ou version remixée de « Tout va très bien Madame la marquise »
En devoirs de vacances, une citation de Philippe Muray dans « Après l'histoire »
image prise ici
“La satisfaction avec laquelle elle (l’époque) se montre, son conformisme euphorique autant qu’ignominieux, son allure de tranquille impunité quand elle déploie l’éventail de ses plus malfaisantes sottises et l’ensemble difforme de ses nuisances approuvées, enfin cet incroyable teint de rosière qu’elle arbore en toute occasion, lorsqu’il s’agit de célébrer de nouvelles mutations, d’applaudir au défi ludique des surfeurs des neiges, au succès d’Internet, à l’adoption d’Halloween par les peuples colonisés, au triomphe de l’économie de marché, de la transparence, des patins à roulettes, du droit d’ingérence, du principe de précaution, du Tribunal pénal sublime, subliminal et international, et des pique-niques citoyens avant les séances de cinéma en plein air, font ardemment regretter qu’elle n’ait pas un seul visage sur lequel on puisse taper avec gaieté et sans relâche.”
Aux lecteurs qui sont coutumiers des raccourcis faciles, je rappelle que Muray était plus dans la ligne du socialisme orwellien que dans celle de la droite radicale. Ce serait plus que réducteur, et surtout stupide, de le traiter de facho voire, on le voit de plus en plus, de suppôt du sionisme ou même d'agent de la Hasbara.
Impressions de vacances :
Je me souviens de la grande période de la main « Touche pas à mon pote » et des deux disques, américains et français, contre la famine en Éthiopie, on y percevait les prémices de ce « conformisme euphorique ». Je n'avais pas compris à l'époque pourquoi il fallait absolument porter le fameux badge pour être estampillé non-raciste, ce qui me semblait absurde. On a vu par la suite quant à la xénophobie que cela n'a strictement rien changé.
Quant à la famine éthiopienne, je me souviens de ce camarade certainement un peu naïf ayant proposé aux autres dans sa classe de consacrer l'argent qu'ils comptaient dépenser pour leurs vacances de ski pour en envoyer au moins une partie en Afrique. Il ne récolta pas un centime, car il y a toujours loin de la coupe aux lèvres et des belles intentions à leur concrétisation.
Ce « conformisme euphorique » dont parle Muray on le constate encore maintenant en lisant, en écoutant les réactions des uns et des autres après « les printemps arabes » et après la tuerie commis par le taré haineux d'Oslo qui est le fruit plus de son époque que des thèses racistes (par ici un excellent article qui défend et développe cette thèse).
Après ce massacre, beaucoup de belles âmes et de grands esprits ont décidé que de fait toute critique des pays musulmans, de leurs « printemps » et de ce qui s'y passe est définitivement de l'islamophobie ou du racisme, un danger favorisant le retour des « heures les plus sombres de notre histoire » selon la formule consacrée (TM).
La plupart se sont émus, à juste titre, des propos d'un élu, dans un mail privé adressé à un militant, d'un humour particulièrement lourdingue, platement xénophobe, mais de là à convoquer Hitler, le nazisme, le fascisme pour condamner ces écrits, il devrait quand même y avoir un sens des proportions. Bizarrement, personne ne s'émeut que c'est un acte de délation qui est à la base de cette « révélation », une délation peut-être vertueuse, mais de la délation.
Ou alors est-ce que les belles consciences mutent d'elles-mêmes en flics de la pensée ?
Elles se posent en censeurs des mœurs politiques et sociales sur le Net où toute contradiction quant à leur discours est aussitôt assimilée à du fascisme.
On aimerait les entendre s'indigner, et condamner, les massacres de chrétiens, catholiques et protestants, commis au Vietnam. Mais curieusement, dans ce cas, foin d'indignation vertueuse, le silence domine.
On aimerait également les entendre condamner les agressions perpétrées contre les chrétiens d'Orient (ici un résumé de quelques évènements sur un site que l'on ne peut vraiment soupçonner d'être cagot).
Mais là aussi le silence assourdissant est de mise, parfois les belles consciences daignent cependant répondre en affirmant hypocritement qu'elles se soucient de tous les massacres commis dans le monde sur des minorités et qu'elles ne vont pas favoriser le souci de l'une ou de l'autre, ou alors on parle d'affrontements chrétiens/musulmans comme en Égypte.
Une chose qui m'étonne beaucoup dans l'engouement des occidentaux pour les « printemps démocratiques » arabes, c'est l'aveuglement systématique devant certaines choses. Dans notre pays, les mêmes seront les premiers à hurler comme des vierges outragées aux attaques contre la laïcité dés que le Pape ouvre la bouche sur n'importe quel sujet, mais là ça ne les choque pas que le cri de ralliement des insurgés soient en Syrie ou ailleurs : « Allah Akbar » comme on a pu l'entendre et le voir à de nombreuses reprises.
Ce n'est pas exactement un appel à plus de démocratie et à la liberté religieuse que de crier que « Dieu est grand ».
Les occidentaux festivistes feignent alors de croire que ce n'est pas si grave.
Comme ils ignorent volontairement le fait que les « printemps arabes » sont aussi un symptôme du renouveau et du regain de pouvoir de l'Islam chiite face à l'Islam sunnite représenté par les monarchies pétrolières du Golfe compromises avec les américains, et les wahhabites.
Bien sûr les bonnes âmes d'Occident pèchent surtout par ignorance, l'ignorance du fait que ce n'est pas par les bonnes intentions que l'islamisme ne sera plus un danger, ou parce qu'on le décide après une tuerie commise par un détraqué mais en favorisant l’exégèse du Coran jusque là interdite, celle-ci étant la seule voie, mais cela demande des efforts de réflexion, et il est bien plus satisfaisant de se lancer dans de grandes tirades moins fatigantes et de surjouer le positivisme politique, quitte à chausser des lunettes roses et ne pas voir le réel.
Ce réel que les festivistes ne veulent pas voir, ce qu'ils ne voulaient pas voir au moment de la famine en Éthiopie déjà en 1984 due principalement aux déplacements de population du régime de l'époque dans ce pays (lire un historique ici), c'est un peu comme dans le cas de la famine au Soudan et dans la Corne de l'Afrique. Là aussi, il y a beaucoup d'hypocrisie et même une cerise sur le gâteau de cette hypocrisie comme on va le voir.
Tout le monde sait parfaitement que les famines en Afrique sont dus, plus qu'à la sécheresse, principalement aux affrontements inter-ethniques, comme ici hélas, ou là, ou là encore, et aux manigances des gouvernants européens mais aussi africains.
La cerise sur le gâteau de l'hypocrisie, c'est de savoir que la famine au Soudan est due principalement au rachat de bonnes terres arables pour y faire pousser du carburant « bio » qui alimentera les moteurs des mêmes belles consciences si concernées par le monde, et indignées, mais pas tant que ça au fond donc...

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09/08 16:56 - Amaury Watremez@ Amaury Watremez Article excellent et profond. A propos des famines récurrentes en Somalie et (...)
09/08 16:18 - docdoryPour le bordel libyen nous sommes d’accord. Les "révolutions" arabes sont importantes car (...)
09/08 10:57 - Amaury WatremezBonjour, Je suis assez étonné de votre approche du problème posé, par exemple, par les (...)
09/08 00:33 - locoDe plus j’ai déjà répondu au com dans ce genre : "c’est çui qui dit qui y est, y (...)
08/08 19:53 - Amaury WatremezOui, Perseus, la censure gnagnagnagna, le méchant, gnagnagna...etc... De temps en temps, (...)
08/08 19:50 - Amaury Watremez
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