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Accueil du site > Tribune Libre > Il faut abolir l’esclavage

Il faut abolir l’esclavage

Avec le revenu de base, une révolution sociale se prépare. Une révolution sociale dont l’ampleur est aussi importante que l'abolition de l'esclavage et dont les conséquences sont plus grandes encore.

L'esclavage est-il vraiment aboli ?

Nous le savons tous, il existe, y compris en France, des personnes qui sont contraintes à travailler sans contrepartie salariale. La presse se fait régulièrement l'écho de ces travailleurs étrangers qui sont retrouvés dans des caves et à qui l'on a pris les passeports pour qu'ils ne s'enfuient pas. Cependant, il s'agit là de situations illégales, et réprimées dès lors qu'elles sont connues. En effet, l'esclavage est interdit.

Mais qu'est-ce que l'esclavage, en fait ? C'est simplement le fait de contraindre un être humain à travailler sans contrepartie financière. En bon gestionnaire, un propriétaire d'esclave doit toutefois veiller à ce que ses travailleurs mangent et dorment bien, pour avoir des forces et travailler dur, et à ce qu'ils soient convenablement habillés pour ne pas attraper froid au risque de diminuer leur rendement. Au final, quelle différence y a-t-il donc avec les millions de travailleurs d'aujourd'hui qui, certes, sont payés, mais ont à peine de quoi se loger, se nourrir et s'habiller ?¹

Le NAIRU, épée de Damoclès au dessus de la tête des travailleurs

Combien même de nombreux travailleurs n'auraient que de quoi « survivre », il existe une différence fondamentale avec l'esclavage : la liberté de circulation. Les esclaves qui voulaient quitter leur exploitation, même si c'était pour se rendre dans celle du voisin, en espérant être mieux nourri, prenaient des risque énormes, d'être mutilés voir exécutés. Aujourd'hui, cette contrainte semble avoir disparu, mais en réalité, n'a-t-elle pas simplement pris une autre forme ?

Vous pensez que nos dirigeants essaient par tous les moyens d'amener les pays au plein-emploi ? Je pense que vous vous trompez. Connaissez-vous le NAIRU ? Ce terme est en fait un acronyme américain qui désigne le taux de chômage « idéal » insufflant suffisamment de peur dans la tête des travailleurs pour qu'ils ne réclament pas d'augmentations de salaire². Bien sûr, lorsque les médias n'ont de cesse de nous parler de la crise, cela n'incite pas à quitter son emploi, quel que soit ce que son patron demande de faire !

Le revenu de base : un remède miracle ?

Comme souvent, la solution réside peut-être dans une idée toute simple : donner à chaque individu un montant minimum lui permettant de vivre décemment. Sans contrainte. Sans besoin de justifier de sa pauvreté. Sans besoin de justifier d'une éventuelle recherche d'emploi. Un revenu universel et inconditionnel.

Ce revenu, bien entendu, viendrait en remplacement de toutes les autres allocations (RSA, allocations familiales, allocations logements, etc.) C'est d'ailleurs ici que ce trouve la plus grosse partie de son financement : les aides qui ne seront plus versées, et la suppression de tout ce que certains appellent « gendarmes du social », c'est-à-dire ceux qui cherchent à débusquer les fraudeurs touchant une aide à laquelle ils n'ont pas droit.

Ce revenu permettant tout juste de vivre, libre à chacun d'avoir une activité rémunérée en plus, afin d'apporter du beurre dans les épinards. Ou de préférer s'investir dans des activités sans valeur marchande, comme le bénévolat, le militantisme, ou, plus simplement, l'éducation de ses enfants…

La désincitation au travail

En général, une personne à qui l'on évoque le revenu de base pour la première fois oppose le même argument : pourquoi les gens continueraient-ils à aller travailler si un revenu arrive sur leur compte tous les mois quoi qu'ils fassent ? La réponse est simple : les gens iront travailler parce qu'ils en ont envie, parce qu'ils y trouvent un intérêt, et non par contrainte. Et cela, tout le monde s'accorde à le dire, est très bon pour le rendement !

Imaginons la situation suivante : depuis que le revenu de base existe, tel salarié a quitté son emploi, son travail n'est plus fait. Face à cette situation, nous avons trois réponses possibles :
Finalement, je peux faire ce travail moi-même. Par exemple, pourquoi payer quelqu'un pour me livrer ma pizza ? Je peux peut-être simplement prendre le temps d'aller la chercher…

Quand on regarde de près, ce travail n'est peut-être pas utile. Comme l'explique l'anthropologue américain David Graeber³, on crée de plus en plus d'emplois inutiles pour préserver la croissance, comme le faisaient les anciens états socialistes, tel l'URSS.

Ce travail est indispensable, il va donc falloir trouver quelqu'un qui veuille bien le faire et pour cela le rémunérer à sa juste valeur. En effet, si l'on regarde de près, on se rend compte que les emplois les plus indispensables sont souvent les plus mal considérés, et donc les plus mal payés.

Si l'on regarde les différentes expériences qui ont été menées sur le revenu de base, on se rend compte que la désincitation est en réalité très faible. Au contraire, en général, on constate une augmentation de la productivité dans les régions qui ont testé ce système. Finalement, un système où, comme aujourd'hui, celui qui trouve un emploi perd certaines allocations pour au final avoir moins d'argent en fin de mois n'est-il pas le vrai système qui incite à ne pas travailler ?

Deux visions possibles

En fait, si l'on réfléchi bien, il y a deux visions possibles face au revenu de base. Soit l'on considère que la vie doit se mériter, et que chacun doit obligatoirement apporter sa pierre au système, que le mérite doit être valorisé, et que celui qui est fainéant, ou peut-être simplement n'a pas eu de chance, devra se débrouiller pour survivre. Il faut donc accepter que certaines personnes meurent de ne pas avoir suffisamment pour vivre ou, par nécessité, trouvent des moyens illégaux pour survivre. Dans ce cas, le revenu de base est une hérésie !

L'autre vision, c'est qu'il est inacceptable de laisser des personnes mourir de faim ou de froid, quels qu'aient été leurs actes. Dans ce cas, le revenu de base est la solution la plus simple et la plus efficace pour éviter cela (si toutefois quelqu'un aurait une meilleure solution, l'auteur serait heureux de la connaitre).

Par contre, les personnes qui se disent contre le revenu de base, et qui sont donc prêtes à accepter qu'une partie de la population ne meure de pauvreté, mais qui se disent en même temps favorable à la solidarité et trouvent scandaleux que l'on puisse mourir de faim ou de froid, on un raisonnement incohérent (ou alors, il leur faudra tenter de l'expliquer à l'auteur de cet article)…

Pourquoi pas le plein emploi ?

Finalement, pourquoi, plutôt que de chercher d'autres solutions, ne pas tout simplement essayer d'amener la population vers le plein emploi ? Dans les années 1930, l'économiste J. M. Keynes avait prédit que d'ici la fin du siècle, grâce à la mécanisation, chacun de nous pourrait se contenter de ne travailler que 15 heures par semaine. Avait-il tort ?

En fait, lorsque l'on regarde l'augmentation de la productivité, on se rend compte qu'en effet, si la finance ne récupérait pas une part gigantesque des richesses produites, on pourrait se contenter de travailler si peu. Et cela va aller de plus en plus loin : la mécanisation du travail va diminuer de plus en plus la quantité de travail à faire… Et c'est tant mieux !

Même si, comme le dit D. Graeber³, on tente de créer de nouveaux emplois « inutiles », cela ne rattrape pas la quantité d'emplois détruits. Le plein-emploi est donc devenu une utopie. Nous allons forcément vers un monde dans lequel de plus en plus de personnes seront des chômeurs. La seule solution est donc d'enlever le côté intensément péjoratif lié à ce terme « chômeur » et faire en sorte que les activités sans valeur marchande soient également bien considérées. C'est ce qui arriverait avec un revenu de base.

Les effets de bord

La conséquence directe du revenu de base semble évidente : c'est la suppression de la pauvreté. Mais il y a en réalité une multitude d'effets de bords, certains ayant été révélés par les diverses expériences et étant plutôt inattendus⁴ :

l'entrepreneuriat est favorisé par la diminution du risque pris par le créateur d'entreprise qui voit son revenu assuré pendant la période de démarrage de sa société,

la suppression du salaire minimum permet la création d'emploi à faible valeur ajoutée,

l'insécurité diminue par la suppression de la pauvreté et donc de la nécessité pour certain de trouver des solutions alternatives de survie,

le niveau global de santé s'améliore grâce à la diminution du stress au travail et à la part plus importante de temps que les citoyens prennent pour s'occuper de leur corps,

le niveau d'étude augmente en supprimant le besoin pour certains étudiants de travailler en parallèle de leur formation,

les activités se trouvent relocalisées, provoquant des économies de transport et un rééquilibrage entre les villes surpeuplées et les villages déserts…

Avec le revenu de base, c'est en fait une société complètement nouvelle et humaniste que nous sommes en mesure de faire émerger…
 

Références
[1] Les travailleurs pauvres : http://www.inegalites.fr/spip.php?article905
[2] Le NAIRU : http://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_ch%C3%B4mage_n%27acc%C3%A9l%C3%A9rant_pas_l%27inflation
[3] Traduction de l'article « Bullshit jobs » de David Graeber : http://www.lagrottedubarbu.com/2013/08/20/emplois-foirreux-bullshit-jobs-par-david-graeber/
[4] Argumentaires sur les conséquences du revenu de base : http://revenudebase.drupalgardens.com
[5] Site français sur le revenu de base : http://revenudebase.info/


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79 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 2 septembre 2013 10:54

    Revenu de Base financé par la FISCALITÉ ou
    Dividende Universel financé par l’ÉPARGNE ? ? ?

    Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel par l’Épargne.

    Lire, SVP :
    Refondation du Capitalisme & Dividende Universel
    ou/et
    http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/40/ ... cerite.pdf

    Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce projet de « Refondation du Capitalisme et de création d’un Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

    Objectif Principal :
    Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique
    Par un effort préalable d’épargne soutenu, les « démunis » (par opposition aux « nantis ») acquerront collectivement des actions du capital des entreprises du secteur marchand, banques incluses.
    Cette participation au capital pourra être minoritaire (minorité de blocage) ou majoritaire.

    Objectifs Spécifiques :
    I)
    Transformer le « capitalisme ordinaire » en un véritable 
    Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
    Les représentants des « démunis », démocratiquement élus, géreront ce patrimoine financier de manière à infléchir Recherche, Développement, Production & Commercialisation des entreprises contrôlées : Refondation du Capitalisme.
    II)
    Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un 
    Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage ainsi que celui de la « lutte des classes ».
    II.1)
    À terme, les profits des entreprises sous contrôle des « démunis » seront partiellement distribués à l’ensemble des « démunis » sous forme de Dividende Universel.
    II.2)
    a) Ceux qui le souhaiteraient pourraient s’arrêter de travailler et se satisfaire du Dividende Universel.

    b) Ceux qui souhaiteraient gagner plus que le seul Dividende Universel pourraient travailler dans l’économie marchande et, éventuellement, y gagner des rémunérations faramineuses sans être accusés d’exploiter qui que ce soit.
    II.3)
    Si plus personne ne souhaitait travailler dans l’économie marchande, celle-ci s’effondrerait totalement et, avec elle, le patrimoine accumulé des « démunis » deviendrait stérile et interdirait le bénéfice du Dividende Universel.


    • Robert GIL ROBERT GIL 2 septembre 2013 11:02

      voici un film interressant sur ce sujet d’avenir.

      voir : http://2ccr.unblog.fr/category/film/


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 2 septembre 2013 11:12

        Ce film ne propose un financement d’un revenu de base que par la FISCALITÉ...


      • Robert GIL ROBERT GIL 2 septembre 2013 11:27

        alors on pourrait le faire avec les richesses produites.

        voir : TOUT LE PIB POUR LA COTISATION



        • foufouille foufouille 2 septembre 2013 12:19

          tu es mort d’ennui ?


        • miha 2 septembre 2013 11:53

          Le problème du financement n’en est pas vraiment un : si la décision de la mise en place d’un revenu de base inconditionnel est prise, son financement se fera, d’une façon ou d’une autre.

          Cette mise en place est uniquement une question de volonté politique.

          Quand, par exemple, il a été question de remplacer les religieuses qui assuraient bénévolement les soins dans les hôpitaux par des infirmièr(e)s professionnel(le)s, on a trouvé de quoi payer des salaires du jour au lendemain, sans « production » supplémentaire, pourtant.

          *******

           

          C’est le moment de signaler le référendum européen d’initiative citoyenne au sujet du RDB :

          http://basicincome2013.eu/ubi/fr/signer-initiative/

          C’est plus qu’une pétition, c’est une sorte de vote par internet : il est demandé le numéro de carte d’identité ou de permis de conduire.


          • foufouille foufouille 2 septembre 2013 12:21

            « la suppression du salaire minimum permet la création d’emploi à faible valeur ajoutée, »

            dans ce cas, il doit être assez élevée et basé sur une inflation réelle


            • aimable 2 septembre 2013 14:02

              tant que l’esclave léchera la main de son maitre , l’esclavage aura de beaux jours devant lui !


              • Gnaffron 2 septembre 2013 15:12

                Vos soi-disant discussions sur le mode de financement sont de l’enculage de mouche et de la poudre aux yeux. Il y a les gens qui produisent des richesses (ceux qui bossent) et les gens qui consomment des richesses (à peu près tout le monde). La seule question est : comment on réparti ces richesses.

                Je fais partie de la première catégorie. J’estime donc avoir mon mot à dire sur le devenir des richesses que je me fatigue à produire. Ayant de fortes convictions humanistes et socialistes, je suis pour le maintien d’un filet social fort qui protègent les membres les plus faibles de la société (les malades, les inadaptés définitifs, les pas-de-bol et les chômeurs qui essayent de s’en sortir). Je suis prêt à raquer pour ça. Et je le fais.

                Il est en revanche hors de question que cette redistribution serve à faire vivre des feignasses. Je me casse pas le cul 42h par semaine pour que des glandus puissent vivre leur « projet de vie » pour le monde du futur meilleur pour les enfants durables de demain.

                Ceux qui veulent vivre sur le dos des autres sans produire de richesse ont un épithète qui leur sied à ravir : parasites.

                Et qu’on vienne pas me parler que ces projets à la con bénéficient à la société au même titre que le fruit du travail. Si c’est le cas, c’est une richesse, qui mérite salaire (du coup obère le besoin d’un quelconque revenu autre). Sinon, c’est un hobby, qui ne mérite pas une thune de la part de la collectivité.

                Bref, avec votre beau discours de la fin de l’esclavagisme du travail, vous montrez uniquement que vous voulez devenir les jouisseurs du travail des autres, vos nouveaux esclaves. Un mot d’iceux : ALLEZ VOUS FAIRE VOIR !


                • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 2 septembre 2013 17:15

                  « vous voulez devenir jouisseurs du travail des autres »
                  Pas vraiment. En l’état actuel des choses, beaucoup de personnes profitent de mon travail. Si un revenu de base était mis en place, je ferai probablement partie de ceux qui participent le plus à son financement.

                  « hors de question que cette redistribution serve à faire vivre des feignasses »
                  Donc, d’après vous, ces « feignasses » peuvent crever, vous n’en avez que faire…
                  Juste comme cela, en passant, vous en connaissez beaucoup, vous, des feignasses ? Moi non. Je connais des gens qui n’ont pas les capacités ou la chance pour occuper un emploi, je connais des mères (mais aussi quelques pères) au foyer qui font un travail n’étant pas valorisé, je connais des militants pour des causes humanitaires qui ne sont que faiblement financées par des dons de moins en moins nombreux, etc.

                  « J’estime donc avoir mon mot à dire sur le devenir des richesses que je me fatigue à produire »
                  Donc, non seulement vous voulez avoir le privilège de produire des richesses, ce qui n’est pas donné à tout le monde, et le sera de moins en moins (cf mon lien n°3 dans l’article), mais en plus, vous estimez avoir le privilège de décider à qui vous le distribuez ? Le beurre et l’argent du beurre…

                  Essayez de sortir du cadre étriqué dans lequel le système actuel conditionne votre pensée. Par exemple, vous fustigez les éventuels fainéants qui choisirons de se contenter du revenu de base (tout juste de quoi vivre, je le rappelle), mais ne dîtes rien sur les parasites actuels qui ne foutent rien et s’accaparent des richesses bien plus importantes produites par des ouvriers sous-payés que sont certains propriétaires de grosses entreprises !


                • Cédric Moreau Cédric Moreau 2 septembre 2013 18:09

                  Dans le genre vision étriquée, votre message est une sacrée perle !


                  « Il y a les gens qui produisent des richesses (ceux qui bossent) et les gens qui consomment des richesses (à peu près tout le monde). »

                  Qui êtes-vous pour prétendre que tout travail produit des richesses ? Creuser un trou peut demander un sacré travail, en sera-ce pour autant une richesse ? Et le votre de travail à « 42h par semaine », pour lequel vous vous « cassez le cul », qui nous dit qu’il produit quelque chose d’utile pour la société ? Parce qu’il est rémunéré ?

                  Vous confondez argent et richesse, ce qui n’a rien à voir. Des logiciels libres peuvent être des monuments de richesse, mais ne pas avoir été rémunérés pour autant.

                  « La seule question est : comment on réparti ces richesses. »
                  Non. La 1ère question est : qu’est-ce qu’une richesse ? Et là, déjà, vous risquez d’avoir de très très grosses difficultés. En fait, vous ne pourrez pas : toute valeur est relative à chaque individu dans l’espace et dans le temps (vous pourriez n’avoir que faire d’une peinture, votre voisin si ; un verre d’eau n’a pas la même valeur dans votre cuisine que dans le désert). Bref, une richesse, ça ne se décrète pas.
                  La 2ème question est donc non avenue.

                  Tout le reste de votre post n’est que mépris des autres basé sur votre réflexion initiale, comme quoi vous (la clique qui travaille, vous savez, les mêmes « sérieux » qui croient faire un truc noble qui sert la société) seriez les producteurs de la « richesse ».

                  Gardez donc votre pseudo bondé humaniste : la vérité, et désolé de vous le dire, c’est vous êtes complètement à côté de la plaque.

                • Mmarvinbear Mmarvinbear 2 septembre 2013 19:21

                  Juste comme cela, en passant, vous en connaissez beaucoup, vous, des feignasses ? Moi non. Je connais des gens qui n’ont pas les capacités ou la chance pour occuper un emploi,


                  Bah moi oui, j’en connais. Un couple même. Ils ont pas de boulot malgré le fait qu’ils soient dans la trentaine, ils ont pas de revenus autres que le chômage.

                  Bon, ils bossent un minimum le temps de recharger leurs Droits et ensuite il partent. Ils sont mariés, ont pas d’appart, mais pourquoi se faire chier à payer un loyer ou payer des traites quand on a des parents trop bons et trop cons chez qui squatter ?

                  Ah oui, ils ont un gosse aussi, donc leurs vieux osent pas les foutre à la porte à cause de la gamine.

                  Et oui, ils aimeraient voir un revenu universel du genre tomber dans leur poche. Et oui, ils votent FDG.

                  Je sais pas pourquoi mais j’aurai aimé plus les voir au FN.

                • Mmarvinbear Mmarvinbear 2 septembre 2013 19:23

                  Ah oui, j’allais oublier, ils sont dans aucune assoc’. Leurs journées, c’est devant la télé ou la console et leurs plus grosse dépense, c’est pour leur « eucalyptus » à fumer.


                  C’est dire si cela donne envie.

                • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 2 septembre 2013 20:20

                  Je ne comprends pas : ce sont des personnes que vous jalousez ? Si oui, vous n’avez pas de raison d’être contre le revenu de base, il vous permettra de faire pareil ! Si ce sont plutôt, comme ça serait mon cas, des gens que vous plaignez, et bien, malheureusement, un revenu de base ne changera rien pour eux, ni en bien, ni en mal.


                • Mmarvinbear Mmarvinbear 2 septembre 2013 22:47

                  Je ne comprends pas : ce sont des personnes que vous jalousez ? Si oui, vous n’avez pas de raison d’être contre le revenu de base, il vous permettra de faire pareil ! Si ce sont plutôt, comme ça serait mon cas, des gens que vous plaignez, et bien, malheureusement, un revenu de base ne changera rien pour eux, ni en bien, ni en mal.


                  Fort heureusement, je ne jalouse pas ces parasites. 

                  Mais je suis contre l’idée de laisser à de tels fainéants de quoi satisfaire leur paresse intellectuelle et physique sans contrepartie.

                • romaeterna romaeterna 8 septembre 2013 20:43

                  Pardon, mais n’est-ce pas déjà le cas ?


                • exocet exocet 2 septembre 2013 18:32

                  60.000.000 de Français X 900 euros par mois X 12 mois = 648 milliards d’euros par an.

                  Budget de l’éducation nationale en France (le mammouth) = 45 milliards d’euros par an.

                  Budget de l’état en France (total ressources) = 240 milliards d’euros par an.


                  • Mmarvinbear Mmarvinbear 2 septembre 2013 19:14

                    Attends, pourquoi sur 12 mois ?


                    Nous on veut le 13è aussi !

                  • Le printemps arrive Le printemps arrive 2 septembre 2013 20:17

                    @exocet
                    PIB produit par la France : 2000 milliards.

                    « Budget de l’état en France (total ressources) = 240 milliards d’euros par an. » : tu m’étonnes qu’il soit aussi bas, avec tous les cadeaux fiscaux fait aux fainéants qui font « travailler » leur argent !

                    C’est dingue comme certains persistent à penser que le fainéant c’est son voisin et pas le rentier !


                  • Le printemps arrive Le printemps arrive 2 septembre 2013 20:20

                    @marvinbear :

                    croyez-vous que des gens soient payés pour faire croire aux autres qu’ils ne méritent pas d’être mieux payés ?
                    ce serait abominable si cela existait, n’est-ce pas ?


                  • jpm jpm 3 septembre 2013 08:11

                    @exocet,

                    votre calcul est intéressant et la comparaison avec l´actuel budget de l´Etat (hors budget social qui lui s´élève à plus de 600 milliards par an) montre bien la complexité du financement d´un tel revenu de base... mais cela n´est pas impossible pour autant.

                    L´idée encore une fois est de donner à tout le monde, mais également de reprendre sous forme d´impôts ou de cotisations à ceux qui n´en ont pas besoin. Il s´agit donc d´un jeu d´écritures à somme nulle... ceux qui gagnent bien leur vie redonneraient sous forme d´impôt l´intégralité du revenu de base qu´ils ont perçu, voir même davantage selon la volonté de redistribution ce qui permettrait d´équilibrer les comptes.

                    Evidemment avec votre exemple (relativement généreux en terme de montant) cela supposerait un prélèvement de 46% du montant des revenus distribues qui sont de l´ordre de 1400 milliards par an en France. Les gens gagnants moins de 2000 euros nets seraient gagnants car ils recevraient plus en revenu de base qu´il ne contribueraient, alors qu´à partir de 2000 euros par mois les gens deviendrait des contributeurs positifs.

                    Je pense malgré tout que ce montant de 900 euros (même s´il est souhaitable à terme) me semble trop ambitieux. Dans un premier temps, il est important de faire accepter la notion de revenu inconditionnel... ce qui pourrait déjà très bien se faire sans un effort fiscal supplémentaire pour ceux qui travaillent. Je prépare actuellement un article où j´essaye de montrer que la distribution inconditionnelle d´un revenu de base légèrement supérieur aux actuels minima sociaux est tout a fait possible, sans augmentation de l´actuelle pression fiscale.


                  • Mmarvinbear Mmarvinbear 3 septembre 2013 11:15

                    Je pense malgré tout que ce montant de 900 euros (même s´il est souhaitable à terme) me semble trop ambitieux.


                    L’ Alaska possède un tel revenu « de base », tiré des ressources pétrolières de l’ Etat.


                    Aux dernières nouvelles, il était de 300 dollars annuels.

                    On va loin avec cela...

                  • foufouille foufouille 3 septembre 2013 11:18

                    sauf que 900€, tu dépenses tout. c’est de l’argent qui circulent pour la plupart des gens. on peut aussi avoir un RU en monnaie fondante ou en « ticket restau » du trésor public


                  • jpm jpm 3 septembre 2013 12:48

                    A vrai dire, peu importe le montant du moment qu´il soit financable et donc accepté par les differents contributeurs mais surtout qu´il corresponde a un veritable pourvoir d´achat. 
                     
                    Comme nous ne sommes pas l´Alaska et que nous n´avons pas de rente petroliere a nous partager... il faudra donc bien prendre sur le pouvoir d´achat de ceux qui ont des revenus pour partager avec ceux qui n´en ont pas suffisamment.

                    Malgre tout, il faut absolument eviter de decourager les travailleurs de produire des richesses par un taux de prelevement trop important pour qu´il reste quelque chose a partager avec ceux qui n´ont pas de boulot (volontairement ou involontairement). Il faut donc s´assurer que ces derniers puissent vivre modestement... pas forcement en region parisienne ni sur la cote d´azur, et que la remuneration des premiers reste suffisante et leur permette de vivre une vie plus confortable.


                  • foufouille foufouille 3 septembre 2013 13:54

                    « Il faut donc s´assurer que ces derniers puissent vivre modestement... pas forcement en region parisienne ni sur la cote d´azur, »

                    le problème est justement que tu ne vis pas 900€, nulle part en france et encore moins avec 500
                    c’est de la survie. en campagne, le moyen de transport est obligatoire.
                    le plus souvent, on ne se soigne pas quand on est malade


                  • jpm jpm 3 septembre 2013 14:12

                    Foufouille,

                    je connais des veuves de retraités agricoles qui vivent (tres petitement) avec 300 ou 400 euros par mois de pension de reversion. Evidemment elles beneficient du logement gratuit... car elles sont proprietaires (raison pour laquelle elles ne demandent pas l´ASP) mais elles y arrivent quand meme. Je connais egalement des etudiants qui se debrouillent en collocation avec moins de 400 euros par mois... et je rappelle que le RSA est de 483 euros mensuel pour un adulte celibataire... hors aide au logement et prise en compte de la CMU-C. Il faut donc arreter de dire que ce n´est pas possible...

                    Alors oui, on vit certes plus confortablement avec 1000 ou 1500 euros par mois... mais je rappelle qu´il existe un moyen efficace de gagner sa vie en se rendant utile a la collectivite, c´est le travail salarie ou independant smiley Evidemment il faut parfois payer des charges pour le social... mais cela permet malgre tout de mieux vivre.

                    Maintenant on peut aussi rever de vouloir donner beaucoup plus a ceux qui ne souhaitent pas travailler... mais qui payera pour cela ? En gros, qui est pret a partager sa production personnelle avec le voisin qui trouve que la terre est trop basse ?


                  • foufouille foufouille 3 septembre 2013 15:21

                    "
                    je connais des veuves de retraités agricoles qui vivent (tres petitement) avec 300 ou 400 euros par mois de pension de reversion. Evidemment elles beneficient du logement gratuit... car elles sont proprietaires (raison pour laquelle elles ne demandent pas l´ASP) mais elles y arrivent quand meme."

                    c’est pas possible sans autre revenu, surtout a 300€. soi elle a un logement a louer (très courant chez les cultos), de l’argent sur compte ou des aides gratuites de la part des autres agriculteurs
                    j’ai survécu avec pas grand chose longtemps, tu ne me feras pas gober ce genre de choses


                  • jpm jpm 3 septembre 2013 15:34

                    C´est sur qu´elles vivent tres petitement et ne mangent pas de la viande tous les jours... peut etre ont elles un peu d´argent qui leur reste de cote... mais quoi qu´il en soit elles y arrivent avec tres peu... Elles n´ont pas l´internet, pas d´abonnement tele, pas de voiture ni de telephone portable et c´est vrai qu´elles n´achetent pas grand chose... en dehors de la nouriture et de l´energie pour se chauffer... mais bon comme elle sont dans le sud de la France, ca coute moins cher.

                    Maintenant je suis daccord que c´est tres peu... mais je rappelle que les gens au RSA sont censes vivre avec cela... et que par comparaison quelqu´un au SMIC qui travaille a plein temps ne touche que 1121 euros net, completé par un chouia de RSA activite s´il en fait la demande.

                    De toute maniere, on en revient toujours a la question de savoir combien ceux qui bossent sont prets a cotiser sur leur revenus (ou leur epargne) pour d´autres qui ne travaillent pas... et je crains que la reponse soit fort egoiste smiley


                  • foufouille foufouille 3 septembre 2013 16:37

                    sans voiture, c’est encore moins possible, les petits commercants qu’il peut y a voir sont plus cher qu’un petit casino. dans le sud, ce sera sans chauffage. elle pourra même pas payer les taxes foncières et cie.

                    au RSA, tu survit et si tu sait couiner, tu peut avoir des aides en plus. sinon tu travailles au black un peu. sinon tu as 10° l’hiver et tu manges un repas sur deux.


                  • Fitz Fitz 2 septembre 2013 18:58

                    Bonsoir et bravo pour cet article !

                    Je vais réagir à cette partie : "L’autre vision, c’est qu’il est inacceptable de laisser des personnes mourir de faim ou de froid, quels qu’aient été leurs actes. Dans ce cas, le revenu de base est la solution la plus simple et la plus efficace pour éviter cela (si toutefois quelqu’un aurait une meilleure solution, l’auteur serait heureux de la connaitre).« 

                    Tout d’abord, je suis tout à fait d’accord que le Revenu de Base est un système très intéressant qui permettrait déjà de supprimer la pauvreté extrême et de réduire un peu les inégalités. Mais je pense que ce n’est qu’une étape transitoire vers quelque chose qui pourrait aller plus loin : un monde basé sur le partage !

                    Ce nouveau système de société à un petit nom : »Modèle Économique Basé sur les Ressources". Si vous ne le connaissez pas, je vous invite à le découvrir ;)


                    • Auxi 2 septembre 2013 23:54

                      Ce revenu, bien entendu, viendrait en remplacement de toutes les autres allocations (RSA, allocations familiales, allocations logements, etc.)

                      Non ! Vous avez une idée des loyers démentiels à Paris et aux environs ? Le revenu de base n’a de sens que si on peut en vivre, justement ! Le retour au plein emploi est une chimère ravageuse. Lisez donc l’indispensable « Horreur économique », de Viviane Forrester.

                      • Mmarvinbear Mmarvinbear 3 septembre 2013 11:16

                        Le pays fait 550 000 km2.


                        Pourquoi vouloir absolument s’entasser entre la porte Maillot et la porte de Bercy ?

                      • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 3 septembre 2013 12:50

                        Désolé, mais je n’ai pas tout compris de votre message. Je suis un peut trop habitué à lire du Français avec sujet, verbe et complément… Je vais donc me contenter de réagir sur le mot « bisounourseries » (soit dit en passant, je le trouve assez joli) que j’ai traduit par « naïveté ».

                        Je suis souvent étonné de me faire traiter de naïf lorsque j’expose des théories qui ont été expérimentées et se sont révélées parfaitement fonctionnelles, alors que ces mêmes personnes me traitant de naïf sont persuadées de vivre dans un monde où il y aura toujours du travail pour ceux qui le veulent et où la croissance sera infinie… Et sont persuadées que ce monde est le meilleur qui soit, alors qu’un simple regard autour de nous, nous montre le contraire !


                      • Anon 3 septembre 2013 12:45

                        « Combien même » n’est pas une expression française valide. On dit « quand bien même ».


                        • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 3 septembre 2013 12:54

                          Encore une de ces erreurs qui se glissent petit à petit dans notre façon de parler… Merci pour l’information ! smiley


                        • Galuel Galuel 3 septembre 2013 13:15

                          Très bien cet article !

                          Ceci étant dit du point de vue d’un ingénieur en informatique il existe une voie parfaitement libre qui permet d’envisager le RdB sans tomber dans le même travers que les tenants de la « monnaie dette » qui est de développer une monnaie libre basée sur un RdB, et qui donc n’oblige personne, ni n’impose de monopole.

                          Cf les liens et le podcasst n°36 « monnaie libre » http://monnaielibre.creationmonetaire.info/monnaie-libre-n36-mouvement-dentrepreneurs-les-tondus-avec-guillaume-thomas/

                          Cf le projet OpenUDC, projet Libre, auquel tout informaticien peut donc contribuer, sans besoin de forcer le passage des systèmes monétaires privateurs.


                          • Noriku 3 septembre 2013 15:34

                            Très intéressant cet article, cependant, j’ai quelques interrogations :

                            Il est marqué que le revenu de base réduira la délinquance et la misère, car les gens auront revenu qui leur permettra de vivre dignement. Ma question est simple, est-ce qu’il ne va pas y avoir une flambée des prix sur certaines denrées ou sur certains postes. 

                            Par exemple le logement. Les prix sont chers actuellement car globalement, il y a une forte demande et pas assez d’offre. Je me demande si on ne va pas voir une explosion des loyers qui rendra ce revenu de base obsolète car finalement, les gens auront d’avantage d’argent pour accéder au logement, mais le parc n’est pas extensible, du coup les prix vont augmenter ? 

                            De même, si il y a une augmentation des prix, est-ce que ça ne va pas tout simplement causé une augmentation du salaire des gens qui travaillent afin de garder leur niveau de vie et donc finalement avoir en face de nous le syndrome du serpent qui se mord la queue ? Ou l’inverse, une réduction du niveau de vie et du pouvoir d’achat ce qui n’est pas bon pour l’économie ?





                            • jpm jpm 3 septembre 2013 15:43

                              C´est tout le probleme du financement du Revenu de base qui n´est pas extensible a l´infini et ne doit pas etre inflationniste. Ainsi on pourrait tres bien decider de creer plus de billets et de distribuer largement cet argent... mais cela n´augmenterait pas necessairement le pouvoir de consommation des allocataires... car ce dernier depend directement des biens et services reellement disponibles (et donc produits).

                              Il faut donc si possible raisonner en fonction du partage equitable de la production de richesses.... ce qui peut passer par un impot ou un systeme social redistributif, l´inflation ou n´importe quelle taxe sur la consommation qui revient au meme. Au bout du compte, ce seront uniquement les biens et services produits qui pouront etre partages entre tous... car un billet en soi n´a jamais nourri son bonhomme.


                            • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 3 septembre 2013 17:40

                              « est-ce qu’il ne va pas y avoir une flambée des prix »

                              À priori, non. Il n’y a pas de raison logique que les prix augmentent. D’ailleurs, les différentes expériences n’ont pas fait état d’explosion des prix.

                              « Par exemple le logement. Les prix sont chers actuellement car globalement, il y a une forte demande et pas assez d’offre. »

                              C’est partiellement vrai. En réalité, il y a beaucoup d’offre, simplement, elle n’est pas au cœur de Paris. Le revenu de base générant une relocalisation des activités, on peut imaginer que les logements qui tombent en ruine dans les campagnes pourront trouver une seconde vie !

                              « est-ce que ça ne va pas tout simplement causé une augmentation du salaire des gens qui travaillent afin de garder leur niveau de vie »

                              N’oubliez pas que le revenu de base est universel et inconditionnel. Ceux qui « travaillent » (dans le sens de « ont un emploi rémunéré ») ont déjà une augmentation du fait de ce revenu de base qui s’ajoute à leur salaire.

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