@Claude
* qu’est-ce que cette mutation D225G :
l’acronyme désigne la position dans une chaîne protéïque d’une modification
d’un des acides aminés la constituant (position 225 de D en G).En amont il y a une modification du génôme viral, son ADN. Il faut comprendre
que, tout comme pour les familles humaines, on peut faire la
généalogie des virus d’une famille donnée. Ainsi, pour ce fameux
AH1N1 qui nous occupe, son matériel génétique semble provenir de
plusieurs ancêtres : des virus H1N1 porcins d’amérique du nord, des
virus aviaires d’asie, des virus H3N2 humains. Il en découle que
l’on peut chercher ainsi une ’origine’ a ce virus .... Une question
intéressante qui en induit d’autres :
http://www.virologyj.com/content/6/1/207
http://www.bloomberg.com/apps/news?...
Cette mutation est connue parmi les
variants grippaux recensés.
* comment se développent les mutation ?
Les virus de la grippes sont des virus dont le matériel génétique
est sous forme d’ARN, les rétrovirus. Pour fabriquer un nouveau
virus il faut transcrire cet ARN en ADN, c’est le rôle d’une enzyme
: la transcriptase inverse. L’ADN viral est ensuite inséré dans
l’ADN de la cellule infectée dont la ’machinerie’ produira alors les
éléments nécessaires à la constitution de nouveau virions. Or, il
ce trouve que dans le processus de transcription de l’ARN de
nombreuse erreurs sont commises. Certaines sont délétères,
d’autres non. En tout cas c’est la la source de la mutabilité
intrinsèque des virus grippaux. D’où, tous les ans de nouveaux
variants, et de nouveaux vaccins. Vaccins qui tombent souvent à coté
pour les mêmes raisons, ce qui pose la question de leur efficacité
et la justification de leur utilisation à grande échelle.
D’autre part, on sait aujourd’hui que
le monde microbien n’est pas cloisonné. Les différents agents
microbiens (virus, bactéries, cellules) échangent constamment du
matériel génétique, c’est à dire de l’information. C’est comme
cela que certaines résistances aux antibiotiques se sont propagées
chez les bactéries par exemple. Enfin, les différentes pressions de
sélections interviennent aussi : antibiotiques, anti-rétroviraux,
vaccins, agents chimiques divers, états des hôtes, élevages
concentrationnaires etc .. Voilà les principales sources des
mutations. En définitive, la mutabilité fait partie de l’essence
même du monde microbien, et la pharmacologie est engagée dans une
course sans fin qui ne sera jamais gagnée. De grandes batailles ont
été remportées certes, mais la guerre que nenni, et les victoires
sont temporaires.
* quel est son coefficient de
dangerosité ? Cette mutation semble conférer au virus un
pouvoir pathogène accru. Confère les descriptions des cas en
Ukraine, ou encore ceux de la grippe de 1918. Il semble que cette
mutation était aussi présente pour le virus responsable de la
pandémie grippale de 1918. Confère les liens donnés par John
Lloyds. La modification protéïque se fait sur l’Hémaglutinine (le N dans AH1N1). Protéine responsable de la capacité du virus à se ’coller’ à la surface des cellules et à y pénétrere. Mais il faut mettre cette ’dangerosité’ en balance avec la capacité à se
propager. De ce point de vue il faut attendre pour voir comment se
variant se comportera. Ceci dit, cette apparition de multiples foyers
sans liens apparents en l’état, pose question.
* comment agit le tamiflu et quand l’emploie-t-on ? Le
tamiflu est une molécule qui va avoir pour effet de bloquer le
processus de transcription de l’ARN en ADN, ceci dans le but de
freiner le développement de la population virale au sein de l’hôte.
Un anti-rétroviral donc. C’est de cette action que provient aussi la
toxicité importante de cette substance pour le métabolisme
cellulaire, avec pour corollaire les effets secondaires connus qui en
découlent. Des résistances au tamiflu, et aux autres substances de
ce type, sont déjà recensées de longue date.
Hé oui, la nature est bien plus habile en chimie de haut vol que
nous ! A tel point que je fais partie de ceux qui pensent que
l’utilisation de TOUS les intrants chimiques et biochimiques devrait
se faire avec une parcimonie réfléchie et prudente.
Voilà, en espérant avoir éclairé quelque peu votre lanterne.
Razzara
PS : John, regardes les liens que je cite.