Un génocide est l’extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d’un groupe ou d’une partie d’un groupe en raison de ses origines ethniques, religieuses ou sociales.Suivant ce néologisme, peu de massacres collectifs peuvent être qualifiés ainsi, sinon l'extermination nazie des communautés religieuses ethniques ou minorités.
Lorsque la Turquie devant la provocation gratuite de cette loi interdisant de nier le massacre des Arméniens par les Turcs rappelle les exactions de la France en Algérie, c'est de bonne guerre si j'ose dire, diplomatique.
Qu'en est-il exactement de cette affirmation ?
Le massacre de Setif.
Le 1er mai 1945, jour de la fête du travail, tandis que le service d'ordre des algériens veillait au désarmement des manifestants pacifiques, « afin de montrer aux autorités françaises et à l'opinion internationale la volonté des algériens de vivre libres et indépendants » qui demande la libération de Messali Hadj, des Européens se mirent à tirer sur les manifestants de leurs balcons. Puis la police se mit à tirer sans sommations. Il y eut plusieurs morts et sur les 9 blessés graves où aucun ne survivra.
Le 8, à l'annonce de la reddition allemande, une grande manifestation spontanée, à l'appel de Messali Hadj, distincte de celle des européens qui devait avoir lieu l'après midi, envahit les rues de Sétif. Un peu moins de 10 000 Algériens, chantant l’hymne nationaliste Min Djibalina (De nos montagnes), défilent avec des drapeaux algériens qui figuraient parmi ceux des pays alliés anglais, américain et russe. Des pancartes fleurissent : « Indépendance pour l’Algérie » dont les ressortissants ont combattus les envahisseurs allemands aux côté des Français à deux reprises. En tête du défilé marche une patrouille de scouts musulmans dont le chef brandit un drapeau algérien. Aussitôt les forces de l’ordre tentent d’arracher tous les symboles de l'indépendance qui passent sous leurs yeux. Deux flics, trop zélés tentent de s’emparer du drapeau et un gendarme abat l'un des pacifiques manifestants. Colère de la foule :résultats 28 morts chez les Français. Le Constantinois est en feu et une chasse aux blancs est organisée, le nombre de colons tués est estimé à 109, des femmes sont violées, on évoque alors des actes de barbarie.
Affolé, le gouvernement français lance l'armée, (dix mille soldats) dans une répression violente contre la population civile. La marine et l'aviation, de conserve, bombarde la population de Sétif. Ces troupes viennent de la Légion étrangère, des tabors marocains, des tirailleurs sénégalais et algériens. L’armée est en sous effectif en cette période de guerre, des milices se forment, sous l'œil bienveillant des autorités et se livrent à une véritable chasse aux émeutiers dans un déchaînement de folie meurtrière. Des prisonniers de guerre allemands et italiens sont libérés et armés pour participer à une répression disproportionnée, tant la peur d’une révolte générale était grande. De Gaulle nomme aussitôt un ancien résistant pour tenter d’arrêter la répression, la milice est dissoute, mais le commissaire est vite mis sur la touche. La répression prend fin et pourtant des officiers exigent la soumission publique, à genoux, des derniers insurgés sur la plage des Falaises, non loin de Kherrata.
Peu de citoyens français protestèrent contre ces massacres. Par exception, l'un d'eux, le professeur Henri Aboulker, grand médecin juif et résistant, s'éleva contre le massacre des 109 victimes, réclamant certes la sanction sévère des algériens meurtriers et provocateurs, mais à l'issue d'une procédure légale régulière. Par là même, il dénonça surtout et sans réserve les massacres massifs et aveugles de milliers d'Algériens innocents
Les nationalistes algériens considéreront cet épisode comme une extermination systématique à caractère ethnique de tout ce qui vivait dans l’arrière pays et des vastes régions de l'Est algérien, à l'abri du regard des troupes alliées, (anglaises, américaines, canadiennes) Les termes de crime de guerre et contre l’humanité sont évoqués.
Ce terrorisme d’Etat qui causa la mort d’entre 10 000 et 45 000 Algériens est inscrit dans la mémoire collective algérienne ce qui alimenta la montée d’un nationalisme plus dur qui débouchera sur l’insurrection.
Et qui permettra à Bouteflika de : “La colonisation a réalisé un génocide de notre identité, de notre histoire, de notre langue, de nos traditions [...] Nous ne savons plus si nous sommes des Berbères, des Arabes, des Européens ou des Français. ». Puis […] un "génocide de l'identité" algérienne par la France durant la colonisation de l'Algérie de 1830 à 1962 »
Deux réflexions, la première est que le mot est galvaudé et la seconde est que personne ne peut nier qu'il y a eu en 1905 un massacre de population comme tant d'autres. Par les Russes à Katin, les Français à Madagascar en 1947, sans oublier les Américains pendant la colonisation et surtout Hiroshima et Nagasaki.

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