Pendant que Gaza se meurt en silence, sous un déluge de feu, car, bombardé, mitraillé, liquéfié, brûlé, maltraité, humilié, je parle bien sûr des civils pas des combattants, Barack Hussein Obama, lui, dort. Alors que de nombreuses voix s’élèvent d’Amérique en Asie, en passant par l’Afrique, l’Europe le Moyen-Orient et le Proche-Orient pour fustiger la disproportion de la réaction israélienne, telle une carpe, le président élu américain, vogue à ses occupations, comme si de rien n’était. Attitude surprenante s’il en est. Les membres de son administration justifient ce silence étourdissant par le fait que, il n’y a qu’un seul président, considérant qu’il ne sera en poste que dans 21 jours. Le silence est d’or ou simplement, Obama est pris au piège des groupes de pression ? Fait-il en revanche la sourde oreille volontairement ? Peut-on rester silencieux face à autant de morts ? Un ratio de 3 morts d’un côté et 300 de l’autre est-il acceptable ?

Ceux qui attendaient et souhaitaient de tous leurs vœux la rupture tant promise (Change, we can believe in) en ont pour leurs frais. Déjà ? Visiblement, la lune de miel a été de courte durée, avant même qu’il ne prenne ses fonctions. Des blogueurs de gauche, commencent à fustiger la « carpe » Obama, très diserte auparavant pourtant, en tant que candidat démocrate à la Maison Blanche. Ainsi, souvenez-vous, il n’hésita pas à s’opposer à la guerre russo-ukrainienne, avec une réelle fermeté dans la condamnation. Certains l’accusent d’avaliser les massacres qui se passent à la bande de Gaza, en ressortant le propos qu’il avait tenu, lors de son voyage dans l’Etat hébreu. Tout principalement, à Sderot, ville martyre, cible des roquettes Qassam, située à un kilomètre de la bande de Gaza, il déclara : « Si quelqu’un envoi des roquettes sur la maison où dorment mes deux filles la nuit, je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir, pour mettre fin à cette situation ... Et je m’attends à ce que les Israéliens en fasse pareil. »
Néanmoins, certains chroniqueurs considèrent qu’il n’y a pas faute de sa part mais que, il a été piégé par l’administration Bush, qui aurait donné un blanc-seing sous forme de permis de tuer, à Israël. D’autres disent qu’il montre son vrai visage, celui d’un hypocrite, prisonnier de ses promesses et des lobbies qui l’auraient porté à la magistrature suprême de son pays. Enfin, certains jugent plutôt que sa prudence est celle d’un homme qui réfléchit à une solution pacifiée, dans ce sempiternel conflit israélo-palestinien, dès sa prise de fonction. Mais ce conflit révèle encore une fois, l’incapacité américaine à s’empêcher d’être juge et partie au Proche-Orient, dans tout conflit impliquant Israël et ses voisins. Ainsi, est toujours brandi la légitime défense qui ne tient pas compte en l’espèce, aujourd’hui, à ce blocus qui a asphyxié Gaza, depuis des mois et des mois, sous prétexte qu’il était administré par le Hamas.
La politique étrangère américaine continuera-t-elle à avoir de tels camouflets et surtout, un tel parti pris sous Barack Obama ? Lui, dont l’élection a été jusqu’à présent interprétée comme la probable rupture avec l’administration Bush, n’est-il pas là, entrain de se renier ? Homme de paix ? Continuera-t-il à prôner une diplomatie essentiellement axée sur la violence ? Si les Etats-Unis dont la confiance et la tolérance pouvaient être reconnues et rétablies avec son élection ne prennent pas la direction d’un vrai leadership impartial dans les affrontements actuels en disant vertement stop, alors, ceux et celles qui auraient eut l’illusion qu’un homme peut changer le monde, leur déception sera très violente, et vraisemblablement, les a priori défavorables envers l’Amérique, qui ont déjà la dent dure, perdureront.
Soutenir les représailles disproportionnées de l’Etat hébreu pouvait faire partir d’un processus électoral compréhensible. Mais, actuellement, le président élu, au-delà de son discours devant l’
AIPAC, doit poursuivre son propre calendrier dont la priorité est certes l’économie américaine au plus mal, mais aussi, le rétablissement de la confiance en relations internationales qui manquent cruellement au pays de l’Oncle Sam, après 8 ans de « busherie ». Evidemment, mon propos ne saurait être complet, en me focalisant essentiellement sur Israël, surtout que, les torts sont partagés avec le Hamas. Le parti religieux, ne l’oublions surtout pas, partisan dans sa chartre de la disparition d’Israël, même comme elle n’en a pas les moyens, doit être vidée de sa substance manichéenne. Mais, contrairement à ce qu’on dit ici et là, il a été porté démocratiquement au pouvoir et, avec la complicité d’Israël et des Etats-Unis qui veulent que Mahmoud Abbas reste au pouvoir, ils ont permis son coup d’état. Alors, de claironner que le Hamas a fait un coup de force à Gaza est une négation de la démocratie. Faut-il redire que le
Hamas est une émanation de l’Etat hébreu qui l’a fabriqué contre l’
OLP ?
Il se pourrait que l’équipe de transition de Barack Obama, a organisé une réunion secrète, avec certains groupes influents pro-israélien, des organisations juives et 29 imminentes personnalités, pour leur parler de l’intérêt d’une paix juste au Proche-orient. C’est probablement une tentative de résolution, qui sera douloureuse pour les uns et les autres mais, saisir l’opportunité de la paix, c’est maintenant. Trop de morts pour rien, des femmes et des enfants. Selon
Aaron David Miller, ancien conseiller au secrétariat d’Etat et chercheur au Woodrow Wilson Center, tout dépendra du nouveau président à savoir, s’il fait oui ou non, une priorité pour résoudre enfin ce conflit, qui n’est pas une sinécure, mais, de manière juste et intelligente, en ignorant l’identité pro-israélienne des Etats-Unis. Plus facile à dire qu’à faire en effet. Accepter que ce conflit continue, ou se résolve par les armes, sera la pire des choses à faire. Arrêtons de voir le mal chez les autres. Invincibilité est très proche d’imbécillité. Alors, gare à l’invincible qui croit combattre l’imbécile !
>>> Allain Jules