Les temps ont changé. Depuis que le Net est devenu un contre-pouvoir reconnu et craint, depuis que plus de 30 millions de Français ont un accès régulier à ce qu’on a appellé les "autoroutes de l’information", on assiste à une bataille terrible entre les anciens et les modernes, entre ceux qui avaient une place dorée au soleil de l’audiovisuel hexagonal et les jeunes loups devenus influents sur la Toile, qui voudraient bien exister au sein d’un modèle économique rentable.
Depuis quelques mois la télévision made in France tremble, s’essouffle.
Ce reliquat de lucarne à la mode De Gaulle, construite sur l’ancien modèle de l’ORTF et qui a dû subir l’arrivée des télévisions privées, est devenu un royaume vieillot où l’on distingue mal les politiques privées et publiques.
Les animateurs de France Télévisions ont des salaires très confortables, leurs moyens de productions sont énormes.
Par exemple, l’émission "On a tout essayé" de Laurent Ruquier coûte environ 100 000 euros l’unité, ce qui paraît une somme exhorbitante même pour un programme qui a trouvé son public et qui est plutôt sympathique, avouons-le.
Malgré les politiques du nouveau président De Carolis il reste beaucoup à faire pour assainir le système.
C’est dans ce climat d’entre deux siècles qu’une énorme révolution numérique se prépare. Les Français ne se sentant plus représentés à la télé commencent à râler, à exprimer leur mécontentement. Ils peuvent désormais trouver sur Internet des programmes nouveaux, plus audacieux et créatifs en s’étant juste acquittés d’un simple fournisseur d’accès à 20 euros par mois.
Sur les plates-formes vidéo ils regardent le meilleur de la télé d’avant et cela leur suffit. le phénomène prend de l’ampleur. Les détunérisations sont nombreuses.
Les innovateurs inconnus qui ont du succès sur le Web, quant à eux, aimeraient bien conquérir un public plus large en renouvelant les programmes hertziens car la réalité économique y est là bien réelle. Oui mais c’est là que le bât blesse.
Les sinécuriens de la monarchie audiovisuelle n’ont pas l’intention de céder leur place. Schneidermann, Drucker, Foucauld, Ardisson, Arthur, Ruquier, PPDA et les autres se battent pour garder leurs privilèges et leur place au soleil.
La bataille risque d’être palpitante et c’est sans doute la création et l’offre des programmes qui sera la grande gagnante.
La TNT, le Web font un bien fou à l’audiovisuel. Il faut, je le crois, se battre pour refonder largement un nouveau monde référentiel sur les vestiges de la télé de papa.

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