voient pas !

La corrida est un ésotérisme ; le profane n'y voit rien.

Et j'ai idée que la haine qu'elle suscite vient de beaucoup plus loin qu'un bon sentiment.

Ce qui se passe dans une arène défie la raison du philosophe ; ce qui se passe dans une arène remue l'homme depuis qu'il est homme et révèle une question inconnue qu'il n'a jamais résolue.

Le jeu du torero avec la vie avec la mort rappelle nos jeux avec la vie avec la mort, notre animalité, nos forces obscures ou lumineuses, nos faiblesses et nos peurs, nos dieux et nos démons.

Le torero est un artiste interprète qui se confronte à tout ce qui nous taraude depuis des millénaires, la sauvagerie, la puissance et ses défis, l'art et la mort.

Il porte nos lumières, il porte nos zones d'ombre.

Ce qui se passe dans une arène touche en nous des lieux profonds qui nous fascinent et nous effraient et que nous occultons ; ce peut être perversion, sublimation ou simple relation prosaïque à la chair et au sang.

Il existe mille regards qui sont mille reflets de nous-mêmes, ou notre regard à mille.

Combattre cette vérité incontournable est dérisoire.

Notre fascination pour la mort exposée- même enfouie, même refoulée- pour le combat, est notre peur, notre honte et nous les possédons ; alors l'artiste est là qui incarne tous nos impossibles.

Il se peut que l'artiste n'ait pas de génie ; il arrive que l'artiste n'ait pas de talent mais quoi que l'on soit face à cette réalité, on n'empêche pas cette réalité.

Certes celui qui est convaincu que son chat est heureux, peluche, castré, qui mange des pâtées et qui dort sur de la soie, ne peut pas comprendre ce qui se passe dans une arène.

Ni celui qui s'est garanti de toutes les aventures, assurés contre tous les risques, préservé de tous les inconnus.

Celui qui se croit supérieur, par sa culture, son savoir, son intelligence ou son argent, au dessus de ces pauvres combats primaires, ne comprend rien parce qu'il ne s'en échappe que par l'ignorance de cette ambivalence.

Le citadin moderne ne sait plus que la vie, non seulement son irraisonnable beauté mais encore son essence sont la précarité, le désir et l'effort.

La richesse et la gloire du torero n'empêche nullement sa promiscuité du symbolique, du divin et de l'instinct.

(Sorti de l'arène, l'homme qui, pendant une heure a combattu ses taureaux, portant son habit de lumière comme un artiste, c'est-à-dire comme lien entre le divin et l'humain, comme vecteur du sacré, dans un sens beaucoup plus profond que celui que la société moderne donne à l'artiste, cet homme devient un citoyen qui peut donner son cachet pour une cause humanitaire ou une catastrophe...)

Et si la barbarie subsiste dans le cœur de l'homme, ce qui semble ne faire aucun doute, autant qu'elle soit hissée au niveau de l'art et du génie, qu'elle soit sublimée.

Cependant, la barbarie : « il n'y a rien de barbare et de sauvage en cette nation...sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage. » (Montaigne) et la cruauté- qui impliquent perversité, irresponsabilité, abus de pouvoir, manque d'ampleur dans le regard que l'on porte sur les choses et absence de regard sur ses actes- ne sont-elles pas filles d'une peur honteuse que l'on défoule ?

Rien de tout cela dans la corrida, dans ce combat qui demande maîtrise et où la peur est dépassée.

« Lui (le toro) ne pense pas, sa force pense pour lui, c'est un guerrier, un combattant, et moi, je suis fragile. Je n'ai rêvé pour lui et moi que de choses délicates, de lenteur, d'harmonie et de beauté ; et je suis là dans l'attente d'une violence sans pitié qui me tourmente, car nous allons nous tuer. »

(Alain Montcouquiol : Fumeur de Souvenirs)

Nous faisons grand cas de la mort dans nos discours frileux mais le moindre aperçu des réalités de notre monde nous prouve à quel point l'hypocrisie et la mauvaise foi nous enferment.

Quel est le prix de la vie.

Celui de la vie d'un taureau de corrida

celui de la vie d'un animal enchaîné que l'on traîne aux abattoirs

celui de la vie de l'araignée que l'homme écrabouille pour le confort de sa phobique moitié

celui de la vie de la couleuvre

le prix de la mienne ?

  1. Les aides, en équitation, sont tout ce que le cavalier utilise pour guider ou freiner son cheval : le mors, les rênes, la cravache,etc.

    Ici, les banderilles, l'épée,etc.

  2. Au cours de la temporada 2012 ( et pour ne parler que de taureaux !) il y a eu environ 500 taureaux tués, y compris les novillades, les corridas de rejon et portugaises.

    En comparaison, plusieurs milliers de porcs sont tués chaque semaine dans un seul abattoir de Bretagne !

  3. Je précise que je ne parle que de la corrida « dans son essence », actualisée dans le combat d'un homme supérieur, c'est-à-dire, non seulement technique et gracieux mais encore lien entre toutes les strates de l'humanité évoquées.

    Il y en a, il y en a toujours eu ; mais de plus en plus, et malheureusement, de mauvais spectacles fleurissent.

    Le public aussi se doit d'être un public averti et exigeant, et à cet égard, je voudrais rompre l'ineptie qui consiste à dire que le goût du sang attire toute cette bandes d'abrutis ! Le public averti et exigeant rejette et hue le mauvais torero qui n'a pas su tuer son taureau, d'un seul coup d'épée donné au bon endroit et qui cause la mort de l'animal en moins d'une minute.

    Le public gracie le bon taureau brave qui a été bien toréé.

    Vous pensez ce que vous voulez du jugement de ce public, du droit qu'il s'octroie d'apprécier l'animal, l'homme et leur combat mais les vrais aficionados sont tout sauf des amateurs de boucherie.

    Quant à moi, je n'aime pas la corrida et, avant d'y être initiée, j'étais comme la plupart d'entre vous : sans rien en savoir, je la détestais.

    _L'élevage de taureaux braves est un élevage extensif, en grands troupeaux, dans des conditions aussi naturelles que possible dans notre monde actuel.

    Les vaches et les taureaux non sélectionnés, non remarqués, partent à la boucherie, comme de vulgaires charolais. Leur sort n'intéresse personne, aussi ne m'y attarderai-je pas.

    _J'ai comme l'impression que les anti corrida détiennent une vérité et se comportent à l'égard des aficionados comme le clergé chez les sauvages qu'il voulait mater. Ces sauvages qui, leur semble-t-il, se rueraient avec autant de passion pour assister à la première exécution publique venue, comme il était de bon goût de le faire au XIXe siècle. Des amoureux du sang, du sadisme.

    Il n'y a rien de tel chez les aficionados.

    Les anti corrida me révèlent leur béance, leurs lacunes, leur sensiblerie et la violence et la haine qu'ils expriment au cours de leurs manifestations, me donne raison.

...

« On compare souvent la corrida à la tragédie : le taureau y est confronté à un destin tragique, les trois tercios le précipitent vers une mort inexorable. Il lutte, mais, comme dans la tragédie grecque, tout le monde sait qu'il ne peut pas se sauver. Jean Cocteau a parlé du « destin iphigénique »du taureau dans la corrida. Second protagoniste de la tragédie, le torero est aussi confronté à un destin tragique : les trois tercios le précipitent chaque fois plus près de la mort qu'incarne le taureau, il se sauve au moment même où il se rapproche le plus de ce destin, au « moment de la vérité », l'estocade. Enfin, le public de la corrida s'y exprime et son intervention fait partie intégrante du spectacle, c'est le troisième protagoniste de la tragédie antique : le choeur. » « ( Mireille Lagier-Ayma)

Les aficionados savent que la corrida mourra de corruption, de fric et autres entourloupes : alors ! Du calme !!!

Remerciements à mes ami(e)s des arènes de Nîmes pour les précisions, les corrections et la patience qu'ils(elles) ont apportées à ce texte.


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79 réactions à cet article    


  • Romain Desbois 26 septembre 2012 10:18

    Alinéa Vous révélez là tout l’obscurantisme qui entoure le sadisme que vous défendez (vous aviez menti autrefois lorsque vous disiez ne pas défendre la corrida).

    Justifier une horreur par l’existence des autres.

    Vous avez raison, regrettons le temps de la Saint Jean où l’on brûlait vifs des chats.

    Si la souffrance et la mort de l’anormal n’est pas ce que demande et plait aux amateurs, pourquoi alors le faire ?

    Mais vu que avez le culot de dire dans un commentaire sur un autre article que le taureau est consentant, je crois que vous aurez du mal à passer pour quelqu’un de sérieux.


    • Romain Desbois 26 septembre 2012 10:27

      la mort de l’animal

      Pardon :J’ai un bug dans mon correcteur automatique


    • alinea Alinea 26 septembre 2012 10:59

      Romain Desbois : consentant ne veut rien dire pour un animal ! Tous les animaux domestiques sont consentants : les chiens battus, abandonnés, les chevaux maltraités, etc.
      Je ne défends pas la corrida, je tente en trois pages de l’expliquer, ce qui est tout à fait différent ! Il me semble que quand l’on comprend, les moeurs s’adoucissent !
      Je n’ai rien à vendre et n’ai envie de convaincre personne ; juste apporter de la nuance !


    • rosemar rosemar 26 septembre 2012 12:12

      Attention Romain :la mort de l’anormal :ce lapsus est peut être révélateur dans une société où tout doit être normalisé !!


    • Romain Desbois 26 septembre 2012 12:13

      consentir dans le sens : être d’accord, être volontaire pour....

      Vous dites vouloir expliquer alors que votre texte est truffé de considération contre ceux qui y sont opposés.

      Votre malhonnêteté intellectuelle n’a d’égal que votre pseudo supériorité spéciste.


    • alinea Alinea 26 septembre 2012 12:13

      C’est exactement ça edelweiss ; le nouveau monde binaire n’est pas le mien ; je constate la violence des anti-corrida et comme je me fais, ici seulement(!) l’avocate de la corrida, je la défends dans ce sens, mais ne suis pas, et loin de là, une afficionada !


    • Romain Desbois 26 septembre 2012 12:16

      si nous étions aussi violents qu’eux , il y a longtemps que nombre de toréros auraient les oreilles et la queue accrochées en bandoulière


    • LE CHAT LE CHAT 26 septembre 2012 11:16

      10 % des gens seulement à la corrida et 90% qui se biturent dans les bodégas , c’est ce qu’on a en général , heureusement qu’il y a Sam ! smiley


      • francesca2 francesca2 26 septembre 2012 11:43

        Certes il y a du sang, certes, il y a la mort, mais le sang et la mort ne sont pas perversion mais nature. 


        Tout le sophisme est là...bien sûr que non, un toreau qui agonise criblé de lances froufroutantes ce n’est pas la nature, c’est même tout le contraire de la nature. 

        Nous faisons grand cas de la mort dans nos discours frileux mais le moindre aperçu des réalités de notre monde nous prouve à quel point l’hypocrisie et la mauvaise foi nous enferment. 

        Des réalités ? Mais de quelles réalités vous parlez là ?? 
        C’est quoi cette suite de mots sans queue ni tête ? 

        • rosemar rosemar 26 septembre 2012 12:14

          Ben francesca 

          il ne vous est jamais arrivé de saigner ou de voir un animal blessé ou mourir ???

        • alinea Alinea 26 septembre 2012 12:16

          Vous n’avez donc aucune nouvelles du monde francesca ?
          Vous n’entendez pas sourdre la haine des uns contre les autres ? Des guerres, des attentats !!!
          ma phrase est très explicite mais avec présupposé : l’intelligence du lecteur.


        • francesca2 francesca2 26 septembre 2012 12:17

          Rosemar, vous le faites exprès ? 


        • francesca2 francesca2 26 septembre 2012 12:28

          Et c’est comme ça que vous justifiez la corrida ? Parce qu’il y a de la haine dans le monde et des attentas ? 


        • rosemar rosemar 26 septembre 2012 12:30

          exprès de raisonner ?francesca ? oui


        • francesca2 francesca2 26 septembre 2012 12:32

          Reprenons le paragraphe :


          Nous faisons grand cas de la mort dans nos discours frileux mais le moindre aperçu des réalités de notre monde nous prouve à quel point l’hypocrisie et la mauvaise foi nous enferment.

          Quel est le prix de la vie.

          Celui de la vie d’un taureau de corrida

          celui de la vie d’un animal enchaîné que l’on traîne aux abattoirs

          celui de la vie de l’araignée que l’homme écrabouille pour le confort de sa phobique moitié

          celui de la vie de la couleuvre

          le prix de la mienne ?

          qu’est-ce que ça a à voir avec la « haine dans le monde et les attentas » ça ?



        • alinea Alinea 26 septembre 2012 12:42

          Quel est le prix de la vie ?
          Dites-le moi ; d’un côté on fait perdurer des mourants ; de l’autre on torture et assassine des innocents !
          C’est juste selon les circonstances !
          Vous savez, moi je suis de la Bouvine : le jeu avec les taureaux ; et je sais que les taureaux aiment ça ; ils apprennent ce jeu en montrant beaucoup d’intelligence. Et je peux avouer que ça me comble de voir la bête aussi belle, souple et rapide ,bien que les conditions aujourd’hui de la course camarguaise sont entachées de corruption et que les beaux spectacles se font rares.


        • francesca2 francesca2 26 septembre 2012 12:50

           Et je peux avouer que ça me comble de voir la bête aussi belle, souple et rapide 


          C’est ce que je ne comprends pas Alinea, comment d’un côté pouvez- vous être éblouie par la beauté et l’intelligence d’un animal et d’un autre côté accepter de le voir agoniser et crever ensuite POUR RIEN. C’est ce que je n’arrive pas à comprendre.

        • alinea Alinea 26 septembre 2012 12:58

          Je ne saurais vous l’expliquer ; la seule chose que je peux dire c’est que je ne vais pas aux corridas mais je comprends la corrida.


        • francesca2 francesca2 26 septembre 2012 13:03

          Vous savez, c’est encore la réponse la plus honnête que j’ai eu d’un(e) pro corrida. 


        • alinea Alinea 26 septembre 2012 13:29

          francesa : peut-être parce qu’il y a des pro corrida qui l’aiment sans la comprendre ; je crois que les vrais aficionados l’aiment et la comprennent.


        • anarilca 26 septembre 2012 14:08

          Et bien Alinea ça prouve votre ouverture d’esprit et votre tolérance ce qui n’est pas d’usage dans ce genre de discussion. Je ne vais de toute façon pas polémiquer sur ce sujet toute la journée, je viens juste vous remercier pour votre article qui donne un peu de hauteur à ce débat. Tout comme vous je ne veux convaincre personne, je n’ai pas à me défendre d’aimer la corrida.


        • joletaxi 26 septembre 2012 11:46

          Et oui, difficile d’expliquer.
          D’ailleurs à quoi bon tenter d’expliquer, il n’y a rien à comprendre, rien de rationnel.

          Pour avoir fréquenté de nombreuses années le coin,j’en suis toujours aussi incapable d’analyser cet engouement pour le taureau.
          Cela doit être génétique.
          Comme les moustiques
          Le plus étonnant,c’est ’entendre parler d’art de la corrida.
          Je vais regarder mon boucher désosser un quartier d’un autre oeil


          • rosemar rosemar 26 septembre 2012 12:16

            Je confirme cogno que c’est un des aspects de la féria mais ce n’est pas le seul :ce que vous dites est réducteur...


          • Romain Desbois 26 septembre 2012 12:19

            D’ailleurs l’auteure ne parle pas de féria mais seulement de corrida.
            Le titre est malhonnête.


          • alinea Alinea 26 septembre 2012 12:44

            Romain Desbois : mon article a mis quinze jours avant d’être publié ; je l’avais prévu pour la féria des vendanges à Nîmes.
            Ma malhonnêteté : c’est votre dernier argument ?


          • alinea Alinea 26 septembre 2012 13:55

            Romain Desbois : je mentionne que c’est aussi une beuverie, que la ville se change en bodega géante ; je n’ai rien de plus à dire sur cet aspect de la féria, que l’on retrouve dans toutes les fêtes votives !


          • anarilca 26 septembre 2012 14:11

            Juste parce que vous n’avez fréquenté que les bodegas, aux arènes ce n’est pas le même « public »


          • Romain Desbois 26 septembre 2012 20:49

            Alinéa

            Trois ou quatre lignes sur la féria et tout le reste sur la corrida et les anti-corridas !!!!!

            Que cet article soit passé en retard (d’ailleurs reproposé le 25) ne change rien puisque vous ne parlez pratiquement pas de la féria.

            Dommage d’ailleurs car c’est de plus en plus rare les endroits où l’on s’amuse.


          • alinea Alinea 26 septembre 2012 21:04

            Romain Desbois : je doute que vous vous amuseriez beaucoup vers deux heures du matin dans les rues de Nîmes, les soirs de féria !
            Il y a eu une époque ( où Bousquet était maire) où la féria se voulait culturelle ; il y a eut alors beaucoup de concerts de rues, de spectacles ; mais ce même Bousquet a apporté dans les arènes tous ses amis snobs parisiens qui se piquaient « d’aventure ».
            Il a bien dénaturé la corrida !
            Aujourd’hui, en exagérant à peine, tout part en vrille ; alors ne vous inquiétez pas...
            Les toros bravos partiront comme les autres, à l’abattoir vers cinq ou six mois ; non, plus vieux parce qu’ils ne seront peut-être pas piqués d’hormones, gardés au noir ; à un an, ils sentiront l’odeur de la mort sans pouvoir se battre !
            Si vous saviez comme cette image d’une bête contrainte me fait pleurer.
            À chacun sa sensibilité : la liberté, l’espace sont pour moi indispensables ; aussi, je fais des projections !


          • alinea Alinea 26 septembre 2012 21:20

            Romain Desbois : c’est peut-être aussi parce que je connais bien les taureaux et que je les aime assez pour préférer les voir combattants vaincus que bétail à l’abattoir. Puisqu’il n’y a pas d’autre d’alternative !


          • Romain Desbois 26 septembre 2012 21:50

            Mais c’est parce que votre esprit ne peut concevoir qu’un animal ne peut finir que des mains de l’homme.

            Ces toros peuvent être protégés, n’attendez pas qu’ils ne soient plus utiles à la corrida !

            Et pourquoi on ne les protègerait pas juste pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils nous apportent.

            Et là vous aurez toutes les associations de protection animale avec vous !

            Tiens voici quelque chose qui devrait te réconforter :

            Fadjen, un amour de taureau



          • alinea Alinea 26 septembre 2012 21:54

            Vous vous foutez de ma gueule Romain Desbois ! Mon esprit conçoit, autant que le vôtre, soyez-en sûr, l’animal dans son espace : MAIS CELUI-CI N’EXISTE PLUS !
            Cela, ce n’est pas une conception ! c’est une réalité.
            Et, comme je ne suis ni psychopathe ni new age mais au contraire une femmes très saine de corps et d’eprit, j’arrive à voir le réel !


          • alinea Alinea 26 septembre 2012 22:01

            Je comprends mieux Romain Desbois : nostalgie du paradis ; mais voyez-vous, pour moi, donner du grain à un taureau, ce n’est pas le paradis ; c’est l’aliénation.
            Mes taureaux, je les ai aimés sauvages : ça vous dit quelque chose ?
            Des animaux qui n’ont pas besoin de ce putain d’homme ! avec ses bons sentiments dégoulinants ; non, la bête,pour elle-même.
            Et je n’ai jamais fait chier mes taureaux ; mais j’ai dansé avec eux ; Pour avoir une idée de l’amour que je leur porte ; lisez « Histoire d’amours » que j’ai dû mettre en modé en juin, peut-être !


          • Romain Desbois 26 septembre 2012 22:37

            Une fête de sauvages comme vous devez les aimer chère Alinéa smiley


          • Romain Desbois 26 septembre 2012 22:49

            Alinéa

            Purée, tu commences à m’emmerder. J’essaie d’être sympa parceque tu m’as touché en disant que tu en pleures de savoir qu’ils finiront aux abattoirs si on interdit les corridas. Je t’envoie des vidéos sympas pour te prouver que l’on peut aussi avoir un autre rapport avec l’animal qui ne finira pas par un meurtre et toi tu me chies dessus ?

            Tu veux que je te dise ? Va-te faire foutre connasse !!!!

            c’est assez sauvage ?


          • Celtien 26 septembre 2012 15:15
            Les sociétés évoluées se distinguent notamment des groupes primitifs en ce qu’elles sont capables de sublimer. Ainsi les sacrifices rituels, pour ceux qui en éprouvent le besoin, sont désormais accomplis de manière symbolique. Ils n’exigent plus le sang répandu, animal ou humain. Et depuis des siècles, cette pratique « adoucie » remplit parfaitement la fonction attendue. Certains semblent restés à l’écart de cette évolution ; on les retrouve, entre autres, chez les adeptes de messes noires ou parmi les laudateurs de la corrida. Ils ne sauraient se contenter de sacrifices « symboliques » ; il leur faut décapiter, égorger, étriper en toute solennité. « Faut que ça saigne » aurait chanté Boris Vian. Quelques uns de ceux-là ne peuvent manifestement pas s’extirper du premier degré, raisonnent en mode primaire avec des réflexes de primates. Est-ce pour justifier leur soif de sang qu’ils se gargarisent de formules incantatoires empreintes d’une religiosité d’opérette ? La plupart des aficionados n’en demandent pas tant et d’ailleurs ne se posent probablement pas de questions aussi métaphysiques. Beaucoup seront récupérables le jour où ils réaliseront simplement qu’une torture et une exécution érigées en spectacles sont des actes de barbarie, une pratique de régression qui plombe notre civilisation.


            • alinea Alinea 26 septembre 2012 15:57

              Je ne suis pas sûre d’être d’accord avec vous parce que le côté primitif de l’homme n’a pas été dépassé mais occulté, ce qui explique que la barbarie existe encore dans toutes les civilisations dites évoluées.
              Du reste, les sociétés primitives avec leurs rites et leurs sacrifices expiatoires ne se comportent pas- et ne se comportaient pas, autant que je sache, avec barbarie.
              La véritable évolution des sociétés humaines verra le jour quand le côté primaire de l’homme sera, d’abord accepté, puis sublimé. On en est loin !
              Du reste j’aimerais connaître les résultats d’une étude qui serait faite sur le comportement des primaires qui aiment la corrida, envers les leurs, envers les animaux. Peut-être rien de probant n’en sortirait, mais cela m’intéresserait.

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