• vendredi 10 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Fichiers à caractère pornographique et zoophile stockés sur (...)
11%
D'accord avec l'article ?
 
89%
(19 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Fichiers à caractère pornographique et zoophile stockés sur l’ordinateur du lieu de travail

C’est l’histoire de Monsieur X..., comme le mentionne très justement et fort à propos le document joint en pdf émanant de la Cour de cassation, décision de justice qui a été rendue par un arrêt du 8 décembre 2009.
Cette jurisprudence n’a pas beaucoup "buzzé" sur l’internet, et les médias en ont peu fait cas.

Petite revue de l’existant :
"Après huit années de bons et loyaux services, un technicien d’études et méthodes/dessinateur CAO avait été licencié de chez Peugeot Citroën en 2002. Sa faute ? Il avait « conservé sur son poste informatique des fichiers à caractère pornographique et zoophile ». PC Inpact
 
Le salarié a été convoqué à un entretien préalable au licenciement. Dans la lettre, ces lignes de l’employeur : « Le 26 juin 2002, lors d’un contrôle des postes informatiques en votre présence et celle d’un huissier de justice, nous avons découvert qu’à l’occasion de votre travail, vous aviez conservé sur le disque dur de votre poste informatique un fichier dénommé "enculade43.zip" contenant 60 images à caractère pornographique et constaté la présence de deux fichiers à caractère zoophile. » PC Inpact 
Le salarié a été licencié le 12 juillet 2002. 
Après avoir contesté son licenciement, le salarié a saisi le Conseil de Prud’hommes où il a succombé, puis a encore perdu devant la Cour d’Appel de Rennes ("la ville, pas l’animal homonyme" ajoute PC Inpact), au prétexte, dit la Cour d’Appel, que les fichiers étaient « ... à caractère pornographique attentatoire à la dignité humaine qui étaient enregistrés et conservés dans l’ordinateur, via un fichier archive non protégé, donc accessible par tout utilisateur. Cela « établit le détournement par le salarié du matériel mis à sa disposition » et une violation flagrante des règles de la vie de l’entreprise dictée par notes de service. 
La Cour (d’Appel) fera même état d’un risque « de favoriser un commerce illicite en portant atteinte à l’image de marque de l’employeur ».
Le salarié s’en pourvu en cassation. La Cour de cassation a censuré la Cour d’appel.

Legalis.net propose sur son site l’intégralité de l’arrêt du 8 décembre 2009 qui a cassé les jugements précédents. La Cour de cassation, considérant que la Cour d’Appel n’a pas recherché "... comme elle y était pourtant invitée, dans quelle mesure cette utilisation personnelle de l’ordinateur professionnel avait nui à la bonne qualité de la prestation de travail de Monsieur X...." a dit que "...la seule conservation sur son poste informatique de trois fichiers contenant des photos à caractère pornographique sans caractère délictueux ne constituait pas, en l’absence de constatation d’un usage abusif affectant son travail, un manquement du salarié aux obligations résultant de son contrat susceptible de justifier son licenciement ".
Traduction :  "... un fait relevant de la vie privée peut être sanctionné si l’employeur prouve la répercussion sur l’exécution du contrat de travail. Le régime est donc extensif, mais il faut prouver ". Actualités du droit.
Dans ce cas de figure, l’employeur ne l’a pas fait. " L’utilisation de l’outil informatique à des fins personnelles de façon limitée, sans aucune répercussion sur la bonne exécution de la prestation de travail, n’est pas fautif. Pour retenir la faute, il faudrait prouver dans quelle mesure cette utilisation personnelle de l’ordinateur professionnel a nui à la bonne qualité de la prestation de travail."Actualités du droit.
Il n’a pas échappé à The Site Oueb  que « ...cet arrêt intervient dans des conditions bien précises et par rapport à un motif de licenciement, et il n’en sera pas de même pour celui ou celle qui perd du temps à surfer sur Internet pendant les heures de travail et en profite pour y récupérer des fichiers, qu’ils soient douteux ou non. »
Nul doute que les règlements intérieurs vont connaître un regain d’intérêt.
La Chine aurait trouvé la parade : "Aujourd’hui la Chine  » nous l’indique : il y aura  « ... bientôt un logiciel anti-porno dans chaque ordinateur en Chine... Un logiciel bloquant les sites pornographiques sera installé dès cet été sur chaque ordinateur vendu en Chine. Le marché a été attribué à une firme chinoise. Les grands noms américains de l’informatique disent s’inquiéter pour les libertés... Des industriels américains se sont insurgés lundi contre cette mesure... La Chine compte le plus grand nombre d’internautes au monde, environ 300 millions."
Regardez, en haut à gauche de l’arrêt : il y est mentionné « Non publié au bulletin ».
Ils ont dû vouloir faire dans la dentelle.
 
Fichier attaché Taille
arret_Cour_de_Cassation_8_dec09.pdf 26.03 Ko
par Raphael JORNET (son site) lundi 11 janvier 2010 - 38 réactions
11%
D'accord avec l'article ?
 
89%
(19 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par mmarvin (xxx.xxx.xxx.168) 11 janvier 2010 12:55
    Mmarvinbear

    Faut apprendre à lire mon gars...

    On parle de fichiers zoophiles et non pédophiles.

    Si cela avait été le cas, le gars en question serait deja en taule, tu crois pas ?

  • Par ddacoudre (xxx.xxx.xxx.31) 11 janvier 2010 13:24

    bonjour jornet

    en droit ce compte rendu est pertinent, il soulève la confusion que peut commettre tout individus dans ses jugement sur la qualité du travail d’un autre ou se mêle, une analyse factuelle et une appréciation de mœurs subjective qui lui est propre.

    pour les bureaux de jugement, il semble qu’ils n’aient pas échappé à re "satanisation" par l’amalgame de mœurs qui met en commerce les fantasmes humains par nos produits technologiques.

    dans les années à venir nous aurons certainement d’autres soucis de cette nature car avec les nouveaux moyens d’imageries il est possible d’aller examiner les pensés d’un individus.

    entre les mains d’inquisiteurs qui se dessinent cela sera terrifiant. il faut faire la distinction entre le fantasme régulateur de tous nos enfouissements sociétal et les actes traumatiques qui peuvent en découler. dans une société soumise a la sous culture médiatique, l’absence de discernement d’où qu’il viennent pose de graves problèmes d’appréciations.

    cordialement.

  • Par Christoff_M (xxx.xxx.xxx.140) 12 janvier 2010 02:17
    Christoff_M

    le problème n’est meme pas la !!

    Du moment que vous faites votre boulot, votre employeur n’a pas à venir fouiller dans "vos affaires"...

    Ceci prouve, comme la loi Hadopi, qu’il y a une volonté dans les hautes sphères, et on voit bien le rôle pas anodin de Sarkozy la dessous, depuis son passage à l’Europe,

    Une volonté de ficher, de surveiller malsaine, une sorte de commérage et de flicage au boulot, qui dépasse les lois et le coté anecdotique, qui représente une glissade dangereuse...

    A quand les caméras dans les chiottes ???

  • Par xbrossard (xxx.xxx.xxx.3) 11 janvier 2010 10:54

    vous amalgamez tout pour arranger votre discours

    un point godwin spécial pédophilie pour vous

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox