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Fonds d’investissement et entreprises innovantes

PME innovantes et technologiques : Certains fonds d’investissements développent des pratiques abusives et non éthiques nuisant fortement aux entrepreneurs et aux business angels mais aussi au développement sain de ce secteur de l’économie.

Le respect plus que nécessaire à construire entre fonds d’investissements et entrepreneurs/business angels dans la création/développement d’entreprises innovantes : Un choix politico-économique et sociétal

Il apparaît clairement, à travers la campagne présidentielle, qu’un des leviers de croissance et de création d’emplois est la création d’entreprises innovantes. Etant un professionnel de ce secteur, entrepreneur-dirigeant de société de biotechnologies, il me semble important d’identifier certains freins et dysfonctionnements dans ce secteur, peu connus du grand public, mais qui font des ravages au près des entrepreneurs dans ce secteur, à savoir le rapport de force entre certains fonds d’investissements en capital-risque qui entrent au capital de ces sociétés et les entrepreneurs mais aussi busines angels qui ont pris tous les risques à la base.

Il est effectivement important de favoriser l’arrivée au début de l’entreprise de business angels au capital (je parle ici de personnes qui investissent de 10 à 30k€, ce qui est très utile à toutes ces start-up lords de leur amorçage), comme il est très important de favoriser la vocation d’entrepreneurs.

Mais il est plus qu’impératif de rappeler que le rapport de force/négociation entre gros investisseurs en capital-risque (actionnaires majoritaires) et entrepreneurs/business angels (actionnaires minoritaires) est totalement injuste et ne respecte aucune règle. Ce genre de société innovante, basée sur la recherche, a bien souvent comme modèle économique de découvrir et développer des produits pendant plusieurs années avant de les vendre, créant ainsi des pertes pendant plusieurs années, ce qui est prévu dans le business plan de l’entreprise et inévitable dans ce genre de business, alors que le nombre d’emplois augmentent et que la valeur de l’entreprise augmente. L’entreprise doit donc faire appel aux fonds d’investissements en capital-risque pour financer son développement (ce secteur est beaucoup plus dur que celui du LBO en terme de coups tordus, il est temps que cela évolue et change).

Ces fonds d’investissements en capital-risque, présents au capital de la grande majorité des start-up capables de devenir des leaders de demain, peuvent parfois se comporter de manière très peu éthique et sans aucun respect pour les entrepreneurs et business angels.

Certains fonds bien connus sur la place usent et abusent des lois et leurs lacunes notamment pour la défense des actionnaires minoritaires, de leur réseau jusque dans les palais de justice, de moyens de pression et de peur inimaginables pour vous spolier vos biens et prendre la totalité du capital de la société pour zéro euro parfois et lésant tous les petits et les entrepreneurs qui pendant quelques années ont pris tous les risques pour développer une nouvelle vision et de nouveaux produits. Certains capitaux-risqueurs abusent du fameux « coup d’accordéon », réduction du capital à zéro et exproprient purement tous les actionnaires minoritaires avant de réaugmenter le capital à nouveau et de prendre 100% du contrôle. Ceci est une lacune de la loi dans ce secteur des sociétés innovantes, qui notamment dans la santé, font généralement des pertes les premières années, comme prévues dans les contrats d’investissements lorsque les capitaux-risqueurs entrent au capital.

Il faut savoir que dans le secteur des biotechnologies, même si les gens n’osent pas parler car craignent les gros investisseurs en capital-risque, une grande majorité de jeunes entrepreneurs ont peur de créer leur entreprise, ont peur de se lancer dans ce genre d’entreprises et de tout perdre après quelques années. Cela doit évoluer et les lois avec, notamment dans le but de rétablir un RESPECT essentiel au bon équilibre et au développement de ce secteur des entreprises innovantes.

Je connais ce cas de près. J’ai créé une société de biotechnologies développant de nouveaux anticancéreux en 2002 après mon doctorat en oncologie, un troisième cycle en stratégie/finance à HEC et un poste de consultant en stratégie. Je suis un entrepreneur de la trentaine. La société émane et valorise des travaux issus de tous les grands instituts publics français (inserm, cea, cnrs, institut pasteur). Cette société s’est bien développée et se porte très bien aujourd’hui en terme R&D et nombre de salariés (plus de 30). Un grand fond d’investissement en capital-risque français est entré au capital en 2005 et est devenu actionnaire majoritaire ne laissant aucune limite de seuil à 33% (ils attendent des mois pour que la société n’ait plus de trésorerie et peuvent alors imposer des conditions drastiques, tous les entrepreneurs connaissent cela dans ce secteur), a viré ses fondateurs/entrepreneurs après 6 mois (c’est le risque à accepter dans ce secteur parfois, je ne fais aucunement dans l’angélisme et connais les règles du secteur), cette société a continué à se développer plus que correctement. En 2007, ce même fond vient de décider de faire ce fameux coup d’accordéon, en réduisant le capital à zéro, avant de recapitaliser la société juste après prenant 100% du capital. Ainsi, les entrepreneurs-dirigeants initiaux, et une quinzaine de business angels se voient purement et simplement expropriés de leurs titres. Ceci est une démarche malheureusement trop courante dans ce secteur et tue l’esprit d’entreprise et la venue de business angels dans ce secteur. Par ailleurs, la loi sur la réduction du capital social à zéro doit être révisée pour ce type de sociétés innovantes, qui structurellement, génère des pertes les premières années (qui sont prévues dans les business plans lorsque les capitaux-risqueurs entrent au capital et qui sont suivies chaque mois lors du conseil d’administration et validées par les représentants des fonds qui souvent contrôlent ce même conseil) alors que parallèlement la société crée de la valeur pour l’actionnaire.

Je me suis permis de mentionner mon expérience personnelle car elle représente le cas d’école typique d’une société de 5 ans désormais qui s’est développée plus que correctement, embauche plus d’une trentaine de salariés et a pu le faire car elle a su utiliser les aides publiques bien adaptées aujourd’hui. Et pour autant les entrepreneurs et la quinzaine de business angels ont tout perdu, du fait d’une utilisation abusive d’une loi non adaptée aux entreprises de ce secteur et d’un manquement à l’ »éthique » de ces actionnaires majoritaires (capitaux-risqueurs) vis-à-vis des actionnaires minoritaires. Il y a une véritable omerta dans ce secteur depuis 10 ans car les entrepreneurs craignent les fonds. Il est temps qu’un juste équilibre soit trouvé entre les différents acteurs dans ce secteur et que les actionnaires minoritaires qui ont pris les risques initiaux pendant des années soient protégés. Cela créé un frein énorme au sein de cette communauté d’entrepreneurs. Trop de cas comme celui-ci sont connus et personne n’ose en parler. Il est temps que cela change et j’espère que les candidats à l’élection présidentielle sauront prendre à sa juste mesure l’impact de telles pratiques dans le secteur de la création d’entreprises innovantes issues de la recherche publique pour que ce secteur puisse correctement se développer et qu’un minimum d’équilibre entre gros investisseurs et entrepreneurs/business angels soit respecté.

Soucieux de faire en sorte que ce secteur se développe de manière saine, éthique et respectueuse entre tous les acteurs qui y contribuent (fonds d’investissements, entrepreneurs, pouvoirs publics, salariés et business angels), je fais appel aux différents représentants de ces types d’acteurs pour me contacter afin de faire valoir ce droit au respect et faire avancer ce problème essentiel)

PS : Je tiens à préciser une fois encore que tous les fonds d’investissements ne se comportent pas ainsi, mais que certains souvent très performants, eux, se comportent bien souvent de la sorte. Les rapports de force doivent alors continuer à évoluer car le climat entrepreneurial est défavorable dans ce secteur et nuit à son épanouissement/compétitivité.

par davidbechard mercredi 28 février 2007 - 15 réactions
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  • Par MARTINEZ (xxx.xxx.xxx.211) 1er mars 2007 15:44

    Il fut un temps non loin de nous, un peu plus de 5 ans, où le rapport de force entre les entrepreneurs et les sociétés de capital risque était plutôt à l’avantage des premiers.

    La forme la plus spectaculaire était ces fameuses soirées ou journées où quelques créateurs présentaient leur projet en étant quasiment assurés d’avoir plusieurs propositions de financement pourvu que le business eu un rapport avec l’économie d’internet.

    Depuis le balancier ne s’est pas rééquilibré mais a réalisé un 360° au profit des organismes de financement en haut de bilan. Ce faisant ces opérations de rencontre entre entrepreneurs et VC existent encore mais nettement moins et surtout avec beaucoup moins de frénésie.

    Ce rapport de force inversé résulte du fait que dans la chaîne du financement de la création d’entreprises le parent pauvre est sans conteste le financement des dépenses de faisabilité technologique et commerciale.

    Cette étape est cruciale puisque l’entrepreneur cherche des fonds pour finaliser son produit, pour concevoir le prototype voire déposer un brevet.... et ce 1 à 2 ans avant de lancer véritablement la phase de commercialisation et de production (dans le secteur de la santé, du médicament cela peut dépasser les 7 années avant d’être en mesure de commercialiser la solution.

    Cette phase d’amorçage très risquée est peu appréciée par les sociétés de capital investissement qui préfèrent financer des entreprises "matures" (capital développement) ou des opérations de transmission (capital transmission).

    Ce faisant combien y -a- t’il véritablement de projets financés en phase d’amorçage ? 20,30,40,... moins de 60 probablement. Rapportée au nombre d’entrepreneurs en quête de financement, 500, 800 probablement plus de 1 000, la probabilité de réussite est faible.

    Concernant la phase de lancement commercial et de production (phase de capital risque), elle aussi est délaissée. Malgré les chiffres annoncés, 780 millions d’euros investis en France l’année derrière, se cache une autre réalité :

     beaucoup de financements dans cette phase ne concernent pas de nouvelles entreprises mais des re-financements. C’est-à-dire des sociétés qui ont déjà été financées et qui bénéficient d’un second tour de table.

     la phase de capital risque à la française est particulière puisqu’elle ne correspond que peu avec la définition qui en est donnée généralement.

    En effet la plupart des sociétés de capital risque, contrairement à ce que l’on pourrait espérer, demande à ce que l’entreprise dispose déjà d’un volant de chiffre d’affaires, avec une réponse classique : « nous ne sommes pas là pour permettre à l’entreprised’évangéliser le marché, revenez nous voir lorsque vous aurez fait la preuve qu’il existe une clientèle ».

     les FCPI sont également dans cette démarche avec une difficulté supplémentaire : en dessous d’un besoin financier inférieur à 500 000 euros, pour la plupart, vous ne les intéressez pas.

    Ce qui, vous en conviendrez, limite fortement le nombre d’entreprises potentiellement éligibles.

    Donc il y a véritablement un problème qui ne peut trouver sa solution que dans une politique destinée à augmenter l’offre de financement :

     En stimulant le nombre de business angels : là encore les dispositifs fiscaux sont compliqués, peu lisibles et surtout peu incitatifs car la plupart des mesures sont plafonnées.

    Le dispositif Madelin est loin d’avoir révolutionné le financement de la création d’entreprises. Sinon comment expliquer que la France dispose de 10 fois moins de business angels que la Grande Bretagne, comment expliquer qu’un pays comme le Japon où il n’existait quasiment pas de business angels en 1 an a réussi à en comptabiliser plus de 3000 et ce n’est qu’un début.

    Mais au Japon un particulier qui investit dans une entreprise peut déduire la moitié du montant investi de ses impôts qu’il devra payer au titre de ses plus-values. En France un couple marié pourra déduire au maximum 40 000 euros....

     En stimulant les sociétés de capital investissement.

    La création de la structure France investissement, qui doit apporter des sources de financements supplémentaires aux sociétés de capital investissement, pourrait constituer une opportunité.

    Sauf qu’il convient de se rapporter à une étude récente de la Caisse des dépôt et Consignation sur le comportement des sociétés de capital investissement.

    Plusieurs indications :

     les sociétés de capital investissement n’ont pas de difficultés pour mobiliser des fonds auprès de leurs souscripteurs. Ceci confirme l’interrogation que l’on peut avoir sur l’intérêt de créer la structure de financement "France Investissement" qui va probablement apporter 2 milliard d’euros à des organismes qui en ont peu besoin.

     les sorties (revente des actions achetées lors de l’entrée au capital) sont réalisées dans de bonnes conditions : les plus values constatées au premier semestre 2006 sont supérieures de 25% à celles affichées sur la même période en 2005.

     l’étude constate également qu’il existe un goulot d’étranglement entre les flux d’entrées (les sommes collectées) et les flux de sorties (les investissements).

    Ce faisant le financement des entreprises en phase de création ou de développement pour les PME n’est pas limité par un manque d’argent.

    Ce n’est pas un problème d’offre de financement mais plutôt un problème de distribution, d’allocation des fonds.

    Ainsi créer une nouvelle structure de financement peut être justifiée si elle comble un manque dans la chaîne du financement de la création d’entreprises. C’est à dire le financement de :

     la phase d’amorçage (validation de la technologie, dépôt de brevet, prototype...),
     la phase de capital risque (lancement industriel et commercial du produit)

    Or rien n’indique aujourd’hui que France Investissement va investir en priorité sur ces deux axes.

    Effectivement le rapport de force est du côté des sociétés de capital risque. Accompagnement,entre autre, au sein de la pépinière d’entreprises de Narbonne, des créateurs d’entreprises dans leurs négociations avec des capitaux risqueurs ont collabore à un véritable parcours du combattant qui mobilise beaucoup d’énergie et du temps :

     élaboration du business plan,
     conception des slides de présentation,
     identifications des structures,
     coaching de préparation des entretiens,
     négociation de la valorisation et du pacte d’actionnaire....

    « Le coup d’accordéon » s’il n’est pas érigé comme un outil de sauvegarde de l’entreprise mais plutôt comme un instrument permettant d’obtenir dans des délais très rapide une dilution totale des fondateurs pose problème.

    Mais également il peut être salutaire pour une entreprise de changer la totalité de l’équipe. Car la création d’une entreprise pérenne suppose que l’équipe puisse passer d’une casquette à une autre car il va falloir maîtriser plusieurs métiers dont celui :

     d’inventeur (identifier un concept, un produit nouveau),
     de concepteur de l’innovation (élaboration du cahier des charges fonctionnelles puis techniques, élaboration d’une maquette puis d’un prototype...),
     de producteur (comment produire ou vendre mon innovation en respectant les délais, la qualité, la maîtrise des coûts),
     de commercial,
     de gestionnaire administratif et financier,
     de stratège (quand lancer le second produit, lancer une diversification ?, être une société de brevets, un bureau d’études, une entreprise intégrée...)

    Difficile d’être bon dans tous ces domaines, en conséquence quelquefois il peut être sain de changer l’équipe.

    Pour ces problématiques de financement des entreprises je peux vous conseiller humblement ce blog : www.capitalsocial.fr

    Au plaisir de lire la suite sur le « coup d’accordéon »

  • Par Frédéric Mahé (xxx.xxx.xxx.95) 28 février 2007 14:33
    Frédéric Mahé

    "Il apparaît clairement, à travers la campagne présidentielle, qu’un des leviers de croissance et de création d’emplois est la création d’entreprises innovantes. Etant un professionnel de ce secteur, entrepreneur-dirigeant de société de biotechnologies, il me semble important d’identifier certains freins et dysfonctionnements dans ce secteur, peu connus du grand public, mais qui font des ravages au près des entrepreneurs dans ce secteur, à savoir le rapport de force entre certains fonds d’investissements en capital-risque qui entrent au capital de ces sociétés et les entrepreneurs mais aussi busines angels qui ont pris tous les risques à la base."

    Vous écrivez en pure langue de bois entrepreuneriale, on n’y comprend rien. Le fond de votre article est intéressant, mais on dirait qu’il a été écrit par Thierry Breton. Vous pourriez nous le faire en français courant ?

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