A son corps défendant, BHL vient de déclencher une polémique sans intérêt sauf celui de dévoiler l’insoutenable imbécillité de l’être. Il a suffit d’une lecture ordinaire et honnête d’un journaliste du Nouvel Obs pour que l’affaire Botul-BHL se répande sur la toile et que les Internautes ne refilent le filon pour moquer avec une bêtise incommensurable, que même Flaubert n’aurait pas utilisé pour sa prose, les Bouvard et Pecuchet étant d’un niveau largement supérieur à ceux qui s’amusent à se payer la tronche de BHL pour un motif formel si insignifiant.
Les sourcilleux de la morale intello cléricale pourront bien s’offusquer de la défense du plus médiatique des philosophes par deux préposés à la critique émargeant dans le journal dont BHL est actionnaire, on ne pourra pas condamner cette faute formelle car les accidents de la forme ne sauraient valoir de jugement pour jauger du fond et si on peut montrer le contraire eh bien que ces mécréants blogueurs donnent du neurone et tentent d’expliquer en quoi le lapsus de la forme trahit le déficit du contenu. Ces agités du bulbes sont avides de buzz et de scandales, ils aiment les polémiques de bas étiage, les discussions sur des broutilles où ils se donnent quelque prestance en relayant un scoop détonnant qui n’est qu’un pet de mouche, un pétard mouillé. Après tout, bien des universitaires font des erreurs formelles sans qu’on ne leur fasse aucun reproche alors que s’agissant de BHL, un intellectuel qui du reste crache à la gueule de l’Université car il en a les moyens, surtout financier, les sourcilleux de la Toile, ignorants au possible, se font les juges intellectuels par procuration de cette faute formelle. Les imbéciles ont droit à l’expression et je me battrai pour qu’ils ne soient pas censurés car ils ne dévoilent que trop parfaitement les travers d’une société qui ne sait plus attaquer les profondeurs de la pensée et se complaît dans d’interminables joutes superficielles. Je sais pour mon propre compte que j’aurais pu me faire planter, ayant utilisé des données émanant de Wikipédia sur les sorcières, en étant certain de leur validité. Mon flair ne m’a pas trompé, puisque a posteriori j’ai vérifié que ces données étaient extraites d’un ouvrage savant. En fait, ces données étaient évidentes pour mon propos, comme celle de Botul l’ont été pour BHL à qui ont fait un mauvais procès puisqu’on sait bien que cet intellocrate se moque des conventions universitaires, que du reste il n’a pas les moyens de transgresser contrairement à d’autres assez rares ( ?)
Une analyse un peu plus subtile dévoilerait la faiblesse d’un BHL qui pour asseoir sa pensée, a besoin de quelques francs tireurs et pour l’occasion, ce Botul inventé qui se prête à l’intention signifiante du penseur pressé d’en finir avec on ne sait quel fantôme de Kant érigé en démon conceptuel que notre BHL se prend à combattre, tel un don Quichotte d’on ne sait quelle cause perdue ou trouvée. Bref, BHL est un cadavre à la renverse, un vieux joueur qui au fond, n’est pas un mauvais bougre et s’amuse de s’être fait piéger. On l’a vu sur Canal, BHL a livré son vrai visage, ordinaire, narcissique. Un BHL qui a défini l’identité française comme le combat mené contre la Serbie. Traduction : est français celui qui pense comme BHL. Il y avait matière à sonder le philosophe lors de sa prestation sur Canal, bien plus que sur cette botulade de cirque facebookien et twittériste. BHL m’a paru au bout de ses possibilités, accumulant les fautes formelles dans son expression, trop petit pour le costume médiatique qui lui tailla Denisot, exactement comme Rama Yade qui ne parvient pas à habiter son personnage et s’exprime comme une gosse de terminale douée issue des banlieues. BHL est un dandy doué parvenu au seuil du principe de Peter en vigueur dans le monde de la pensée diffusée. Il n’assure plus.
Je n’ai pas lu la guerre en philosophie, mais je pressens que cette guerre n’a rien d’universel et de conceptuel. Elle n’est que le récit d’un personnage qui, parvenu au terme de ses capacités intellectuelles, n’ayant plus d’avenir faute de transmutation radicale, tente de se justifier en annexant les canons de la philosophie au service de l’ego surdimensionné d’un intellectuel que le dessein et le destin ont poussé à se positionner comme un artilleur sans concept mais avec un ego. Bref, BHL nous fait savoir qu’il a accompli son dépucelage kantien pour se faire pénétrer de mauvaises pensées nietzschéennes. Il était temps que BHL fasse au moins son examen de conscience dans le confessionnal des maîtres trépassés de la vie transcendantale. Et comme dirait Nietzsche, il faut protéger les forts de la meute des impuissants. En ce sens, je prends la défense de BHL face à ce procès des imbéciles.

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