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Fin de cession marseillaise

Cela faisait un an, quasiment jour pour jour, que je n’avais plus mis les pieds à Marseille, excepté un aller-retour express pour un RCT-USAP au Vélodrome. La dernière fois, c’était le 31 octobre 2009 précisément, au cinéma « Le Prado », là où il y avait encore une âme subsistant entre les murs et rideaux rouges grâce à Philippe Gutierrez. La même âme que j’essaie de retranscrire à Toulon via ma petite association culturelle. Désormais, il n’y a plus guère d’âme au Prado ni même à Marseille le long de ces rues commerçantes -puant le spleen moderne- comme celle de Saint-Ferréol où la fourmilière humaine se noie inconsciemment dans le consumérisme, le shopping compulsif, la camelote.
 
En ce mardi 2 novembre, en recherche constante de vérité, la curiosité m’avait décidé à prendre sur mon temps pour aller voir le fameux « Fin de concession » réalisé par Pierre Carles et dont la bande-annonce ajoutée aux commentaires élogieux de LLP laissaient présager le meilleur. Pourquoi à Marseille ? Parce que le cinéma marseillais « Variétés » fut le seul à diffuser ce film dans tout le sud-est (seulement quelques jours et une séance par jour). Je n’avais donc guère le choix.
 
Après avoir galéré dans d’interminables embouteillages dus à l’« intelligente » réduction de voies et à la multitude de feux tricolores, il me fallut slalomer entre diverses poubelles et ordures délaissées piteusement sur d’étroits trottoirs situés non loin de la Canebière. Après les embouteillages, le parking surtaxé, les rues pourries, le sandwich tout aussi dégueulasse vint la cerise sur cet « exquis » gâteau dans la file d’attente du cinéma :
-Votre attention s’il vous plaît. « Fin de concession » est annulé, la bobine est cassée. Il sera diffusé dans les prochains jours.
 
Ecoeuré et plutôt que de m’énerver, je ne pus m’empêcher d’ironiser instinctivement à la demoiselle en lui signifiant qu’elle n’était pas sérieuse, qu’elle blaguait. Et bien non figurez-vous. Le seul film à ne pas être diffusé de tous, ce fut « Fin de concession ». Comme par hasard. C’est vraiment pas de bol ! Le seul film qui dérange vraiment car pointant du doigt les connivences politico-médiatiques fut le seul à être déprogrammé. Et comme c’était la dernière séance, il va de soi qu’il ne sera pas rediffusé comme l’annonça précipitamment la demoiselle du cinéma. Tout ça pour une histoire de bobine… On ne me l’avait jamais faite celle-là.
 
La même bobine, cassée ou pas, qu’il serait utile de scotcher à la bouche de notre fumeuse oligarchie du Siècle le mercredi 24 novembre dès 19 h sur la place de la Concorde à Paris. Il serait tout aussi utile de se déplacer massivement pour leur dire, en toute franchise et sérénité, que nous ne sommes pas dupes de leurs manigances et basses manœuvres visant à censurer la vérité. Et être à chaque fois plus nombreux là où il faut et quand il le faut, puis faire tourner l’info afin que la majorité silencieuse -anesthésiée par les mass médias- se réveille enfin et se mobilise face aux vrais décideurs en faisant abstraction de ses divergences finalement secondaires (ethniques, sociales, idéologiques, religieuses voire culturelles), afin de cesser tout simplement d’être pris pour des cons.
 
 


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