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Accueil du site > Tribune Libre > Gandhi et la « non-coopération ». Valable en 2011 ?

Gandhi et la « non-coopération ». Valable en 2011 ?

Ramer ou ne plus ramer, that is the question ?
_ Economie 2011, Démocratie 2011 : y collaborer ou ne plus y collaborer ?

France : bilan économique 2011
_ Aucun budget à l'équilibre depuis 30 ans.
_ Le bilan de chaque année est une perte.
_ Le bilan de chaque jour est une perte.
_ Le bilan de chaque jour est une destruction globale de valeur, compensée par la souscription d'une nouvelle dette, ie une perte d'indépendance et d'autonomie.
_ Un organisme qui fonctionne ainsi est non-autonome et non-pérenne. La taille ne fait rien au destin de l'affaire, elle ne fait que le différer.
_ C'est une galère pilotée dans une mauvaise direction depuis 30 ans et
qui conduit ses passagers, et les enfants de ses passagers, au naufrage.

France : Bilan démocratique 2011
_ Au diapason du bilan économique.
_ De la démocratie nous sommes d'abord passés à la démocratie représentative, où une caste d'individus, les élus, s'occupe, pour la population, des intérêts de la population. C'est ni plus ni moins qu'une forme de tutelle.
Une tutelle justifiée pour 1000 bonnes raisons : les lois sont désormais trop compliquées, le peuple est trop populaire, trop populiste, etc, etc.
_ Et puis, la caste des élus s'est professionnalisée (pour mieux servir le peuple bien sûr).
_ Et puis, la caste des élus s'est dit que pour mieux faire son travail, il convenait d'être bien entourée. Et d'embaucher un maximum de personnel, directement ou indirectement. Un personnel, aujourd'hui une armée, qui sait être reconnaissante le moment venu.
_ Et puis, la caste des élus s'est dit que d'être aimée du peuple, c'était ma foi bien sympathique. Et d'organiser la distribution d'allocations innombrables à une population qui sait aussi être reconnaissante le moment venu. Ah, qu'il est doux le métier de teneur de louche !
_ Et puis, avec le bipartisme de facto, la caste des élus a compris que l'essentiel pour être élu était d'abord d'appartenir à l'un des 2 partis et d'y être désigné candidat.
_ Et puis, la caste des élus s'est auto-votée tellement d'avantages que cela lui a permis de complètement se déconnecter des problèmes sordides de la population d'en bas. Le député qui se promène parmi ses électeurs a rigoureusement autant de compréhension pour eux, que vous en avez pour les animaux du zoo où vous vous promenez avec vos cacahuètes.
_ Et puis la caste des élus s'est dit que la bagarre avec le camp d'en face, c'était bien joli pour amuser la population les soirs d'élections, mais que en pratique, si l'élu du jour veut bien embaucher le perdant du jour, et si le perdant du jour veut bien rendre la pareille le moment venu ... et bien il n'y aurait plus jamais de jour de disette dans la famille.



Bref, de glissement gentillet en glissement gentillet, nous voilà désormais rendu avec une classe politique oligarchique, qui ne s'occupe fondamentalement plus que de ses propres intérêts, des intérêts de ses proches et interlocuteurs effectifs et quotidiens (oligopoles et corporatismes).
_ Le principal travail (et le vrai métier) de l'oligarchie aujourd'hui est désormais de dissimuler par tous les moyens possibles la réalité de la situation ci-dessus à la population.

_ Et la population dans tout ça ? Au fait, que devient-t-elle ?

Il y a ceux qui partent ... bon gré, mal gré.
_ Une frange notable de la population saute chaque année par-dessus bord de la galère France, destination l'étranger. C'est une hémorragie cachée, absolument pas médiatisée, mais dont l'impact est significatif car ce ne sont tout simplement pas les plus mauvais qui s'en vont.
_ Une autre part de la population quitte la galère en se suicidant. Tout simplement. (En moyenne 1 à 2 agriculteurs se suicident chaque jour). Là aussi, le traitement médiatique est inversement proportionnel à l'ampleur du phénomène. Il y a plus de décès par suicide que par accident de la route ... lesquels occupent le journal de 20h00 ?

Il y a ceux qui restent ... pour 1000 raisons.
_ Parmi ceux qui restent, une part significative tente de réduire ou a déjà réduit sa participation à l'entreprise collective "France", ou du moins ce qui cherche à s'afficher comme la France "officielle".
_ Ces formes de résistance sont très diverses (voire se croient opposées) et s'appellent travail au noir, "économie souterraine", troc, décroissance, etc. Elles sont soit stigmatisées par l'oligarchie ou alors tout simplement ignorées.
_ De même que l'état oligarque refuse depuis 30 ans de comptabiliser les votes blans (quoi ! des électeurs qui ne veulent ni des oligarques de l'UMP ni de ceux du PS !), l'état préfère faire semblant de ne pas voir cette opposition et ces refuzniks.

_ Et puis, mélange de nécessité, de résignation, de déni, une bonne partie de la population continue de ramer obstinément, et même de plus en plus fort (parfois jusqu'à la rupture). La tête dans le guidon, ils jouent fidèlement leur rôle, ils veulent ou doivent continuer à croire à la pièce de théâtre dont ils sont les acteurs ...

_ En 1919, Gandhi, en désaccord avec le système imposé par les britanniques à son pays recommandait à ses concitoyens indiens
la "non-coopération", le boycott de certains produits et l'indépendance individuelle.
_ Cette démarche était (et reste) parfaitement cohérente et logique.
Lorsqu'on est conscient que le système dans lequel on se trouve est malsain et nous emmène à la ruine, comment peut-on continuer à y coopérer (au-delà du strict nécessaire) ?

_ L'inconscience semble la seule excuse valable.
_ Et il est vrai que l'inconscience du monde réel est plus qu'encouragée par l'oligarchie en place. Subventions, allocations (à crédit !), pipolisation, abrutissement télévisuel, spectacles sportifs, alibi du terrorisme, amplification des faits divers, tout est bon pour tuer l'indépendance et laisser au citoyen le moins de temps de réflexion autonome possible.

Avec d'autres, je forme le voeu que l'internet soit l'un des instruments de reconquête de la conscience individuelle.
_ L'oligarchie (française et internationale) ne s'y est d'ailleurs pas trompée, puisque les offensives contre l'internet libre sont désormais incessantes.
En France, l'ignoble hadopi va venir déverser sa "pureté" (qui fleure tant le pétainisme) sur les hordes d'internautes terroristes pédophiles nazis corbeaux que nous sommes.
_ Certains croient ou espèrent que la transition entre notre "démocratie" représentative/délégative agonisante et une réelle démocratie directe "à la Suisse" (ou démocratie 2.0) se fera inéluctablement et tranquillement.
Peut-être ont-ils raison ... mais j'en doute.
L'oligarchie au pouvoir, sans aucune distinction de droite ou gauche, sait qu'il y va de sa survie. Le combat sera masqué, déguisé (les PURs contre les méchants), mais il n'en sera pas moins féroce. Ces gens-là ont déjà fait beaucoup (regardez ce qu'il reste de la presse papier !) et continueront de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éteindre toute prise de conscience de masse.
_ La mise au pas de l'internet ("régulé", "civilisé", le masque importe peu) est vitale pour cette caste. Et, a contrario, il va falloir lutter pour s'y opposer et pour un internet libre.

C'est l'occasion d'un voeu (pieu).
_ Que tous ceux qui trouvent naturel de se battre pour un internet libre ne s'arrêtent par pitié pas juste à l'internet.
_ La liberté, ce n'est pas quelque chose de bon sur la toile ... mais mauvais pour l'économie. Il n'y a pas une bonne liberté ici, et une mauvaise liberté là.
_ Si la liberté est bonne pour internet, alors elle est aussi bonne pour l'économie.
_ Si vous pensez qu'un internet "régulé" est une mauvaise chose, alors, par pitié, soyez cohérent et refusez aussi une économie "régulée".
_ Il n'y a pas une régulation qui serait bonne dans le cadre économique et une régulation qui serait mauvaise sur internet. Les 2 régulations ont rigoureusement les mêmes effets : verrouillage en faveur des oligopoles (publics et privés) en place et installation d'une caste professionnelle de régulateurs (les teneurs de louches) corrompus ou travaillant à leur propre compte ... comme c'est tristement le cas dans la plupart des économies occidentales aujourd'hui. Avec les douloureux effets que nous sommes en train de constater maintenant que les perfusions de la dette commencent à se faire difficiles.

PS : non-coopérer n'implique pas le retour au rouet ! Mais non-coopérer implique de réfléchir soigneusement (prendre le temps) à la part que nous apportons au système. Si nous pensons que le système en place est malsain, alors il faut minimiser autant que possible notre apport à ce système.
_ Dans le cas contraire, ce n'est pas la peine de protester verbalement contre un système auquel nous continuons à coopérer concrètement quotidiennement. C'est hypocrite et complètement incohérent.

Un petit lien pour la route :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi

Article initialement publié sur La Route de la Fourmilière : http://rdlf.fr/5304


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73 réactions à cet article


  • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 25 juillet 2011 11:32

    Les anglais furent forcés de discuter avec Ghandi uniquement parceque des courants plus violents menacaient leur emprise sur l’Inde.

    En Inde, Bhagat Singh qui abandonnat la non-violence tres vite est presque aussi connu que Gandhi. Au moment de son proces en 1930, qui abouti a sa condamnation a mort, sa popularite etait aussi grande que celle de Ghandi.
    Aujourd’hui en occident, personne ne connait ce nom

    La non-violence de Ghandi n’a pas, a elle seule, vaincu l’empire Britanique.
    C’est une legende bien pratique pour inciter tous les activistes a se laisser matraquer, et a croire qu’un sitting en face des bureaux des grands puissant, ou une petition seront a meme de changer les choses.


    • Vincent Andrès Vincent Andrès 25 juillet 2011 12:03

      Je n’ai voulu inciter personne à se laisser matraquer, ni à se contenter d’un sitting (je trouve le mouvement « indignés » assez ridicule) ou de pétitions qui donnent bonne conscience à peu de frais (même si c’est un 1° geste).
      Mon billet veut précisément inciter à aller un cran plus loin que ces comportements un peu passifs et souvent de facto hypocrites.
      Il est temps 1/ de cesser d’alimenter le système ou du moins d’y réduire notre contribution/participation autant que possible, 2/ d’assumer ouvertement cette position de non-coopération.
      Voilà qui aurait déjà un impact tout à fait considérable, mais qui est en fait assez difficile à réaliser.

      L’inverse, qui consiste à protester continument contre un système, tout en continuons à y coopérer concrètement quotidiennement est à la fois extrêmement hypocrite et totalement contre-productif vis-à-vis des « protestations » affichées. C’est, littéralement, du sado-masochisme.

      Mais bon, cela demande aussi de s’interroger finement sur ce qu’est la « coopération » avec le système. ... Pas si facile !


    • Kalki Kalki 25 juillet 2011 16:31

      A l’auteur : il faudra bien faire une allocation universelle à un moment, sinon pas d’économie ; vous avez beau sautiller sur place, il faut un minimum de flux

      et petit dialecticien du dimanche, la dette c’est des conneries. ah bon ?

      et la mort de millard de personne, c’est des conneries aussi ?

      au choix, ca dépend de qui ?
      vous croyez vous en sortir ?


    • Vincent Andrès Vincent Andrès 25 juillet 2011 17:09

      Gandhi pronait (entre autres) l’autonomie individuelle (d’où le fameux rouet pour tisser ses propres habits).
      L’allocation universelle ... c’est l’exact opposé, le parasitisme universel.
      Et d’où sortirait-t-elle cette miraculeuse « allocation universelle » ?
      1/ ou bien vous êtes capable de vous la pondre vous-même ... et alors qu’elle est l’utilité ?
      (a moins que vous ayez besoin de quelqu’un pour faire passer vos sous de votre poche droite à votre poche gauche ?)
      2/ ou bien vous n’êtes pas capable de vous la pondre vous-même ... donc vous la prenez à d’autres (vos congénères « plus riches », vos enfants via la dette, ...), dans tous les cas, c’est par la contrainte, ... et c’est sans moi.


    • Laratapinhata 25 juillet 2011 18:28

      Ni moi, ni mes enfants....


    • quid damned quid damned 25 juillet 2011 20:26

      @ Vincent Andrès.
      D’autant plus difficile qu’il faut parfois se réfrèner dans sa démarche pour ne point blesser ou outrager des proches qui n’ont parfois pas conscience de l’étendue du desastre, ce qui risquerait de les braquer et être contre-productif. Tact ou hypochrisie, question de dosage ou de jugement de valeur. Je veux bien passer pour un hypochrite ou un schizo mais à mon échelle je fais ce que je peux. Ces élites me donnent la nausée.

      merci pour l’article.


    • Attilax Attilax 31 juillet 2011 00:30

      Yes ! Totalement d’accord. Ces « gens » ne respectent qu’une chose : une force plus forte que la leur, et ce n’est pas en faisant des campements sur des places, aussi populaires soient elles, que ça changera quoi que ce soit. La seule chose qui les fera reculer est s’ils ont plus à perdre qu’à gagner. Ce ne sont pas des hommes, ce sont des calculettes.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 25 juillet 2011 13:58

      Bonjour,

      « Certains croient ou espèrent que la transition entre notre »démocratie" représentative/délégative agonisante et une réelle démocratie directe "à la Suisse" (ou démocratie 2.0) se fera inéluctablement et tranquillement. « j’en suis avec 53 % des lecteurs de ce site http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/votez-pour-l-ineluctable-vote-69391

       » Peut-être ont-ils raison ... mais j’en doute. Si vous pensez qu’un internet « régulé » est une mauvaise chose, alors, par pitié, soyez cohérent et refusez aussi une économie « régulée ». « L’internet régulé n’a de sens qu si c’est l’internaute qui le régule en envoyant les adresses douteuses à une adresse police modération. pour cela, il n’y a même pas besoin parfois de les visiter.

      Power to the people, simplement, c’est tout ce que demande le peuple. Évidemment il en coûte gros à ceux qui pensaient qu’ils allaient éternellement couper les parts du gâteau et les distribuer. La règle du » tu partages je choisis " favorise l’égalité.


      • Vincent Andrès Vincent Andrès 25 juillet 2011 21:38

        Merci pour le lien avec votre article, très intéressant.
        Sur le fond, je pense que nous disposons maintenant de tout l’outillage technique pour la démocratie directe ... mais évidemment il ne faut pas compter sur notre caste dirigeante / intermédiaire / représentative /déléguée pour pousser à la roue !
        Aider à la démocratie directe, c’est aider à supprimer les intermédiaires ... autant dire un véritable suicide pour eux ... il va falloir beaucoup les aider.
        Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste ... mais je suis sûr que cela ne se fera pas tout seul.
        L’effondrement du système est probablement une opportunité ... il faut la saisir.
        Bravo pour vos efforts de réflexions techniques.


      • alberto alberto 25 juillet 2011 14:02

        Merci Vincent Andrès :

        A lire ton article, on se sent moins seul !

        Qu’on les appellent, comme toi, refuzniks ou indignados ailleurs ça converge vers les mêmes sentiments...

        Sommes nous de plus en plus nombreux à pensez ainsi ?

        Voir aussi .

        Bien à toi.


        • gaijin gaijin 25 juillet 2011 14:36

          pas forcément le travail au noir mais la circulation de l’argent en liquide qui elle est légale
          et aussi la façon de dépenser


        • Fugu Fugu 25 juillet 2011 14:12

          MERCI,
          Vous avez trouvé les mots exacts pour résumer ce que je pense de notre situation(ce que beaucoup de nous pensons de la situation). Tout y est ! je vais garder votre texte et m’y référer à l’occasion. GANDHI, bien sûr...
          Merci encore pour votre implication.


          • gaijin gaijin 25 juillet 2011 14:34

            " _ L’inconscience semble la seule excuse valable."
            OUI ++++++


            • paul 25 juillet 2011 15:27

              D’accord sur trois points de l’article : comptabiliser les votes blancs , défendre la liberté d’internet et favoriser le multipartisme .
              D’autres points sont très contestables :
               - la démocratie représentative avec une«  caste » d’élus : aujourd’hui, nous sommes plutôt en démocrature, c’est vrai, avec un pouvoir confisqué par une oligarchie , appuyée par ses médias .
              Ce n’est pas pour autant qu’il faut rejeter tout système représentatif s’ il n’est pas comme la démocratie directe d’ Athènes au VI ème siècle avant JC : il faut le refonder dans le cadre d’une 6 ème république, permettant par exemple le référendum sur les questions essentielles (nucléaire, questions de Défense ..)

               - « des élus qui embauchent un maximum de personnel et qui organisent la distribution d’allocations innombrables » : c’est généraliser trop vite certains abus parce qu’aujourd’hui la réduction drastique de tous les budgets - communes,régions départements - ne permet pas
              d’assurer correctement des dépense sociales indispensables .Beaucoup d’associations n’ont plus les moyens de vivre, des manifestations culturelles sont supprimées, le personnel territorial est souvent en sous effectif avec la suppression d’un fonctionnaire sur deux .Rassurez vous c’est bientôt comme en Grèce ici aussi .

              « je trouve le mouvement des indignés assez ridicule » .Ah bon ,on fait mieux en France et
              vous proposez quoi concrètement à part la « non coopération » ? l’autogestion, l’autarcie ?
              L’oligarchie a de beaux jours devant elle avec ce programme .


              • Vincent Andrès Vincent Andrès 25 juillet 2011 16:41

                > Ce n’est pas pour autant qu’il faut rejeter tout système représentatif s’ il n’est pas comme la démocratie directe d’ Athènes au VI ème siècle avant JC : il faut le refonder dans le cadre d’une 6 ème république, permettant par exemple le référendum sur les questions essentielles (nucléaire, questions de Défense ..)

                ama, si, il faut rejeter le système représentatif actuel car 1/ il ne marche plus du tout (puisqu’il nous a ruiné financièrementet 2/ il attaque maintenant nos libertés (c’est déjà bien commencé).

                > assurer correctement des dépense sociales indispensables
                Les seules dépenses sociales éventuellement indispensables sont celles que nous pouvons impérativement financer avec de l’argent actuellement à notre disposition.
                Si vous voulez considérez que quoi que ce soit d’actuel mérite aujourd’hui d’être financé par nos descendants ... vous le ferez sans moi.
                Nos descendants auront aussi des problèmes, sociaux et autres, peut-être plus rudes que les nôtres. Je ne vois pas au nom de quoi les problèmes de ma génération mériteraient d’être résolus avec l’argent et la sueur des générations suivantes.

                > vous proposez quoi concrètement à part la « non coopération » ? l’autogestion, l’autarcie ?
                oui, plus d’autogestion, plus d’autonomie individuelle, plus d’autarcie.
                de la démocratie directe via internet,
                de l’opendata et de l’opengov.
                ... ça serait déjà pas mal.


              • Laratapinhata 25 juillet 2011 17:31

                Oui, les indignés sont parfaitement ridicules... où sont les résultats de leur action ? Ils entretiennent une kermesse amusante, mais c’est tout...
                Si on veut mettre à mal le système , il faut taper où ça fait mal : la consommation des ménages qui plongent et c’est la panique... et la suite est à l’imagination de chacun... Pour torpiller un système faut aussi attaquer les symboles... mais bon là, j’en dis trop...


              • Dephros 26 juillet 2011 00:19

                Je suis assez amusé des gens qui critiquent les Indignés. Vous croyez que les indignés sont la pour amuser la galerie ?


                Vous proposez de belles idées comme l’autogestion, l’autarcie, le renversement de la société de consommation... Et vous faites comment pour les mettre en oeuvre ? Un coup de baguette magique, et ça repart ? C’est marrant que vous disiez cela et ça se voit que vous ne savez pas vraiment ce que sont les Indignés, parce que justement ils travaillent sur chacun de ces sujets. Ils essaient d’aller voir les gens, de leur parler, d’éveiller les consciences. Mais, c’est vrai, que vous faites tellement plus de mal à la société de consommation derrière votre ordinateur en pronant la non coopération non active, l’autogestion non active, l’autarcie non active... Mais surtout tout cela via Internet ! Comme si notre vie n’était pas suffisamment virtuelle comme ça, vous voudriez, en plus virtualiser la démocratie. 

                 Les indignés ont actuellement beaucoup de mal à rassembler, c’est vrai. Mais ils ont au moins le mérite d’essayer d’agir de manière concrète. Et quand les Indignés seront 1000, puis 2000, puis 3000, qu’est ce que vous direz ? « Ah bah oui la ils sont moins ridicules » Votre argument est au moins tout aussi absurde que les arguments des partisans du fameux « vote utile » (tant qu’on est pas surs on y va pas).

                En gros, vous voudriez renverser le système, mais surtout sans bouger, depuis votre confortable canapé. Alors surtout, restez bien à votre place, pour cette non coopération assise smiley

                Très bon article par aileurs smiley 

              • Vincent Andrès Vincent Andrès 26 juillet 2011 08:20

                > Mais, c’est vrai, que vous faites tellement plus de mal à la société de consommation derrière votre ordinateur en pronant la non coopération non active, l’autogestion non active, l’autarcie non active

                think global, act local. Dans mon modeste cas, je vis à la campagne et je pratique *activement* ce que je dis. (Hier après-midi, comme tous les jours, je m’occupais de mes arbres/boutures/potager/...)

                > ... Mais surtout tout cela via Internet !
                Ça m’économise en effet pas mal de timbres et de pigeons voyageurs.

                Je souhaite bonne chance aux indignés, mais comme votre message le souligne implicitement, ce sont, très largement, des urbains. (Des gens qui ont choisit d’accepter le parcage/urbanisation, l’un des piliers du système actuel).
                Et je présume que ce que vous appelez « être actif », c’est de se rassembler en groupe assis sur du bitume (par opposition au gars tout seul assis dans son canapé).

                Indépendamment du fait que j’use très peu mon canapé, tout ça ne correspond pas vraiment à mes propres définitions d’actif et de libre.
                ... désolé de froisser les zurbains.


              • illuminato 25 juillet 2011 15:29

                Ce systeme vit,se nourrit , de notre consommation ,le levier de notre siecle n’est pas la non violence ,mais la Non consommation .la greve de la consommation ciblée et durable ,pour finir d’enrayer la machine qui nous écrase ;voila la, solution .


                • Vincent Andrès Vincent Andrès 25 juillet 2011 16:29

                  oui, oui ! par non-coopération j’entends bien non-consommation.
                  Du moins non-« consommation aveugle » comme le veut la religion consumériste actuelle, parce que ne plus consommer du tout ... pas facile !
                  Mais plus d’autonomie coté consommation, c’est évidemment un vrai plus individuel et un premier niveau indispensable avant de prétendre vouloir être plus global.
                  Ceci dit, ce n’est certainement qu’un élément de solution. Nécessaire, mais pas suffisant.

                  Un petit point d’entrée sur les réflexions de Buckminster-Fuller sur ce sujet :
                  http://khi.fr/rdlf-v1/?p=560
                  Voir surtout ses critiques de la spécialisation.


                • Razzara Razzara 25 juillet 2011 18:38

                  Très bon article, j’adhère à 100 % !

                  Concernant la consommation, indispensable malgré tout à assurer des flux économiques, il convient de l’envisager d’abord à l’échelle locale. Assurer une résilience, ou quasi résilience, à l’échelle disons d’un village, de groupement de villages, me semble un objectif majeur. Dans l’esprit de ’Solutions Locales pour un désordre Global’.

                  Cette échelle permet dans un premier temps de rationaliser les ’productions’, (je pense essentiellement à l’alimentaire, mais pas seulement), en se plaçant dans une possibilité d’échapper justement aux captations impliquées par les échelles plus grande (centrale d’achat et compagnie p.e.). La transformation des entreprises, au sens large, en SCOP, étant une démarche concomitante qui conduirait très vite à ce que nous puissions nous réapproprier le cours de nos existence.

                  Il est clair que la problématique des grandes agglomérations est plus délicate ... Mais de manière générale, la question est bien de savoir si nous serons capables de nous entraider les uns les autres pour mener ce projet de société à bien.

                  Parfois j’ai l’impression que ce sera ça, de gré ou de force. De gré : la prise de conscience de la nécessité de faire s’amplifie suffisamment pour qu’on le fasse, tout simplement. De force : on continue comme si de rien n’était, on se prend un gros mur dans le tronche, du sang, des larmes, et quand le soufflé retombe les heureux élus devront le faire.

                  Merci pour cette article, en tout cas. Comme disait un commentateur plus haut : on se sent moins seul smiley

                  Razzara


                • mick_038 mick_038 26 juillet 2011 04:31

                  "De force : on continue comme si de rien n’était, on se prend un gros mur dans le tronche, du sang, des larmes, et quand le soufflé retombe les heureux élus devront le faire.« 

                  Owé disait : »on rencontre souvent sa destinée sur le chemin qu’on prend pour l’éviter« ....

                  L’indépendance des régions ? Des communes ? Après tout, pourquoi pas ?
                  L’état s’est suffisamment désengagé de ses engagements (désolé) et obligations envers celles-ci, tout en continuant à leur imposer des dépenses, pour que finalement elles puissent s’autoriser à se désengager de l’état, car les spécificités inhérentes à certaines régions sont souvent trop ignorés, si ce n’est méprisé, par le pouvoir centralisé. Mais ça je suis pas sûr qu’il apprécie. Pas de perception de l’impôt, madre mia ! Entre autre bien sûr.
                  Revenir à une gestion locale, réellement »décentralisée" comme ils disent, avec une conso et une circulation des richesses plus localisées, et non plus, par exemple, d’herbes de provence qui viennent de pologne et d’ukraine, ça peut effectivement être une solution.
                  Front de libération de la provence ?
                  Front de libération de la bretagne ?
                  Front de libération de la corse ?

                  Je serais curieux de voir les résultats d’un référendum organisé région par région sur ce sujet ? Je pense qu’on aurait des surprises de taille. Ça pourrait être intéressant, très intéressant...
                  Attention, pour les extrémistes du verbe et de la pensée, je n’ai pas dis morceler la France, je dis juste rendre aux régions leur autonomie pleine et entière, car les particularités dont elles tiraient leurs forces vives et leurs richesses ont été anéanties sur l’autel de l’uniformisation, de l’industrialisation, et de la centralisation. Force est de constater que cette méthode est un cuisant échec. Ni la droite, ni la gauche, ni qui que ce soit n’a faire de cette conception et façon de faire une réussite. Alors passons à autre chose, au lieu de nous obstiner. Consommons local, vendons local, et ayons des ambitions local.


                • Vincent Andrès Vincent Andrès 26 juillet 2011 08:29

                  mick_038 Merci pour vos idées.
                  Je suis assez en résonance avec l’idée de revenir à des entités plus petites. Les grosses entités sont déresponsabilisatrices (ouf !).
                  Comme disait Bastiat « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ».
                  Cette fiction mortifère fonctionne hélas très bien dans des grandes entités ... jusqu’à la ruine.
                  Alors que dans un petit groupe, celui qui espère obtenir son allocation universelle de ses 4 voisins est assez vite ramené à la raison.

                  (Je vais de ce pas déclarer l’indépendance de mon bout de campagne.)


                • Laratapinhata 26 juillet 2011 13:57

                  Vu que j’ habite un département où l’Etat n’investit pas, et qui est le deuxième gros contributeur... moi je suis pour l’autonomie, et pas seulement économique.... parce qu’en matière de territorialité on aimerait aussi pouvoir gérer les flux ...


                • mick_038 mick_038 27 juillet 2011 14:16

                  Nos dirigeants avaient pour habitude de masquer l’échec de l’état tout puissant par une succession de guerre (prusse, WW1, WW2) , gagnées, perdues, qui ont chaque fois demander un effort de reconstruction national important, qu’ils ont détournés en glorification du pouvoir centralisé. Ce sont en même temps ces guerres, et les grand projets qui les ont suivi, qui ont alimenté la raison d’être de l’élysée.
                  Aujourd’hui, cela fait bien longtemps qu’il n’y a pas eu de conflits destructeurs ni d’invasions massives sur notre territoire ( heureusement ), ce qui nous a largement donné le temps d’apprécier la politique centralisé du pouvoir. Et ce qui saute aux yeux, c’est l’échec. Cela n’a pas fonctionné, ne fonctionne pas et ne fonctionnera pas. Pire, cela est en train d’étouffer et de condamner l’avenir et l’autonomie de nos régions.
                  Une décentralisation réelle et effective permettra aux régions de retrouver leur identité, leur pouvoir, et par là même, remotivera sans doute chacun de ses habitants, qui se sentira à nouveau utile et acteur, plutôt que d’avoir l’impression d’être oublié par le pouvoir qui ne s’occupe que de paris. Je suis sûr que cela pourrait marcher.
                   


                • aobc 25 juillet 2011 15:30

                  Bonjour Dr. Andrès,
                  merci pour votre article si constructif ( positif ),

                  2 points – parce qu´ils me touchent profondément :

                  « …en se suicidant. Tout simplement. »
                  Non, ce n´est pas simple du tout.

                  « …Il y a ceux qui partent ... »
                  Dans ce contexte : sont très « drôle » les questionnaires de certains « gouvernements » - visant les expatriés , qui leurs semble encore d´un intérêt pour faire tourner leur « entreprise »

                  D´un petit battement d´ailes : ….un petit village gaulois…., ca vous dit ??
                  Je continue - entre temps - faire les cartons. Cordialement aobc


                  • dawei dawei 25 juillet 2011 16:36

                    Tous ces changements indispensables au progres humain ne dépendent que de la masse critique des Hommes de bonne volonté, penseurs et acteurs de ces progres. Cf la théorie du centième singe


                    • Traroth Traroth 25 juillet 2011 16:58

                      « Si la liberté est bonne pour internet, alors elle est aussi bonne pour l’économie » : La liberté en économie, c’est la liberté d’exploiter les autres. Aucune liberté n’est sans limite, et la liberté de réduire les autres en esclavage doit être férocement combattue !


                      • Traroth Traroth 25 juillet 2011 17:00

                        L’auteur fait sortir le libéralisme économique par la porte pour mieux le faire entrer par la fenêtre. Méfiance !


                        • Vincent Andrès Vincent Andrès 25 juillet 2011 17:19

                          où avez vous vu que j’ai« fait sortir le libéralisme économique par la porte » ?

                          Je suis libéral (c’est marqué dans mon court CV)
                          ... souffrez que je défende mes convictions.


                        • lloyd henreid lloyd henreid 25 juillet 2011 23:11

                          Dans son « retour au Meilleur des Mondes », en 1958, Aldous Huxley résume notre système ultra-libéral par cette simple phrase : « les gros mangent les petits ».

                          Peut-être votre situation d’éditeur doctorant plein aux as vous permet d’y croire, l’auteur ; et qui sait, peut-être même que ça vous arrange. Mais quand vous parlez de ces pauvres petits agriculteurs, dans votre article, on serait tenté d’en rire si ce n’était tragique.

                          Les gros mangent les petits.

                          Les gros sont libres de manger les petits.

                          Les roxxors de la grande distribution sont libres de vendre une baguette de pain 35cts, quand le petit boulanger les fait payer le double.

                          Je n’irai pas jusqu’à dire que tous les boulangers sont « pétris » de bonnes intentions ; mais tout de même, je doute qu’ils puissent concurrencer de tels rivaux. Le petit passe donc pour un escroc pratiquant des prix abusifs, et par conséquent, la clientèle le boude. Elle préfère s’approvisionner à l’hyper du coin, dont les tarifs sont nettement plus abordables (surtout en période de crise).

                          Peu leur importe la qualité du produit.

                          Peu leur importe la valeur humaine du pain « artisanal » (qui se fait bien rare), pour eux la machine fait tout aussi bien que l’homme.

                          Peu leur importent, globalement, les moyens de production de ces choses qu’ils consomment : Chine ou France, avec un salaire digne ou sous la contrainte, l’important pour eux, c’est qu’ils obtiennent le « produit ».

                          Ils engraissent donc encore le gros supermarché, cependant que le petit boulanger court à la ruine. Il en va de même de nos épiceries d’antan ; nos coordonniers ; nos matelassiers ; etc. — sans oublier notre pauvre petit agriculteur.

                          Je me fiche de savoir qui raflera le César 2012 du « meilleur éditeur doctorant ». Ce qui m’intéresse, et ce pourquoi je prends le temps d’écrire ces quelques lignes, c’est un monde dans lequel chacun aurait une chance de vivre dignement des fruits de son travail. Les petits comme les gros. Et le seul moyen qui me semble pouvoir éviter les dérives que nous connaissons actuellement, ce n’est certainement pas le libéralisme : c’est un gouvernement réellement démocratique, proche du peuple, et « sain » (pas corrompu comme le nôtre, ici comme à Bruxelles ou encore New-York).

                          Le pouvoir corrompt tous ceux qui s’emparent de lui ; le libéralisme donne à chacun les moyens de s’en emparer. Vous êtes, à vous lire, l’archétype de la prochaine génération d’oligarques, attendant sagement que les petits fassent leur révolution, pour ensuite les réconforter, leur faire plein de promesses, et remettre en place exactement le même système. Le pouvoir serait le même, il aurait simplement changé de mains... votre hypocrisie me donne, sincèrement, la nausée.

                          Je partage totalement la lecture de Traroth.


                        • JL JL 25 juillet 2011 23:24

                          « Peu leur importe la qualité du produit. »

                          En effet, et ce système conduit à ce que la mauvaise qualité chasse la bonne aussi sûrement que la mauvais monnaie chasse la bonne.

                          C’est cela, probablement, le talon d’Achille du consumérisme.


                        • Vincent Andrès Vincent Andrès 26 juillet 2011 07:45

                          >Dans son « retour au Meilleur des Mondes », en 1958, Aldous Huxley résume notre système ultra-libéral par cette simple phrase : "les gros mangent les petits« .

                          >Peut-être votre situation d’éditeur doctorant plein aux as

                          on démarre fort, 2 phrases, 2 conneries.
                          - notre système est absolument tout sauf libéral. Et si vous n’êtes pas capable de voir/comprendre ça par vous-même, personne ne peut rien pour vous,
                          - je ne suis plus éditeur de logiciel (lassé par la bureaucratie qui bouffait trop de mon temps)
                          et pas »plein aux as" (mais je mange à ma faim, soyez rassuré).

                          > Vous êtes, à vous lire, l’archétype de la prochaine génération d’oligarques,
                          Je suis pour la suppression de la professionnalisation des politiques, des juges et des médias.
                          [Remplacé par le tirage au sort et la démocratie directe (le peuple vote en permanence (enfin ceux qui veulent) pour des décisions et pas pour des représentants), idem pour la justice, idem pour les médias (et là c’est (Dieu merci) en court).]
                          ... ça ne me parait nettement moins oligarchique qu’aujourd’hui comme programme.


                        • Traroth Traroth 26 juillet 2011 16:28

                          @Vincent Andrès :

                          vos amis libéraux de l’école de Chicago et autres adeptes de Milton Friedman trouvent très avantageux l’endettement de l’état. Affaiblissement de l’influence de l’état, père de tous les maux pour les libéraux (puisqu’il est contrôlé par tous, et pas seulement par ceux qui ont le plus de fric), privatisation de l’impôt par les intérêts de la dette. C’est du pain bénit !

                          Expliquez-nous donc un peu ce que vous pensez de cette version du libéralisme !


                        • Vincent Andrès Vincent Andrès 26 juillet 2011 16:40

                          Je pense que quand on écrit des énormités comme « l’état ... puisqu’il est contrôlé par tous » il y a déjà un très gros travail préalable de prise de conscience personnelle a effectuer, avant de passer à autre chose.


                        • Traroth Traroth 27 juillet 2011 09:46

                          Vous n’êtes pas vraiment un démocrate, quoi.


                        • lloyd henreid lloyd henreid 27 juillet 2011 21:14

                          Vous défendez un point de vue singulier, l’auteur.

                          Je sens bien que vos intentions sont positives, au fond ; mais vous ne vous rendez pas compte de votre égoïsme.

                          Mon « plein aux as » était volontairement provocateur. Mais que vous le soyez réellement ou non, le problème reste le même.

                          C’est facile pour vous de prôner le libéralisme, l’autonomie, l’absence de contrainte et — inversement — d’assistance à l’individu. Les temps vous donnent raison, parce qu’ils vous permettent d’envisager ceci sereinement. Ce n’est pas le cas pour tout le monde.

                          Un vrai démocrate humaniste et noble d’intention penserait aux autres, au collectif, pas qu’à lui-même.

                          Vous affichez fièrement votre CV d’érudit doctorant dans une discipline qui a le vent en poupe : l’informatique. Vous n’avez pas besoin d’aide, d’assistance, parce que vous avez déjà de la chance. Il se trouve que votre passion et votre métier sont les rouages de ce qui, aujourd’hui, intéresse fortement les gens. Il y a beaucoup de travail dans ce domaine actuellement ; et probablement, pour de nombreuses années à venir. Vous êtes donc à l’abri. Que vous la jouiez freelance ou partie d’une grande entreprise omniprésente, vous trouverez toujours quelqu’un — un professionnel, riche d’allègements fiscaux et d’avantages sociaux qui le poussent à entreprendre et à faire tourner le business — qui a besoin d’un logiciel de travail spécifique, d’un réseau local à installer ou à maintenir, de machines à monter ou à entretenir, etc. — la crise, c’est pas pour vous. Les affaires marchent bien.

                          Ce n’est pas le cas dans tous les secteurs d’activité. L’artisan n’a pas vu sa demande augmenter pour le pain, les produits traditionnels, ou la petite distribution. En revanche il a vu le poids de la concurrence augmenter de façon drastique voire dramatique. Voire tragique, pour ceux qui se suicident « tout simplement ». Celui qui a étudié les arts souffre également : en temps de crise, les gens n’ont plus de quoi s’offrir ses œuvres — ils se contentent de l’essentiel : la bouffe, le logement, la bagnole, les impôts. Les rares artistes qui font fortune aujourd’hui, ne sont pas ceux qui contribuent à enrichir la culture, la pensée, la spiritualité de leurs pairs. Ceux qui font fortune et — plus simplement — s’en sortent sont ceux que l’industrie du disque, les éditeurs, les médias, critiques, etc. — ont décidé de soutenir et de « vendre » au public (sachant le plus souvent que l’effet produit sur les masses, va précisément dans le sens de leurs intérêts : abêtissement de la population, culte de la consommation, du sexe, des choses superficielles — tout ce qu’il faut pour détourner le citoyen des « vrais » problèmes). La seule récompense qui attende les autres pour leur sincérité et leur réelle démarche intellectuelle, c’est la précarité. L’exercice de l’art implique aujourd’hui le choix d’une vie d’abnégation et de rejet.

                          En vertu de quoi celui qui code un logiciel, si pratique soit-il, a-t-il droit à une vie digne et confortable, sans peur du lendemain ; cependant que l’écrivain ou le musicien méconnu en est privé ?

                          Est-il plus utile de produire des logiciels, que de contribuer à faire évoluer notre pensée ?

                          Je n’en suis pas convaincu.

                          Viendra un moment, l’auteur, où vous réaliserez que vous n’êtes strictement rien. Le domaine dans lequel vous excellez n’a strictement rien de fondamental. On peut se passer d’informatique. On peut se passer de cette discussion. En revanche on ne peut se passer de nourriture, qu’elle soit physique (comme le pain du boulanger) ou spirituelle (comme un livre). Les temps vous donnent raison, mais attention : ils changent constamment...

                          Le monde dont je rêve n’est pas un monde libéral ou dérégulé, dans lequel les gros — ceux qui ont de la chance, ceux à qui les temps donnent raison — auraient le droit de manger les petits — ceux dont les talents ne se révèlent pas à la bonne époque. Les petits doivent être protégés, et peuvent l’être sans pour autant tomber dans ce que les anglais appelaient le « nanny state », l’État providence, la grosse flemme. Il est nécessaire d’imposer à l’économie — et à la politique, plus globalement — des règles interdisant aux gros de manger les petits, pour qu’au lieu de devenir des « assistés », ceux-ci puissent développer pleinement leurs talents qui, quels qu’ils soient, seront utiles à la société. Constatez seulement le gâchis de compétences et de valeur humaine tout autour de vous, tout le temps, et osez me dire ensuite — et encore — que je débloque.

                          Ce n’est pas parce que j’adopte un point de vue différent du vôtre (car global, et non centré sur vous), que pour autant je dis des « conneries ».

                          Une dernière chose : si je partage vos inquiétudes quant à la professionnalisation de la politique, de la justice, etc. — j’aimerais là encore vous dire une chose très simple...

                          Le peuple qui s’auto-gère est un bel idéal ; c’était sans doute l’idée de départ quand il s’est agi de créer la « démocratie ». Mes notions d’histoire ne me permettent pas d’avoir une idée précise du nombre d’habitants que comptait la Grèce antique, par exemple ; mais je sais qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas loin des 7 milliards d’individus sur Terre. Le fonctionnement véritablement démocratique dans lequel toutes les décisions seraient prises collectivement, par le peuple et non par ses représentants « professionnels », me paraît difficilement tenable en de telles conditions. Même en mettant de côté tous nos loisirs, notre temps libre, et même le temps de travail, nous n’en épargnerions toujours pas assez pour comprendre, appréhender, et finalement pouvoir juger, décider, résoudre tous nos problèmes.

                          La Lybie, le fantôme d’Ousama, le nucléaire, etc. — autant de sujets dont l’analyse n’est pas simple et requiert des compétences expertes, lesquelles ne peuvent être acquises qu’à force de pratique « professionnelle ». Sans compter que le peuple est largement abêti, de nos jours. Bercé d’illusions et de désirs superficiels ; lobotomisé, entraîné à ne plus penser. Convaincu même de n’en être plus capable... un long travail de prise de conscience « collective » (et non « personnelle ») est nécessaire, au préalable, avant que le peuple soit digne de s’auto-gérer. N’allez pas croire que ça me réjouit, mais c’est ainsi.

                          Salutations.


                        • aobc 28 juillet 2011 08:40

                          Bonjour lloyd henreid,

                          qu´est-ce qui vous empêche d´apprendre vous-même « l´informatique » et de travailler dans ce domaine par exemple qu´a mi-temps pour ainsi vous financer les choses qui vous sont d´importance ? Un quid pro quo.
                          Toutes les informations pour l´apprendre sont gratuitement disponibles sur Internet - en tout cas en anglais et souvent fourni part des Dr. et Prof. de ce domaine qui aiment bien partager leurs savoir-faire. Cordialement aobc


                        • lloyd henreid lloyd henreid 28 juillet 2011 22:28

                          Bonjour aobc

                          Je vous répondrai en deux temps (et en essayant de faire plus court, cette fois-ci).

                          D’abord une question : qu’est-ce qui vous dit que je ne suis pas informaticien ? À aucun moment — sauf erreur de ma part — je n’ai évoqué ma propre vie professionnelle. Je ne suis pas écrivain. Je ne suis pas artiste. Je ne suis pas boulanger. Et je n’ai pas l’intention d’en dire davantage —

                          Ensuite... une question smiley

                          Partant de l’hypothèse selon laquelle je serais effectivement boulanger, pourquoi faudrait-il nécessairement, pour gagner ma vie, que je me convertisse à ce domaine de l’informatique qui me serait (hypothétiquement) étranger ? Est-ce l’individu qui doit s’adapter aux besoins de l’économie, ou à l’économie de s’adapter à ceux de l’individu ? En d’autres termes : l’économie doit-elle être un outil contribuant au bonheur des hommes, ou à l’inverse, sont-ce les hommes qui doivent être les outils de cette chose non-organique — et créée par eux-mêmes — qu’est l’économie (un peu à la manière de la créature du Dr Frankenstein) ?

                          Vous allez me dire qu’on peut retourner la chose, encore, et dire que l’économie tourne effectivement autour de nos besoins (puisqu’elle est régulée selon la demande en matière de consommation). Sauf que dans le secteur de la banque, par exemple — ou du commerce, plus largement —, on parle de « créer le besoin » pour nourrir la bête, pour faire tourner ladite économie. Et ces besoins qu’on « crée » ne sont pas ceux, naturels, de l’homme ou de la femme ; ils sont ceux qu’éprouve la machine économique afin de s’auto-alimenter.

                          Les besoins réels des hommes et des femmes sont beaucoup plus simples que ceux qu’on nous vend. Il est plus important, plus fondamental pour l’épanouissement de l’individu, de permettre à ses talents réels de s’exprimer. S’il aime pétrir, qu’il puisse devenir boulanger. S’il aime écrire, qu’il puisse le faire ; ou divertir par la musique, le théâtre ou le cinéma. Et s’il aime coder, qu’il puisse coder tout son saoûl... mais qu’il ait le choix de faire quelque chose qui lui plaît, une activité dans laquelle il puisse s’épanouir.

                          Ce choix, de nos jours, est extrêmement limité.

                          La seule contrainte qui me semble légitime pour imposer à l’individu l’exercice d’un métier, c’est la pénurie de nourriture. Parce que se nourrir soi-même est un réel besoin, contrairement à celui qui consiste à nourrir la bête. Mettre l’individu au service de l’économie, et non l’inverse, me semble une négation très inquiétante de l’être — et c’est précisément à cela que conduit le libéralisme économique (cf. les suicides, « tout simplement »).


                        • aobc 29 juillet 2011 21:04

                          Bonjour lloyd henreid,

                          merci de votre reponse sur mes propos qui se composent de 3 facteurs :

                          1. Je m´en veux un peu d´avoir participer involontairement d´interrompre une discussion – comme j´ai ecrit ici dans un commentaire plus bas , philosophique du sense de « faire une approche rationnelle des problemes » - cela aurait pu être interessant – en tout cas pour moi . J´adore les disputes intelligentes, productives.

                          2. Vous m´ avez agacé avec votre 2. commentaire, lequel reprend le « tout simplement » - comme dans mon propre commentaire précédent , fait de ma part a partir d´ une émotion personnelle , et notamment sans vouloir culpabiliser l´auteur - en vous en servant pour des propos cyniques et malin .

                          3. J´essaie la plus part du temps et autant possible de tendre une main, de trouver une issue à un « probleme » – et non pas d´en rajouter. Pas par altruisme mais par pur égoisme – même si cela me déplait ( l´enfer – c´est les autres ) – mais j´ai besoin de vous. Alors je vous ai « tendu » une main tout en rabattant un peu votre caquet avec l´autre.

                          Maintenant, si vous avez lu jusqu´a ici et que vous partager une graine de mon sense d´humour « sec » mais pas méchant - cliquez sur mon profil pour vous faire une idee de mes idees pour peut-être découvrir que vous enfoncez avec pas mal de vos discours une porte ouverte – c´est a dire la presence de points de vue en commun, ce qui représenterai un debut de base d´un ensemble constructif et non pas d´un contre destructif . Cordialement aobc

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