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Grèce, Portugal, Espagne : quand Bayrou avait raison

Vous vous souvenez, en septembre 2008, Nicolas Sarkozy, après que l’auréolée Christine Lagarde avait dit que la crise n’atteindrait pas la France se flattait d’avoir réagi avec promptitude, force et efficacité. La réalité était tout autre puisqu’il lui a fallu presque 20 jours pour agir après le lundi noir et la chute de Lehman Brothers.

 Ce que nous montre aujourd’hui le cas de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne c’est qu’au lieu d’avoir réussi Nicolas Sarkozy a échoué en grande largeur. Quand il s’est agi de sauver les banques, ce fut fait sans compensation et à la vitesse de l’éclair. Une fois sauvées celles-ci s’en sont mis plein les poches, ont continué à spéculer et continuent à le faire au détriment de l’Euro et contre les nations qui les ont sauvées. Les traders ont demandé à leur tailleur de rallonger leurs poches afin d’y mettre tous les biffetons qu’ils ont gagnés en 2009.
 
A la suite du sauvetage des banques qui a coûté quelque 1 500 milliards de dollars, celui qui s’est appelé le président de l’Europe (titre usurpé qui n’existe que dans le panthéon de la Sarkozye) devait réguler le monde financier et moraliser le capitalisme. La réalité est cruelle et indécente, Paulson s’est enrichi de plusieurs milliards de dollars dont un rien qu’avec Goldman Sachs en jouant la baisse à mort pendant que les autres fourguaient aux investisseurs trompés en toute connaissance des titres pourris contre lesquels Paulson justement spéculait et pour lesquels ces investisseurs allaient y perdre jusqu’à leur chemise.
 
Actuellement, les sociétés de notation qui ont plongé le monde de la finance dans un trou noir dont on ne voit pas encore le vrai fond en ayant auparavant noté de façon faramineusement positive des produits complexes autant qu’ils étaient pourris et risqués, veulent se montrer intraitables et descendent en flèche trois pays endettés, dettes dont ils sont en partie responsables avec Goldman Sachs qui a aidé la Grèce à tricher, en déclassant leur note de solvabilité. Ceci entraîne une spéculation effrénée contre l’euro et lance un tourbillon vicieux : les taux augmentent vertigineusement et plombent encore plus les pays endettés. Or les banques risquent d’être plombées si l’insolvabilité de ces pays pointe son nez car elles possèdent des obligations de ces états endettés, obligations qu’elles ont refourguées à leurs clients (nous en gros). On arrive à des taux de fous : 10 % récemment (alors que les meilleurs se financent à moins de 1,5 %).
 
Tous ceux qui croyaient que les pays de la zone euro étaient solidaires, peuvent enterrer leur doux rêve et déterrer la hache de guerre. Voilà que la France se tape d’aise sur le ventre. Woerth, très content de lui (il est vrai qu’il est trésorier de l’UMP et qu’à l’UMP il y a un autre ancien ministre du budget qui a donné son accord pour la constitution de sociétés offshore dans le but d’encaisser des commissions de la vente des sous-marins au Pakistan dont on parle un peu en ce moment) annonce sans rougir que la France va prêter à la Grèce au taux de 5 % en empruntant sur le marché au taux de 1,5 %. Belle solidarité ! On enfonce la Grèce au lieu de l’aider. On aurait pu prêter à 1,75 ou 2 %. Tout le monde était gagnant y compris nous, là c’est tout simplement scandaleux. Faire une marge de 233,34 % est tout simplement insoutenable d’autant qu’à terme c’est tout le monde qui va payer. La crise durera plus longtemps en Europe. Les effets dominos peuvent se déclencher.
 
Et pendant que l’Europe risque vraiment de basculer dans le chaos, à la tête de l’Europe on se dit qu’il est urgent d’attendre (chaque jour qui passe se sont des millions d’euros qui vont dans la poche des spéculateurs et c’est encore plus dur de s’en sortir), Merkel pique sa crise et notre Nicolas Sarkozy se promène e Chine.
 
On se rend compte que Nicolas Sarkozy, malgré ses rodomontades et ses coups de menton, a échoué complètement. On n’a cessé de dire qu’il était actif mais le résultat est là :
- bien que « président » de l’Europe en pleine crise il n’a fait le choix qu’il fallait faire, il n’a pas agi de telle sorte que justement la Grèce ne se trouve pas dans la situation dans laquelle elle est, suivie du Portugal et de l’Espagne.
- la spéculation n’a toujours pas diminué
- les financiers sont encore plus gras qu’avant
- il a été tout simplement incapable de faire qu’on prête rapidement à la Grèce et à un taux faible. Merkel n’a pas été convaincue par Nicolas Sarkozy. On a eu droit à des manchettes de presse, mais c’est la pression du FMI, de la BCE et d’autres pays qui a fini par dérider la dame de fer d’outre Rhin. Zéro pointé sur ce coup-là pour Nicolas Sarkozy.
 
Et Bayrou dans tout cela ? En octobre 2008 Bayrou demandait à cor et à cris un grand emprunt européen. Imaginez que cela fut fait. Qu’en serait-il aujourd’hui ?
1- cela aurait été un acte fondateur en Europe
2- cela aurait soudé les pays européens de la zone euro justement dans ce même acte
3- cela les aurait liés dans une solidarité commune pour le bien commun
4- et le plus important, la Grèce aurait pu utiliser une partie de cet emprunt à un taux bien plus faible et très rapidement, sans avoir à pleurer, sans avoir à négocier, de plein droit. Et ceci il y a plusieurs mois, augmentant les chances de sortie de crise et diminuant les risques et surtout diminuant le poids du remboursement de l’emprunt tant parce qu’alors le capital aurait été moindre et qu’avec un taux avoisinant les 2 % et non les 5 qu’on lui impose aujourd’hui les charges de la dette auraient été bien inférieures.
 
L’idée de Bayrou était la bonne, Sarkozy a gonflé sa poitrine et s’est congratulé mais comme le démontre l’état de la Grèce son action quand la France était à la présidence tournante de l’Europe a été un fiasco, sinon il aurait fait en sorte qu’avec cette crise qui débutait, un mécanisme de sauvegarde fût mis en place afin d’éviter ce qui arrive aujourd’hui.
 
Vignette site de l’Elysée. Nicolas Sarkozy en Chine.

A.Souchon:on avance-live le 20 mars 1999
envoyé par Fredditharry. - Regardez d’autres vidéos de musique.
par Imhotep (son site) vendredi 30 avril 2010 - 53 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Fergus (xxx.xxx.xxx.155) 30 avril 2010 10:53
    Fergus

    Bonjour, Imhotep.

    Il est indiscutable que Sarkozy, qui se la joue gros bras et volontiers messie, a totalement échoué en matière de régulation bancaire et de solidarité européenne.

    La seule véritable mesure salvatrice eut en effet été d’autoriser la BCE à prêter aux pays de l’Union en difficulté à ses taux habituellement très faibles. Au lieu de quoi la BCE reste interdite de prêt aux Etats, mais peut en revanche prêter à très bas taux (1%) à des banques qui, elles, sont habilitées à prêter à la Grèce à... 10%. On marche sur la tête !

    Et le rôle joué par l’Etat français qui escompte se faire de la laine sur le dos des grecs est évidemment tr-ès choquant. Mais pouvait-on attendre mieux de la part d’un monarque

  • Par Traroth (xxx.xxx.xxx.125) 30 avril 2010 11:36
    Traroth

    Si on résume les tenants et aboutissants de cette histoire, on arrive en gros à ça :

    • La crise des subprimes déclenchées aux Etats-Unis a conduit les banques à une situation où la plupart aurait fait faillite
    • Les états sont intervenus massivement pour leur prêter de l’argent afin de les sauver
    • Ce faisant, les états se sont eux-même fortement endettés (je n’arrive toujours pas à saisir à qui ils ont emprunté. Pas aux banques, en toute logique...)
    • Vu la situation dégradée des finances des différents états, les banques se sont renflouées en spéculant sur la ruine des états, accentuant fortement la tension dans les finances publiques
    • Au passage, les banques ont asséché le marché des crédits, mettant de nombreuses entreprises, essentiellement des PME, à genoux
    • La dette des banques est devenue par un tour de passe-passe, la dette des états

    De tout ceci, il ressort clairement que le rôle des banques est strictement et exclusivement négatif sociétalement. On ne peut donc plus accepter que les banques soient des entreprises privées ! Il faut nationaliser toutes les banques, massivement et brutalement, si on veut défendre les intérêts du peuple. Sinon, dans moins de 10 ans, il faudra donner à Unicef pour les enfants grecs, portugais, espagnols ou irlandais avec des gros ventres qu’on verra à la télé ! Peut-être pas en France, qui risque de connaitre un sort très similaire...

    Il serait intéressant de connaitre un état des lieux précis pays par pays, car si des nations européennes sont dans une situation aussi catastrophique, je n’ose même pas imaginer ce que ça peut donner ailleurs dans le monde !

  • Par Polemikvictor (xxx.xxx.xxx.8) 30 avril 2010 10:19
    Polemikvictor

    Bayrou a aussi prévu Noel en décembre ? C’est un bon.
    La vrai plus value d’un homme politique ce n’est pas de voir juste pour cela il ont des conseillers, c’est d’aboutir en voyant juste.

  • Par BA (xxx.xxx.xxx.20) 30 avril 2010 10:24

    Nos hommes politiques ont surendetté la France. Et qu’est-ce qu’on apprend ? Les Etats européens devront prêter à la Grèce 120 milliards d’euros en tout.

    Magnifique.

    Et au Portugal ?

    Combien de centaines de milliards d’euros les Etats européens devront-ils prêter au Portugal ?

    Et à l’Espagne ?

    Taux de chômage record de 20,05 % au 1er trimestre en Espagne.

    Le taux de chômage a atteint un niveau record de 20,05 % en Espagne au cours du premier trimestre 2010, en nette hausse par rapport au niveau de 18,8 % des trois derniers mois de 2009, selon des données de l’Institut national de statistiques (INE).

    Ce chiffre est supérieur aux prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui attendaient en moyenne 19,6 %, mais en ligne avec un rapport préliminaire publié mardi disant que le taux de chômage avait dépassé les 20 % de la population active.

    Le gouvernement espagnol prévoit un taux de chômage moyen de 19 % en 2010.

    http://fr.reuters.com/article/busin...

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