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Fin de la retraite à 60 ans : si Sarkozy gagne, le pire est à venir

Acquis social majeur, dans la continuité des avancées sociales obtenues à la Libération, et des conquêtes sociales qui ont suivi, la retraite à 60 ans ne peut, ne doit, faire l’objet d’aucun compromis avec le pouvoir en place, qui en a fait un test politique majeur. Si, par malheur, la clique à Sarkozy parvient à démolir la retraite par répartition, la porte sera grande ouverte à toutes les dérives d’une politique ultralibérale acharnée, dirigée contre les petites gens et les classes moyennes. Politique qui se traduira par un dépeçage en règle de nos régimes de protection sociale - santé, retraite, chômage -, au profit d’intérêts privés. La défaite des salariés n’est, cette fois, pas permise.

Le gouvernement a dévoilé son projet de casse du régime de retraite, avec une attaque en règle du droit à la fin d’activité à 60 ans. L’heure de vérité entre les salariés, représentés par les syndicats, et le gouvernement d’extrême-droite de Sarkozy/Fillon est arrivée. Partisans et adversaires vont se compter. Une chose est certaine, cette réforme est sans fondement, comme la plupart des réformes initiées par ce gouvernement (je ne reviens pas sur les excellentes analyses et nombreux articles parus sur le sujet, sur AgoraVox, qui le démontrent sans peine). De surcroît, une grande majorité de Français y est clairement hostile. L’opinion publique devrait-elle, une fois encore, être bafouée ?
 
Côté syndicats, l’enjeu est donc de taille. Il y va de la crédibilité des centrales qui, jusque-là, timorées, n’ont pas particulièrement brillé sur le front des luttes pour la défense des droits des salariés. Montrée du doigt, depuis son ralliement, en 2003, aux positions régressives de la droite, la CFDT tient, là, une occasion de redorer son blason, en retrouvant un rôle qu’elle n’aurait jamais dû abandonner : défendre, d’abord, les salariés dont elle est la mandataire.
 
Les autres syndicats (CGT, FO, SUD, etc.), doivent saisir cette confrontation avec Sarkozy, pour montrer à ce personnage qu’il n’incarne que lui-même (en gros rien et le fric) en traduisant, sans ménagement ni détour, à l’occasion de manifestations de grande ampleur, l’aspiration des deux tiers des Français à conserver la retraite à 60 ans et leur régime par répartition.
 
L’épreuve de force est inévitable et indispensable
 
Dans un pareil contexte, l’épreuve de force est, non seulement inévitable, mais indispensable. Pourquoi ? Parce qu’un pouvoir en place ne connaît généralement que ce langage, et ne recule que s’il y est contraint par la force.
 
Or, c’est particulièrement vrai du pouvoir actuel. La personnalité même de Sarkozy - un homme dangereux qui devrait être traduit en Haute Cour de Justice - exige de l’abattre politiquement, sans faiblesse, avant qu’il ne commette d’autres dégâts - certains irréversibles - à la société française. Cet homme, qui a baigné dans la culture du chef, ne cèdera que sous les coups portés à ses agissements scélérats.
 
Tant que ce rapport de force n’est pas clairement établi en sa défaveur, il continuera sa funeste entreprise de destruction du tissu social français. C’est ce à quoi nous assistons depuis son avènement. Intrinsèquement méchant, il n’existe pas d’autre solution que de lui administrer ce qu’il nous administre, afin qu’il comprenne que les Français le rejettent et, pour une grand part d’entre eux, ne le supportent plus du tout !
 
Les profils psychologiques de Sarkozy et de Fillon ne laissent pas d’autre choix aux salariés s’ils veulent sauver la retraite à 60 ans, le système de retraite français et plus globalement les régimes sociaux français.
 
Un échec sur la retraite consacrerait le régime d’extrême-droite de Sarkozy
 
Céder sur la retraite, pierre d’achoppement la plus hautement symbolique avec ce pouvoir corrompu par l’argent, serait reconnaître implicitement une forme de légitimité à l’extrême-droite incarnée par Sarkozy. Après tous les renoncements, les échecs syndicaux à répétition face au déferlement insensé de lois iniques, depuis l’arrivée de l’agité de l’Elysée, une (énième) défaite des Français sur le sujet de la retraite sonnerait le glas, pour des décennies, de leur capacité à reprendre leur destin en main, de recouvrer leur dignité.
 
Comment tolérer plus longtemps que ce régime, digne des républiques bananières, multiplie les scandales et dévoile chaque jour davantage la nature cupide et malhonnête de nombre de ses dirigeants. La multiplication des révélations sur les affaires impliquant le premier d’entre eux, est la preuve que les Français ont affaire à une fripouille qui s’est entourée d’engeances tout aussi peu reluisantes, pour essorer financièrement le pays à leur profit et au profit de quelques nantis et politiciens sans envergure ni vergogne.
 
Comme pour l’affaire du TCE (Traité Constitutionnel Européen), en 2005, la mobilisation doit être générale, face à l’ignominie de ce régime d’extrême-droite qui, jusqu’au bout, tentera d’imposer une politique inhumaine, en détruisant les deux principaux piliers de la démocratie française que sont la justice et la justice sociale.
 
La défaite de la retraite à 60 ans n’est pas permise.
 
 
Verdi
 
par Verdi (son site) mercredi 23 juin 2010 - 35 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.24) 23 juin 2010 11:38
    Alpo47

    La "clique au pouvoir" a la sagesse d’avancer pas à pas .. de proposer une mesure, la laisser être "digérée", puis passer à une autre, à laquelle on laisse encore du temps... et ça continue. Il remet également certaines mesures à plus tard, ou les réserve à une partie d’entre nous.

    De la "bonne communication" de manipulation des masses. Basique, mais toujours efficace.

    Désinformé, insécurisé, maintenu en survie, individualisé, amusé, crétinisé ... le citoyen lambda n’a plus guère de possibilité de ré-action. Le plan peut suivre son cours inexorable, pour le plus grand profit de quelques centaines de familles, les "élites".

    Pour le reste, je l’ai déjà exprimé, le pire est à venir.

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.21) 23 juin 2010 13:56
    Alpo47

    Je doute vraiment qu’un énième défilé entre Bastille et Nation,( sauf de X millions de personnes) ne change quoi que ce soit. Déjà, leur ridicule et dérisoire division les empêche de présenter un front uni.
    Et surtout, les syndicats sont partie prenante du système et leurs, très molles, protestations ne visent qu’à canaliser les mécontentements. Surtout, empêcher que les masses ne se prennent en main.

    Aucune chance.

  • Par Yvance77 (xxx.xxx.xxx.51) 23 juin 2010 11:27
    Yvance77

    Salut,

    Titre du post de l’auteur :

    "Fin de la retraite à 60 ans : si Sarkozy gagne, le pire est à veni"
    Sauf qu’avec l’élection de cette ordure le pire est déjà là !!!

    Le point commun entre les U.S.A., l’Italie, la France c’est qu’ils ont élu les pires présidents. Faire pire c’est comme avec l’équipe de France, c’est quasi impossible.

    Bon post ceci étant

    A peluche

  • Par Verdi (xxx.xxx.xxx.60) 23 juin 2010 13:16
    Verdi

    ...Le massacre à la tronçonneuse de la retraite à 60 ans, voulue par Sarkozy et Fillon -(l’ex-gaulliste reconverti extrême-droite sarkozyste) est une démonstration de plus de l’idéologie capitaliste ultralibérale à laquelle les "puissants" de ce monde tentent de convertir la planète. Par quel bout de la lorgnette veut-on absolument nous faire voir les choses : exclusivement celui qui va donner tous les leviers aux banquiers et assureurs qui piaffent d’impatience (depuis plus de 20 ans) de s’engouffrer dans le marché juteux de la retraite par capitalisation.Toutes les gesticulations comptables pour nous prouver que le régime de retraite est en faillite ne tiennent pas. La preuve du contraire a été maintes fois exposée, notamment sur AgoraVox. De fait, la réforme de Sarkozy est un énième défi de Naboléon aux Français récalcitrants qu’il veut, coûte que coûte, casser. Cette réforme, sans fondement, s’inscrit le plus logiquement du monde dans son entreprise de démolition complète des régimes de protection sociale français. Lesquels régimes français ont l’énorme inconvénient, aux yeux des dirigeants des autres pays ultra-capitalistes toujours cités en référence (Allemagne, Italie, Grande Bretagne, etc.), non seulement d’avoir amélioré la condition de vie de millions de personnes depuis la Libération, mais également, d’être gérés largement aussi bien que des systèmes privés. Un très mauvais exemple, donc, que ce système français, qu’il faut impérativement éradiquer. Heureusement, le « sauveur » Sarkozy est arrivé, il va se charger de la sale besogne… sauf si, enfin mobilisés, les salariés de tous horizons l’en empêchent....

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