J’ai dû rêver trop fort .. mes circuits sont niqués " Alain Bashung. (Vertige de l’amour)
En ces temps qui courent dans tous les sens, faire face aux actualités du monde salarial épuise et laisse des traces. Revenant hier midi d‘assister une salariée en instance de licenciement, je passai un long moment à lire sur la toile ce qui devait l’être, soutenu dans l’effort par des petites lichettes d’un Chinon rouge de belle longueur en bouche, au parfum dominé par la fraise des bois mûre et l’humus
(Arcestral, de Philippe Pichard à Cravant les Coteaux Indre et Loire).
J’ai dû trop trinquer tout seul ; je me suis assoupi.
Et donc, un peu comme en écho à Martin Luther King, mais sans coca cola et en français, je fis un rêve.
Je vous le dis aujourd’hui, mes amis, bien que nous devions faire face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, j’ai fais néanmoins un rêve. C’est un rêve profondément enraciné dans le rêve de tous. "I say to you today, my friends, so even though we face the difficulties of today and tomorrow,I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream."
J’ai fait le rêve qu’un jour, cette nation se lève et vive sous le véritable sens de ce credo : “Nous considérons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux pour affronter les crises, vraies ou simulées” "I have a dreamthat one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed : “We hold these truths to be self-evident : that all men are created equal.”
J’ai fait le rêve qu’un jour, sur les collines vertes d’Auvergne où Brice Hortefeux ne serait pas présent, les fils, les filles des harkis et de tirailleurs sénégalais, les fils et les filles des anciens colonialistes puissent s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. "I have a dreamthat one day on the red hills of Georgia the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at a table of brotherhood."
J’ai fait le rêve qu’un jour, France Télécom, désert étouffant d’injustice et d’oppression, soit transformé en une oasis de liberté et de justice. "I have a dreamthat one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice."
J’ai fait le rêve que mes trois enfants, mes petites filles, vivraient dans ce pays sans avoir à connaître un jour la salle d’attente ou le service en ligne du Pôle Emploi, que les candidats salariés n’étaient pas sélectionnés en fonction de leur couleur de peau, mais pour le contenu de leur personne et de leur compétence. J’ai fais ce rêve ce midi. "I have a dreamthat my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.I have a dream today !"
J’ai fait le rêve qu’un jour là-bas, ici ou là, on dirait, comme en Belgique, que « Les licenciements ont un impact négatif sur l’innovation" mais qu’il ne fallait pas non plus prendre nos vessies pour des lanternes pour éclairer les profits en réduisant les salaires,
J’ai fait ce rêve qu’à partir de demain, les chefs d’entreprise ne joueraient plus de compassion ou d’empathie quand ils poussent leurs salariés à démissionner ou quand ils les licencient, puisqu’ils ont fait le choix d’une telle opportunité pour s’offrir plus de marge,
J’ai fait le rêve que dans sa To-Do list le MEDEF cochait la case de son intention d’abandonner dans la pratique les références anglo-saxonnes,
J’ai fait ce rêve que je rêvais que j’avais lu dans un journal cet article :
« Violence faite aux salariés : les mesures Billon.Création d’un délit de « violences psychologiques au sein du contrat de travail », expérimentation d’un bracelet électronique pour contrôler les entorses au code du travail, mesures d’éloignement applicables aux récidivistes... François Billon a annoncé mercredi à Matignon une série de mesures pour intensifier la lutte contre les violences en entreprise, décrétée grande cause nationale 2010.
Le gouvernement a d’ailleurs choisi d’attribuer pour 2010 le label « grande cause nationale » à un collectif de syndicats et d’organisations de lutte contre les violences faites salariés, ce qui leur permettra d’obtenir des diffusions gratuites pour leurs campagnes appelant à la modération.
Un bracelet électronique testé début 2010
Nous allons lancer l’expérimentation d’un dispositif de surveillance électronique pour contrôler l’effectivité de la mesure d’éloignement des », a déclaré le chef du gouvernement. Cette mesure sera expérimentée « dès le début de l’année 2010 » comme « une alternative aux poursuites devant le Conseil de Prud’hommes », a-t-il précisé. L’Etat « a pour mission de veiller à ce que les plus faibles soient protégés, au delà des portes fermées, par delà la chape de silence », a rappelé le Premier ministre.
Concrètement, l’employeur licencieur est muni d’un bracelet électronique et le salarié menacé de licenciement se voit doté d’un boîtier qui sonne si son agresseur approche de trop près son domicile ou son lieu de travail. Ce même boîtier est muni d’un dispositif lui permettant d’alerter la Direction du Travail dès qu’il est menacé.
Création d’un nouveau délit
Pour « prendre en compte les situations les plus sournoises, ces situations qui ne laissent pas de traces à l’œil nu, mais qui mutilent l’être intérieur des victimes », François Billon a annoncé la création d’un « délit de violences psychologiques au sein de l’entreprise va être consacré par le législateur », a-t-il déclaré.
Mesures d’éloignement
En matière civile, le chef du gouvernement a annoncé vouloir créer un « régime juridique de référé-protection » avant même que les victimes n’aient décidé de porter plainte, afin de protéger ces salariés effrayés à l’idée de porter plainte contre leur employeur.. « L’ensemble de ces modifications sera introduit dans notre droit avant l’été 2010, si toutefois les parlementaires travaillent à un rythme suffisant », a lancé le Premier ministre. »
J’ai fait ce rêve que si l’accord parlementaire sur le bracelet ne passait pas, la fessée ne serait pas bientôt interdite, parce que ce n’est pas très chrétien.
J’ai rêvé tout ça. J’ai aussi crevé l’oreiller. J’ai dû picoler trop fort avec Martin Luther, que je remercie pour sa bienveillante et talentueuse collaboration. Ma bouteille ? J’ai aussi rêvé d’elle...
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Réactions à cet article
Par Salsabil(---.---.---.33)27 novembre 2009 11:28
Beaucoup d’humour pour traiter d’un sujet grave, un parmi tous les autres.
Le rêve n’est effectivement pas encore interdit...
Par ELCHETORIX(---.---.---.33)27 novembre 2009 19:12
bonsoir l’auteur j’ai beaucoup apprécié votre prose qui sur des sujets d’actualités en l’hexagone et partout ailleurs , sans aucun doute décris une situation catastrophiques pour le « cheptel » bétas « qui est obligé de vendre sa force de travail aux » alphas « les déteneurs de capitaux ( les banquiers - les chefs d’entreprise - les multinationales - l’état employeur , j’en passe et d’autres qui ont le vrai pouvoir de leur liberté ) . Je vous remercie , donc pour ce » billet « qui fait référence à Martin Luther King ,qui comme GHANDI a fait vaciller le pouvoir des » décideurs « ou »possédants " ! . Cordialement . RA .
Par Raphael JORNET(---.---.---.143)28 novembre 2009 09:23
« Depuis , les syndicats , les parleurs verbaux et autres salariés de la revendication je les aime pas », dit-il, et qui a bien le droit, depuis qu’une grève d’EDF lui a fait jeter la pâte à la poubelle du monde de requins que sont les syndicats et les salariés.
Même qu’il n’aime pas les « parleurs verbaux », alors qu’il a écrit ici 3 billets et 3803 commentaires... Pourquoi ne s’aime t’il pas ?