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 Accueil du site > Tribune Libre > Je ne crois pas au suffrage universel, mais j’ai voté…

Je ne crois pas au suffrage universel, mais j’ai voté…

Le suffrage universel direct, quelle belle invention, Wikipedia le définit ainsi : "principe d'expression de la volonté populaire, est le vote de l'ensemble des citoyens.".

En théorie, cela permet donc de traiter des problématiques qui concernent tout le monde, en donnant l'occasion à tout le monde de donner son avis ; l'opinion des plus nombreux sera retenu et respecté.
En théorie c'est donc vachement bien, sauf que ça marche mal, voir pas du tout.

  •  Sans éducation politique à quoi sert le vote ?

Quelles sont les prérogatives, les pouvoirs et les devoirs d'un président, de députés nationnaux et européens, d'un maire, d'un président de région ?
Combien de votants seraient capable de répondre à cette question sans se tromper ?
Trop peu malheureusement, les pouvoirs et devoirs de nos élus restent flous et on s'apercoit à chaque campagne électorale que les candidats eux-mêmes par démagogie ou méconaissance prennent des engagements qu'ils seront dans l'incapacité technique de tenir.

Comment peut on demander au peuple de choisir quelqu'un pour occuper un poste dont on ne connait pas grand chose ?
Imaginez un instant, faire passer un entretien d'embauche (parce que finalement une élection, ce n'est que cela) à plusieurs candidats pour un poste que vous ne conaissez pas et auquel vous ne comprenez rien. Pas évident de faire un choix judicieux.
J'ai eu la (mal)chance de passer deux ans en faculté de droit où j'ai pris conaissance d'une partie des règles du jeu constitutionnel français et étranger.

Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi un coiffeur a besoin d'une formation diplomée pour exercer sa profession alors que le dernier des cons peut donner son avis (et il sera pris en compte) sur la gestion d'un pays, qui me semble un peu plus complexe qu'un dégradé ou un brushing.

  • Les plus nombreux ont ils toujours raison ? 

C'est une question plus phylosophique qu'autre chose, mais qui mérite d'être posée.
Si on écoutait encore et toujours la "majorité", on aurait encore la peine de mort en France, l'avortement y serait interdit, les femmes n'auraient ni le droit de vote ni celui de travailler, et le dernier traité européen en date n'aurait pas pu être ratifié...
Force est de constater que les dirigeants sont nommés ou élus sur des programmes qui ne sont pas toujours appliqués voir pire, qui évoluent au cours des mandats pour diverses raisons structurelles, économiques, sociales et politiques.
Le principe est le même dans les jurys populaires, et le problème identique, je vous invite à (re)voir 12 hommes en colère (avec Henry Fonda), qui en plus d’être un film magnifiquement juste, et démontre l'absurdité même du vote, car l'électeur (ou le jury) est beaucoup trop facilement influençable, et souvent pour de mauvaises raisons.

  • Droit ou devoir de vote, abstention et vote blanc...

En France, le vote est un droit, pas un devoir, et par extension, le vote blanc n'est pas comptabilisé à mon plus grand regret.
Comment peut on prétendre qu'un candidat qui a obtenu 52% des suffrages comptabilisés a gagné ?
52% de quoi ? des gens qui ont voté pour lui ou pour son adversaire ?
Est ce pour autant représentatif de la majorité des inscrits ? bien sûr que non.
20% d'abstention et 1.000.000 de votes blancs ou nuls (presque 2%).
Sur 43.000.000 de votants en France (source INSEE), 22% n'a voté pour aucun des deux candidats.
Finalement, 52% de 78% ca ne représente que 40.56% des votants, je ne vois pas ou se dégage une majorité absolue dans ce cas de figure...

  • Et moi alors ?

Finalement, je me suis joyeusement abstenu au 1er tour, pour toutes les raisons citées au dessus.
Lors du deuxième tour, en revanche, j'ai fait mon "devoir" de citoyen (qui n'est qu'un droit), juste pour éviter le plus désagréable des deux candidats à mes yeux et pour avoir le droit de me plaindre durant les 5 prochaines années (ce que je ne manquerai pas de faire).

Il parait qu'il faut savoir vivre avec ses contradictions, en tous cas j'essaye...



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Réactions à cet article

  • Par apami (---.---.---.132) 26 mai 2012 10:07

    Toute cette analyse repose sur une erreur tres commune aujourd’hui. La démocratie n’a pas pour objet principal de selectionner de meilleurs dirigeants, elle a pour objet principal d’empecher des oppresseurs de venir au pouvoir.

    Une fois que dans l’isoloir vous avez eliminé les buletins de ceux qui vous paraissent potentiellement des oppresseurs, vous avez fait 99% de votre travail. Dans les quelques bulletins qui restent, si vous voulez, vous pouvez vous amuser à essayer de trouver « le meilleur », mais c’est sans grande importance.

  • Par efarista (---.---.---.28) 26 mai 2012 12:14
    efarista

    Si les élections conçues comme elles le sont actuellement permettent aux peuples de se réveiller un tant soit peu, ce sera déjà ça. Le problème véritable restant est que les dits peuples se réveillent.
    Le meilleur peut sortir du pire. Le pire arrive.

  • Par kettner (---.---.---.88) 26 mai 2012 12:42

    Le suffrage universel

    ou l’art de faire voter le mouton , il serait plus que temps de créer une distinction pour les plus émérites représentants de cette discipline , l’ordre de Panurge pourrait convenir, et j’y verrai bien Calvi nommé « grand croix » .

  • Par COVADONGA722 (---.---.---.137) 26 mai 2012 13:17
    COVADONGA722

    le suffrage universel est le plus sur moyen de voir le plus grand nombre s’eviter les efforts et les devoirs .Quelle FOUTAISE !!!!!! un homme une voix et vous vous retrouvez à voix égale avec le parasite l’analphabete l’alcolique le cretin ou l’abruti cognant femme et enfants vous vous retrouvez à élire une elite consanguine et cooptée de classe .Le suffrage universel ou la tyrannie du plus grand nombre et le dogme societal imposé par les veaux !
    Asinus

    • Par Soaf (---.---.---.40) 26 mai 2012 18:27

      Oui mais interdire de voter aux cons pose toujours le même probleme : on est tous le con d’un autre...


      Peut etre penser a des cours obligatoires et un exam pour pouvoir voter, pour etre sur que les gens captent pour quoi et pour qui ils votent
    • Par COVADONGA722 (---.---.---.137) 26 mai 2012 20:22
      COVADONGA722

      @Soaf bonsoir , exactement un minimum requis de connaissances du fonctionnement de nos institutions serait déja un début .
      Perso j’en tiens pour un vote censitaire
      electeurs et eligibles uniquement si l’on a consacré 1 a 2 ans de sa vie à la collectivité
      comme balayeur ,gardien de musé ,chirurgien ,militaire je m’en fou mais un temps concret au service de la cité.
      Elus tiré au sort dans un collége d’éligibles , pas plus de deux mandats consécutifs .

    • Par Radix (---.---.---.201) 26 mai 2012 21:37
      Radix

      Bonsoir Covadonga

      Robert Heinlein dans un de ses livres préconisait le tirage au sort du président des Etats Unis et dans le même temps il démolissait ce concept, car il ne sert à rien d’élire une marionnette et la rendre responsable de tous les maux...

      Dans une « démocratie » moderne si vous avez 11 imbéciles et 10 philosophes ce sont les imbéciles qui gagnent... Mais est-ce que les philosophes ont raisons pour autant ?

      Faut voir à l’usage.

      Radix

    • Par COVADONGA722 (---.---.---.137) 26 mai 2012 23:55
      COVADONGA722

      Dans une « démocratie » moderne si vous avez 11 imbéciles et 10 philosophes ce sont les imbéciles qui gagnent...


      Yep Radix c’est bien pour cela que je ne suis pas « démocrate »

      Asinus

  • Par Morpheus (---.---.---.9) 26 mai 2012 16:13
    Morpheus

    Je soutiens l’auteur dans sa prise de conscience, mais je lui recommande d’aller plus loin dans son analyse.

    Le suffrage universel pourrait être l’un des meilleurs outil pour donner le pouvoir au peuple et lui permettre de se protéger contre tous les abus de pouvoir.

    Toutefois, pour que cela puisse être le cas, il faut pouvoir donner tout son sens à la DÉMOCRATIE.

    La confusion qui semble encore demeurer en partie dans l’analyse proposée ici par l’auteur vient de la confusion engendrée par l’application de la novlangue dans le chef de nos voleurs de pouvoir, et cela depuis environ 200 ans.

    Depuis l’époque des révolutions (française, anglaise, américaine), en effet, les voleurs de pouvoir nous ont présenté le régime politique qu’ils ont établis après avoir renversé les anciens régimes monarchiques comme étant « la démocratie ». Or - leurs propres écrits le prouve - ils ne voulaient pas de la démocratie ! Et ils savaient très bien ce qu’est une démocratie, car ces voleurs de pouvoir étaient des personnes très cultivées, qui connaissaient bien les anciens et notamment les auteurs de la Grèce antique.

    En fait, les gouvernements de tous nos pays soi-disant « démocratiques » sont en réalité des gouvernements (prétendument) représentatifs. Pas des démocraties.

    Il y a un différence fondamentale (déterminante) entre :
    - voter pour un candidat non choisit pas le peuple (choisit par les partis)
    - voter soi-même (en tant que citoyen) pour (ou contre) des lois, décrets, mesures, ...

    Dans le premier cas, l’électeur (différent de « citoyen ») choisit son maître politique.
    Dans le second cas, le citoyen (différent de « électeur ») choisit ses lois et sa politique.

    Dans le premier cas, la « politique » devient - inévitablement - ce que les grecs appelaient « politikè », c’est-à-dire la « lutte pour le pouvoir » (pour conquérir ou conserver le pouvoir).
    Dans le second cas, la « politique » reste ce qu’elle doit être en démocratie : la politea = « la direction de la cité ».

    En ayant bien compris cela et toutes les conséquences que cela implique, l’auteur s’apercevra qu’il ne parvient pas à formuler la solution au « malaise », au problème qu’il ressent, parce que le problème (l’impuissance politique du peuple par le truchement du « gouvernement prétendument représentatif ») a pris le nom de la solution (la démocratie). Il lui apparait que le suffrage universel est impuissant, mais c’est parce que celui-ci a été vidé de sa substance en faisant de cet outil, non pas le moyen pour le peuple de décider de la politique à mener pour gouverner la cité, mais l’outil des voleurs de pouvoir pour se faire élire en tant que maîtres.

    Cordialement,
    Morpheus

    • Par Soaf (---.---.---.40) 26 mai 2012 18:25

      C’est gentil, mais je ne suis plus dans la decouverte, ca fait plus de 17 ans que je vote et que je me pose les mêmes questions...


      J’exposais juste ma vision du truc, je n’ai pas de solution acceptable à proposer, à part une education des masses, et un permis de vote, un devoir de vote (et non plus un droit), et le décompte des votes blancs, juste pour que les gens comprennent réellement pourquoi ils votent et les responsabilités (pouvoirs) qu’ils délèguent aux élus.

      Après je pense qu’il est évident que la démocratie parlementaire dans laquelle nous évoluons n’est pas une réussite (doux euphémisme)
      On a tous des alternatives à proposer, mais ce n’est pas le sujet ici, ca me donnera peut etre l’occasion de pondre un autre texte sur le sujet.
    • Par Soaf (---.---.---.40) 26 mai 2012 19:10
      « il faut pouvoir donner tout son sens à la DÉMOCRATIE.  »

      ... ou pas

      La démocratie, c’est (étymologiquement) le pouvoir du peuple, et vu le niveau d’éducation politique, culturel et social de notre pays et de nos civilisations actuelles je ne suis pas convaincu que ce soir une si bonne idée...
    • Par Morpheus (---.---.---.9) 27 mai 2012 22:16
      Morpheus

      Ce que je veux dire, Soaf, c’est que la démocratie est soluble dans l’élection de CANDIDATS au pouvoir (par définition) : il ne peut donc s’agir dans NOTRE cas de parler de « démocratie ».

      NOUS NE SOMMES PAS EN DÉMOCRATIE ET NOUS NE L’AVONS JAMAIS ÉTÉ !

      Vous dites que vous ne croyez pas en la démocratie à cause de l’abrutissement actuel du peuple. Vous faites une double erreur de jugement. S’il est vrai que la conscience politique du peuple frôle, ACTUELLEMENT le raz des pâquerettes, c’est bien parce que le peuple a - confusément ou non - conscience de son IMPUISSANCE POLITIQUE. Dans cette situation, il est naturel que le peuple se désintéresse des questions politiques.

      Il en irait tout autrement dans une société où le peuple retrouverait tout son pouvoir (dans une démocratie, quoi). J’en veux pour preuve trois exemples.

      D’abord, dans le cas des assises, un jury populaire est tiré au sort parmi des quidams. Ceux-ci n’ont aucune compétence particulière pour juger une affaire criminelle, et pourtant, l’expérience montre qu’en très peu de temps, ces individus s’emparent du dossier qu’ils ont a charge de juger, et montrent d’étonnantes capacités de jugement, c’est-à-dire de discernement.

      Ensuite, dans le cas des élections, des citoyens sont tiré au sort pour dépouiller les urnes. Beaucoup viennent avec des pieds de plomb, mais - alors qu’ils n’y gagnent rien - ils s’attachent à remplir de façon pointilleuse la tâche qui leur incombe. Ils prennent conscience de l’importance de leur tâche et font donc en sorte que celle-ci soit bien faite.

      Dans un troisième et dernier exemple, on a pu observer que des commissions de citoyens tiré au sort dans un pays d’Afrique, et devant statuer sur la question des OGM, se sont emparé de la question avec un professionnalisme rarement rencontré dans les ... milieux professionnels. Ils ont écouté les tenants du pour et du contre, des ingénieurs, des spécialistes, etc. et sont devenus compétents à porter un jugement.

      Ces exemples me font dire que dans une situation où le peuple aurait retrouvé son pouvoir, les questions politiques ne leur passerait plus par dessus la tête. Ce qui est logique : dès que l’on sait que notre opinion et nos choix ont un impact sur un quelconque sujet - et plus particulièrement un sujet qui impacte notre vie - on ne délaisse pas le sujet.

      Sans pour autant faire d’angélisme, je peux affirmer sans me mouiller que dans tous les cas, le peuple ayant le pouvoir ne ferait certainement pas moins bien que les élus actuels.

      Mais pour redonner au peuple le pouvoir, il faut réécrire une CONSTITUTION. Et le processus de cette constituante doit être désintéressé, c’est-à-dire que les membres de cette assemblée constituante NE DOIVENT PAS être élus, ils doivent être tiré au sort, et subséquemment, se déclarer eux-mêmes inaptes aux fonctions de pouvoir qu’ils établirons (sans quoi, il y aurait conflit d’intérêt : ce n’est pas aux gens de pouvoir d’écrire les règles du pouvoir).

  • Par YVAN BACHAUD (---.---.---.91) 27 mai 2012 08:19

    SANS référendum d’INITITIVE citoyenne. Il n’y a pas de démocratie.

    les citoyens doivent GARDER le pouvoir entre deux élections pour dcider de ce qui lezs regardeL

    lL’ EVOCATION DE LA PEINE DE MORT est particulièement grotesque.

    Peine de mort(PM) :
    La DD pour introduire ou réintroduire la PM et doit donc être rejetée ne serait-ce que pour cela ! Le caractère inacceptable de la PM est posé comme un prémisse inviolable et l’on suppose ensuite que la DD mène à la PM et « par conséquent » elle doit être rejetée.

    « Mais ce caractère inacceptable assumé n’est certainement pas un élément donné mais doit émerger comme une valeur fondamentale d’un débat ouvert entre citoyens libres et égaux. »
    Les faits :
    Suisse et Lichtenstein pourraient introduire la PM par DD mais jamais même tenté.
    Mieux suppression de la PM par référendum en 1935 en temps de paix et en 1992 en temps de guerre.
    Aux USA : # 50% des états ont la peine de mort. 79% ont la DD et 74% non. Cela ne fait pas grande différence. MAIS  tous les états qui ont la PM sont des états du Sud et de l’ouest. C’est donc une question de culture politique pas de DD.
    D’ailleurs en Oregon la PM a été abolie en 1914 par RIC et rétablie en 1920 par le Parlement. !

    Dans « Le référendum » chez « Que sais-je ? page 91 sur des exemples de RIC au USA.« Refus du projet d’établissement de la peine de mort par 67% des électeurs du district de Columbia malgré une campagne insistant sur la hausse vertigineuse de la criminalité dans la capitale fédérale. »

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