• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Journal de vacances 5 – Une espèce méconnue : le bobo provincial et (...)
63%
D'accord avec l'article ?
 
37%
(32 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Journal de vacances 5 – Une espèce méconnue : le bobo provincial et rural

 Observations de vacances :

L'été est une saison propice aux observations de la nature que l'on ne peut faire habituellement par manque de temps. Cela permet des découvertes impossibles autrement pour ceux qui aiment s'adonner à ce genre de pratiques.

Illustration prise ici

Par exemple, quand on parle des bobos, on pense surtout aux « bobos » parisiens, alors que ce genre de volatile car le bobo en est un, on le remarque à sa queue en éventail, qu'il aime montrer comme le paon, vit aussi dans les grandes villes provinciales voire même en campagne.

Car il y a des bobos ruraux, dont les habitudes diffèrent cependant de leurs congénères urbains.

Le bobo rural est attiré depuis longtemps par la campagne, par son authenticité, où l'idée qu'il s'en fait, sa vérité, son calme. A l'entendre, il cherche un ermitage quand il rentre de son travail le soir, un endroit où reposer ses neurones et retrouver la paix et la sérénité loin de la ville bruyante et perverse à l'entendre.

On note que le bobo se fait de la ville la même idée que ma grand mère.

Bien sûr, pour trouver cette paix et cette sérénité, il lui faut pour cela faire suer ses voisins ruraux qui n'en demandaient pas tant.

Le bobo rural avait oublié que par exemple, le coq si beau sur les livres d'images chante le matin très tôt, qu'un petit âne tellement mignon au jardin du Luxembourg ça a l'habitude de braire un peu tout le temps.

Il n'hésite pas à traîner alors ses voisins en justice pour faire taire et le coq et l'âne, et pouvoir tondre sa pelouse dans le calme le dimanche.

Les paysans n'ont pas été longs à voir le filon que le bobo rural représente, il suffit d'accoler le label « bio » à n'importe quel truc, légume ou boisson infâme réputée traditionnelle, pour le vendre beaucoup plus cher que sa valeur réelle et faire beaucoup de bénéfices, ainsi le succès des pains « bios ».

3518702206_53622a12cd.jpgCar le bobo rural est « bio », un peu plus cependant que son congénère des villes qui a lui aussi ce snobisme.

On croise le bobo rural et provincial dans les marchés, il se reconnaît au déguisement qu'il affecte alors, une sorte de relâchement calculé dans les vêtements et la mise, on rajoute une casquette ou un chapeau quelconque pour faire « peuple ».

On parle aux marchands présents en faisant mine de tout savoir sur les produits présentés, tout en se conduisant finalement toujours en bourgeois, en causant aux agriculteurs vendant leurs productions comme à des métayers.

Le bobo rural mâle prend un ton qu'il croit rude, plein de rudesse paysanne, et sa femelle quant à elle se donne des mines « populaires », elle met la main dans la poche fessière gauche, ou droite, de son jean, et sourit avec condescendance aux astuces de la marchande, ou du marchand, comme le classique « Ahlala ça repousse pas, hein ? » quand une pièce tombe par inadvertance à terre ou les lieux communs météorologiques habituelles :

« Vaut mieux un petit froid sec qu'une petite pluie fine » etc...

Il ne faudrait pas croire que le bobo rural et provincial n'a pas les mêmes prétentions culturelles et sociales que son congénère des villes. Il a exactement les mêmes. Il s'imagine souvent avoir un rôle de phare culturel dans son bled, par exemple, et le pire c'est qu'on le laisse faire et c'est souvent catastrophique.

J'en ai vu expliquer l'air grave à des « anciens » de village comment on faisait les haies avant, en se donnant un ton très pédagogique, en gros ils donnaient l'impression qu'ils parlaient en somme à des débiles, en se rengorgeant quand les « anciens » lançaient ensuite des compliments ironiques, car à l'instar de son congénère des villes, le bobo rural n'a aucun humour, aucun sens du ridicule ou du second degré.

Il veut faire jouer des pièces de théâtre absconses, que parfois il écrit, par les « jeunes » du village (très important de parler des « jeunes » dans un village), généralement des pensums, à visée didactique politique, pleins de lieux communs. Il aide à l'organisation d'expositions d’œuvres d'art prétentieuses, mais, et le mais est de taille, mo-der-nes !

Il fait souvent dans le caritatif aussi, au moment du Téléthon tout ça, car le bobo rural est un positif, au risque de sombrer dans la guimauve. Cela ne l'empêchera pas d'appeler les flics si jamais les « jeunes » font trop de bruit sur la place du village ou si un pauvre décide d'habiter dans sa caravane dans le champ adjacent à sa propriété.

En conclusion, on remarque aussi que bizarrement, beaucoup parmi les bobos ruraux ont des complexes vis à vis des bobos parisiens. Il semble bien qu'ils voudraient apparaître comme aussi ridicules, prétentieux et festivistes. Ainsi, dans certaines municipalités de province, on a vu se multiplier ces derniers temps les fausses plages sur la place de l'hôtel de ville en été, les fêtes dites citoyennes à visée éducative, et j'en passe.

Ces complexes s'expliquent, au fond du bobo rural, du bobo provincial, il y a toujours un péquenot qui sommeille et qui peste contre les « parisiens » et les « bobos parisiens ».

Bien sûr en document et devoir de vacances sur le sujet, rien de mieux que l'hilarant « Retour à la Terre » de Ferri et Larcenet qui fait preuve de beaucoup d'autodérision quant à lui...

par Amaury Watremez (son site) samedi 6 août 2011 - 123 réactions
63%
D'accord avec l'article ?
 
37%
(32 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Peachy Carnehan (xxx.xxx.xxx.189) 6 août 2011 14:33
    Peachy Carnehan

    Bonjour Amaury.

    Marrant, mais dans mes campagnes reculées du Cambrésis je constate le phénomène inverse. Les sinistres individus qui veulent faire taire les coqs et les clochers, trop bruyants à leur goût, sont tous des vieux réactionnaires, ignares, retraités venus s’installer loin des villes, pro-Sarkozy ou pro-FN. A contrario les jeunes « rurbains », actifs, instruits et apparentés à la gauche ou au centre, élévent des poules et vendent leurs produits sur les marchés.

    Ce qui est sûr c’est qu’on ne vit pas au même endroit.

  • Par boris (xxx.xxx.xxx.56) 6 août 2011 18:29
    boris

    Le bourgeois anarchiste Watremez viens de nous pondre une belle bouse, des fois il est bon, parfois trés mauvais, normal il oscille entre deux modes de pensées.

    Pourquoi s’attaquer au "bio", préférerait il l’équipe à Mosanto, l’anar ?

  • Par Peachy Carnehan (xxx.xxx.xxx.189) 7 août 2011 03:09
    Peachy Carnehan

    Franchement, Amaury, il faut arrêter sur le sujet. Ca n’existe vraiment pas, des « bobos ruraux ». Ces gens-là sont peut-être de gauche mais, à la différence des dégénérés parisiens, ils sont avant tout des vrais travailleurs, des salariés, des gens humbles tous respectueux de leur cadre de vie et des traditions locales. Et ils le sont visiblement plus, du moins chez moi, que certaines veilles croutes haineuses de l’UMP qui veulent installer la « modernité » des caméras de vidéo-surveillance dans des hameaux improbables de 200 âmes qui n’ont pas connu un seul acte de violence depuis la bataille de Cambrai, pendant la grande guerre 14-18.

    Tiens Amaury, regarde comme c’est beau par chez nous. Une mairie « Bobo » socialo-communo-écolo-centriste qui refuse l’agriculture intensive, le flicage, l’industrie agroalimentaire, et qui rénove ses lieux de cultes millénaire.

  • Par loco (xxx.xxx.xxx.49) 6 août 2011 19:39

    Revenons à notre bourgeois... Lorsqu’il achète sa résidence, ou le terrain où l’édifier, il paie, et il paie ou ce terrain, ou cette maison au rural qui en était propriétaire. En quelque sorte, il apporte ainsi une première contribution au monde rural, qui sera suivie d’autres, au titre des travaux d’entretien de l’édifice, ou de l’espace vert aussi bien qu’au titre des contributions. Et la PAC qui oriente les productions agricoles n’a aucune place là-dedans puisque c’est de terrain bâti ou à bâtir qu’il s’agit, et non de terre agricole.
    Au-delà, s’il faut reprocher à ce "bourgeois" sa capacité à acquérir son logement, il faudra frapper du même reproche le rural qui accède lui aussi à la propriété ! Et là, se poser la question des motifs de la rurbanisation, qui contraint à de lourds déplacements de travail pour des raisons aussi simples que le prix demandé près des lieux de travail, mais aussi les pollutions urbaines qu’elles soient atmosphériques ou de voisinage.     Coupable....hum, lequel ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox