C’est une question de dignité et une question de liberté. Citoyen français par ma naissance, possédant une carte d’identité nationale française, je viens de réaliser que le nationalisme est une gageure et une illusion inutile. J’ai donc décidé de ne plus être Français. Ce n’est pas une décision facile à prendre, tant le conditionnement imposé par l’éducation et les médias, qui nous rappelle au jour le jour cette appartenance, est important.
Donc, je ne suis plus Français français. J’ai bien encore des papiers français, une carte d’identité française, mais il n’y a plus rien de français en mon for intérieur, il n’y a plus aucune fibre nationaliste en mon esprit, plus aucun sentiment d’appartenance à cette patrie, avec ses symboles, son drapeau, son hymne, ses traditions, etc. Tout cela est devenu étranger, inadéquat et non pertinent, dans la vie, ma vie. Le sentiment d’appartenance à la France, ou à une nation particulière, est une idéologie censée rapprochée les gens entre eux autour de l’acceptation du pouvoir, en l’occurrence un pouvoir ici incarné par un gouvernement instauré par des lois dites démocratiques. Toute la politique intérieure du pays tourne autour de ce sentiment d’appartenance à la patrie, à cette idéologie commune et séparatrice, qui nous enferme physiquement, mais aussi psychologiquement au sein de frontières, d’idéologies, de systèmes, etc. Les êtres humains se situant en dehors en-dehors de ces frontières sont appelés des « étrangers », mais ce sont des êtres humains, comme vous et moi, avec le même cerveau, et disposant tout comme vous et dispo moi de la faculté de pensée . Certes, nous ne parlons pas tous la même langue, mais la langue n’est qu’un moyen de communication, un ensemble de signes et de codes, permettant d’exprimer sa pensée, ses vues sur les choses, sur soi-même et sur le monde. La langue est arbitraire dans le sens que nous apprenons généralement celle de l’endroit dans lequel nous naissons.
Né sur le territoire français, j’ai appris la langue française ; ce n’est qu’une division arbitraire, et il a été prouvé que tous les nourrissons ont les capacités cognitives pour apprendre n’importe quelle langue et que la langue n’est donc pas un facteur de séparation fondamental entre les hommes. Nous avons tous le même cerveau, qui est le cerveau humain. Les langues reflètent juste d’une diversité culturelle dépendante de l’endroit dans lequel nous voyons le jour. La langue française est donc une commodité d’expression, permettant aux personnes ayant connaissance de ses codes de communiquer entre elles, et de partager entre elles leur expérience du monde, ou d’agir ensemble. La langue est un outil, et en cela, il est loisible à chacun d’en changer. Il suffit d’apprendre une autre langue et de la pratiquer, pour pouvoir communiquer avec ces personnes que l’on nomme « étrangères » et que généralement nous combattons, envions, ou cherchons à soumettre par des moyens politiques, économiques ou diplomatiques, au niveau d’une nation, pour imposer notre propre vision du monde et nos propres intérêts. Tout ce processus divise, et est à l’origine des conflits armés, passés, actuels ou futurs, conflits entre nations ou conflits entre groupes de nations. Voyant tout cela, il m’est impossible de continuer plus longtemps dans ce mécanisme qui sépare les êtres humains entre eux et qui génère la haine et entretient la peur de l’autre, que cet autre soit notre voisin le plus proche ou des hommes comme vous et moi habitant dans des contrées lointaines ou dans le reste du monde.
Il n’y a aucune liberté en continuant dans ce processus d’enfermement perpétuel au sein d’une nation et d’une idéologie commune. Cette idéologie qui apparaît dès que l’on allume son poste de télévision avec ses journaux télévisés nationaux, qui se retrouve sur tous mes papiers administratifs, qui se retrouve à l’école promue « éducation nationale ». J’en ai fini avec tout ça, je rejette tout ce fardeau que l’on m’a imposé depuis mon enfance, par les livres, la télé et les professeurs, cette sensation trompeuse d’être séparé du reste du monde, des autres êtres humains vivant sur la même terre. Je ne suis plus français. Bien sûr cela ne veut pas dire que je souhaite changer d’identité nationale et m’en trouver une autre. J’en ai fini non seulement avec l’identité française, mais également avec toutes les identités nationales, quelles qu’elles soient. Cela ne veut pas dire non plus que je m’enferme dans une idéologie plus locale ou régionale, ou plus globale. Le régionalisme, tout comme l’européanisme ou même le mondialisme sont de même nature et ne sont que des facettes différentes de ce même processus de division et de séparation qu’est celui du nationalisme. Parce qu’aucun système de pensée ne peut être complet et véritablement global, parce que tout système est limité, le mondialisme est également une idéologie abstraite et non pas réelle. Je n’éprouve donc pas le besoin d’être citoyen du monde, ne pas être citoyen français, tout simplement me suffit, sans vouloir m’accoler de nouvelles étiquettes fragmentaires et inutiles.
Donc j’en ai fini avec tout cela. J’ai abandonné tout cela. Je ne suis plus français. Ce n’est plus un problème pour moi. Et cependant, je vis toujours en France, je suis sur le territoire français, ce si beau pays, avec sa campagne, ses paysages, ses forêts et sa montagne. Je connais tout cela, et je vis tant que bien que mal dans ce système économique qui régule les activités humaines comme chacun des habitants de ce pays. Mais je ne suis plus français, et me suis débarassé de ce fardeau encombrant de l’autorité et de la soumission, du conformisme, et du respect de symboles. Toutes ces choses superficielles : la Marseillaise, le drapeau bleu-blanc-rouge, cette identité nationale proposant une sécurité psychologique semblant bien illusoire au regard du monde tel qu’il est dans sa globalité. Donc ce n’est plus mon problème, mais si ce n’est plus mon problème, c’est peut-être devenu celui des tenants de ce système, des tenants de cette identité nationale : comment va réagir mon entourage ? Comment vont réagir les administrations auxquelles je dois faire face comme tout le monde ? Comment peuvent réagir les politiciens face à cela ? Va-t-on me supprimer mes droits civiques ? Va-t-on m’expulser à la frontière du pays ? Car si ce n’est plus un problème pour moi, ça l’est sûrement un pour vous !

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