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Accueil du site > Tribune Libre > Influence du journalisme citoyen sur la langue française

Influence du journalisme citoyen sur la langue française

Ce titre est un peu pompeux, mais il m’a été inspiré par la fréquentation régulière de ce phénomène également appelé journalisme participatif.

L’augmentation exponentielle du nombre de gens qui s’expriment sur la toile (journalisme citoyen, forums, encyclopédies gratuites en ligne, etc.) a selon nous un effet sur le français lui-même.

Tout d’abord, il convient de discuter un peu de ce qui définit le bon français, le français correct, juste, du français fautif. Notion moins évidente qu’il n’y paraît à première vue.
Certes, il y a les grandes catégories : le français classique ou langue soutenue, le français courant, l’argot ou les argots, les parlers professionnels, les parlers ou expressions locaux, sans oublier toutes les expressions qui nous viennent des autres pays francophones.
Un seul exemple : les Québécois disent parfois "doubler" une classe, et un redoublant est "un doubleur", ce qui, au passage, est bien plus logique.
Quelques québécismes

Mais, finalement, qui définit ce qui est fautif, y a-t-il seulement un français fautif ?

Oui : tout le monde conviendra que "je viendra" est fautif, idem pour toutes les grosses bévues. Mais pour les détails ? Qui décide ? L’Académie française ne sert pratiquement à rien, car si en France on se réfère souvent aux dictionnaires pour trancher, le leur est d’une lenteur désespérante. On peut néanmoins s’accorder sur le fait que les dictionnaires réputés définissent ce qui est considéré comme juste. Pourtant, ils ne font qu’entériner l’usage en intégrant les nouveaux mots ou expressions, et en virant les désuets pour faire de la place aux petits nouveaux ! Les versions en plusieurs tomes gardent malgré tout les anciennes formes.
 
Mais les mots ne naissent pas dans les dictionnaires ! Ils naissent un jour, souvent de père et mère inconnus, et sont adoptés suffisamment souvent pour être pleinement acceptés.

Or, autrefois, les seuls à influer sur ce mécanisme étaient essentiellement les écrivains et les journalistes, qui formaient en quelque sorte un filtre entre la langue orale et l’entrée dans les dictionnaires, par le pouvoir qu’ils avaient d’accepter ou de rejeter les nouveautés, ou de créer pour le plaisir leurs propres néologismes.

La question des anglicismes n’est qu’une partie de ce phénomène qui concerne tous les milieux et tous les pays francophones. Ici, un intéressant article de la médiatrice du "Monde" sur les anglicismes et les barbarismes.

Par ailleurs, nombre de traducteurs sont capables de produire une belle langue classique - s’ils sont suffisamment payés et s’ils disposent d’assez de temps ! - mais ils sont tenus au respect de l’auteur et ne peuvent innover que si celui-ci le faisait déjà dans sa propre langue.

De nos jours, ces producteurs d’écrit se sont vus renforcés par de nombreuses autres personnes. Au point que certaines erreurs de français, si on fait une recherche Google, peuvent revenir presque aussi fréquentes que la forme juste !

Quelques exemples de nouveautés :

— "imposition", au sens de l’acte d’obliger à quelque chose, est ainsi récemment entré dans la langue ;

— "sourcer" un article (en indiquer les sources, les références) ;

— "plussoyer" : approuver un commentaire…

Ainsi, chacun d’entre nous se voit octroyer la liberté de créer et de produire le résultat sous les yeux critiques des lecteurs... Et pourquoi pas ? Sous réserve de respecter le fonctionnement habituel de la langue, par les deux mécanismes les plus fréquents : la dérivation (à l’aide des préfixes et suffixes) et les mots composés.

Qu’appelons-nous le fonctionnement habituel de la langue ? Par exemple, toutes les finales en "-ing" des anglicismes sonnent très peu français : "footing", "cocooning", "string", "coaching"… "Coachage" serait préférable s’il fallait vraiment abandonner "précepteur", "entraîneur", "tuteur", "gourou", "maître à penser", etc. ! De même que le mot "mail", prononcé meïlll ! "Mél" ou "courriel" font plus français.

Autre exemple, issu d’un mot d’enfant. Les enfants utilisent spontanément ce qu’on appelle l’assimilation généralisatrice ; dès qu’ils ont compris un des mécanismes de la langue, ils l’appliquent fort logiquement à tout ce qu’ils connaissent déjà ! Malheureusement, nous sommes souvent amenés à leur répondre ainsi :

- On ne dit pas comme ça !

- Pourquoi ?

- Parce que c’est comme ça.

Garer/dégarer :

"Jack Bauer dégara sa voiture blindée, non sans avoir vérifié qu’il n’y avait pas de bombe sous le châssis, que le ventilateur ne cachait pas de diffuseur de virus Ebola, et que le dessous du volant ne dissimulait pas une goutte de cyanure mortelle. Je me demande si je ne vais pas accepter ce poste peinard de garde-pêche au bord du lac, - se dit-il in petto. - Je me donne 24 heures pour me décider."

De nos jours, chaque personne qui aura lu cette proposition de garer/dégarer une voiture, conforme à la construction classique à l’aide du préfixe "de" (faire/défaire), pourra décider de l’utiliser à son tour - ou pas !

On peut aussi de soi-même décider de réactiver des mots anciens, comme Bernard Pivot qui encourage à faire revivre des expressions oubliées.

Personnellement, dans divers forums sur les langues de l’UE, nous avons réanimé le peu usité "polyglottisme", plutôt que "multilinguisme" ou "plurilinguisme" (certains veulent réserver un des termes à un pays ou une région dotée de plusieurs langues officielles, mais ce n’est pas encore acquis).

Conclusion

Le phénomène appelé journalisme participatif, ou citoyen, quelle que soit l’opinion qu’on a sur son utilité ou sa qualité, permet à tout un chacun une liberté d’expression nouvelle, et, de ce fait, accélère probablement l’évolution de la langue, sa réactivité à toutes les innovations, d’où qu’elles viennent, qu’il s’agisse d’anglicismes ou de trouvailles d’autres pays francophones.
 
Autrefois, les nouveaux mots étaient souvent le fait des professionnels qui entérinaient (ou pas) les évolutions de la langue orale, et glissaient leurs propres trouvailles.

Aujourd’hui, sur internet, le nombre de producteurs d’écrit s’est considérablement accru par la multiplication des courriels, forums, débats, articles, etc. Notre rôle dans l’évolution de la langue s’en est certainement trouvé accru.

En d’autres termes, chacun peut devenir acteur de sa langue, bien plus qu’avant l’explosion de la toile, par la création de mots ou d’expressions, et par l’utilisation de ceux qu’on a lus et qui nous ont plu. Alors : à nos plumes !


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31 réactions à cet article    


  • Castor 20 octobre 2008 16:51

    Nota  :

    il n’y a pas de journalisme citoyen, juste des journalistes si moyens.*



    *cette contrepéterie vous est offerte par les éditions Jean-Jacques Pauvert


    • Webes Webes 21 octobre 2008 10:00

      Il n y aurait peut etre moins de moyen s il y avait plus de vrai professionnel !
      Genre, les pauvres, ils vont jusqu a faire des emissions d auto critique (lol) ou ils nous expliquent qu ils s auto cencure en toute inconscience !
      Faut mieux etre un moyen qui fait du bruit, qu un bozzo silencieux qui s ignore.


    • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 16:21

      D’après moi, la nullité des journalistes s’explique par celle de la population en général (cf ci dessus, si vous en voulez une preuve), ce qui fait que le "journalisme citoyen" n’est qu’un terme creux, et que ce qu’il recouvre n’a pas la moindre chance de résoudre le problème de la mauvaise qualité des média d’information.

      Typhon


    • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 20 octobre 2008 18:15

      Qu’appelons-nous le fonctionnement habituel de la langue ? Par exemple, toutes les finales en "-ing" des anglicismes sonnent très peu français : "footing", "cocooning", "string", "coaching"… "Coachage" serait préférable s’il fallait vraiment abandonner "précepteur", "entraîneur", "tuteur", "gourou", "maître à penser", etc. ! De même que le mot "mail", prononcé meïlll ! "Mél" ou "courriel" font plus français.

      Question de goût. Vous dites avec justesse que chaque locuteur d’une langue contribue à son évolution par ses choix en matière de barbarismes et d’acceptions. Mais il est évident que seule, une personne ne peut guère faire évoluer la langue, tributaire des effets de modes, autrement dit de l’usage.

      Ainsi, le suffixe "ing" est il entré dans la langue porté par des anglicismes, mais est depuis longtemps devenu un suffixe français, avec l’introduction de mots comme "planning" et "footing" qui ne sont pas des anglicismes, mais bien des inventions françaises. 

      "Mél" et "courriel" ne font ni plus ni moins français que "mail", lequel peut être considéré comme un mot français dans la mesure ou son sens de "courrier électronique" n’est plus le même que celui du mot anglais "mail", dans la mesure ou la finale "-el" est atypique pour des substantifs masculins. 

      Aujourd’hui, sur internet, le nombre de producteurs d’écrit s’est considérablement accru par la multiplication des courriels, forums, débats, articles, etc. Notre rôle dans l’évolution de la langue s’en est certainement trouvé accru
      .

      Ni plus ni moins qu’avant. L’alphabétisation de masse qui a suivi l’introduction de l’école obligatoire a probablement eu un effet bien plus lourd, en faisant disparaitre les mots de patois, et en normalisant la langue au niveau national, inculquant aux provinces l’idiome de Paris.

      Pour ce qui est de termes comme "plussoyer", ou "sourcer", ils restent de banals mots du jargon internet, et semblent du reste confinés aux fora de discussion, voire à wikipedia pour le dernier.

      Le développement de l’informatique a entrainé le développement du jargon qui lui correspondait, fortement teinté d’anglais en raison de la prédominance américaine dans ces technologies.

      Typhon


      • Krokodilo Krokodilo 20 octobre 2008 18:36

        Pour "mail" je parlais de la prononciation : le prononcer comme "heil Hitler"" ou "Popeye is a sailor man" n’est pas dans nos habitudes qui sont : paille, semailles, déraille, vaille, treille, vieille, etc.
        "Footing" est plutôt un barbarisme, càd un faux anglicisme que les anglophones n’utilisent même pas. De toute façon, cette poignée de mots en -ing effectivement passés dans la langue ne confère pas au suffixe -ing une phonétique naturellement de chez nous. D’accord, la GB n’est pas si loin. Je ne milite pas pour nettoyer les dictionnaires, ce serait d’ailleurs impossible, mais à créer des termes, je crois qu’il vaut mieux éviter les -ing et les "Heil", c’est du moins mon avis, dont notre gouvernement se contrefiche !


      • Hermes esperantulo 21 octobre 2008 10:03

        &Ni plus ni moins qu’avant. L’alphabétisation de masse qui a suivi l’introduction de l’école obligatoire a probablement eu un effet bien plus lourd, en faisant disparaitre les mots de patois, et en normalisant la langue au niveau national, inculquant aux provinces l’idiome de Paris. &

        Cela est vrai, mais lors d’un reportage lors d’une grande réunion litterraire, un des organisateurs, justement à confirmer par l’essort d’internet, une énorme augmentation (par justement l’intermediaire des sites, blogs, forums, ect) de la production ecrite des francais, qui cette derniere avait tendance à se réduire depuis une dizaine d’années


      • Krokodilo Krokodilo 21 octobre 2008 11:18

        C’est d’ailleurs vrai pour beaucoup de langues, dont l’espéranto (forums, blogues, Ipernity depuis peu).
        Est-ce que tu as le nom de cette émission qui parlait de l’augmentation de la production écrite ?


      • Hermes esperantulo 21 octobre 2008 11:36

        Malheureusement non car je l’ai pris en cours et je n’ai malheureusement pas penser à la noté. Mais sinon, en résumer, il disait avant internet, une forete baisse des journaux intimes, du courrier epistolaire, de la poésie, ect, avec l’avenementde l’internet, le couRrier à literralement explosé, les journaux intimes types blogs sont revenus et ont explosés, la poésie refait surface, on trouve enorméments de petits romans et nouvelles de la part des internautes ( bon la qualité ca dépend mais le fénomene qui compte), les romans et nouvelles sont une nouveauté dans l’écriture fénomene global du fait que l’on facilment les faire partager par le web. Et pour ma part j’ai aussi découvert une augmentation importante du fénomene musical surotu par les chanson skyrok and co en sont un exemple. Mais bon je suis sur qu’il est possible de retrouver les m^mes infos sur le web, vive google


      • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 15:51

        Pour "mail" je parlais de la prononciation : le prononcer comme "heil Hitler"" ou "Popeye is a sailor man" n’est pas dans nos habitudes qui sont : paille, semailles, déraille, vaille, treille, vieille, etc.

        Mais "Mail" prononcé comme "vaille " ou "baille" n’a pas le même sens (d’ailleurs, j’avais beau le savoir depuis longtemps, je n’en ai appris le sens et l’étymologie qu’à l’instant. Béni soit l’internet), d’où l’utilité de garder cette prononciation telle qu’elle est.

        "Footing" est plutôt un barbarisme, càd un faux anglicisme que les anglophones n’utilisent même pas
        .

        Distonguons bien le néologisme, ou mot d’auteur, et le barbarisme, ou mot inventé par hasard, ou par un non-auteur, consciemment ou non, comme "espéranteux".

        Je ne saurais trop dire si "footing" à ses débuts fut un néologisme ou un barbarisme, mais il semble entré dans la langue, et n’est plus qu’un mot . En revanche, si vous l’utilisez en anglais, c’est un barbarisme.

        De toute façon, cette poignée de mots en -ing effectivement passés dans la langue ne confère pas au suffixe -ing une phonétique naturellement de chez nous. D’accord, la GB n’est pas si loin. Je ne milite pas pour nettoyer les dictionnaires, ce serait d’ailleurs impossible, mais à créer des termes, je crois qu’il vaut mieux éviter les -ing et les "Heil", c’est du moins mon avis, dont notre gouvernement se contrefiche !

        Question de goût. Mais si l’existence de plusieurs mots français, et spécifiquement français ne confère pas à -ing plus qu’une carte de séjour, qu’est ce qui confère la nationalité d’un préfixe ?

        Quant à "Mail" qui est pourtant spécifiquement français dans le sens que nous lui donnons, si vous tenez à le franciser, il se prononcera "meil" (mais on peut garder l’orthographe actuelle, avec notre système étymologique on n’est plus à cela près).

        Mais je ne vois pas pourquoi on pourrait barbariser uniquement dans les limites de la phonétique française courante.

        Je m’explique : une langue, et notamment son orthographe, son vocabulaire, sa phonétique, c’est un ensemble de normes, de règles, allié à une certaine liberté par rapport à leur respect, qui varie.

        Le barbarisme, c’est le mot qui n’existait pas, mais qu’on emploie pour une raison ou pour une autre, et qui peut, ou non, être simple à comprendre. Mais par définition, faire un barbarisme, c’est une question de créativité et d’affranchissement des règles.

        Au nom de quoi, lorsque l’on barbarise dans la joie et la bonne humeur, pourrait on se permettre de franchir telle limite, mais pas telle autre ?
        Je ne vois pas pourquoi, à supposer que je barbarise un mot, je pourrais malmener l’étymologie ou la renforcer mais pas introduire un son étranger, ou juste une dissonnance. Ce n’est pas cohérent.

        Enfin, je souligne que pour pouvoir barbariser, c’est à dire franchir les limites de la langue et inventer des mots, il faut savoir ou les dites limites se situent.

        Typhon


      • skirlet 24 octobre 2008 19:42

        Tiens, j’aime les néologismes moi aussi... tels que "Asp Irateur", "aspouilleux", aspicounet" etc. smiley


      • Markoff 21 octobre 2008 00:27

        Intéressant d’analyser l’évolution de notre langue laquelle, à mon avis, se dégrade à grande vitesse sous les coups répétés d’anglicismes de plus en plus envahissants, et celà grâce aux grands médias, aux publicitaires, aux nouvelles technologies de l’information, à la mode et à tous les fascinés de tout ce qui vient d’outre Atlantique. Nos nouveaux chanteurs -français (?)- ne savent plus que chanter dans la langue de Bush... Ca fait mieux, ça fait "in", et tant pis si on ne comprend rien ( il vaut mieux, peut-être...). Aujourd’hui, on ne peut plus écouter un disque d’un orchestre en direct, on est obligé d’écouter un album d’un groupe en live ( prononcer "laïve" ). D’éminents linguistes nous disent : pas de problème, c’est normal, une langue ça évolue constamment. Sauf que si ça va trop vite, ce n’est plus une évolution, mais une destruction. Une langue, ça se digère lentement. Beaucoup de personnes agées entendent des mots qu’ils ne comprennent pas, et ça dresse un fossé entre générations. Si certains anglicismes sont entrés depuis longtemps dans le langage courant, en particulier dans le domaine sportif ( mais pourquoi "pénalty" plutôt que "pénalité" ???), ce n’est pas une raison pour ne pas réagir et proposer des françisations acceptables en temps réel. Que fait l’Académie, à part dormir ? Tous les mots à suffixe -ing sont d’origine anglo-saxonne, même planning, et -ing n’est pas un suffixe français et, j’espère, ne le sera jamais. Et attention à la françisation ! remplacer "coaching" par "coachage" n’est pas valable, si on garde la racine anglaise, autant garder le mot entier et ne pas inventer un nouveau barbarisme... Coach correspond le mieux à entraîneur, voire guide. Par contre, précepteur, tuteur, gourou... ont des significations assez précises et différentes de coach. De même pour "mail", il ne faut pas adopter "mèl", car ce n’est qu’une traduction phonétique. Lui préférer "courriel". Pour conclure, il est important de se protéger de la langue anglo-saxonne parce qu’elle a des visées impérialistes sur tous les plans : culturel, commercial, scientifique, politique. Si nous laissons faire, dans un siècle toutes les nations seront assujetties à la culture américaine et personne, à part quelques lettrés, ne pourra plus lire Molière dans le texte... Ce serait quand même dommage. Si cette langue s’impose en écrasant les autres, c’est par défaut, parce que nous avons BESOIN d’une langue internationale, et que les gouvernements n’ont pas le courage de faire face à ce problème. Or la solution est connue, elle s’appelle "ESPERANTO" qui est une langue facile, NEUTRE culturellement, une langue dont la vocation est uniquement la communication, l’échange, le commerce. C’est le seul moyen de garder intactes nos langues nationales et régionales. Et par là même, notre culture. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?


        • Krokodilo Krokodilo 21 octobre 2008 11:04

          Saluton, j’ai un article de prévu sur les progrès récents de l’anglais dans l’UE...


        • Gracian Gracian 21 octobre 2008 11:34

          Je trouve l’idée d’apprendre l’esperanto totalement absurde, alors que personne ne le parle, que l’anglais pour un langage courant est d’un usage facile , qu’il ouvre la porte à une découverte des écrivains majeurs de la littérature et, de plus, le fait que l’anglais est parlé sur toute la planète ce qui est loin d’être le cas de l’esperanto, langue batarde et dissonante.


        • Hermes esperantulo 21 octobre 2008 11:38

          Gracian , n’ayant pas le courage de redire les mêmes choses, veuillez vous informez sur le web, Cordialement.


        • Hermes esperantulo 21 octobre 2008 11:42

          Je vous repondrais juste qu’en Chine il vaut mieux savoir le chinois que l’anglais, comme dans de nombreuses contrés du monde où il vaut mieux connaitre la langue locale comme par exemple en France ( boutade), pour parler et au sujet de la litterrature j’en rigole désolé


        • Krokodilo Krokodilo 21 octobre 2008 12:07

          On en a déjà parlé souvent, et on en reparlera encore, par exemple si mon prochain sur la progression de l’anglais dans l’UE paraît. Par ailleurs, toutes les langues sont bâtardes !


        • skirlet 21 octobre 2008 13:25

          Gracian, un petit lien rien que pour vous smiley

          http://www.ipernity.com/blog/42554/89327


        • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 15:54

          toutes les langues sont bâtardes  !

          Je suis d’accord avec cette affirmation à deux cent pour cent.
          Mais cela n’empêche pas certains de vouloir rester entre sonorité "bien de chez nous"... smiley

          Typhon


        • Krokodilo Krokodilo 21 octobre 2008 17:09

          De fait, il n’existe aucune règle stricte pour définir ce qui fait qu’on ressent telles ou telles sonorités comme "bien de chez nous". Mais à l’inverse, que le mot taekwondo soit passé en français ne fait pas du phonème "kwon" un classique du français !
          Kwenditesvous ? Clavier kwertty ? Kwoment ça va ? Sans vouloir tomber dans les dérives du type races pures, je persiste à penser que, malgré quelques mots depuis longtemps assimilés comme camping, la finale -ing ne fait ni langue romane, ni langue française.


        • Krokodilo Krokodilo 21 octobre 2008 17:15

          Gracian, J’ai lu quelques-uns de ces écrivains anglophones majeurs, dans une bonne traduction j’espère. Avez-vous lu Don Quichotte ou Le Désert des Tartares en italien ? Le véritable outil de découverte des autres cultures est la traduction. Ce n’est pas le meilleur moyen - celui-ci étant la connaissance approfondie d’une langue, que très peu de gens atteignent - , mais c’est de très loin le moyen le plus utilisé dans le monde depuis des siècles.


        • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 17:44

          Certes, mais la traduction a ses limites.

          "traduttore, traditore" disait le philosophe Jeçay Puki, et il avait bien raison.

          Personnellement, je pense qu’une oeuvre perd une partie de son âme à la traduction, ne serait ce que parce qu’elle a été pensée dans une langue bien précise. Même si vous avez raison de souligner le fait que la traduction est le moyen le plus utilisé dans a découverte d’autres cultures, il est des aspects qu’on ne peut découvrir, ou en tout cas, pleinement apprécier, qu’en apprenant la langue.

          Pour ce qui est de -ing, il s’intègrera dans la langue et finira par sonner tout à fait français (la plus germanique des langues romanes), ou disparaitra des usages et sombrera dans l’oubli.

          Typhon


        • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 17:47

          Au passage, Don Quichotte a été écrit en vieil espagnol, pas en italien...

          Typhon



        • Krokodilo Krokodilo 21 octobre 2008 18:00

          Audacieux raccourci qui m’a fait sauter un bout de phrase. Je me disais bien que Sancho ne faisait pas trop Italien ! "traduttore, tradittore" est une belle formule, mais elle est trop souvent utilisée par les ardents partisans de la VO à la télé ; cela veut plutôt dire que le traducteur devra fatalement adapter son texte à la langue cible, trouver un équilibre entre fidélité à la langue d’origine, et fidélité à l’esprit, c’est-à-dire respecter l’idée mais l’exprimer sans qu’on sente la langue source. Meilleur est le traducteur, plus faible est la trahison... S’il fallait attendre que nous connaissions une langue pour lire des œuvres, on en serait encore à l’époque de Conan le barbare. Qui connaîtrait Ulysse, par exemple ? On a bâti tout un mythe autour de la VO et de la découverte d’une culture, alors même que l’éducation nationale reconnaît depuis peu qu’on puisse apprendre une langue "simplement" comme outil de communication : leurs dogmes ont dû s’adapter à la pression de l’anglais dans l’UE et aux décisions des politiques !


        • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 18:38

          on en serait encore à l’époque de Conan le barbare.

          Les années 50 ?

          Typhon, qui n’aime pas les gens qui font semblant de connaitre quelque chose...


        • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 18:40

          Bon d’accord, c’est les années 30...

          M’enfin, même comme ça, votre thèse m’a l’air quelque peu floue...

          Typhon


        • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 18:41

          ... ou les années 80.

          Typhon


        • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 20:24

          Effectivement, une langue est un outil, un outil polyvalent.

          On peut l’utiliser juste pour sa fonction primaire, la communication, comme on peut l’utiliser pour ses dérivés.

          La fonction primaire d’un ordinateur, c’est le calcul. Pourtant, je ne connais personne qui utilise son ordinateur uniquement pour connaitre les 10^(10^10) premières décimales d’un nombre univers.

          Typhon


        • Krokodilo Krokodilo 21 octobre 2008 11:15

          Je signale aussi, pour ceux que le sujet intéresse, qu’il y a en attente de modération un article sur le français qui étoufferait les langues africaines, j’ai voté pour car, malgré la virulence de l’article (c’est rien de le dire...) le sujet me semble mériter d’être débattu, surtout peu après le sommet de la francophonie - qui ronronne et s’occupe de tout sauf du français !


          • Lapa Lapa 21 octobre 2008 15:43

            Ce qui est incoyable dans ce genre d’article et de commentaires sur un tel sujet c’est le nombre de fautes de français par lignes... des fautes banales... a priori chers commentateurs la différence entre un infinitif, un participe passé et une deuxième personne du pluriel vous passe par dessus la tête... affolant. Notre langue serait-elle donc condamnée à ne devenir que phonétique ?


            • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 21 octobre 2008 16:04

              Le Très Haut Comité de Salut Public, statuant sous les auspices de l’Être Suprême,

              Considérant les déclarations du ci-devant LAPA,

              Considérant l’état de la syntaxe du ci-devant LAPA,

              Considérant le manque de cohérence entre la forme et le fond qui en ressort,

              Décrète que le dénommé LAPA est un cuistre,

              mais, Considérant aussi la justesse partielle des déclarations du dénommé LAPA,

              Décide avec mansuétude de ne le condamner qu’à la lapidation grammaticale avec sursis,

              Ainsi qu’à une dictée d’un texte pris au hasard parmi les passages de l’oeuvre de Proust le grand (béni soit-il) qui ont la syntaxe la plus alambiquée.

              Fait le trentième jour de Vendémiaire, en la deux cent seizième année de la république.

              Typhon


            • floren09 floren09 10 août 2009 17:54

              Les journalistes ont parfois bon dos, mais il est vrai que leur syntaxe laisse parfois à désirer.

              Plus amusant, on se demande parfois si certains journalistes (dans Le Point par exemple !) pratiquent une langue vivante ou une langue morte.

              Et hop un lien vers mon article

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