De la légitimation de l’apartheid et du colonialisme
« Il y a deux mondes, deux moitiés, deux visions. Celle du monde libre et celle du monde radical. Laquelle l’emportera en Égypte ? La réponse est cruciale pour l’avenir de l’Égypte, de la région et pour nous ici en Israël« [1]. Voilà les propos tenus il y a quelques semaines par Benyamin Netanyahu au parlement (knesset).
Parfois, quelques mots suffisent pour dire l’essentiel, ici c’est précisément le cas. Mais, avant de décortiquer de tels propos, si besoin en est, une petite mise au point sur l’Égypte est nécessaire.
Les Égyptiens se soulèvent pour mettre fin à un régime qui, comme toute dictature qui se respecte, torture, emprisonne et tue toute personne qui ose critiquer le pouvoir en place. Le peuple égyptien n’en peut tout simplement plus et le fait savoir. Il y a un besoin impérieux de changement contre la pesanteur d’un régime qui n’en finit plus d’agoniser et d’étouffer les « siens ».
C’est un mouvement 100% pur jus populaire, aucune entité politique, de quelque sorte qu’elle soit, ne l’a organisé ou initié, d’ailleurs il n’y a pas de ligne ou de programme politique revendiqué par les manifestants. Le peuple veut avant tout éjecter un dictateur, et plus largement mettre fin à la corruption d’un régime pour faire en sorte que l’État soit au service de tous. C’est la force des conséquences de l’injustice qui parle.
Ainsi, comment ne pas se réjouir, au-delà même des sensibilités politiques, d’une parole libre et courageuse qui prend racine dans un État où le régime en place n’hésite pas à tuer ceux qui représentent une menace pour sa survie ? La géopolitique étant ce qu’elle est, de tels événements ne sont pas de l’intérêt de tous, c’est évident.
Revenons donc au propos cité en début d’article. Selon le premier ministre d’Israël, dans le monde il y a les gens civilisés d’une part (entendez par là Israël et ses alliés), et les barbares arabo-musulmans d’autre part (monde radical). Ces derniers ne seraient tenables que sous l’oppression d’une dictature au rein solide, car donner la liberté à ces bas peuples menacerait directement Israël.
Le monde libre doit donc faire appel à la dictature (Moubarak et les autres vendus) quitte à ce que tout un peuple subisse des violences et souffre de la répression de tout un système oligarchique.
Drôle de paradoxe. Plus qu’un paradoxe, c’est un non-sens sans nom qui recouvre des intérêts très particuliers. En effet, Israël considère, et ce, depuis son existence, que ses « intérêts » sont au dessus de tout principe, quel qu’il soit. Le droit international, les droits humains et toutes les considérations du genre ne sont qu’un détail gênant par rapport à la volonté de coloniser et de déposséder par la violence tout un peuple (palestinien) de son territoire. Pour preuve, il suffit de regarder le nombre hallucinant de résolutions violées par l’État d’Israël et les massacres que ce dernier entreprend sur les civils mêmes, femmes et enfants, peu importe (Gaza). Que se cache-t-il derrière le discours de la diplomatie israélienne ? Discours aussi simplificateur qu’essentialiste.
Les données sont simples. Les peuples arabes, dans leurs majorités, sont contre la politique violente, raciste, communautaire, coloniale et extrémiste de l’État d’Israël. Ainsi, si les régimes arabes parviennent à se démocratiser c’est toute la donne géopolitique d’une région qui va se voir redéfini. Les rapports de forces tendraient vers un plus grand équilibre, de fait Israël pourrait voir une véritable force d’opposition se former contre sa volonté hégémonique. D’autant plus que, de par sa politique extrémiste, l’État soi-disant hébreu s’est isolé dans la région (même si des gouvernements dictatoriaux collabore avec).
C’est pourquoi la démocratisation des régimes arabes ne va pas dans le sens des intérêts de l’État d’Israël. Une attitude aussi sectaire d’Israël, sans volonté aucune de négocier, et dont le seul but est de coloniser et dégager les autochtones palestiniens est bien dommage, car elle conduira à des tensions encore plus vives à l’avenir. Comment un État peut-il se permettre d’adopter une politique aussi unilatérale, sans respect ni pour le droit international ni pour le vivre ensemble de la région ?
Même si dans une mentalité de colon il est difficile de l’admettre, il faut cesser de parler à la place des peuples. Les principes de l’État de droit et de la transparence du pouvoir ne sont pas négociables, on ne peut priver ou justifier la privation de tels fondamentaux pour un peuple. Les menaces islamistes ou extrémistes ne sont qu’un paravent instrumentalisé par ceux qui souhaitent préserver leurs intérêts politico-économiques.
Laissons les peuples décider pour eux.

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27/02 12:05 - Analis<< israel est un etat nazi qui n a pas la moindre existence legitime bien entendu !! (...)
27/02 11:21 - Marieça c’est encourageant, merci ! Que tous les peuples se débarassent de leurs élites (...)
27/02 10:35 - dawei
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