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Infirmiers... la révolte gronde !

Au fil des forums sur les sites dédiés à la profession infirmière, on se rend compte de l’inquiétude des soignants, tant en ce qui concerne l’avenir de la santé que le leur ! Cette profession bien que forte de 480 000 agents, tant libéraux que salariés du privé ou de la fonction publique, est peu entendue, rarement consultée, souvent oubliée.

Depuis plusieurs années elle demande une reconnaissance de son diplôme à BAC+3 (voire plus en fonction des spécialisations) ainsi qu’une intégration de la formation au cursus LMD. Les ministres successifs ont fait de belles déclarations d’intentions. Mais, malgré les accords de Bologne et les promesses de M. Bertrand (ancien ministre de la Santé), de Mme Bachelot, ministre actuelle, et du candidat devenu depuis président de la République M. Sarkozy, la profession est comme soeur Anne et ne voit rien venir !

La seule réponse qui a été apportée, et là encore sans aucune concertation, est la création d’un Ordre infirmier dont une grande partie des soignants ne veut pas ! Une instance qui n’apportera rien à la majorité des infirmiers qui sont salariés et dont l’exercice est déjà largement encadré par une législation étendue, mais qui a la particularité d’organiser un racket officiel puisqu’il instaure une cotisation obligatoire dont le montant est toujours inconnu à ce jour !

La profession manque cruellement de reconnaissance au niveau des instances gouvernementales. L’image d’Epinal assimilant l’infirmière à la nonne dévouée et toute en abnégation a la vie dure ! Il ne nous suffit plus de savoir que nous avons bonne presse dans l’opinion publique pour notre humanité et les services que nous rendons au quotidien. Nous aimerions également que cela nous permettre de vivre correctement. En 1980, une infirmière débutante commençait avec un salaire équivalent à 2,2 fois le SMIC, aujourd’hui l’équivalence n’est plus que de 1,4.

Si nous sommes si peu entendus c’est que nos moyens d’expression sont limités, car l’obligation de continuité du service public et des soins rend nos manifestations anecdotiques ! On voit bien que les seules grèves qui ont un relai médiatique et une audience dans la population sont celles qui provoquent de la gêne auprès du public ! Qui se préoccupe d’une infirmière "en grève" mais à son poste de travail, lorsqu’il n’est pas lui-même hospitalisé ?

Qui se souvient qu’il y a eu un mouvement infirmier au printemps ?

Aujourd’hui nous manquons de reconnaissance, nous avons l’impression d’une dévalorisation de nos compétences, on nous demande de plus en plus, on voit nos équipes perdre des postes infirmiers en permanence. Les heures supplémentaires accumulées vont (peut-être) nous être généreusement payées à hauteur de 30%... Travailler plus pour... des clous !

En psychiatrie la réduction constante des effectifs a conduit à des drames :
- 10 avril 2002, CHS du VINATIER : agression de 2 infirmiers à l’arme blanche. Trois jours plus tard l’un d’eux décède.
- Décembre 2004 à PAU : meurtre d’une infirmière et d’une aide-soignante.
- 10 mai 2005 : un patient pousse un jeune infirmier qui se noie dans le GARD.
- 29 décembre 2006 : une infirmière libérale est retrouvée étranglée dans sa voiture, acte commis par un de ses patients.
- 24 juillet 2007 : deux infirmières agressées au CHU de TOULOUSE, et tous les actes non rapportés médiatiquement.

Par respect pour eux nous devons nous battre pour que nous soyons reconnus, que nos salaires soient à la mesure de nos responsabilités et de nos risques et que nos conditions de travail s’améliorent.

Nous venons de constituer une pétition de soignants n’acceptant plus la passivité de nos gouvernants. Les signataires envisagent une démission collective à une date qui sera déterminée dans le futur par un collectif. Cette démission ne sera pas différée par les impératifs de service ou un refus de l’administration. Les gouvernants nous ont assez manipulés !

par antochrit (son site) vendredi 9 novembre 2007 - 44 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par antochrit (xxx.xxx.xxx.52) 9 novembre 2007 13:16
    antochrit

    En quoi le fait d’avoir SUBI, (encore une fois)une loi instituant les 35h (contre laquelle nous étions car nous savions quelles en seraient les répercussions)nous rend responsables ! Et nous MÉRITONS ce qui arrive ??!! Tous les jour on nous parle de démocratie, mais où est elle ? Je ne vois absolument pas où se situe une démocratie quand les parlementaires votent des lois en dépit des aspirations des citoyens. Ils ne votent que ce qui les intéresse et peut éventuellement leur apporter quelque chose (en monnaie ou en publicité personnelle). Leurs électeurs ils s’en contrefichent une fois qu’ils sont assis dans leurs fauteuils rouges ! Si juste pour soutenir votre adoré SARKOZY vous n’avez comme arguments que "bien fait pour vous", taisez vous !

  • Par Philou017 (xxx.xxx.xxx.234) 9 novembre 2007 12:40
    Philou017

    Lerma sort sa provocation habituelle, ca fait partie des rites Agoravox ! Sinon, je pense que les 35h ont été vues par les infirmieres comme une compensation à des conditions de travail souvent tres difficiles. Je ne leur en ferai certainement pas le reproche. Par ailleurs, les 35h ont tout à fait leur place dans une société progressiste, qui redistribue les benefices et qui compte des millions de chomeurs par ailleurs(pas tous comptabilisés). Evidement , notre société n’est pas progressiste, mais propose une régression sociale à tous les etages. Travailler plus pour gagner (un peu) plus, et enrichir des peitits groupes de l’elite economiques (profits, reductions d’impot, stock-option, etc..).

    Pour avoir cotoyé des infirmieres psy, il apparait evident que leur role n’est pas reconnu et qu’elles sont plus amenées à travailler comme des gardes-malades servant souvent "d’amortisseur" par rapport aux malades. Ceci, dans un environnement qui travaille dans l’urgence et qui a abandonné bien des ambitions therapeuthiques au profit d’un traitement medicamenteux tout à fait insuffisant. Par consequent, il n’est pas étonnant que les incidents se multiplient. Ce dont , l’hopital a le plus besoin , c’est de retrouver des moyens qui permette une veritable prise en charge des problemes (effectifs suffisants, hospitalisation longue quand necessaire, etc..). Ces moyens ont été rognés année apres annéee et nous sommes en train de perdre nos services publics de qualité. Mais le liberalisme permet-il autre chose ? Reduction impots—>reduction des budgets—>privatisation et/ou precarisation des services publics.

    Je me demande où est le progres dans tout cela.

    Si nous voulons garder un équilibre dans notre société, où il apparait que les problemes psychologiques sont en forte progression, il va falloir se battre pour nos hôpitaux et nos infirmier(e)s.

    Et je pense que la problématique est la même pour les hopitaux de medecine generale.

  • Par Nemo (xxx.xxx.xxx.8) 9 novembre 2007 15:03

    @ Lerma

    "Vous n’avez que ce que vous méritez"...

    Plus ca va, plus vous êtes con.

  • Par nicolette (xxx.xxx.xxx.33) 11 novembre 2007 11:44

    Les interventions suite à ce triste constat sont toutes justes ! Mais reprenez l’historique du début de la crise infirmière : Elle date de Schengen et Maastricht. Pourquoi ? Infirmières techniciennes en France, nous sommes les seules à pratiquer des gestes qui sont dévolu aux médecins dans les autres pays européens. Une responsabilité que les infirmières étrangères ont découvert et qui les font rentrer dans leur pays ; trop de responsabilités !

    Alors pourquoi l’état a-t-il mis des numerus clausus pour les formations des infirmières et poussé les aides soignantes vers des organisations professionnelles plus poussées ?

    La grande grève des infirmières en 88 reprenait déjà comme revendication la reconnaissance de la profession, l’intégration des primes dans nos salaires, le cursus LMD et la défense de la qualité de soin qui commençait à baisser d’ailleurs je me souviens avoir fait des soins avec un technocrate muni d’un chronomètre...

    La confédération infirmière, mouvement apolitique de la base ne fut pas reconnu par les politique et seul les syndicat, représentant moins de 10% de la profession !, ont eu leur mot à dire, revalorisation salariale, une prime Weil en plus (500ff), mais tj pas intégré au salaire. Et ce furent les même syndicat qui aidèrent l’état à casser ce mouvement largement soutenu par les medias et la population. Les familles venaient nous aider à l’hôpital pour que nous puissions défiler et défendre par le nombre nos conditions si difficiles !

    Mais qu’est-ce qui a changé ? Les infirmières se désinvestissent de plus en plus de revendications, car les syndicats, seule instance reconnue, ne défend pas le quotidien des soignants. La charge de travail s’est alourdie depuis, avec un énorme temps consacré à l’administratif, transmissions traçabilité, plus de 50% du temps de travail ! (a l’époque nous avions nettement moins de soucis de contagions nosocomiales et d’erreurs !) La manque de soignant fait que les heures sup. et les vacances deviennent conditionnelles au nombre de personnes présentes, bref, les 35 heures n’ont fait qu’aggraver une situation préexistante, multipliant encore nos heures sup, RTT (que nous ne pouvons pas prendre et que l’on ne peut nous payer pour des raisons de budgets...donc gratuites ?).

    L’état a testé la nouvelle politique qui se met en route maintenant sur 3 sites en France, dont mon secteur, et je suis effarée de la manipulation de la population, et du personnel pour aboutir simplement à la fermeture d’un hôpital, regroupé sur un seul site sans personnel supplémentaire ni création de lit, l’autre étant revendu, réhabilité avec nos deniers, au privé !

    Les syndicats acceptent même que les nouvelles recrues infirmières ne soient plus titularisé mais seulement assimilés fonctionnaire...

    Pourquoi ceci ? Grattez donc au niveau de l’Europe ! Eh oui ! Les syndicats ne sont plus les défenseurs des salariés, mais interviennent pour organiser au mieux le travail avec les patrons ! Le test fut le secteur de la santé depuis la signature de Maastricht, et maintenant l’éducation nationales commence à ouvrir leurs yeux, car le même créneau est en route ! Sauf que l’essentiel est fait !

    Nous vivons hélas dans un pays où le communautarisme des corporations du travail cloisonne toute action concertée ! Mais nous en sommes tous responsables !

    Pour défendre l’hôpital, je me suis retrouvée à une réunion du ¨PT ! Ah les cheminots, bardés d’avantages par rapport à d’autres, ruent dans les brancards ! Je me suis permis de parler de ma profession : nous n’avons pas le droit de faire grève, sinon assurer un service minimum (nous tournons au minimum depuis des années !) et sinon nous risquons de nous trouver devant la justice pour non assistance à personne en danger !... Quelle autre profession a été autant muselée ?

    Les écoles d’infirmière n’arrivent plus à remplir leur places, et ont des pourcentages de défection important avant le diplôme ! Les nouvelles diplômées ne durent plus que 3 ans1/2, conte 7 il y a quelques années, car les conditions de travail sont devenu trop dures à vivre, et que nous n’avons plus le temps de faire l’accompagnement du patient !

    Et mieux, avec la nouvelle tarification, seul les actes feront rentrer des sous à l’hôpital ! Que fait on des patients ? A moins qu’ils soient riches, il seront hospitalisée à domicile, secteur en pleine expansion, mais qui n’assure pas la sécurité d’une prise en charge suivie. Mettons vous étés en observation pour un problème intestinal. Vous passez tous les examens, en ambulatoire de préférence, on ne vous explique pas grand-chose et puis vous étés de nouveau enfermé chez vous avec toutes les questions qui vous travaillent : est-ce grave, c’est un cancer ?..... Risque de dépression, angoisse, décompensation psy.....

    La reconnaissance des études d’infirmière, j’en entends parler depuis mon diplôme, cela fait donc 25 ans. Qu’est-ce qui a changé ? Rien ! Car si l’on touche à nous infirmières, l’état est dans l’obligation de revaloriser toute la fonction paramédicale !

    Et mettre le cursus LMD serait une solution rêvée, mais avec une revalorisation salariale.

    Avec le transfert de compétences, notamment les consultation d’infirmières, prescripteurs dans des spécialités où il manque des médecins (soumis aussi au numerus clausus !), type néphrologie, dermato,cardio...., on n’aborde pas du tout la revalorisation de salaire, mais on parle de formation supplémentaire. Nous le pratiquons déjà depuis des décennies, et les médecins se reposent sur les anciennes pour cela, gratuitement, sauf que nous bonnes poires, nous le faisons pour le patient !

    Nous en revenons toujours au salaire, qui se rétrécit comme une peau de chagrin les années de travail avançant ! Nous gagnons moins qu’une femme de ménage en ville, moins de 15 euros l’heure pour une responsabilité plus importante qu’un conducteur de bus, ou train , qui ne travaille pas plus que 5 heures d’affilé car ensuite la vigilance baisse ! Souvent, pour assurer la roulement nous faisons 12 voire 13h d’afilé...

    En plus nous avons une profession à risque pour notre santé (manipulation de charges importantes, matériel et humain), manipulation de produits dangereux et toxiques pouvant entraîner la mort ou/et effets secondaires sur notre santé et celle du patient, nous travaillons avec des êtres humains qui demandent un minimum d’accompagnement et d’explication que nous ne pouvons hélas plus assurer (dans certains services ce sont les agents hospitaliers qui nous informent des états d’âme du patient !)... Et notre salaire à la retraite, épuré de toutes les primes, sera celui d’un smicard !

    Belle carrière ! Avec l’instauration de l’ordre infirmier, je ne sais que penser, car je n’y croyais plus ! Copié sur l’ordre des médecins, nous ne pourrons exercer que si nous y sommes inscrit et cotisons ! Savez-vous quand a été crée l’ordre des médecins ? Sous le régime de Vichy, en 1940, pour recenser tous les médecins et mettre les « juifs » à l’index ! Que va nous réserver alors cet ordre, si ce n’est que de nous assurer que nous sommes tous dans le droit chemin et pensons comme nous le devons ! Car celui qui ne pensera pas correct, sera exclu....et ne pourra de ce fait plus exercer !

    Vive la liberté !

    Bon, après ce triste constat, qui je l’espère ne vous a pas démoralisé, je me bat toujours pour la défense de la fonction d’infirmière humaine, qui accompagne le patient ! La reconnaissance de la profession se lit hélas seulement dans les yeux de l’utilisateur du système, car avant il fantasmait sue les critères maintenant hélas caduques.

    Double vitesse de soin, cela ne date pas d’hier, hélas ! On préserve les CMU, c’est une bonne chose, mais je connais des CMU qui sont rentier, touchant plus que moi, et passant leur temps à voyager à, l’étranger....

    La sécurité sociale est devenu un leurre pour lequel les français mettent volontiers leur main au portefeuille ! Dans le cadre de l’Europe, elle est illégale depuis 1994 et l’état paye une contravention importante à Brussel tous les ans ! Elle est illégale car c’est un monopole ! si vous observez bien, de plus en plus de mutuelles se proposent de prendre en charge certains surcoûts, comme les dessous de table, certains médicaments... C’est l’état qui ne veut pas tuer la poule aux œufs d’or, alors on parle de déficit, de réorganisation des soins....et de nouvelles cotisations. Il y a quelques moi, un dentiste s’est fait épingler car il payait une « assurance au dernier franc » auprès d’une assurance britannique et la sécu lui réclamait une très grosse somme d’arriérés ! Personne n’a entendu la condamnation, car il a gagné !...

    Les hôpitaux sont gérés par de technocrates qui désirent faire des bénéfices même sur le dos du personnel et des malades. Aujourd’hui on nous bassine d’informations totalement désuètes pour noyer le vrai problème : la santé est devenu une pompe a fric !

    Non seulement elle rapporte à l’état, mais aussi à l’industrie pharmaceutique, donc aux actionnaires ! Je vous fais grâce mais il y a là aussi des choses à dire que l’on nous cache habilement !

    Ce que je regrette le plus c’est le manque de circulation, forums compris des information concernant notre vrai avenir. Ou serait-ce une évolution vers une manière de vivre anti démocratique ?

    Amitiés, Nicolette

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