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Il nous faisait déjà son cinéma...

Maintenant il va nous faire sa télé ! Regrouper les journaux de France 2 et France 3 pour mieux contrôler l’information, désigner lui-même le président de France Télévisions, on n’a jamais vu en France une telle volonté de mainmise sur les médias. Il nous faisait déjà son cinéma avec ses coups de sang, ses amours mises en scène, voilà maintenant qu’il va nous faire sa télé.

Tout a commencé par une exigence des amis de Sarkozy détenteurs d’actions dans les chaînes privées. Ces amis trouvant que leurs juteux profits n’étaient pas à la hauteur de leurs espérances, et déçus sans doute des retombées de l’ouverture à la publicité pour la grande distribution, décidée par Bruxelles et effective depuis le 1er janvier 2007, ont tiré Nicolas par sa manche d’avocat dans un même mouvement exprimant leur juste volonté de voir reconnaître leur légitime soif de profit.

Rappelons quand même que la question du financement n’est pas nouvelle. On a laissé la redevance perdre 10 % de sa valeur en cinq ans en ne l’indexant pas sur le taux d’inflation. On a laissé Patrick de Carolis, président de France Télévision, s’époumoner en alertant sur la situation. Il réclamait soit une augmentation de la taxe soit des coupures publicitaires. Ni l’un ni l’autre ! La solution retenue par Sarkozy sera la suppression. Elle a déstabilisé tout le monde à l’exception apparemment des actionnaires des chaînes privées.

Particulièrement sensible sur la question de l’indépendance des médias et sur le respect des principes démocratiques issus de Montesquieu, François Bayrou a réagi vivement à l’annonce du tour que prend la réforme :

"Tout ceci serait impossible dans des démocraties de plein exercice. On a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision. Le service public devient directement dépendant de l’Etat : son patron va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants. Quelle marge de liberté restera-t-il à la télévision ? Dans le même temps, les chaînes privées reçoivent la manne publicitaire qui se portait autrefois sur le service public, et pour leur permettre d’améliorer leur bilan, on leur offre la possibilité d’une deuxième coupure, qui double le temps de publicité le plus lucratif. C’est le consommateur qui va payer tout cela au travers de ses communications téléphoniques et des services internet."

Toute cette agitation et cette précipitation se justifiaient-elles ? N’y a-t-il pas des réformes plus urgentes sur lesquelles travailler ? Le pouvoir d’achat par exemple ! D’autant plus que la décision de supprimer la pub risque de l’entamer davantage. En effet, les trois pays européens qui connaissent ce régime ont des taxes télévisuelles plus élevées que notre redevance (117 euros) : 181 euros en Grande-Bretagne, 201 euros en Finlande et 280 euros au Danemark !

La coupure publicitaire entre le film du soir et l’émission qui suivait dérangeait-elle le téléspectateur ? Non certainement. L’enjeu est ailleurs.

Le chef de l’Etat - et de la future télévision d’Etat - a proposé de compenser la perte du chiffre d’affaires publicitaire par une taxe de 0,9 % sur les opérateurs de téléphonie et d’internet. Mais ces derniers crient déjà leur mécontentement.

Le mieux ? Les copains des chaînes privées ne sont pas les derniers à râler. Ils estiment qu’ils n’ont pas à payer de taxe de compensation sur les recettes supplémentaires qu’ils vont engranger ! Je tiens le pari qu’en définitive ils seront exonérés de cette ponction minime ou qu’ils seront récompensés d’une autre manière...
yahoo

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Télévision

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Les réactions les plus appréciées

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    Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.215) 26 juin 2008 10:20
    sisyphe

    Cette fois-ci, les choses sont claires.
    Outre le cadeau fait aux chaines privées déjà à la botte du pouvoir, d’un surplus de pub qu’elles demandaient depuis longtemps, le démantèlement du secteur public et sa mise aux ordres du pouvoir est enclenchée.
    Après l’ahurissante déclaration du chef de l’état hier, détricotant totalement les propositions de la pourtant fantomatique Commission Copé, et annonçant la nomination du Président de France Télévision par le pouvoir exécutif lui-même (lisez nommé par fait du Prince), c’est "back to the future", la formidable régressionde la télévision publique au système d’avant 1981 : tout le système télévisuel entièrement sous contrôle du clan Sarkozy

    Comme c’était déjà prévu et annoncé, mais en bien pire encore que ce qu’on pouvait attendre, après les campagnes de com’ vantant l’action du pouvoir sur le pseudo-pouvoir d’achat, Sarkozy déclenche donc les hostilités frontalement, vis-à-vis du service public.

    Sous couvert de suppression de la publicité sur les chaines publiques, le plus incroyable retour en arrière est donc annoncé : c’est le chef de l’état, en personne, qui se nomme chef des programmes de la télévision publique.

    Le système Berluscosarkozyen est en marche !!

    Comme l’expliquent RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS dans Libé aujourd’hui :

    Un ex-directeur de campagne à la direction de TF1 (Laurent Solly), Alain Genestar patron de Paris Match viré pour une une déplaisante, un ami, Jean-Claude Dassier, à la direction de l’info de la Une, laquelle est détenue par un vrai pote, Martin Bouygues, tout comme l’est Bernard Arnault (Les Echos), Vincent Bolloré (Direct 8 et des gratuits), Arnaud Lagardère (le JDD, Paris Match, etc.) et de très gros soupçons d’intervention dans la nomination de Laurence Ferrari à la place de PPDA…

    Toujours fourré la main dans les affaires des médias, Sarkozy est allé encore plus loin hier : « Les choses doivent être claires, a-t-il martelé, il y a un actionnaire, cet actionnaire nomme le président. » Ça, pour être clair… Même si l’actuel système de nomination par le CSA reflète les majorités présidentielles, là, c’est du jamais vu.

    La bronca ne s’est pas fait attendre : le « patron [de France Télévisions, ndlr] va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants », a dénoncé le président du Modem François Bayrou.

    Le député PS Christian Paul a fustigé un « nouveau modèle français, que Poutine et Berlusconi vont pouvoir bientôt envier ». Seul garde-fou : le CSA pourra donner son avis et une majorité de députés, si elle est qualifiée, pourra s’y opposer. C’est-à-dire que trois quarts des députés devront être contre le candidat de Sarkozy pour qu’il ne soit pas nommé. Autant dire impossible.

    Ainsi, TOUT le paysage télévisuel et médiatique français (rappelons que Dassault et Lagardère, eux aussi amis du pouvoir, détiennent quasiment l’ensemble de la PQR, plus un nombre incalculable de revues et magazines), se trouve entièrement au service du pouvoir, pour diffuser sa propagande, et trier les informations qui auront l’heur de plaire au petit autocrate et sa clique d’obligés.

    C’est une régression jamais vue dans aucune démocratie ; un nouveau coup fatal porté à l’indépendance et à la liberté de la presse et des médias, l’installation progressive d’un système autoritaire qui rappelle les plus sombres heures des pires dictatures ; une véritable mise en pièces du système républicain, un pas de plus (et quel pas de géant) vers un système autoritaire et antidémocrate.

    Le petit dictateur se révèle sous son vrai visage : espérons, cette fois-ci, que le peuple de France ne se laissera pas ainsi voler ses droits et ses libertés, et empêchera ce véritable coup de force par tous les moyens qui lui sont offerts.

    Le premier étant le refus général de payer la redevance, tant que ce projet de loi liberticide ne sera pas abandonné.

     

  • 0 vote deja vote forum
    Par Varsass (xxx.xxx.xxx.222) 26 juin 2008 10:39

    Au début je me suis dis que 5 ans c’était pas la mort, et qu’ il n’y avait qu’a prendre son mal en patiente, mais maintenant j’ai de plus en plus peur de ce que ce nabot fait à notre pays, je ne pensais pas qu’il irai si loin, et que ça passerai si facilement. Il a déjà rendu le grèves inutiles en les rendant indolore, il ne reste plus que la révolution, mais je crois que cette culture de l’individualisme que tous pronent (gauche, droite, milieu ...) ne fassent de nous que des anonymes, incapables de nous rassembler pour faire respecter notre voie.

    Adieu pays que j’aimais bien ...

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    Par lowlow007 (xxx.xxx.xxx.3) 26 juin 2008 11:13
    lowlow007

    retour à l’ortf ?

    pas faux, le controle sur toutes les emissions, retour de la censure."comme au bon vieux temps"

    retour de la speakerine et fin des programmes vers minuit.

    des programmes de merde (remarquez...), bien niaiseux et pro-gouvernementaux, des journalistes achetés par NS et sa bande...., moi, je m’en fous, je ne regarde presque jamis la tv, vu la qualité des programmes....

    internet sous controle comme en chine ? vous inquietéz pas, c’est pour bientôt !

    etc ;, etc, etc....

  • 0 vote deja vote forum
    Par La Taverne des Poètes (xxx.xxx.xxx.178) 26 juin 2008 10:29
    Voris

    Vous comprenez, Nicolas il aime tellement les journalistes qu’il a décidé de devenir leur rédacteur en chef. Dans ce titre qu’il s’attribue, ce qui lui plaît à Nicolas, c’est pas le mot "rédacteur" : c’est le mot "chef" !

     

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