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Accueil du site > Tribune Libre > Jean-Jacques Charbonier réussit à expliquer la mort aux enfants

Jean-Jacques Charbonier réussit à expliquer la mort aux enfants

Dessin de la première de couverture inspiré par l'au-delà {JPEG} Le livre "La mort expliquée aux enfants mais aussi aux adultes" paru en 2015 aux Editions Guy Trédaniel, du docteur Jean-Jacques Charbonier, anesthésiste-réanimateur, est novateur dans le domaine de la vaste littérature concernant le sujet des expériences de mort imminente (provisoire) ou de la survie post-mortem de l'être. Novateur, car il s'adresse aux enfants de manière simple, sans détails techniques relatifs par exemple à la définition de la mort clinique et sans références bibliographiques. Il faut, cependant, accepter d'emblée le parti pris philosophique-métaphysique du Dr Charbonnier et c'est sans doute ce qui rebutera bon nombre d'"esprits" d'attitude moderne, même les plus jeunes, chez qui la lobotomie psychique, condition obligatoire pour une intégration "confortable" au sein de la modernité, a déjà annihilé tout intérêt pour les dimensions supérieures de l'existence et de fait toute curiosité dirigée vers le monde suprahumain.

Les ouvrages concernant la communication avec l'au-delà, la survie de l'esprit après la mort physique, réservés à un public adulte eux sont légion. En effet, un travail remarquable a été accompli sur le sujet de l'Après-vie terrestre depuis les écrits pionniers du docteur Raymond Moody, Robert Monroe ou Elisabeth Kübler-Ross jusqu'aux travaux du théologien iconoclaste, le Père catholique romain François Brune très proche de la tradition orthodoxe, reliant théologie, expériences mystiques, physique quantique, expériences aux frontières de la mort (EFM), tanscommunication instrumentale (TCI).

Or donc, le Dr Charbonier, fort de décennies de rencontres, d'expériences, répond à travers de très courts chapitres et dans un langage accessible à tous, aux questions qu'enfants comme adultes se posent sur cet événement constitutif à la vie (Ne sommes-nous pas des êtres-vers-la mort ? Heidegger ; Être présentement en éveil pour la mort et non pas attendre qu'elle survienne. La mort est consubstantielle à la totalité de l'être du Dasein). 

La mort est devenue terriblement angoissante pour le "Moderne" (dont le saint patron est à l'évidence saint Thomas) qui a grandi dans une société matérialiste dans laquelle si la mort est très présente à travers les films, les journaux télévisés, les jeux vidéo, la question de sa propre mort et de celle de ses proches est, quant à elle, le plus souvent évacuée. La mort des autres mise en scène à la télévision, certes, mais ne me parlez pas de la mienne, de celle de mes parents, amis, etc. ! C'est beaucoup trop effrayant puisque celle-ci n'a aucun sens et survient au terme d'une existence qui n'en a pas non plus. "La mort expliquée aux enfants..." voilà qui devrait ou plutôt pourrait apporter un véritable réconfort aux enfants et aux adultes et peut-être leur donner envie d'approfondir le sujet l'Après-vie ou de la communication avec les morts, à travers les autres ouvrages de Jean-Jacques Charbonnier, ceux tout aussi indispensables du Père Brune et de bien d'autres encore. Mais attention, il convient également d'opérer un tri très sélectif parmi les publications abordant le thème de l'au-delà, des mondes surhumains, de la nouvelle vie après la vie... Des escrocs profitent de la perte de sens commune à la plupart des gens dans notre société et en tirent avantages...

Ajoutons que ce livre de Jean-Jacques Charbonier est aussi (et forcément) une critique des fondements sur lesquels repose la science moderne. Si cette critique n'est pas neuve, elle est, cependant, permanente dans toute la littérature qui traite des phénomènes dits "paranormaux". Ainsi ce que l'auteur écrit à la page 55 : " (...) pour qu'un phénomène soit assimilé à une réalité, il faut et il suffit qu'il soit mesurable et reproductible (La science) a-t-elle raison de rejeter tout ce qu'elle n'est pas capable d'expliquer, de mesurer, de reproduire, de comprendre en disant que ces choses-là n'existent pas ? Je ne le pense pas car en le faisant, elle perd à nouveau toute crédibilité" fait écho à ce que Raymond Moody, médecin et philosophe, regrettait déjà en 1975 dans "La vie après la vie. Ils sont revenus de l'au-delà" : " (...) il se pourrait très bien, ce me semble, que notre incapacité intellectuelle à établir une telle preuve ne soit aucunement imputable à un obstacle inhérent à la nature même de ces phénomènes ; l'obstacle se situe peut-être dans les méthodes communément admises par la pensée scientifique ou logique". (Moody R.,1975 rééd. 2007 : p. 186, Editions J'ai lu).

Des milliers de pages extrêmement bien documentées sont disponibles sur le sujet des EFM (ou NDE), il faut s'y intéresser. On ne peut désormais plus faire comme si cela n'existait pas. Qu'on prenne le temps d'étudier, de juger, de débattre sérieusement. Mais sans doute ne faut-il pas être trop optimiste. Pour paraphraser le Père François Brune, tant pis pour ceux qui ne savent rien et ne veulent rien savoir, ce sont eux les morts, les morts-vivants...Soyons certains que, néanmoins, les pierres d'angles pour un nouveau paradigme humaniste anagogique en rupture avec l'humanisme catagogique né de la Renaissance européenne ont été posées par de discrets bâtisseurs...Même s'ils ne sont pas les plus nombreux, certains de nos contemporains sont en train de retrouver le sens du sacré, sans pour autant abdiquer tout esprit critique à l'égard de ces représentants de commerce du new-age, tentant de faire passer des romans de gare comme le Da Vinci Code pour des traités de métaphysique...Une révolution autant scientifique que métaphysique est déjà annoncée...Là se trouve peut-être une troisième voie incluante qui évite les attitudes extrêmes de notre époque, autant caractérisée par l'adhésion sectaire à l'hyper-rationalité que par le non moins stupide rejet catégorique de celle-ci.


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30 réactions à cet article    


  • bakerstreet bakerstreet 14 janvier 2016 10:54

    Ne serait pas un bon coup de pub pour un bouquin, surfant sur l’angoisse existentielle ?

    « Ne sommes-nous pas des êtres-vers-la mort ? » : Heidegger ?..Ma boulangère n’aurait pas mieux dit, mon bon monsieur, mais elle me parle du temps, ce qui est sommes toute plus intéressant et plus constructif. 
    « Sur l’après vie terrestre », et le« travail remarquable fait à ce sujet » (notons le caractère antinomique des propositions ) merci j’ai déjà donné chez les curés. Eux au moins assumaient et ne s’encombraient pas, ou plutôt ne se déguisaient pas sous un masque pseudo scientifique. 

    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 14 janvier 2016 11:09

      @bakerstreet
      Oui Heidegger, mon pauvre clébard. Visiblement, ce n’est pas pour toi. Le dernier Charlot Hedbo te conviendra certainement mieux.
      Ah le sarcasme et le faux cynisme des débris 68ards pseudo-jouisseurs...Profitez-en encore...La fin est proche.


    • bakerstreet bakerstreet 14 janvier 2016 17:50

      @Jean-Michel Lemonnier
      -La maîtrise de soi, est la première qualité exigée, avant de penser à apprendre quoi que ce soit aux enfants...Cela n’est pas d’un bon pronostic pour les solutions d’approche d’un phénomène tout à fait naturel, et dont l’esprit magique des enfants,et leur résilience naturel, tiennent à distance de nombreuses années....Un minimum d’humour et de souplesse, seront d’un meilleur rapport qualité-prix

      - « Comment ne pas pêtez les plombs expliqué aux enfants » m’apparaît dans ce sens un peu prématuré à sortir.
      - L’image du chien est là en tant que représentation, et non en tant que valeur ! En l’occurrence, attention à ne pas vous égarer sur des fausses pistes sémiologiques, ou autres sophismes.
      - La fin est proche ?...Vous n’allez pas rassurer les gamins sur la mort, avec ce genre de prophétie de grand illuminé !
      -Heidegger n’est pas pour moi, c’est vrai ! Il a fait beaucoup déjà pour les nazis. La découverte de ses petits carnets infamant en a mis dans l’embarras plus d’un. 
      Ah, chienne de vie !

    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 14 janvier 2016 18:32

      @bakerstreet
      Désolé. L’amour de l’humanité a priori, la sagesse sont des choses encore inconnues pour moi. Je ne vais pas faire semblant, comme tant d’autres...
      Il me faudrait au moins 7, 9, 12 vies (d’un chien Snoopy ?) pour arriver à quelque chose dans ce domaine...Et, la réincarnation, bof...
      Chrétien blasphémateur (illuminé ? pourquoi pas ?) comme le splendide Léon Bloy...
      Mourir des insultes plein la g.... devant des bourreaux plutôt que de supplier qui que soit, même appartenant à l’« autre monde »...
      Et allons-y, brûlons Heidegger, comme Wagner ou Richard Strauss, mais aussi Rebatet ou Drieu...Vous me faites penser à ce Alexis Corbillard (ou Corbière ?) (du bas) du front de gauche...
      Mais on s’égare...


    • bakerstreet bakerstreet 14 janvier 2016 19:16

      @Jean-Michel Lemonnier
      S’égarer c’est pas mal, je préfère les circonvolutions aux lignes droites. Du livre en question, nous ne savons qu’en penser puisque nous ne l’avons pas lu. Je suis assez d’accord sinon avec vous sur cette société matérialiste, source de terribles angoisses, et fournissant bien peu de réponses, si ce n’est celle d’aller vous faire pendre au centre commercial. Il ne faut pas aller chercher plus loin l’attrait des jeunes pour daesh, qui propose une solution en kit pour le problème existentiel, la vie après la mort, ressemblant à une caricature de jeu video. Nous avons surement là l’expression d’un miroir qui nous reflète. Le consumérisme, l’abandon d’une culture commune, d’un projet collectif a été récupéré par ses marges. La peur de la mort, pour moi, c’est surtout un masque pour signifier la perte de sens, aboutissant à des solutions nihilistes. Les enfants sont doués d’un esprit magique qui leur permet de traduire l’horreur du monde grâce à une vision poétique, dont le film « jeux interdits », par exemple, montre leur capacité de résilience. Mais la mort ne les concerne guère, hors faits morbides horribles, accidents, qu’ils sont capables de dépasser, pourvu qu’il y ait un amour, du moins une bienveillance, le terme amour étant galvaudé, et représente parfois dans les faits une valeur assassine, de prise de possession. Très tôt ils ont la conscience de la mort, en intuition. Dans ce j’ai vu, de mes propres enfants, l’un à deux ans et demi m’a confié qu’il n’y croyait pas, mais qu’il était certain de renaître de l’autre coté, en se ressuscitant dans un autre corps, ou peut être dans un animal....« C’est comme les étoiles »m’a t’il dit, et le voilà parti dans des considérations métaphysiques, peu en rapport avec son age. Ce qui m’a troublé, car je ne l’avais pas familiarisé avec la religion, et encore moins avec le système de réincarnation indienne. En l’occurrence, si j’avais eu des difficultés et des questions sur la vie post morten, à ce moment, sa candeur, son innocence, m’auraient sans doute aidé. En dehors des théories savantes, ce sont ainsi certaines expériences qui nous structurent, la rencontre du mal et du bien en étant les constituants majeurs, sous la forme de deux forces opposées. ..Enfin, dans la constitution d’une personnalité, les moments de silence et de solitude, avec la lecture comme adjuvant, pouvant être ajusté à chacun, me semblent les meilleurs éléments formateurs à l’équilibre d’un individu...Et là on peut dire qu’il y a problème, ces valeurs de replis étant vues souvent comme négatives, car on préfère le tumulte au silence, angoissant pour certains, cachant leur propre manque. 


    • pikepeak pikepeak 15 janvier 2016 08:42

      @bakerstreet

      C’est rigolo ce besoin de faire des phrases et de vouloir absolument le dernier mot chez certains..


    • Crab2 14 janvier 2016 11:32

      Contre l’idée saugrenue et mortifère de la vie éternelle après la mort, je reproduis, ici, une fois encore, l’actualité Kényane m’y oblige, un texte d’Épicure :
      La mort supprime toutes les sensations, il n’y a rien à craindre de la mort !
      Maintenant habitue-toi à la pensée que la mort n’est rien pour nous, puisqu’il n’y a de bien et de mal que dans la sensation et la mort est absence de sensation. Par conséquent, si l’on considère avec justesse que la mort n’est rien pour nous, l’on pourra jouir de sa vie mortelle. On cessera de l’augmenter d’un temps infini et l’on supprimera le regret de n’être pas éternel. Car il ne reste plus rien d’affreux dans la vie quand on a parfaitement compris qu’il n’y a pas d’affres après cette vie. Il faut donc être sot pour dire avoir peur de la mort, non pas parce qu’elle serait un événement pénible, mais parce qu’on tremble en l’attendant. De fait, cette douleur, qui n’existe pas quand on meurt, est crainte lors de cette inutile attente !
       Ainsi le mal qui effraie le plus, la mort, n’est rien pour nous, puisque lorsque nous existons la mort n’est pas là et lorsque la mort est là nous n’existons pas. Donc la mort n’est rien pour ceux qui sont en vie, puisqu’elle n’a pas d’existence pour eux, et elle n’est rien pour les morts, puisqu’ils n’existent plus. Mais la plupart des gens tantôt fuient la mort comme le pire des maux et tantôt l’appellent comme la fin des maux. Le philosophe ne craint pas l’inexistence, car l’existence n’a rien à voir avec l’inexistence, et puis l’inexistence n’est pas un méfait. EPICURE, Lettre à Ménécé
      Suites  :
      http://laicite-moderne.blogspot.fr/search?q=La+mort+n%27est+rien+pour+nous
      ou sur
      http://laiciteetsociete.hautetfort.com/la-mort-n-est-rien-pour-nous-epicure/
      Crab 5 Avril 2015


      • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 14 janvier 2016 12:20

        Sur un tel sujet, il fallait bien s’attendre au défilé de « la porcine congrégation des sycophantes de la libre pensée »...

        "L’Européen rationnel moyen, avec son grotesque vêtement, que le miroir de l’art ne saurait même pas idéaliser ; un être à l’esprit mesquin qui se sustente d’illusions, frotté de vertu terrestre et de bonnes intentions pratiques ! Depuis le début de l’histoire, on n’avait point vu d’alliage plus monstrueux : jactance intellectuelle devant Dieu, et platitude morale devant l’idole humanitariste, uniforme et incolore. Humanité exclusivement travailleuse, impie, et dénuée de passions. Peut-on aimer une humanité pareille ? Ne doit-on pas haïr, non pas les hommes eux-mêmes, lesquels sont stupides et ont perdu le sens, mais l’avenir qu’ils se préparent ? Ne devons-nous pas le haïr de toutes les forces de notre âme, et même de notre âme chrétienne ?" ( C. Léontiev)

         


        • Crab2 14 janvier 2016 14:16

          @Jean-Michel Lemonnier Quand un athée fait quelque chose de bien, il sait qu’il ne sera pas récompensé - il est sans indulgences envers lui-même - donc il ne bâtit pas sa vie sur l’illusion


        • Wakizashi Wakizashi 15 janvier 2016 13:02

          @Crab2

          Dans la mesure où l’athée est un croyant comme un autre, il bâti sa vie sur une illusion au même titre que n’importe quel croyant.


        • alinea alinea 14 janvier 2016 14:24

          je suis restée sur ma faim, je n’ai pas saisi le contenu du bouquin ni sa pertinence.
          la mort, les enfants n’y pensent pas, sauf deuil proche ou discours d’adulte à ce sujet. Je n’ai pas d’opinions sur tout ça mais je ne sais pas si on est encore dans l’enfance quand il est bon d’en causer.
          Je suis dans un état d’esprit spécial, il faut dire, car dimanche, je portais mon petit fils sur mes épaules en rentrant de balade, et, soudain, il me dit : mais qui a faim, qui a soif, qui n’a pas assez à manger ?"
          Il a trois ans et demi et cela m’a interpellée.
          Je n’arrive pas à être sûre qu’il nous faille une méthode pour parler de la mort aux enfants, tout en étant bien sûre que le cas échéant, il ne faille pas l’oblitérer, l’enjoliver ou esquiver les interrogations.
          Mais il m’est difficile de répondre à cet article puisque nous n’avons pas l’ombre d’une idée du contenu du bouquin !!


          • Crab2 14 janvier 2016 14:32

            @alinea
            Le mieux c’est encore d’attendre que l’enfant pose la question - c’est pratiquement une bonne règle pour presque tout - d’autant plus que les enfants ne sont pas avares de questions


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 14 janvier 2016 15:34

            @alinea
            Thème général= « l’après-vie terrestre ». Tout ce qu’écrit Charbonier dans ce livre a déjà été écrit. EFM-EMI-EMP, survie post-mortem (« la mort n’existe donc pas »), abolition du temps dans l’au-delà, mais également synchronicités, médiumnité-communication avec l’autre monde, etc. sont des phénomènes connus pour le public cultivé (surtout curieux). Un résumé est dispensable. L’originalité de l’ouvrage est qu’il s’adresse principalement aux enfants. Cet article - la présentation de ce livre - est à l’évidence (?) un prétexte pour une mise en perspective...


          • alinea alinea 14 janvier 2016 15:55

            @Jean-Michel Lemonnier
            Les interrogations de l’homme sur la mort, je connais, mais ce que je ne comprends pas c’est le pourquoi trouver un truc pour en parler aux enfants ! Car tout cela sont des interrogations d’adultes, n’est-ce pas, pas des questions ataviques, si j’ose dire !
            On est tout proche de la religion, de la croyance et j’ai tendance à considérer ceci comme étant le fait d’une liberté d’adulte !
            Si on veut rôder dans les sphères de la philosophie, cela dépasse largement l’entendement d’enfants,non ?
            merci pour votre réponse, mais, et j’en suis désolée, je ne m’en sens pas plus éclairée pour autant !


          • alinea alinea 14 janvier 2016 23:20

            @Jean-Michel Lemonnier
            Vous avez lu Le Livre des Morts Tibétain ?


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 15 janvier 2016 08:16

            @alinea
            Oui et vous ?


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 15 janvier 2016 09:32

            @alinea
            Si vous vous m’emmenez sur la question du bouddhisme. On dira qu’il y a beaucoup trop de choses inacceptables dans cette philosophie pour les chrétiens, notamment celle qui est de faire de J-C un simple bodhisattva de haute réalisation spirituelle, et de choses inacceptées par les bouddhistes comme la réalité de l’autolimitation et du geste de suprême humilité qu’est la théophanie christique, la « vérité éternelle », sa permanence, etc. Même s’il est vrai que la question du divin chez les bouddhistes est beaucoup plus complexe que ne laisse entendre certains vulgarisateurs et que certaines expériences mystiques chrétiennes (pour que l’homme se fasse Dieu à son tour) nous rapprochent de certaines conceptions du divin dans le bouddhisme.
            Si les dogmes et toute cette tradition chrétienne (« catholique » au sens restreint) honteusement dégradée ne conviennent pas, on peut revenir aux Pères orientaux, grecs, de l’Église. Finalement à l’orthodoxie...En outre, le syncrétisme « bisounours » tout pareil, tous pareils, est un désastre pour le pluralisme religieux donc la diversité humaine...Un néo-totalitarisme...


          • alinea alinea 15 janvier 2016 10:17

            @Jean-Michel Lemonnier
            Oui !!! il y a très longtemps ; je le relirais volontiers d’ailleurs et je ne saurais en parler de manière précise aujourd’hui, mais cela m’a incité à plonger dans le bouddhisme, et cette symbolique de l’esprit qui se réincarne me convient beaucoup plus que ce que j’ai feuilleté hier soir à propos de Charbonnier.
            Cet esprit qui « se transforme » pour s’améliorer sans cesse et finir par sortir du cycle du samsara pour s’anéantir dans le nirvana, avec cette dynamique de chaque individu, me semble être le summum d’un fondement autant pour l’individu que pour la société.......


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 15 janvier 2016 11:27

            @alinea
            Je comprends. Mais, vous devriez lire les livres du Père Brune et notamment « Christ et karma » ou « Pour que l’homme devienne Dieu » pour une première mesure du gouffre qui sépare christianisme catholique romain et christianisme orthodoxe, oriental, le plus proche du christianisme primitif. Puis, certaines traductions honnêtes des écrits Pères de l’Église mais aussi les récits de mystiques de l’Occident « latin » auxquels l’ECR n’ose même plus faire référence. Vous verrez que certains concepts comme le Nirvana trouvent un écho particulier au sein de la tradition chrétienne-orientale. Là où ça cloche : l’absence fondamental de solidarité dans le Salut chez les bouddhistes...ça un chrétien ne peut l’accepter...Au terme de sa quête, le chrétien finira par s’identifier à tous les autres, le bouddhiste se fondra dans l’impersonnel. C’est peut-être d’ailleurs une des raisons du succès de certaines formes de bouddhisme dans nos sociétés libérales...

            Enfin, il faut en finir avec saint Augustin et saint Thomas d’Aquin et la conception de Dieu par Aristote qui a totalement imprégné le catholicisme romain et « tué » le Dieu du christianisme originel mais aussi l’idée de déification de l’homme...

            Une opinion : le Père Brune est un érudit, penseur de très haut niveau. Charbonier est un « simple » scientifique"...Il y a tout de même une belle différence dans la qualité des écrits entre ces deux...Il est vrai que mon article évoque presque plus le premier que le second... ;—) L’angle d’attaque pour mon article (ce petit ouvrage de vulgarisation pour enfants) n’est peut-être pas très bien choisi.


          • alinea alinea 15 janvier 2016 12:02

            @Jean-Michel Lemonnier
            Je connais très peu, et même moins, la religion chrétienne, mais je sais que toutes les religions se rejoignent, dans leur noyau.
            Le bouddhisme n’est pas une religion, et n’est pas moral, c’est vrai, mais je pense qu’aucune injonction ne peut rendre quelqu’un compatissant, or, le bouddhisme regorge de « lois » quasi marxistes quand il s’attache au quotidien ; il bannit l’exploitation de l’homme par l’homme, l’enrichissement, l’attachement aux biens matériels,etc. Si cela est bien pensé, bien vécu, on vit carrément en anarchisme !
            La compassion, l’entraide, la solidarité impliquent, forcément, qu’il y a un pouvoir abusif contre lequel lutter ; le bouddhisme prend la voie de la libération, exit donc le pouvoir ! Et cette voie me paraît non seulement plus juste mais bien plus efficace ! En tout cas, c’est celle que j’adopte, à ma modeste mesure, dans ma vie, ici et maintenant ! et j’ai la faiblesse de penser que si nous faisions tous pareil, le pouvoir tomberait de lui-même, obsolète et sans objet !
            Après, les souffrances de deuil de séparation et tout ça, le bouddhisme nous en libère mais sans jeter les souffrances aux chiens, comme incommodantes ( moralement) juste parce qu’elles ne sont pas nécessaires et que le mieux c’est d’être dans son présent, dans le réel, en lien avec le Tout... où le reste est si éphémère !
            Bon, je n’ai rien à vendre, hein !!! et tant de choses à dire...c’est un exercice bien frustrant de parler de cela en quelques phrases, d’autant plus que le langage n’est guère efficient !


          • Wakizashi Wakizashi 15 janvier 2016 12:59

            @Jean-Michel Lemonnier

            "[...] certaines expériences mystiques chrétiennes (pour que l’homme se fasse Dieu à son tour) nous rapprochent de certaines conceptions du divin dans le bouddhisme« 
            Bonjour. Je trouve un peu bizarre d’associer l’adjectif »chrétienne« à la notion d’expérience mystique. Une expérience mystique est mystique ou n’est pas, mais il n’y a pas d’ »expérience mystique chrétienne« ou d’ »expérience mystique bouddhiste". Il y a de grands mystiques au sein de toutes les religions et traditions spirituelles, il y a même des gens totalement a-religieux qui font des expériences mystiques, et ils font tous le même type d’expérience, à savoir celle de la transcendance. Il n’est donc pas étonnant que les notions du divin que l’on en retire soient universelles et qu’elles se retrouvent dans toutes les religions. Seuls les mots, les métaphores et les allégories pour le décrire changent en fonction des références culturelles, mais l’indication reste la même.

            L’expérience mystique est universelle ; elle n’est pas l’apanage de telle ou telle religion. Elle est d’ailleurs antérieure aux religions dans le sens où selon toute probabilité, ce sont les expériences mystiques qui sont à la base des religions.


          • oncle archibald 15 janvier 2016 12:59

            Bonjour Alinea.

            Je ne comprends pas pourquoi "la compassion, l’entraide, la solidarité impliquent, forcément, qu’il y a un pouvoir abusif contre lequel lutter« . La compassion, l’entraide, la solidarité me paraissent tellement naturels et indispensables qu’ils ne peuvent être »contre« mais seulement »pour« . Expliquez moi svp. !

            En revanche j’ai moi aussi »la faiblesse de penser" que si nous étions seulement attentifs à l’autre, toutes règles et toutes lois deviendraient obsolètes et sans objet.

            Un exemple : comment se fait-il qu’à l’entrée d’un sentier de haute montagne qui permet d’accéder à des sites merveilleux de nature encore intacte il soit nécessaire de rappeler qu’il ne faut pas laisser au bord du chemin ou mal caché sous les rhododendrons les canettes de bière vides et les emballages du casse croute que l’on a monté à grand peine dans son sac à dos.


          • alinea alinea 15 janvier 2016 13:27

            @oncle archibald
            Je ne dis pas que la compassion, l’entraide,etc, sont forcément contre ; je dis que leur injonction, dans une religion implique cela.
            Sinon, je m’en réfère au donner/recevoir/rendre, qui est la base de toute vie commune. Mais nous n’avons alors pas besoin de ces mots-là !
            Quand j’aide mon voisin à quoique ce soit, je ne suis pas dans l’obéissance à l’injonction« aide », mais juste dans la réalité de tous les jours. Demain il m’aidera, sans comptabilité, ou il aidera un autre, parce que la base de notre vie ensemble est comme ça ! à moins d’être tordu, malade,etc.
            Donc nous sommes d’accord sur ce point, mais c’est l’injonction religieuse qui me pose problème, et que j’interprète de la sorte. À moins que ce soit juste un pléonasme inutile ! toute vie ensemble se fait ensemble !! pourquoi en faire un plat ? J’y vois une anguille sous la roche, mais j’ai sûrement tort !!


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 15 janvier 2016 16:49

            @Wakizashi
            Bonjour,
            On peut penser que vous avez raison quand vous écrivez : « seuls les mots, les métaphores et les allégories pour le décrire changent en fonction des références culturelles ». Toutes ont rapport à la transcendance oui. Mais, un mystique d’une religion « orientale », par exemple, ne vit pas la Passion du Christ...
            Et oui, les expériences de mort provisoire vécues par des athées relèvent du mysticisme et entraînent généralement sinon toujours une métanoïa.

            « ce sont les expériences mystiques qui sont à la base des religions ». Non. Pas dans le cas du christianisme. Jésus-Christ est vrai homme et vrai dieu. Pas d’expérience mystique ici. Il s’agit d’une théophanie, d’une hiérophanie suprême. Le mystère christique est bien plus profond que celui des prophètes (« mystiques » de nature unique et humaine) de l’Ancien Testament par ex. Sans comparaison même.


          • oncle archibald 15 janvier 2016 17:31

            @alinea : ce n’est qu’une question de vocabulaire et je vois que vous êtes crispée par certains mots qui ont pour vous une connotation religieuse. On peut s’en tenir à leur sens premier ou employer des synonymes, quelle importance ?

            Si l’on n’était pote avec son voisin que pour obéir à une religieuse cette relation aurait une forte odeur de moisi ! Il est largement plus sain et plus clair d’être pote avec son voisin parce que c’est son voisin, et qu’on a envie de « vivre ensemble » avec lui, j’en suis totalement d’accord. Et j’aimerai que ce soit la réalité de tous les jours pour beaucoup plus que ce que je peux voir aujourd’hui où l’on a facilement tendance au mieux à ignorer son voisin au pire à trouver que c’est un emmerdeur .... ce qui d’ailleurs peut être une autre réalité !

            Je visualise moins que vous puissiez trouver un inconvénient à ce que cette cette envie de « vivre ensemble » avec son voisin ou d’autres moins voisin puisse pour certains être inspirée par une culture religieuse qui les a aidé à ressentir la « fraternité ». Ou serait dans ce cas « l’anguille sous roche » ? Je crois que vous faites une fixette et que vous avez des a priori qui ne correspondent plus à la réalité d’aujourd’hui.

            Comme le dit si bien le grand Georges  : « Gloire à qui n’ayant pas d’idéal sacro-saint, Se borne à ne pas trop emmerder ses voisins ».

            A mon avis la recette vaut aussi pour ceux qui ont un idéal pourvu qu’ils se conforment à l’injonction !


          • alinea alinea 15 janvier 2016 18:03

            @oncle archibald
            Non ! c’est parce qu’on se trouve à deux niveaux différents ; dans la vie, on vit ; quand on cause on ramène sur le plat des trucs qui ne sont pas là dans le quotidien.
            Je ne fais pas de fixette dans la vie, loin de là, en causant... peut-être ! smiley


          • Wakizashi Wakizashi 16 janvier 2016 11:02

            @Jean-Michel Lemonnier

            « Mais, un mystique d’une religion « orientale », par exemple, ne vit pas la Passion du Christ... »
            A mes yeux, ce que vous dites là est une croyance. Si je prends deux des plus grands mystiques de l’histoire de la chrétienté, Saint Augustin et Maître Eckhart, leur discours est quasi identique à celui des mystiques asiatiques (ainsi qu’à celui des mystiques soufis et ceux de toutes les traditions), et il ne concerne en rien la passion du Christ.

            « Jésus-Christ est vrai homme et vrai dieu. »
            Pour moi ça ne veut rien dire : puisque « Dieu » (l’Indicible, l’Être, le Tao, Brahmā, le non-manifesté, la pure Conscience, appelez cela comme vous voulez) est absolu, alors tout ce qui existe est « Dieu ». N’importe quel être humain, n’importe quel animal ou n’importe quel brin d’herbe et jusqu’au moindre atome est une façon pour le sacré de se manifester dans le monde physique. Jésus ne l’est ni plus ni moins qu’un autre. Quant au Christ, c’est un mot désignant non pas l’être humain qui s’appelait Jésus, mais un mot désignant (justement) notre nature divine, l’équivalent de ce que les bouddhistes appellent notre « nature de Bouddha ». Le Christ n’est pas l’apanage de Jésus, il est universel.


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 16 janvier 2016 22:52

            @Wakizashi

            Ce n’est pas parce que certains mystiques n’en parlent pas dans le récit de leurs expériences que d’autre n’ont pas vécu les persécutions et le scandale de la Croix...Il convient toujours de préciser, d’ailleurs que si ces événements ont lieu dans l’histoire, ils ont pour autant un caractère permanent. Nos conceptions du temps, linéaire, banal, quotidien, ordinaire et de l’espace disparaissent.
            Peut-être ne saisissez-vous pas la portée de l’ Événement de l’Incarnation. Une véritable folie ! Dieu s’incarnant dans la chair, dans l’histoire, qui se fait homme donc porté dans le ventre d’une humaine...Le Mystère christique, même peu de chrétiens arrivent à le saisir.
             Sur la Passion, lisons Irénée, disciple de Polycarpe lui même disciple de Jean l’apôtre qui écrit : "Le Verbe faisait silence pendant qu’il était tenté, outragé, crucifié et qu’il mourait« ...Comment peut-on en faire une  »entité" interchangeable ?! En dépit de cela, je vous rejoins sur l’édification->divinisation de l’homme.


          • JL JL 14 janvier 2016 15:35

            Vous devriez faire des articles communs avec Bernard Dugué.

            Saviez vous que ce dernier a déjà prouvé scientifiquement l’existence et l’immortalité de l’âme ?


            C’est , et on ne s’ennuie pas.

            • Razès 16 janvier 2016 21:23

              Il semble que beaucoup aient une image idyllique de ce médecin toulousain. Peut-être faudra-t-il rappeler quelques réalités qui sont autant de vérités.

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