La presse ne veut pas savoir qui est Takieddine. Malgré quinze articles avec documents (contrats, photos), nombreuses révélations, la presse ne se précipite pas sur ce prolongement du scandale d'Etat qu'est l'affaire Karachi. Une parmi tant d'autres serait-on tenté de dire. Même la justice, elle au contraire, malgré tous les barrages du pouvoir (secret défense, demande de non lieu de la part du parquet) les juges Van Ruymbecke et Trévidic avancent, si ce n'est à pas de sénateur du moins comme de bons paysans qui labourent leurs terres bien profondément. Alors que Villepin, fait des galuzettes de joie, la larme à l'œil, pour un appel qui confirme sa relaxe - ce qui fait dire à Copé (on est en plein délire) que les portes de l'UMP lui sont ouvertes en grand et avec trompettes - , les affaires judiciaires, les livres concernant Sarkozy s'accumulent plus vite que l'ombre ne couvrait le monde du milieu dans Le Seigneurs des anneaux. C'est la juge Prévost Desprez qui déclare que deux témoins ont vu de l'argent liquide donné à Sarkozy par la famille Bettencourt, c'est Probst qui dit qu'un milliard de francs CFA est allé dans la poche de Sarkozy, c'est la comptable qui, questionnée ce jour par les juges de Bordeaux, qui confirme les enveloppes et les 50 000 € remis à Maistre pour Woerth pour financer la campagne de Sarkozy, c'est toujours dans un livre le sieur Dupuybaudy qui l'accuse de tentative d'extorsion de fonds, ce sont les rétro-pots-de vin etc.
Pas un jour sans une révélation qui devrait dans un monde normal fracasser ce pouvoir qui s'en moque tant infatué qu'il est de son immunité définitive et son intouchabilité permanente. La presse ne veut pas savoir qui est Takieddine.
Le Figaro : L'homme d'affaire franco-libanais, intermédiaire présumé dans le contrat des sous-marins vendus par la France au Pakistan, est soupçonné de malversations financières.
C'est encore une histoire de mallettes. Le juge Renaud van Ruymbeke a mis en examen mercredi l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine dans le volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi. Takieddine est soupçonné d'abus de biens sociaux et interdit de quitter le territoire. En 2002, onze ingénieurs de la direction des constructions navales (DCN) envoyés au Pakistan pour superviser la construction de sous-marins sont tués par une voiture piégée devant leur hôtel. Depuis, la justice tente de comprendre les raisons et les responsables de cet attentat. Après avoir soupçonné al-Qaida, les enquêteurs français se sont orientés vers l'hypothèse de versements de commissions qui auraient mal tourné.
[…]
Une autre théorie explique qu'il pourrait en fait s'agir d'un moyen d'obtenir des rétro-commissions : en vue de la campagne électorale, le gouvernement Balladur aurait donné de l'argent en plus au pouvoir pakistanais, qui lui en aurait rendu une partie en liquide. Selon le témoignage d'un proche de l'affaire dévoilé par Mediapart, Takieddine se serait rendu à plusieurs reprises en Suisse en compagnie de Thierry Gaubert pour ramener des mallettes d'argent liquide. Thierry Gaubert est un proche de Nicolas Sarkozy, avec qui il a travaillé à la mairie de Neuilly. En 1994, Sarkozy est ministre du Budget et prépare la campagne de Balladur. Un versement de 10 millions de francs en liquide sur un compte de campagne d'Édouard Balladur accrédite cette thèse, défendue par les familles des victimes.
Mediapart va plus loin en reprenant entre autres des éléments du livre de Péan : L'enquête sur ces marchés d'armement s'avère d'autant plus sensible que Nicolas Sarkozy a validé, en tant que ministre du budget du gouvernement Balladur, les dispositifs financiers ayant conduit au paiement des intermédiaires et du plus important d'entre eux, Ziad Takieddine. D'après un document saisi par les polices française et luxembourgeoise, M. Sarkozy a, de surcroît, supervisé depuis Bercy la création, fin 1994, d'une société-écran au Luxembourg, Heine, dédiée aux versements des commissions occultes sur le Pakistan.
Alors que l'entourage direct de Nicolas Sarkozy est dans la ligne de mire des juges, le livre de Pierre Péan La République des mallettes (Fayard), en librairie aujourd'hui, révèle un témoignage inédit sur la possible implication directe de l'actuel chef de l'Etat dans un transport de fonds en février-mars 1995.
Michel de Bonnecorse, ex-ambassadeur de France auprès de l'ONU à Genève et ancien conseiller « Afrique » de Jacques Chirac, affirme avoir alors recueilli les confidences de deux banquiers français installés en Suisse – qui ne se connaissaient pas – selon lesquels Nicolas Sarkozy, venu participer à un meeting de soutien au candidat Balladur, aurait opéré lui-même des sorties d'argent en espèces
« Des valises de billets étaient sorties ce jour-là de leur banque et il n'y aurait pas eu de problème pour les rapporter en France (...) Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget, s'était déplacé escorté de policiers et avait emprunté la sortie française de l'aéroport de Genève. C'est ainsi qu'il était revenu dans l'Hexagone », relate Pierre Péan dans son ouvrage.
Le rôle de Nicolas Bazire
Au début de l'été, les juges ont clairement orienté leur enquête sur l'entourage du président de la République. Ainsi, Thierry Gaubert, qui fut le directeur de cabinet de l'ancien président des Caisses d'épargne, a vu son domicile et ses bureaux perquisitionnés, le 5 juillet, par les policiers.
D'après nos informations, ces derniers ont trouvé à cette occasion des documents relatifs à un compte ouvert dans un établissement bancaire des Bahamas, l'un des paradis fiscaux de l'archipel des Caraïbes. Joint à plusieurs reprises ces dernières semaines par Mediapart, M. Gaubert, qui n'a pas fait mystère de ses liens avec M. Takieddine, n'a toutefois pas souhaité s'exprimer sur l'enquête du juge Van Ruymbeke.
Thierry Gaubert doit par ailleurs comparaître prochainement dans une affaire de détournements présumés au 1% logement devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Le rôle de Nicolas Bazire est, quant à lui, déjà apparu dans les investigations relatives au financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, qu'il a dirigée.
Les documents et témoignages accumulés par les juges ces derniers mois ont confirmé d'importants dépôts d'argent liquide sur l'un des comptes de campagne d'Edouard Balladur, ouvert dans une agence du Crédit du Nord. Selon un décompte des policiers, 15 millions de francs, dont un dépôt unique de 10 millions le 26 avril 1995, ont atterri dans les caisses de l'Aficeb, l'association de financement du candidat.
En outre, M. Bazire a personnellement rencontré à plusieurs reprises, en 1994 et 1995, les intermédiaires dans les ventes d'armes en tant que directeur de cabinet du premier ministre.
Rappelons que Takieddine a été imposé par François Léotard et Donnedieu de Vabres qui, si vous vous en souvenez, a encaissé un chèque de Bettencourt alors que celui-ci était destiné à l'UMP selon Maistre et les enregistrements. Rappelons que Morin était conseiller de Léotard. Rappelons que Takieddine, outre Gaubert, a pour ami Sarkozy, Guéant, Hortefeux et Copé ce dernier se faisant offrir des vacances quand il était ministre.
Nous voyons donc que dans le livre de Péan, Bonnecorse implique directement Sarkozy, tout comme la juge Prevost Desprez dans la réception ou le retrait d'argent liquide. On peut s'étonner que les juges de Bordeaux aient attendu le livre pour s'intéresser au volet politique de l'affaire Bettencourt, enfin le volet financement illégal. Le Monde a eu entre les mains les milliers de feuillets de l'enquête de Courroye, une enquête acharnée contre la comptable avec le bras armé qu'a été la police aidée par la gendarmerie, le tout sous le regard avide de Guéant et la propagande du Figaro. Courroye a tout fait pour occulter l'aspect du financement illégal. Il n'a mené aucune enquête. Il n'a qu'effleuré l'aspect breloque, l'aspect épouse de l'Immaculé, l'aspect renvoi d'ascenseur, les enveloppes etc. Il a été plus loin pour protéger le pouvoir lançant des procédures qui se sont révélées être illégales, tout comme Guéant, Péchenard et Squarcini qui ont usé des services de l'Etat en violant deux lois.
Courroye s'est donc attaqué à la comptable qui persiste dans ses déclarations de la remise de fonds à Maistre pour Woerth, des enveloppes pour les politiques avant la campagne de 2007. Le NouvelsObs : Claire Thibout, apparemment détendue, est arrivée à 9h20 accompagnée de son avocat Me Antoine Gillot, pour cette audition qui pourrait durer toute la journée.
Un peu plus tard, celui-ci, qui n'assistait pas à l'audition de sa cliente, a déclaré devant la presse qu'elle "avait l'intention de répéter ce qu'elle a déjà déclaré devant les services de police", sur les fortes sommes en espèces qui circulaient au domicile des Bettencourt pour être en partie remises à d'autres personnes, notamment des hommes politiques.
Il s'est aussi "réjoui" que Claire Thibout "soit enfin entendue par un juge d'instruction, c'est à dire un juge indépendant, et que l'affaire "soit sortie des griffes du parquet de Nanterre".
[…]
Concernant le financement d'hommes politiques, il a rappelé que sa cliente dit avoir assisté pendant la campagne présidentielle de 2007 à la remise par l'intermédiaire de Liliane Bettencourt de 50.000 euros en espèces au gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre, qui le lendemain rencontrait Eric Woerth, l'ancien ministre et ancien trésorier de l'UMP.
Il a qualifié "d'élément important" les propos récents de la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez selon lesquels des témoins ont assisté à des remises d'espèces à Nicolas Sarkozy chez les Bettencourt. Il a rappelé que "d'autres membres du personnel ont été entendus par la police et ont confirmé ces enveloppes qui circulaient, notamment au profit de politiques"
Pendant ce temps-là Nicolas Sarkozy - on voit bien là où est l'urgence - s'en irait faire un tour en Libye avec 80 CRS ! Marianne : La logistique est déjà calée, avec une curiosité qui serait inédite dans les voyages présidentiels : une compagnie de CRS devrait être acheminée sur place à bord d’un Transall de l’armée française. Soit près de 80 hommes, appartenant à la CRS basée à Quincy-sous-Sénard, en région parisienne, dont aucun n’a jamais servi hors des frontières de la France. Consigne leur a été donnée de se tenir prêt à un départ mercredi autour de minuit, à partir d’Evreux, retour prévu dans la nuit de jeudi à vendredi.
Takieddine, Probst, Claire Thibout et Prévost Desprez, Bonnecorse cela fait beaucoup en peu de temps. Deux points communs : Sarkozy et de l'argent sale.
Qui nous parlait de Kärcher ?
Et moi je vois bien à qui pourrait profiter les 30 000 nouvelles places de prison annoncées par Sarkozy.
N'oubliez pas l'affaire Bettencourt (17è version du 10 septembre) : Les petites affaires de l’Immaculé Eric

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Bonjour Imhotep, Toujours des articles de qualité, encore merci. Je me pose une question : Les (...)
16/09 00:55 - bigglopMais arrétez donc de parler de pierre paul ou jacques.. la France est corrompue, la (...)
15/09 20:05 - hgo04et que dire d’alexandre djouhri,comme dit le journal marianne de cette semaine,« un (...)
15/09 17:25 - lutinmalinDans le meme sens je me demande si l’affaire « mediator » n’a pas aussi son lot de (...)
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15/09 15:28 - Marianne
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