• vendredi 10 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Internet et le déclin de la civilisation
79%
D'accord avec l'article ?
 
21%
(117 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Internet et le déclin de la civilisation

 

 
Sur l’importance des groupes de pression aux fins obscurantistes sur Internet
 
Depuis quelques mois, les articles que j’écris pour le média citoyen Agoravox sont systématiquement dénigrés par une horde d’extrémistes et de réactionnaires de tout poil, qui n’hésitent pas à les reproduire sans mon autorisation sur des blogs ou des forums avec lesquels je n’ai aucun contact, et avec lesquels je ne désire avoir aucun contact. Ils détournent alors mes propos de leur sens, de telle sorte qu’ils me font apparaître soit comme un droit-de-l’hommiste, soit comme un bien-pensant, soit comme un défenseur des minorités religieuses, ce qu’assurément je ne suis pas. De fait, j’ai à leurs yeux deux défauts : ma condition de jeune intellectuel et mes convictions républicaines.
 
Là où j’ai voulu porter à travers ma Tribune un message humaniste, multiculturaliste et progressiste, on m’a opposé une fin de non-recevoir ; on m’a appelé stalinien, immigrationniste, anarchiste, quand j’écrivais des articles athées, antiracistes et socialistes.
Là où j’ai voulu rencontrer les aspirations du peuple et les porter sur le devant de la scène, dénoncer les inégalités sociales et l’anéantissement de toutes les formes de la culture dues à l’américanisation accélérée de notre société, je me suis heurté à trois groupes de pression tout-puissants sur internet : le lobby antisioniste, le lobby islamophobe et le lobby obscurantiste (qu’il soit clérical ou islamiste, réactionnaire ou fascisant).
 
Ainsi, le responsable anonyme de "Chute finale", un des sites qui a critiqué mes articles, en faisant en réalité involontairement mon éloge par un rapprochement de mes réflexions avec celles des penseurs Grecs ("En se croyant novateur et révolutionnaire, Florentin Gastard ne fait que recycler les poncifs datant de milliers d’années. Même certains philosophes antiques avaient déjà les idées qu’il nous impose aujourd’hui") n’hésite pas à affirmer des conceptions franchement racistes, au XXIème siècle, en écrivant ceci :
 
"Pour une femme Blanche, se métisser avec un Arabe ou un Noir signifie des chances accrues pour l’enfant à naître d’avoir un QI moins élevé, des risques plus élevés de cancer, et une instabilité psychologique grave. Entre autres.
Nous devons en finir définitivement avec l’apologie du métissage. Il faut lui rentrer dedans, la ridiculiser, répondre à la pseudo-science par la science".
 
A l’opposé, d’autres sites louangeaient mes articles, mais pour de mauvaises raisons. Ainsi, le site "L’Islam en France" croyait voir en moi le protecteur de la religion musulmane (et allait jusqu’à sélectionner les morceaux de mes articles qui l’arrangeaient en faisant disparaître du même coup la véritable teneur de mes propos...) alors que je ne faisais que défendre la loi de 1905, qui assure aux individus le droit de pratiquer la religion qui leur convient dans la sphère privée.
 
Loin de m’agenouiller devant leur prose insensée, j’ai d’abord voulu combattre sur le terrain des idées des adversaires coriaces, non par tant par leur discours -qu’il est facile de démonter- mais surtout par l’ampleur de leur ascendant sur les individus les plus influençables du pays, rassurés par le confort d’un système de pensée cohérent et fermé à la discussion, aussi absurde soit-il. Je n’ai cessé de décrédibiliser les arguments fallacieux de ces trois forces, en particulier à travers mes articles contre l’extrême droite : rien n’y a fait. I
ll faut dire que je ne m’adressais pas à des citoyens mais à des pseudonymes ; mes paroles ne trouvaient en face d’elles que des phrases indifférenciées, émanant d’hommes, de femmes, d’enfants -que sais-je ?-, car des enfants aussi se laissent aller à de telles extrémités. Moi, seul, je me suis présenté à tous, et j’ai défendu mes idées sous mon vrai nom, car j’ai l’intime conviction que tel doit être le comportement d’un être responsable.
 
Sur l’incongruité qu’il y a à penser qu’Internet est au service de l’intelligence
 
Mais, me direz-vous, comment ai-je pu croire que la démocratie, la vraie démocratie, - et non pas ce défouloir des instincts bestiaux et de la bêtise humaine, cette foire cathartique où l’on injurie à tout-va et en toute impunité - pouvait triompher grâce à cette invention dont on fait tant de cas, Internet ?
En réalité, je ne l’ai jamais cru : j’ai simplement voulu endiguer la ruine de la civilisation par des écrits salvateurs, tout en ayant conscience que le sens de l’Histoire, que nous imposent aujourd’hui les capitalistes américains, les technocraties européennes et les informaticiens japonais, allait à l’encontre de la voix humaniste qui était la mienne. Devant le spectacle désastreux de l’aliénation des hommes, à l’époque de la "mondialisation malheureuse", j’ai tenté de proposer des solutions aux problèmes politiques, sociaux, économiques ; j’ai voulu faire en sorte que l’"Homo economicus" soit de nouveau un être humain à part entière : on ne m’a pas écouté. 
Alors qui prétendrait aujourd’hui qu’Internet, fruit des projets dévastateurs des élites du monde occidental (et singulièrement du monde américain), sert les intérêts du peuple ? C’est bien le contraire qui se produit. Loin de promouvoir le rassemblement des citoyens, il les isole derrière des "écrans" (dont il faut se souvenir qu’ils sont étymologiquement des "grilles") ; s’il empêche heureusement les masses pleines d’ardeur de s’unir et de tout détruire, emportées par le flot de leurs instincts carnassiers, comme ce fut le cas dans les années 30, il fait des hommes des "individus-masse" (je suis l’auteur de ce néologisme), de vulgaires objets guidés, et même téléguidés par un pouvoir technique dont on ne soupçonne pas encore la puissance.
Je dirai donc, comme l’écrivait Flaubert à Mademoiselle Leroyer de Chantepie le 16 janvier 1866, que "l’instruction du peuple et la moralité des classes pauvres sont des choses de l’avenir. Mais quant à l’intelligence des masses, voilà ce que je nie, quoi qu’il puisse advenir, parce qu’elles seront toujours des masses".
 
Sur la difficulté à concevoir l’essence d’Internet
 
L’erreur première que commettent tant d’admirateurs de cette nouvelle divinité -soit dit en passant, la plus oppressive et despotique qui ait jamais existé - est de croire en son innocence originelle, alors qu’elle ne fait qu’accompagner le déclin du lien social, de l’intérêt pour la chose politique et de la culture proprement dite : en deux mots, la déshumanisation progressive des hommes.
La raison pour laquelle si peu d’internautes sont sensibles à cette réalité tient essentiellement à ceci : la succession - ou la juxtaposition - extraordinairement rapide des textes, des "scoops", des images, des sons, des vidéos, des idées, ce flux intense de stimuli divers et variés qui ne cesse jamais capte l’attention des individus en les arrachant véritablement à leur raison.
Au-delà de l’existence de ces informations qui volent en tous sens au gré du bon vouloir des serveurs et des "double-clic", il est presque impossible de réfléchir sur le sens d’Internet, tant il est incrusté dans la vie de l’"homme occidental", à tel point que certains entrent littéralement à l’intérieur de cette technologie pour y mener une autre existence (on pensera à "Second Life", cette fameuse trouvaille made in America, ou au film "Avatar", succès du "box-office", où l’idée d’une vie virtuelle ne choque même plus...).
L’essence d’Internet reste cachée derrière sa façon de requérir les esprits : Heidegger ne disait pas autre chose de la technique moderne dans La Question de la Technique : "Quand nous considérons la technique comme quelque chose de neutre, c’est alors que nous lui sommes livrés de la pire façon : car cette conception, qui aujourd’hui d’une faveur toute particulière, nous rend complètement en face de l’essence de la technique (...). L’essence se retire dans la mesure même où elle se dévoile pour faire place à l’étant".
 
Pourquoi la seule manière de faire renaître l’intérêt pour la politique passe par l’abandon d’Internet
 
Aujourd’hui, tout passe par Internet, et c’est pourquoi nous parlons de déclin de la civilisation. J’ai moi-même pendant un temps voulu tester ce média (à travers mes articles sur Agoravox) et j’ai vu l’ampleur de la catastrophe qui se prépare pour les générations à venir.
Je n’écrirai plus d’articles sur Internet, et je n’aurai de cesse de défendre la presse généraliste, qu’avale petit à petit ce monstre dont j’ai décrit le mode de fonctionnement. En prétendant favoriser la démocratie par la liberté d’expression qu’il accorde à chacun, il a contribué à déconstruire le débat politique, de telle façon qu’un jeune citoyen ne voit plus guère de différences entre droite et gauche. Pétitions mises en ligne dans l’urgence, "lipdubs" débilisants, révélations nauséabondes, "off", "buzz" divers, blogs et forums démagogiques sont en 2010 la seule substance du débat politique en France et dans le monde occidental.
C’est ainsi que l’anarchie la plus complète et la guerre de chacun contre chacun sont aujourd’hui le lot de siècles et de siècles de civilisation, et cela du fait de l’invention qu’on disait la plus prodigieuse peut-être de tous les temps...
Ma participation au site Agoravox prend fin ici. L’exemple de mon itinéraire, fait d’oppositions à l’extrémisme politique et religieux en vogue ici, montrera, je l’espère, qu’Internet - et toutes ses implications idéologiques - n’est pas une fatalité pour l’Humanité.
 
 
 
 
 
par Florentin Gastard (son site) mercredi 24 février 2010 - 142 réactions
79%
D'accord avec l'article ?
 
21%
(117 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par non666 (xxx.xxx.xxx.155) 24 février 2010 12:25
    non666

    Il s’en va ?

    Bon vent !
    La victimisation avait atteint, avec lui, un niveau que meme les pleurnicheurs professionels des lobbies pro-israeliens n’atteignaient pas.
    Tous les poncifs de la bienpensance, du "touche pas a mon pote", de la soumission aux "vrais journalistes qui eux savent" contre le mechant internet qui est lieu ou sevissent extremistes, pedophiles et "négationnistes" des "masses" populaires sont répétés.

    Il reviendra.
    La queue entre les jambes ou sous un autre pseudo s’il refuse l’humiliation qui l’attends, mais il reviendra.
    Comme BHL, il croit que les cons, ce sont les autres, ceux qui n’ecoutent pas le genie dont il se croit affublé....
    Combien d’article pour ne rien dire d’autre que ce que nous livre TF1, "Europe" 1, Le monde, Libération ou le Figaro chaque jour ?

    Une féssée et au lit, c’est tout ce qu’il mérite, l’épilé de l’anus.

  • Par Charles Martel (xxx.xxx.xxx.141) 24 février 2010 10:29
    Charles Martel

    les bons d’un côté, les méchants de l’autre : vous n’en avez pas marre de votre manichéisme à deux balles ?

  • Par aivox (xxx.xxx.xxx.170) 24 février 2010 10:32

    J’ai arrêté de lire à :

    ma condition de jeune intellectuel

    un nouveau Botul est né ?

    quelle prétention !

    j’ai un scoop : Florentin Gastard n’existe pas !

  • Par morice (xxx.xxx.xxx.175) 24 février 2010 10:22
    morice

    Je n’écrirai plus d’articles sur Internet, et je n’aurai de cesse de défendre la presse généraliste, qu’avale petit à petit ce monstre dont j’ai décrit le mode de fonctionnement.


    Vous faites une erreur grave, désolé  : les journaux ne survivrons désormais que grâce à Internet. Vous pouvez dire hélas, comme moi, mais vous n’y pourrez rien. Il vaut mieux s’investir dans un média neuf que de s’accrocher à un média en perdition : sinon, les plus jeunes n’auront jamais d’information. Or les dictatures tuent en premier la circulation de l’information, et vous êtes comme moi n’avez aucune envie de dictature. S’il vous plaît, revenez sur cette analyse et sur vos conclusions.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox