• vendredi 30 juillet 2010
  • Agoravox France Agoravox.com Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > France : travailler ? very shocking !
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(212 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

France : travailler ? very shocking !

Nicolas Sarkozy nous répète à l’envi que "pour gagner plus, il faut travailler plus". Ce fut même un de ses thèmes-clés de sa campagne. A juste titre. Toutefois, encore faut-il pouvoir travailler ! De retour en France, je vous livre mes expériences en tant que demandeur d’emploi. Je vous invite fortement à lire cet article jusqu’au bout car je vous garde le meilleur pour la fin.

En fin de mission en Afrique du Sud, je reviens en France. Même si ce départ est douloureux tant nous adorons ce pays. Mais il faut bien se faire une raison. Et parfois, dans la vie, nous ne sommes pas maîtres entièrement de nos choix. Nos amis et relations professionnelles nous avaient annoncé la couleur : vous aurez un contre-coup, un choc même ! Merci de l’avertissement. Nous nous en doutions, naturellement, car ces deux pays évoluent sur deux planètes différentes. Mais justement, n’est-ce pas là le sel (ou le piment) de l’expatriation ?

Néanmoins, nous avions probablement sous-estimé l’ampleur du choc. L’atterrissage est plus rude que prévu.

Ainsi, en matière de recherche d’emploi, le parcours est épique. Et c’est peu dire. Un tout autre monde dont nous avions perdu l’habitude.

En moyenne, j’ai constaté qu’il faut à une entreprise trois semaines pour vous contacter après l’envoi de votre CV et lettre de motivation. J’ai bien écrit ’’contacter’’ et non ’’répondre’’ ! Au bout de ce délai, donc toujours pas de premier d’entretien ! Si vous intéressez l’entreprise, il faut compter, ensuite, entre deux et trois entretiens, le temps de faire connaissance avec vos futurs collaborateurs avec qui vous travaillerez en étroite collaboration. Chacun doit pouvoir se faire son jugement avant de vous intégrer. Bref, il faut compter grosso modo plus de six semaines avant d’avoir une réponse définitive. Comme on dit, il ne faut pas avoir faim...

Ubuesque. D’autant que le recruteur se fait un malin plaisir à souligner (plutôt deux fois qu’une) votre période d’inactivité. C’est le serpent qui se mange la queue.

La faute n’est pas aux recruteurs. En effet, cet excès de prudence est le fruit de la lenteur et du coût de la procédure en cas d’erreur de recrutement pour l’employeur. Il est évident que les entreprises recruteraient plus vite si les conditions de licenciement étaient assouplies. C’est la raison pour laquelle dans les pays anglo-saxons vous trouvez un emploi dans des délais plus rapides. En effet, si vous ne convenez pas, l’entreprise peut mettre un terme facilement à votre embauche. Décrit ainsi, les Français hurlent au loup. Cependant, c’est oublier que ce système a un immense avantage : lourdé rapidement vous avez tout autant de chances de vite retrouver un emploi ! C’est ce qui s’appelle la fluidité. Je parle par expérience.

Dans le même temps, me direz-vous, il y a l’intérim. Bien sûr que j’ai regardé de ce côté conscient de mes handicaps après plusieurs années hors de l’Hexagone. Le parcours tourne parfois à la farce. Ainsi, en me présentant, j’explique que je recherche tous types de mission, même sans rapport avec mes qualifications car je suis dans l’urgence. En général, votre interlocuteur soit fronce les sourcils car ne comprend pas votre requête au regard de votre CV soit vous regarde en oeil de pigeon, comme si vous étiez ’’dérangé’’ (certainement !). Au bout du compte, il en ressort un dialogue de sourd plutôt désespérant.

Autre élément dont ont nous parle : l’ouverture sur l’international, des expériences à l’étranger et la maîtrise de l’anglais. Autant d’atouts dans son CV. Des mots, des discours et des postures. Pour faire vite du flanc. Car, dans la réalité, si vous n’avez pas suivi les rails classiques, le recruteur est déstabilisé, perd ses repères. Vous n’entrez plus dans sa grille de lecture. Pas bon ! Repassez plus tard quand vous vous serez ’’réintégrez". Merci.

Vous croyez lire une caricature. Mais pas du tout. Je m’en garderais bien !

Enfin la cerise sur le gâteau. Pour finir en beauté. Dans le même temps, je compte créer ma ’’petite entreprise’’. A ce titre, je me suis inscrit à ces parcours d’accompagnement tout au long de votre projet. Dans le cadre de ce parcours, je rencontre deux conseillers/consultants en création d’entreprise. Je leur expose mon projet. Il m’écoutent attentivement, prennent des notes. Puis à la fin de mon intervention, un silence s’établit, un blanc total. Je me repasse en accéléré dans ma tête mes propos. Je me dis que j’ai dû prononcer un ’’gros mot’’, un mot qui fâche, un mot interdit comme ’’rigueur’’ ou encore ’’faillite’’.

La réponse tombe, d’ailleurs, en forme d’interrogation : ’’Pourquoi ne créez-vous pas votre boîte en Afrique du Sud ?’’. Heureusement que j’étais bien assis. J’en reste sans voix. No comment.

J’anticipe les commentaires à la lecture de cet article qui me vont me renvoyer avec véhémence dans mes cordes, à m’inciter à retourner d’ou je viens si l’herbe est plus verte. Cependant, ce serait avoir une lecture erronnée. Il ne faut pas y voir non plus du dépit et de la rancoeur. Je ne verse ma bile et tombe dans la facilité du ’’c’est la faute à...’’. Ce n’est pas mon état d’esprit. J’ai d’autres cordes à mon arc. Par ailleurs, il faut savoir s’interroger sur ses compétences et si elles correspondent aux besoins des entreprises. Et compenser ses talons d’Achille par des formations pour une remise à niveau. De nos jours, il existe suffisamment de dispositif pour recoller à la réalité en cas de bifurcation.

Mon intention n’est pas de ’’descendre’’ la France, mais plutôt de mettre en évidence les absurdités de ce pays concernant le marché du travail. Les découragements que des demandeurs d’emploi peuvent rencontrer en dépit d’une réelle détermination. Et ainsi contribuer à la réflexion sur les changements indispensables à introduire pour moderniser et faire tomber ces archaïsmes. Une France entre Kafka et la 4e dimension !

PS 1 : Si un chef d’entreprise ou recruteur basé à l’étranger me lit, je suis ouvert à toutes propositions ;-)

PS 2 : Que le Fisc soit indulgent et avant de me tomber dessus, qu’il me laisse le temps de monter mon entreprise, merci.

PS 3 : Je suis à l’écoute d’autres témoignages d’expatriés.

par stephane rossard (son site) mercredi 26 septembre 2007 - 77 réactions yahoo
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(212 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.148) 26 septembre 2007 12:09
    LE CHAT

    j’ai bien aimé cet article , dur dur d’être au chomdu en France ;j’ai connu ça il y a une vingtaine d’année , toute une année à chercher un job et à se sentir examiné à la loupe par des recruteurs posant des questions à la con , à m’inventer des motivations sur papier ( tu pas écrire , j’ai plus de thunes ,ça urge ! )et en plus marqué au fer rouge pasque j’avais foutu mon dernier taulier aux prudhommes..

  • Par Rayves (xxx.xxx.xxx.173) 26 septembre 2007 12:42

    Avez-vous au moins échappé, lors de votre recherche d’emploi, aux graphologues, numérologues et autres charlatans qui font la pluie et le beau temps dans bon nombre d’entreprises et pas des moindres ?

    Quant à la facilité à débaucher dans d’autres "paradis" de l’emploi, elle va de pair, dans la majorité des cas, avec une précarité de l’emploi et une précarité tout court pour les bas salaires. C’est notamment le lot des travailleurs pauvres des États-Unis sans couverture sociale et devant cumuler plusieurs jobs pour s’en sortir.

  • Par Yvance77 (xxx.xxx.xxx.2) 26 septembre 2007 12:47
    Yvance77

    Assez d’accord avec le fond de l’article. Il y a six mois j’ai quitté la France pour une autre contrée avec une autre approche.

    Depuis je ne stresse plus, cette fluidité n’est ni une légende, ni un problème en soi.

    Si son taf est fait correctement il n’y a pas de souci à poursuivre avec le même employeur. Eux non plus n’ont pas forcéméent envie d’un immense turn over.

    Je suis à des années lumières d’être un liberal à tous crins, mais sur cet aspect, je confesse que m’ôter cette angoisse perpétuelle dans l’acquisition d’un job est appréciable.

    Je vois des gens se taper des journéess de 10 voir plus, d’heures de présence, mais aussi de 5 ou 5.30 quand il n’y a pas de raison d’en faire plus, si ce n’est le bon vieux roulage de pouces.

    C’est pas si absurde, et cela mérite d’être tenter en France en conservant aussi les bases d’une certaine sécurité. Le tout est de trouver le bon équilibre ou compromis entre ces deux visions antagonistes.

    A peluche

  • Par Polemikvictor (xxx.xxx.xxx.249) 26 septembre 2007 10:46
    Polemikvictor

    J’ai lu votre article avec intéret. C’est vrai qu’en France les procédures d’embauches sont longues et que les cabinets de recrutement travaillent de façon moutonnière. Mais c’est les contrainte d’une partie du marché de l’emploi, celui qui passe par les annonces et qui ne répresente que 20% des embauches, le reste c’est le réseau. Toutle monde peut en avoir un à condition de d’anticiper.

    Si vous me le permettez en conseil pour l’avenir : La recherche d’un emploi futur est une démarche permanente au cours de sa carrière. Les périodes ou on est en poste sont les plus importantes c’est à ce moment là qu’on se crée le réseau qui sera utile le moment venu....

    Au bout de quelques mois de travail on DOIT avoir au moins une dizaine de noms à contacter au cas où, soit par ce qu’ils peuvent embaucher ou au moins servir de point d’entrée vers des gens qui connaissent des gens qui...

    Dans votre cas c’est peut etre un peu tard mais c’est à méditer pour l’avenir

    Bien evidemment quand on fonctionne en réseau on ne demande pas du travail... on s’informe sur le marché local. Un demandeur d’emploi est un quémandeur qu’on souhaite voir partir au plus vite, dans l’autre cas on flatte l’égo de l’interlocteur et cela va beaucoup mieux, même si personne n’est dupe.

    Bon courage

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login /mot de passe

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.

Faites un don

Réclame

Les thématiques de l'article

Réclame

sondage

Pensez-vous qu’il faille interdire les mises à mort dans les corridas ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site optimisé pour le navigateur Firefox