De quelque domaine qu'il s'agisse, le discours officiel est affligeant.
D'une part, il prend les gens pour des cons ( et quelques fois ça marche), d'autre part, il sautille sur des parcelles de vérité comme si approfondir était un vice démodé.
Nul ne songe à déclarer que fumer est un pied que l'on prend par choix, sans conséquences, absolument sans effets sur la santé.
Figurez-vous : tous les jours, un boeing rempli de fumeurs tombe dans l'océan ! L'image ne dit pas si l'équipage fume aussi ou s'il se sacrifie.
Personne ne dit combien de semi-remorques de cartouches de cigarettes on a remplis, le jour de notre mort prématurée ! Ni ce qu'on pourrait faire de beau avec tout cet argent épargné !
A les entendre : Fumer tue, il semblerait que si l'on ne fumait point, on serait éternel !
Comme si l'État (1)se souciait de l'âge auquel on meurt !
À l'heure actuelle il semblerait pourtant opportun de mourir juste avant la retraite !
Comme si mourir du tabac coûtait plus cher aux contribuables que mourir de l'amiante, de la pollution, de l'alcoolisme, de la surbouf, de la malbouf, des accidents de la route, de la radioactivité, d'un boulot déglinguant : bref, le fumeur est le seul citoyen incivique car ne plus fumer dépend de lui, donc sa santé dépend de lui, donc il est responsable de ce qu'il nous coûte !
Et l'on pleure sa mort plus que toute autre.
Les autres non, qu'ils soient les morts ou les tueurs, ils baignent dans l'innocence.
Fumer est une dépendance ?
Qu'à cela ne tienne : parlons de dépendance.
Permettez moi de douter que l'État, donc le pouvoir, s'engage un jour ou l'autre, à lutter contre la dépendance. Car le pouvoir, soi-même, est une dépendance, une drogue.
(Je prends dépendance dans le sens d'aliénation, d'addiction et, bien sûr, pas la dépendance des autres à cause d'un handicap).
L'homme (ou la femme !) est assez veule pour être dépendant du tabac ? Oui.
De l'alcool ? Oui
Du jeu ? Oui
De vendre ses forces à des tueurs en série ? Oui.
D'être addicts au pouvoir ? Oui.
La dépendance, l'aliénation, la veulerie sont les conditions nécessaires et suffisantes à la survie du pouvoir ! Donc de l'État.
Dopés de sports, de l'attrait de l'argent, de la gloire, du look à la mode, de sexe, de perversions de toutes sortes, de l'image de soi, de l'histoire qu'on se raconte, de ses croyances, de ses convictions, de ses opinions, de ses certitudes : oui, oui, oui.
Ainsi, un État agirait pour libérer l'homme de ses dépendances ?
Un gouvernement, un pouvoir agirait pour se faire rejeter par des hommes enfin libres ?
De qui se moque-t-on ?
Les anarchistes les plus exigeants refusent le tabac et l'alcool : substances qui entravent, ne serait-ce que symboliquement, l'exercice de notre liberté.
Mais, si, par extraordinaire, un état, soudain, prenait en considération la santé de ses citoyens (!), qu'il interdise à l'instant, les élevages en batterie et sa cohorte d'antibiotiques, d'hormones, qu'il prenne aussi en considération la souffrance animale, s'il interdisait ses frontières aux produits de l'agro-alimentaire, aux O G M, s'il éradiquait l'industrie chimique et ses engrais, ses pesticides, ses désherbants, s'il interdisait l'agriculture intensive donc, et introduisait une agriculture vivrière, s'il cessait d'exploiter les pays d'Afrique et autres contrées colonisées par ses troupes, s'il fermait ses centrales nucléaires, s'il renonçait à ses armes nucléaires, à ses armes chimiques, à ses armes tout court, s'il édictait des lois qui suppriment l'overdose de stress au travail, s'il consultait le peuple pour chaque décisions importantes, s'il éduquait ce peuple autrement que le formater pour qu'il suive ou qu'il crève, s'il choisissait de permettre un mode de vie digne qui minimise au maximum les conditions de maladies, plutôt que de vendre des soins qui ne rapportent qu'aux industries pharmaceutiques, alors, je verrais d'un autre oeil cet état.
Je l'écouterais d'une autre oreille.
Et une fois tout ça accompli, il y aurait peut-être moins de problème de tabagisme.
Mais l'État ne survit que parce que l'homme est enchaîné !
Les chaînes des dirigeants à leur pouvoir et à leur fric.

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