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Je suis libéral, je vote Ségolène Royal

Il convient de rattacher le libéralisme politique à cinq grands principes : la théorie des incitations, le principe d’optimisation, la justice rawlsienne, la théorie des capabilités de Sen et l’individualisation des mœurs. Vues sous cette angle, les questions de société qui agitent la campagne, que faire avec l’impôt ?, qui doit payer l’impôt ?, le protectionnisme, la lutte contre la pauvreté, les services publics, les entreprises, les mœurs, la délinquance ou l’immigration révèlent que le programme de Ségolène Royal est beaucoup plus en phase avec l’idéologie libérale que ceux de François Bayrou ou de Nicolas Sarkozy.


Le libéralisme est une théorie philosophique particulièrement féconde qui a influencé l’ensemble des sciences sociales. En matière politique, le libéralisme s’est très souvent défini par opposition au conservatisme. Définir le libéralisme est un exercice bien périlleux, tant il semble être le nœud de conflits idéologiques et sociaux. Avant de commencer ce plaidoyer provocateur, je préciserai donc une définition du libéralisme comme position philosophique, qui a certainement plus de parenté avec la vision qu’en avaient nos ancêtres et qu’en ont toujours les Anglo-Saxons plutôt qu’avec la critique franco-française diffusée par les mouvements à la gauche de la gauche.

La vision du libéralisme développée ici repose largement sur ce qu’on nomme l’utilitarisme, à savoir une doctrine philosophique qui postule que l’être humain agit en toute circonstances, et donc exerce sa liberté, en vue d’accroître au maximum son bien-être. Dit autrement, l’homme est rationnel. Partant de ce principe, le libéralisme affirme que l’organisation sociale, politique et économique doit permettre et garantir l’exercice de ce droit naturel qui est l’exercice de la liberté. [1]

Cette vision des choses a conduit à lier le libéralisme politique à cinq grands principes : la théorie des incitations, le principe d’optimisation, la justice rawlsienne, la théorie des capabilités de Sen et l’individualisation des mœurs.

Si l’homme agit en vue de son propre intérêt [2], la société peut tirer parti de cette propriété en s’organisant de façon à susciter des efforts volontaires de la part de ces membres. Le libéralisme politique fait donc sienne la théorie des incitations. Si l’homme est rationnel, la société doit l’être aussi et s’affranchir de l’idéologie en faveur du principe d’optimisation. Imposer une idéologie (autre que le libéralisme), c’est renoncer à la liberté individuelle de penser et d’action. Une société libérale doit donc adopter comme principe l’optimisation, à savoir le choix des meilleures solutions, dans l’état actuel des connaissances, même si celles-ci sont a priori en contradiction avec les idéologies établies. Le libéralisme est une théorie du pragmatisme. C’est également par suite une théorie qui souhaite contenir tant que faire se peut la morale dans la sphère privée. La société doit garantir la liberté de mœurs et préserver ses membres de la coercition morale et culturelle. Mais un système social basé sur l’effort volontaire individuel doit permettre à chacun de prendre part à la compétition sociale, politique et économique. Le libéralisme n’est efficace que s’il donne à chacun les chances de s’y développer. C’est le sens de la théorie libérale d’Amartya Sen. La société doit garantir les capabilités de chacun [3]. Enfin, sur le plan éthique, cette vision des choses appelle la théorie de la justice de Rawls : la société doit considérer ses individus indépendamment de toute caractéristique personnelle.

Qu’advient-il alors si nous tentons d’appliquer ces cinq principes pour juger du caractère « libéral » ou non des propositions des candidats dans différents domaines ? J’ai ici retenu neuf domaines, en me basant sur les critères de positionnement politique du « politest » [4] : que faire avec l’impôt ?, qui doit payer l’impôt, protectionnisme, lutte contre la pauvreté, services publics, entreprises, mœurs, délinquance et immigration.

Que faire avec l’impôt ?

L’impôt sert à quatre choses : rembourser la dette, couvrir les frais de fonctionnement de l’Etat, faire fonctionner les services publics et investir. Si la théorie des incitations plaide largement en faveur d’une utilisation parcimonieuse des deniers publics, le principe d’optimisation impose à l’Etat d’investir dans les secteurs qui font la croissance et qui sont, d’après les nouvelles théories de la croissance, le capital humain et la recherche et développement. Investir dans ces secteurs est rentable, c’est-à-dire qu’un euro investi aujourd’hui rapportera plus d’un euro demain. Par conséquent, il n’est absolument pas absurde que l’Etat emprunte pour financer les investissements nécessaires à la croissance. Le programme de S. Royal est bien le plus en phase avec cette vision des choses. Bayrou, Royal et Sarkozy se sont engagés à diminuer l’endettement du pays. Mais Bayrou a prévu de le faire aux dépens des investissements nécessaires, ce qui est bien entendu absurde. Il prévoyait aussi de renforcer l’efficacité de la fonction publique mais s’est empressé par pur électoralisme de garantir les moyens actuels de l’Education nationale. Il s’agit pourtant du premier poste du budget et nul ne peut ignorer qu’il n’est pas exempt de gaspillages. La crédibilité « libérale » de sa réforme de l’Etat est donc bien entamée. Sarkozy, quant à lui, compte diviser le nombre de fonctionnaires par deux, ce qui est suffisamment flou pour n’inquiéter personne mais présage de coupes dans les comptes sociaux, dont on verra qu’elles ne relèvent pas non plus de la philosophie libérale. Ségolène Royal par contre a clairement annoncée la couleur libérale de son projet. Investissement massif dans l’éducation, la recherche et réforme courageuse de l’Etat. Mais en retour dans son discours de Choisy, elle a loué les fonctionnaires indispensables, en commettant un certain nombre d’oublis bien choisis, qui préfigurent de l’endroit où vont être réalisées les économies : principalement dans les administrations. Pour la méthode de réforme, elle est clairement libérale puisqu’il s’agit de décentraliser, c’est-à-dire de rapprocher les contribuables des agents de la collectivité, ce qui créé une concurrence fiscale entre les régions, propre à éviter les gaspillages et accentue le contrôle des usages sur les services publics. Incitations, optimisation, libéralisme.

Qui doit payer l’impôt ?

Un impôt libéral doit être incitatif, juste au sens de Rawls, et optimal. L’impôt sur le revenu est comme dans de nombreux pays mal construit. Il ne touche que les classes moyennes car les pauvres en sont exemptés et les riches ont une myriade d’astuces légales à leur disposition pour y échapper. La fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu que prévoit le PS est dans ce sens très libérale, car elle accroît sensiblement la base fiscale. Ce faisant, elle est plus juste d’une part mais elle est aussi plus efficace car elle élimine de nombreuses trappes à inactivité dans les milieux populaires et supprime des niches fiscales ubuesques. Le PS parle aussi de relever l’IR sur les tranches les plus hautes, au grand dam des prétendus libéraux qui considèrent que cela désinciterait au travail. Cette allégation est sans fondement. Il n’a jamais été prouvé que les cadres supérieurs ou les médecins par exemple limitent leur durée de travail en raison d’impôts sur le revenu trop élevé. Par contre il est manifeste que de nombreux ouvriers ou employés renoncent à travailler ou travaillent au noir pour échapper à l’impôt. Baisser les charges sociales qui handicapent surtout le travail peu qualifié en augmentant les impôts des premières tranches et donc une mesure incitative et optimale. C’est la logique libérale qui l’emporte. Prétendre le contraire c’est faire de l’idéologie et s’assumer conservateur. Calculer les charges en fonction de la création d’emploi comme le propose Ségolène Royal, c’est introduire un système hautement incitatif. Là encore, le libéralisme économique, le vrai est clairement supporté par le PS et combattu par la droite. Enfin, les difficultés de la croissance française proviennent du manque d’investissement et non du manque de consommation. Ce sont donc les détenteurs du capital et non les travailleurs qui ne font pas leur part du boulot en ne soutenant pas la croissance. Dès lors, il est logique de taxer les couches supérieures et de réinvestir cette manne dans l’économie française. C’est encore Ségolène Royal qui propose de taxer de façon incitative les profits des entreprises, selon qu’ils sont réinvestis ou non.

Protectionnisme

Ce n’est un secret pour personne, les libéraux n’apprécient guère les monopoles et les subventions. Leur idéal, c’est la concurrence libre et non faussée. La position de S. Royal est là encore très avant-gardiste, en matière agricole. Elle assume la nécessaire reconversion de l’agriculture française, vers une agriculture « durable » (çà c’est pour les écolos) qui signifie en fait à forte valeur ajoutée, c’est-à-dire viable sans subvention. La PAC arrive effectivement à son terme, les négociations à l’OMC ont capoté en grande partie à cause du lobby agricole français. Bayrou et Sarkozy, eux, brossent les paysans dans le sens du poil, pour ménager un électorat fondamentalement conservateur. L’approche libérale, c’est pourtant de favoriser la libre concurrence, et donc l’émergence de nouveaux marchés (écologiques, énergétiques...) et de prendre en compte les coûts environnementaux. Rappelons que le principe pollueur payeur découle directement de la théorie économique néo-classique, ou communément appelée libérale.

Pauvreté.

Pour lutter contre la pauvreté, il faut favoriser les capabilités. Quelles sont les capabilités cruciales en France qui enferment dans la pauvreté ? L’accès au logement bien sûr, l’accès au travail naturellement, l’accès à une éducation de qualité enfin. Hors dans ce domaine, la droite ne propose pas grand-chose. Sur le logement, c’est évident. Sur l’éducation, c’est le statu quo pour Bayrou et la concurrence imposée et faussée (soit le contraire du libéralisme) pour Sarkozy. En introduisant le revenu de solidarité active qui remplacera à terme le RMI, S. Royal annonce la transition de l’assistanat vers une société libérale, qui incite les gens à faire des efforts, mais des efforts qu’ils sont en mesure de faire.

Entreprises

Dans le domaine de l’emploi, la droite propose un contrat de travail unique avec moins de droits pour les licenciés. Ouf ! Enfin une proposition libérale. C’est malheureusement la seule et sans la mise en place d’une sécurité sociale professionnelle, cela ne risque pas d’inciter les Français à se lever tôt. Les propositions de S. Royal sont plus pragmatiques. En assurant 90% du salaire durant une période plus courte de chômage, la sécurité sociale professionnelle incite les travailleurs à chercher activement un emploi qui leur convient. S. Royal assume les mutations économiques, elle sait qu’il est inévitable de changer souvent d’emploi et elle propose des gages en contrepartie d’une protection nécessairement amoindrie de l’emploi. Bayrou et Sarkozy, eux, ne comptent que sur le bâton pour faire adopter cette réforme clé : la flexibilisation du marché du travail. On a vu le résultat désastreux avec le CPE, qui a fait perdre deux ans à la France et a ruiné les efforts des libéraux pour faire avancer dans l’opinion l’idée d’une baisse de la protection de l’emploi. Modulation de l’impôt sur les sociétés, part réservée des commandes publiques aux PME, le programme de S. Royal fait la part belle à la concurrence libre et non faussée et aux incitations à l’effort. Notons enfin que la suppression de l’impôt sur les successions est une hérésie totale en matière de libéralisme. Les héritages sont contraires à la théorie de la justice de Rawls, ils désincitent à l’effort et accentue la concentration du capital, ce qui empêche les agents ingénieux de lancer leur entreprise. C’est là la mesure exacte du conservatisme de N. Sarkozy.

Services publics

En matière de services publics, S. Royal a tenu bon sur sa vision libérale des choses (blairiste en fait) et n’a pas fait de concession à la gauche de la gauche. Les services publics doivent être efficaces mais permettre à tous les agents de participer à la compétition économique. Education plus juste, avec une réforme de la carte scolaire, qui incite les parents à se poser des questions d’orientation en leur donnant le choix (approche libérale par excellence). Service de la petite enfance, dans le sillage de ce qu’a fait Blair. Le grand nombre d’enfants pauvres au Royaume-Uni a forcé les économistes à se saisir de la question. Il est apparu que la plupart des inégalités se jouaient avant l’âge de trois ans. A la suite de quoi Blair a lancé un grand programme en faveur de la petite enfance dans les milieux populaires qui a eu un effet très important sur la pauvreté des enfants. Service de la petite enfance contre répression de la délinquance, pragmatisme contre idéologie, libéralisme contre conservatisme.

Mœurs

Pilule gratuite, union civile pour les homosexuels, garantie de la laïcité, euthanasie légale. Tous les voyants libéraux sont au vert pour S. Royal et au rouge pour la droite, qui louvoie pourtant car elle sent que son conservatisme naturel est en contradiction avec l’aspiration libérale des électeurs.

Délinquance

Une école qui donne plus de chances à chacun grâce au soutien scolaire pour tous diminue les incitations à partir « faire carrière » dans les trafics divers et variés. Le doublement du budget de la justice, microscopique eu égard aux besoins, est nécessaire pour garantir une justice rapide, qui rappelle à l’ordre dès le premier dérapage. Contrairement aux idées reçues, le système pénitentiaire est une véritable ruine pour les finances de la nation. Moins de gens en prison, c’est plus d’argent pour juger convenablement les gens, c’est-à-dire sur un même pied d’égalité. L’affaire d’Outreau nous a montré à quel point le voile d’ignorance n’est pas la conception de la justice en France. Accroître les alternatives à la prison, ce n’est pas qu’une mesure humaniste, c’est une question d’optimisation budgétaire avant tout.

Immigration

Du côté des incitations, S. Royal ne prône pas une régularisation massive mais défend l’idée du codéveloppement comme solution nécessaire au problème. Il est en effet bien connu que les migrants quittent leur pays, plus parce qu’ils n’y ont plus les moyens d’y vivre que parce que la France ressemble à un Eldorado.

Je suis presque certain de ne pas vous avoir convaincu quant à la nécessité de voter Ségolène Royal si vous n’y étiez pas auparavant résolu.

Je pense néanmoins que ni Bayrou, ni Sarkozy ne sont des libéraux et que la cause libérale n’avancera pas en France sous leur égide.

1. Il est important de noter que l’utilitarisme est une position philosophique et non un fait de l’expérience. Les recherches en sciences sociales ont bien mis en évidence certaines limites de la rationalité. Néanmoins une vision large de l’utilitarisme qui prend en compte tant la limitation de l’information que l’existence de l’incertitude permet le plus souvent de supposer que les individus agissent généralement par motif, que celui-ci soit formulé consciemment ou non.

2. Contrairement à ce qui est souvent dit, l’utilitarisme et par suite le libéralisme ne postulent pas l’égoïsme de l’homme. Un agent utilitariste peut tout à fait être altruiste et être intéressé par le bien-être des autres.

3. C’est-à-dire la possibilité d’exercer sa liberté d’action. Au rang des facteurs élémentaires qui influencent les capabilités il y a par exemple l’éducation, l’accès au crédit, l’accès à l’eau...

4. Le politest est un test interactif de douze questions qui permet de se positionner sur l’échiquier politique. www.politest.fr

par Norader (son site) mercredi 14 mars 2007 - 227 réactions yahoo
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  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.49) 14 mars 2007 12:06
    LE CHAT

    après je suis socialiste je vote bayrou , voici je suis libéral je vote ségolène royal

    à quand je suis lepeniste , je vote voynet

    je suis gauchiste , je vote de villiers

    je suis sarkozyste , je vote arlette

    y’a t-il un psy dans l’avion smiley smiley smiley smiley

  • Par un_passant (xxx.xxx.xxx.227) 14 mars 2007 12:12

    Je suis assez en phase avec votre définition du libéralisme, mais je me vois forcer de voter négativement en raison de son orientation politique. Pourquoi ? Cela sort du factuel pour passer dans l’interprétation (et les interprétations dépendent trop de l’individu).

    J’arrive à une conclusion différente que je vais essayer de poser, aussi objectivement que possible :

    Je ne trouve pas Ségolène Royal particulièrement novatrice si l’on se base sur le seul programme du PS, ou ses propos. Ils mélangent des pratiques déjà suggérée sous Mitterrand ou Jospin ainsi que des idées plus récentes qui existaient avant que SR ne les fasse siennes (mais peu diffusées parce que venant de petits partis ou d’associations etc.).

    La question est alors, tel que je perçois la chose : doit-on se fier au programme officiel ou aux propos tenus. Les uns diront les propos, les autres le programme.

    Si je me base sur ce qui est dit par les personnes ayant l’experience Poitevine, on peut plutôt se fier à ses propos.

    Si on se base sur la réalité législative, elle devra gouverner avec des députés, donc plutôt en fonction du programme du PS.

    C’est la que certains aspects de sa personnalité (tendance à prendre les décision en solitaire et non en arbitre, ce qui est très différent) et les réalités du PS (une branche plutôt sociale-libérale, une branche gauche dure anti-libérale) rentrent en jeu. On risque d’avoir un gouvernement avec des tensions internes (et dans ce cas là, la capacité à rassembler et calmer le jeu est primordial, ce qui ne semble pas être un talent premier de SR, voir sa tendance à répondre de manière méprisante voir perfide aux critiques plutôt que d’ignorer ou marginaliser : "ses propos le regarde" ou quelque chose de ce genre. Comme disait Copé lors d’un émission avec Fogiel : on ne peut pas passer son temps à répondre et critiquer, même si on est pas d’accord, il faut aussi parfois user de la langue de bois pour éviter d’alimenter les tensions).

    Tel que je vois les choses, SR semble se poser dans une logique : c’est avec moi ou contre moi. Le problème est alors que l’on peut se poser la question : comment fait-elle pour travailler avec les éléphants du PS, posture ou réalité ?

    Qu’en est-il alors de son programme ? Augmenter les budgets n’a pas de sens. Il serait déjà pertinent de rationnaliser un peu l’organisation de l’éducation nationale ou de la recherche. M’étant penché sur la question, avec des échos de personnes concernées de l’intérieur, différents choses apparaissent : gueguerres internes entre directeurs de labos, entre "anciens" et "modernes" (ces derniers étant marginalisés mais il semble que ça soit en train de bouger, très lentement, mais dans le bon sens), main-mise des syndicats d’enseignants sur la politique de l’éducation nationale, ce qui a conduit à la catastrophe actuelle (voir les livres alarmant écrit par des enseignants), paperasserie excessive, conflits d’intérêts entre instituts concurrents etc.

    Autant dire que de ce point de vue, le programme de SR ou du PS m’inquiètent. Elle va devoir se mettre quelqu’un à dos : soit les syndicats, soit les enseignants, soit les ministres concernés par les sujets qui fachent. Question stabilité, je ne trouve pas les perspectives encourageantes.

    Alors pour qui voter ? En tant que libéral, si je ne m’attarde que sur les candidats ayant objectivement leurs chances, je dirais... aucun.

    A moins que l’un des quatre soit prêt à sacrifier sa popularité et peser de tout son poid pour faire bouger les choses. Aucune réforme ne passera, de toute manière, sans vérité, sans impopularité du gouvernement (il y a aura forcement des choses qui fachent). De ce point de vue, Sarkozy étant déjà assez impopulaire, il pourrait se le permettre, les autres beaucoup moins. Mais il est plutôt malgré ses idées de réformes, plutôt droite conservatrice.

  • Par crunchy (xxx.xxx.xxx.5) 14 mars 2007 13:27

    C’est précisément ce que j’étais en train de penser après avoir lu les premières dizaines de commentaires qui ont suivi la publication de l’article.

    Le problème majeur du citoyen de base :
     il se choisit d’abord un favori, sur des critères généralement peu objectifs et relevant plutôt de l’affectif, du perceptif, etc. Puis seulement ensuite il se lance dans le "combat d’idées", malheureusement toujours après avoir chaussé ses lunettes partisanes et aveuglantes alignées sur son choix irrationnel initial.

    Résultat : quoi qu’on entende, quoi qu’on lise, ce sera toujours "nul" ou sans intérêt dès lors que ce ne sera pas un concert de louanges pour son propre poulain.

    La plupart des commentaires montrent bien ce phénomène : "je n’ai pas lu mais c’est un torchon", "je n’ai pas bien tout compris mais de toutes manières c’est débile", "ça parle de Ségolène, je zappe en vitesse"

    La moindre des honnêtetés intellectuelles est de reconnaître que cet article est documenté, argumenté, appuyé et raisonné. D’y réagir avec des bassesses du style "encore un qu’a rien compris à la vie" n’est pas vraiment ce que j’appellerais une marque d’intelligence.

    Mieux vaut s’abstenir ou alors, quitte à réagir et souhaiter démonter ces propos, le faire avec panache, contre-arguments à la clé et démonstration à l’appui...

    Heureusement que certains prennent cette peine (quelques commentaires apportent un éclairage contradictoire intéressant) mais ce qui me chagrine c’est de voir qu’une majorité réagit toujours sur le mode récré-maternelle-je-te-tire-la-langue-parce-que-t’es-bête-d’abord-na...

    Désolant smiley

  • Par Tam (xxx.xxx.xxx.30) 14 mars 2007 12:08

    Tout le problème de Ségo, c’est justement qu’un libéral puisse dire qu’il va voter pour elle alors que, dans le même temps, un nombre de plus grand de personnes de gauche se disent qu’ils ne vont pas voter pour elle. Soit parce qu’elle est perçu, selon son humeur, ses discours ou les personnes de son équipe qu’elle met en avant (DSK ou Fabius) comme trop libérale, soit comme trop à gauche.

    Au final, les "libéraux’ de gauche se tourneronnt majoritairement vers Bayrou, les socialistes nonistes vers l’extrême-gauche.

    A mon avis, l’une des surprises du 22 avril sera non seulement l’absence de Ségo au 2nd tour, mais un score de l’extrême-gauche beaucoup plus important que les sondages le laissent prévoir (ceci expliquant, en partie, cela)

    Le PS de Royal n’est plus celui de Mitterrand, ni même celui de Jospin. C’est une coquille qui se vide, inéxorablement. La fossoyeuse est en route et ce n’est pas sa petite cour d’artistes bobos déconnectée des préoccupations essentielles des Français qui va arranger les choses.

    Tam

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