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L’Économie ce n’est toujours pas compliqué

La semaine dernière nous avons abordé les questions de la monnaie, du crédit, du capital industriel et financier et de leur circulation nécessaire pour fructifier et se capitaliser...cette semaine...

La semaine dernière nous avons abordé les questions de la monnaie, du crédit, du capital industriel et financier et de leur circulation nécessaire pour fructifier et se capitaliser (1). Cette semaine, nous allons aborder les questions de « banque centrale », de la double exploitation du salarié, du rôle de l’État bourgeois et du capitalisme d’État car, comme vous le savez, l’économie ce n’est pas compliquée.

Banques centrales et petits capitalistes nationaux

Les banques centrales (FED étatsunienne, BCE européenne, Banque du Canada, Banque du Japon, Banque de Chine) sont les chefs d’orchestres de ce bal musette de la dette souveraine, du crédit débridé, de l’arnaque des salariés et des petits capitalistes paumés. Ces petits capitalistes, non monopolistes, sont des artefacts de la phase initiale du capitalisme concurrentiel, aujourd’hui révolue, ce que la gauche nationaliste bourgeoise ne parvient ni à comprendre ni à admettre.

Les petits capitalistes (PME), le plus souvent sous-traitant des grands géants monopolistes, sont totalement intégrés à l’ensemble de la chaîne d’exploitation économique. Ils ont pour mission de mettre en opération des innovations technologiques, et de surexploiter les salariés en instaurant toutes sortes de procédés d’accélération des cadences de travail (ce que les économistes appellent la hausse de productivité du travail), tout en payant leurs employés le minimum envisageable.

Les États bourgeois mettent sur pied une série de programmes de subvention pour soutenir leurs activités d’exploitation des ouvriers. Ces PME se situent en amont des grands trusts monopolistiques auxquels ces petits capitalistes sous-traitants livrent leurs produits semi-finis et finis prêts à être assemblés.

Keynésiens, monétaristes, fiscalistes et École autrichienne

La semaine dernière un lecteur nous soulignait que : « Cette politique monétaire folichonne et expansionniste est aussi bien défendu par les Monétaristes de l’Ecole de Chicago que par les Keynésiens classiques et les fiscalistes. La solution, prônée par l’École autrichienne (chère aux authentiques libéraux) serait que la masse monétaire reflète concrètement les richesses réelles produites (biens ou services). La masse monétaire doit être limitée et ne devrait pas être gonflée artificiellement » proclame notre correspondant.

Mais, de grâce, oubliez l’École autrichienne, aussi alambiquée et déjantée que les autres écoles d’économistes patentés. C’est le système économique impérialiste qui fonctionne de la sorte et Il ne peut fonctionner autrement. Le gonflement artificiel de la masse monétaire et l’accélération continuelle de la vitesse de circulation du numéraire, bref, l’inadéquation de la masse monétaire – capital productif et improductif combiné – en comparaison de la quantité des biens et des services produits et disponibles n’est pas une exception qui serait due à une crise systémique, mais c’est la règle générale dans un système d’économie politique impérialiste. Cette « dystrophie » monétaire a été officiellement consacrée en 1971-1973 au moment de l’abandon des accords de Bretton Woods qui entravaient la pleine expansion du capital (2).

L’École autrichienne d’économie ressemble à ces chamans qui prient les nuages de cesser de pleuvoir afin de sauver les récoltes des paysans appauvris, et qui en remettent, demandant des offrandes pour récompenser leurs futiles incantations.

Non concordance entre la valeur marchande et le capital en circulation

Fini ce monde capitaliste de libre concurrence imaginaire, enterré sous la poussée de l’économie impérialiste à son stade globalisé et mondialisé. Il n’y aura plus jamais d’équilibre entre la valeur marchande des biens disponibles et le capital en circulation. C’est impossible, voici l’explication de cette inadéquation systémique congénitale.

Tous les économistes savent ces choses élémentaires à propos de la monnaie qui ne devrait être qu’un moyen d’échange et un reflet de la valeur des biens et des services disponibles et commercialisables. Mais le système capitaliste étant propulsé indépendamment des intentions et des interventions de ces pions, dans sa course inéluctable – nécessaire – pour sa reproduction élargie, il ne pouvait, ce système économique, qu’orienter ses fidèles servants vers une pirouette monétaire « ectopique » visant à stimuler la circulation monétaire léthargique. Le saltimbanque financier imite la pseudo reproduction du capital en créant de la « fausse » monnaie, du numéraire de papier-pacotille qui circule en bourse et se multiplie par lui-même, pour lui-même, sans jamais être adossé à des valeurs réelles, concrètes, tangibles. Du vent, appelant du vent, et s’essoufflant finalement. Démontons l’opération.

Une loi de l’économie-politique capitaliste

Si vous ne deviez retenir qu’une seule loi d’économie politique capitaliste, la voici : rien ne se perd, rien ne se crée, tout est transformé. Pour transformer un capital (c) en davantage de capital (C’) le capitaliste doit impérativement activer – faire circuler – ce capital (c) – le faire passer entre les mains de l’ouvrier engagé, salarié, exproprié de son surtravail – de la plus-value qu’il a produit – et ainsi il aura transformé (c) en (C’), un capital gonflé de plus-value, d’une valeur marchande et d’un prix (monétaire) supérieure. Il n’y a pas création mais transformation du labeur ouvrier (de la force de travail) en profit capitaliste. Tout le mystère de cette transsubstantiation de la force de travail en plus-value capitalistique monnayable tient au miracle de l’expropriation privé (ce phénomène est identique sous le capitalisme d’État) du surtravail produit par l’ouvrier, cette portion de la journée de labeur qui ne lui sera jamais payé.

Comment transformer un capital productif en capital spéculatif ?

Ce capital (C’), engrossé de plus-value, est ensuite lancé dans le circuit boursier qui ne sert pas à produire de la richesse concrète mais à accaparer le plus de profit possible, transformé en dividendes sur actions, en bénéfice commercial, et en intérêt usuraires sur prêts. Ce sont trois sous-produits de la phase productive-expropriatrice décrite ci-haut. Un tour de roue boursière supplémentaire, un nouveau cycle monétaire utopique-ectopique et tout à coup un krach boursier et des milliards de valeurs, d’actifs obligataires, s’évaporent et disparaissent. Pourquoi disparaissent-elles ces « valeurs boursières » ? Des milliards de valeurs marchandes, de produits concrets, ne disparaissent pas ainsi par enchantement en quelques instants.

En effet, nous venons d’expliquer que les intérêts, dividendes, bénéfices et profits étaient tous contenus dans la plus-value expropriée à l’ouvrier pendant sa journée de labeur. Cette plus-value est une valeur réelle, concrète, adossée à des marchandises tangibles, fruits du travail ouvrier. Mais pour se matérialiser en espèces sonnantes et trébuchantes (façon de parler), ces marchandises engrossées de plus-value doivent passer par la mise en marché. C’est l’étape forcée ou le capitaliste marchand acquéreur privé de cette valeur virtuel réalisera son profit commercial (alors qu’il a déjà versé le profit industriel à qui de droit), en arrachant de l’argent au salarié et à sa famille consommatrice – vous vous rappelez, ce salaire que le capitaliste industriel a sacrifié au salarié pendant la phase de production du cycle économique.

La théorie du reflet bancaire et boursier virtuel

Sachez que chacune de ces étapes d’extraction, transport, transformation, fabrication, finition, marchandisation, commercialisation, distribution, consommation, récupération et destruction ou recyclage des biens-produits-marchandises a son reflet – son équivalent financier – son reflet boursier. À chacune de ces étapes de valorisation et de reproduction élargie du capital le capitaliste financier intervient pour tenter de s’emparer de la plus-value circulante, se plaçant ainsi en contradiction et en concurrence avec ses comparses, les capitalistes industriels et les capitalistes marchands, les petits capitalistes (PME), les capitalistes d’État et tout le reste de son camp bourgeois.

Double spoliation du salarié et du consommateur.

Évidemment, l’ouvrier, le salarié, le journalier, dont le fruit du travail est exproprié n’est qu’une bête de somme dans tout ce processus. Il est volée et imposé à l’entrée du cycle économique (phase d’extraction-production) et il est spoliée à la sortie du cycle économique en tant que client-consommateur surtaxé. Un jour sa vie lui sera volée dans une tranchée ou sur un champ de bataille tué par un drone tombée du ciel de la guerre mortifère.

C’est que dans leur immense avidité et leur sempiternelle lutte concurrentielle inter-impérialistes, les capitalistes financiers – gérants d’une économie anarchique et non planifiée – manipulent la monnaie, l’argent, le crédit, les actifs et les papiers boursiers. Ils en émettent bien au-delà de la valeur des marchandises qu’ils détiennent réellement à chaque étape du cycle économique. C’est la seule façon qu’ils ont trouvé pour attirer, par induction, le maximum de profits vers leur galère financière.

On ne doit pas oublier que l’ensemble de ces opérations financières-boursières spéculatives ne vise pas seulement à accaparer le maximum de plus-value-profit mais aussi à récupérer la portion de valeur que le capitaliste a sacrifiée au salarié sous forme de salaire pour sa force de travail nécessaire et sa reproduction élargie (entretien de sa famille).

Cette opération de reproduction de monnaies-crédits-argents boursiers est une méthode efficace pour attirer plus de profits financiers (la portion de la plus-value allouée aux profits comptables – dividendes et bénéfices inscrits aux livres) –vers les activités transactionnelles. Ces activités tertiaires se multiplient comme du chiendent sans produire quoique ce soit de permanent, d’immobilier ou de mobilier (routes, aéroports, ports, machineries, métal, ciment, produits semi-ouvrés, meubles, camions, bateaux, avions, etc.).

En effet, il y a de plus en plus d’intermédiaires tertiaires capitalistes entre l’usine, l’atelier, le champ, la mine, le quai de conteneurs, la barque du pêcheur producteur de plus-value et le client consommateur. Chacun de ces maillons de la chaîne d’exploitation et d’expropriation du capital vivant (le salarié) parasite la plus-value expropriée par l’industriel, qui est forcé de partager sa plus-value avec chacun de ces parasites tertiaires supplémentaires. Le salaire de l’ouvrier paupérisé doit ainsi être partagé avec tous ces intermédiaires tertiaires qui soutirent leur profit commercial du salarié consommateur.

Le Chili exproprié

Terminons cette explication par la présentation d’un exemple historique.

Au début des années 1970 le gouvernement Allende a complété la « nationalisation » des mines de cuivre chiliennes. Une ressource nationale qu’il paraissait juste et équitable de « nationaliser », c’est-à-dire, dans le verbiage de la gauche bourgeoise, de redonner au peuple chilien (sic).

Le gouvernement capitaliste chilien de gauche s’aperçut rapidement qu’une chose était de mette la main sur une ressource naturelle, et autre chose était de l’exploiter par le travail salarié et de le commercialiser dans le monde entier. Les ouvriers mineurs et les débardeurs trompés par la mystique gauchiste à propos de la « nationalisation par le peuple et pour le peuple » réclamèrent à leurs nouveaux capitalistes étatiques des hausses de salaires tout à fait justifiées mais qui rendaient le minerai chilien trop dispendieux sur les marchés internationaux. Les multinationales anglo-canadienne-américaine expropriées, dépitées, et qui contrôlaient non seulement l’extraction, la transformation, le transport, la fabrication de produits finis mais aussi leur commercialisation, boycottèrent le cuivre chilien.

Il est extrêmement long et difficile de mettre sur pied une telle chaîne d’intermédiaires, en aval du processus d’extraction du minerai. En vertu de la solidarité impérialiste chaque trust multinational boycotta le cuivre chilien. Sans une telle chaîne d’intermédiaires, de la mine au foyer, impossible d’exploiter les salariés, de leur extorquer la plus-value, ni de faire fonctionner l’entreprise capitaliste d’État chilienne. Le même phénomène est en cours au Venezuela présentement.

Si le coup d’État capitaliste n’était pas survenu (1973), l’entreprise « nationalisée » par la bourgeoise d’État chilienne aurait dû de toute manière rendre les clés des mines à ses patrons monopolistes étrangers.


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La semaine prochaine : Le cycle économique inflationniste

(1) http://www.les7duquebec.com/7-au-fr... (2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord...

 


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16 réactions à cet article    


  • anomail 15 mai 2014 09:42

    Excellent article.

    J’avais bien conscience de l’hypertrophie de la masse monétaire mais j’en ignorais la raison. Merci pour cet éclairage. Je vous relirais à tête reposée.


    • coinfinger 15 mai 2014 09:58

      Vos articles sont extremement interessants par ce qu’il révélent .
      Ainsi une question d’un commentateur et votre reponse dans l’article précédent sur le crédit hypothécaire est caractéristique à cet égard d’une incompréhension réciproque , à savoir que le crédit hypothécaire n’existe pas en France , alors qu’elle est de pratique courante dans les pays Anglo saxons . Un Français ignorant de ce fait ne peut rien comprendre à la création monétaire aux US et au Canada , à la titrisation , et aux QE de la FED sans cela . Et vous apparemment vous ignorez que çà n’existe pas en France .

      C’est interessant aussi pour mettre en évidence les rapports internationaux , que vous ne prenez pas en compte . Vous devriez au moins raisonner sur deux états . Ainsi le Canada est un pays minier donc un raisonnement question mine est transposable tel quel (abstraction d’autres faits) au Chili . En France non parce que la mine est Africaine . A l’inverse le produit acheté par un Canadien chez Wallmart ou un Français chez Carrefour est Chinois , donc l’ouvrier Français ou Canadien ’exploite’ l’ouvrier’ Chinois payé 10 fois moins .
      ( en fait pas vraiment c’est un peu plus compliqué ) .
      Mais les profits et la surabondance spéculative ne peuvent se comprendre si on veut ignorer que la firme qui fait travailler le Chinois de Chine ou qui importe le produit à prix Chinois et le vend à prix occidental ( méme bas) est Canadienne , Française ou Américaine .

      Et entre les deux jouent les monnaies et pas simplement par le jeu de la création monétaire .


      • Robert Bibeau Robert Bibeau 15 mai 2014 16:07

        @coinfinger

        Je pense sincèrement que vous et ce correspondant vous vous accrochez les pieds dans les fleurs du tapis. Cet argument de la différenciation du nom du prêt - simplement une différence de nom - rendrait l’économie impérialiste francaise totalement différente de l’économie impérialiste américaine.

        Je vous donne un exemple en pays anglophone un NOTAIRE ça n’existe pas par contre un AVOCAT ça existe et dans un pays francophone et dans un pays anglophone.

        Est-ce à dire qu’il ne se produit AUCUN acte notarié, aucun contrat de mariage, aucun prêt - transfert d’héritage etc en pays anglophone ? NON évidemment. Il existe au moins trois types d’avocats en pays anglophones. L’un d ces types d’avocats remplit exactement le rôle du NOTAIRE en pays francophones. SEUL le nom change.

        En tant qu’ex-enseignant je rencontrais souvent ce type de problème chez mes étudiants qui étaient tout décontenancé quand j’utilisais un synonyme pour désigner une réalité. Ils étaient incapable de faire ce que l’on appel un TRANSFERT - une correspondance.

        Je suis convaincu que la totalité des français ne payent pas CASH directement sans emprunt livrer 200 000 euros ou 500 000 euros - de leur compte bancaire pour leur achat de maison. Ils doivent emprunter comme tout le monde dans le monde. Cet emprunt ne s’appelle pas HYPOTHÈQUE en France - je viens de l’apprendre - alors donnez moi le nom que vous donnez à cet emprunt pour l’achat d’une résidence - et placer ce mot partout dans mon texte en lieu et place du mot HYPOTHÈQUE et tout le raisonnement est identique - valable.

        Les amis français vivent dans un pays colonialiste et en ont acquis la conviction que le monde entier est à leur image et que la France est UNIQUE - immanente - c’est un vieux réflexe de colons. La France est un pays impérialiste agressif et soumis aux lois inéluctables de l’économie capitaliste peu importe le nom que vous donnez aux modalités de prêts-emprunts sévissant chez-vous.

        Avec mes respects. 

         


      • coinfinger 16 mai 2014 03:23

        Oui çà s’appelle bien hypothéque , mais admettons que le prix du bien immobilier acheté et grévé par cette hypothéque , augmente sensiblement , en France on ne pourra pas allez trouver sa banque pour un prét complémentaire , aux Etats unis si . C’est ce que je veux dire .


      • coinfinger 16 mai 2014 03:27

        Ou encore si je veux faire un emprunt et que je posséde une maison non hypothéquée , je
        ne peux pas aller voir ma banque , mettre ma maison en hypothéque et obtenir l’emprunt .


      • Dwaabala Dwaabala 15 mai 2014 11:03

        La formation de la valeur par le temps de travail incorporé à la marchandise, et l’obtention subséquente du salaire d’un côté et de la plus-value de l’autre sont propres au capitalisme dans sa phase classique, capitalisme de marché, non encore monopoliste.
        Après plus d’un siècle d’impérialisme (caractérisé par l’intrication du capital industriel à son stade monopoliste et du capital financier), il est loisible de constater que la sphère du capital financier est devenue dominante : sa détention est elle-même devenue un monopole.
        Dans ces conditions, la valeur classique a cédé le pas à la valeur fixée par les lois du marché des capitaux (et non plus des marchandises) détachée de sa base concrète (le temps de travail).
        Autrement dit, ce n’est plus le temps de travail qui forme en dernière instance la valeur des marchandises, mais c’est le fait de détenir le monopole de leur production. Avec toutes les spéculations, bulles et crises financières que cela implique d’un côté, et la transformation du travail en un servage de l’autre.
          
        Le rappel de ce que sont les PME est particulièrement intéressant.


        • Robert Bibeau Robert Bibeau 15 mai 2014 16:32

          @ DWAABALA

          Deux remarques 1) Vous faites erreur ici : « (caractérisé par l’intrication du capital industriel à son stade monopoliste et du capital financier) » La fusion - l’accaparement devrait-on dire du capital industriel par le capital BANCAIRE - a donné le capital FINANCIER un capital qui en effet est devenu le REFLET - relisez ma thèse sur la théorie du REFLET des activités de production - distribution de ce que les économistes bourgeois appellent l’économie réelle (comme si ce qui se passe à la banque-bourse était irréel ce qui est stupide).

          2) Vous vous trompez comme les économistes bourgeois quand vous affirmez que « la valeur classique a cédé le pas à la valeur fixée par les lois du marché des capitaux (et non plus des marchandises) détachée de sa base concrète (le temps de travail). » Vous confondez dans ce texte LE PRIX d’une chose - produit- marchandise (se rappelez que sous le capitalisme tout est marchandise - y compris un enfant - une prostituée - de l’eau - l’air - une plage etc.) ET LA VALEUR d’une marchandise.

          3) En effet sous la phase IMPÉRIALISTE de l’économie capitaliste le prix est fixé selon ce que vous décrivez mais pas la valeur. Marx a expliqué qu’une marchandise - toute chose étant égale par ailleurs - avait tendance à se vendre à son prix et à sa valeur moyenne - certains produits bénéficiant d’une sur-plus-value et d’autres dévalués sous leur prix et leur valeur (deux concepts différents PRIX et VALEUR).

          4) Ce que j’explique dans mon texte c’est que les boursicoteurs - financiers - banquiers en système impérialiste mondial jouent sur cette caractéristique de la fixation du prix des marchandises (par rapport à leur valeur réelle concrète qui est toujours fixé par la quantité de travail qu’ils contiennent - y inclus la PLUS-VALUE = les différentes formes de profits qui ne sera jamais versé à l’ouvrier) mais constitue l’objet de la spéculation inflationniste (en ce sens que ces opérations boursières-bancaires créent de la monnaie de singe qui « s’évaporera » comme le disait un banquier français).

          5) Toute cette opération qui existait déjà au temps de Marx a pris aujourd’hui des proportions gigantesque due à l’informatisation et à l’échange instantané - télématique - des opérations boursières mondialisées - globalisées. L’aigle s’élevant très haut dans le ciel n’en fera que lus de fracas quand il s’effondrera.

           


        • Dwaabala Dwaabala 15 mai 2014 20:14

          Vous avez raison de me reprendre en 1) puisque j’adhère avec confiance au point de vue de Lénine :Concentration de la production avec, comme conséquence, les monopoles ; fusion ou interpénétration des banques et de l’industrie, voilà l’histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion.

          Une remarque s’impose ici : si le capital financier traîne avec lui comme son ombre la spéculation, il faut remarquer que cet aspect devenu si important aujourd’hui n’entre pas dans sa définition et ne lui est pas nécessaire. Pas plus qu’il n’est nécessaire pour être patron de voler ses ouvriers : il lui suffit de leur verser leurs salaires.

          Pour la suite de votre objection, c’est-à-dire la question de la formation de la valeur, je ne suis pas sûr de vous suivre. J’observe d’abord que c’est une question théorique que je n’ai vue abordée nulle part dans la littérature marxiste, après Marx. Tout semble s’être figé depuis. Or je ne confonds pas plus valeur et prix que je ne confonds plus-value et profit, salaire et valeur de la force de travail journalière. Ceci dans le cadre du capitalisme classique où la valeur se réalise tendanciellement par le biais du marché.

          Ce que j’avance à titre de simple thèse, c’est qu’au stade monopoliste avancé oh ! combien, de la production industrielle, la production et le marché des marchandises est une sphère qui se trouve subordonnée à celle d’une production déjà hautement socialisée, sinon déjà socialiste !, celle des trusts.
          Dans cette sphère dominante, la situation du monopole le soustrait à la loi de formation de la valeur par le temps de travail, et le produit n’est plus à proprement parler une marchandise au sens classique, puisqu’elle n’a plus à affronter le marché pour trouver son prix.
          Le monopole pompe ainsi, comme vous le montrez sur le cas des PME sous-traitantes, la plus-value extraite qui existe toujours au sens classique d’une part, et d’autre part impose des prix qui n’ont plus de rapport avec la valeur réelle, que l’on ne sait plus trop où chercher, ce qui lui assure l’équivalent d’une rente.

          La loi de formation de la valeur est une loi historique : pas plus qu’elle n’a toujours existé elle n’est appelée à être éternelle ; et c’est peut-être à sa dissolution que nous assistons.

          C’est tout ce que j’ai essayé de dire, mais c’est sans doute hors sujet.



        • Robert Bibeau Robert Bibeau 16 mai 2014 19:13

          @Dwaabala

          Fort intéressant votre développement à propos du phénomène de « monopole » qui soustrairait le procès de fixation de la valeur et du prix des contraintes de production de la valeur (mise en œuvre de la force de travail pour générer la plus-value). Cette ancienne formule deviendrait caduque du fait que le MONOPOLE peut par son contrôle absolu sur les marchés en amont et en aval fixer le prix qui lui convient et ne pas être soumis dites-vous à l’ÉPREUVE de la concurrence de marché.

          Vous nous amené par ce raisonnement à un bon niveau de réflexion économico-politique qui je l’admet est très rare - moi qui publie sur trois continents - il m’est peu donné de frapper une hérésie aussi bien articulée.

          Allons-y :

           1) la loi de la valeur et la loi de fixation du prix d’une marchandise développé par MARX vaut pour tout le mode de production capitaliste - le système capitaliste DONC AUSSI pour sa phase impérialiste qui n’est que sa phase de putréfaction décadente (même si ça prend 100 ou 200 ans à en parcourir le terme final)

          2) Le phénomène monopolistique de la phase impérialiste ne signifie pas que la concurrence disparait entre grands monopoles contrôlant 25 parfois 50% de la production d’une marchandise quelconque. La cartellisation - la monopolisation qui permet à quelques super grandes entreprises de s’entendre sur les prix - exacerbe la concurrence entre elles (chaque membre du cartel mondial de l’aluminium par exemple tente de mener OPA contre ses concurrents, trahis l’entente signée dès qu’il a une chance d’accaparer un marché et subit les assauts de hausse de productivité des ses concurrents mieux mécanisés ou plus exploiteurs de sa main-d’œuvre) Il n’y a jamais de répit concurrentiel entre eux mais à une échelle incommensurablement plus grande qu’a l’époque du capitalisme vagissant.

          3) Pire la concurrence, non pas pour l’accaparement des marchés de l’aluminium (pour reprendre notre exemple), mais pour l’accaparement des profits et des capitaux circulant est exacerbée entre les trusts cartels - monopoles de tout domaine de production. J’explique. L’objectif du développement du capitalisme- impérialiste n’est pas de produire des biens - des produits - à mettre en marché afin d’accumuler de l’argent - d’accaparer des marchés et d’être le plus grand producteur d’aluminium au monde. Tout ceci n’est que l’apparence des choses.

          4) L’objectif que poursuit le mode de production impérialiste indépendamment des acteurs capitalistes qui s’activent à ses côtés - est de se reproduire en plus grand c’est le phénomène de la reproduction élargie. Pour parvenir à se reproduire en plus grand (élargie) le capitalisme a développé deux principes A) L’accaparement privé du capital - de la richesse - de l’argent - de la plus-value et des profits qui de cette façon par phénomène d’induction s’accumulent à un pôle de l’aimant B) La production de plus-value et du salaire - l’un étant accaparé par le capitaliste et l’autre étant laissé à l’ouvrier que l’on tentera de dépouiller de son salaire sur le marché de consommation au plus vil prix qui soit.

          5) C’est la mise en place de cet ensemble et son fonctionnement qui fait circuler le capital et un monopole de l’aluminium (pour continuer notre exemple) ne cherche pas vraiment à devenir le plus grand producteur d’aluminium mais à devenir la plus grosse électriode d’attraction du capital. En cela chaque monopole (aluminium par exemple) est en concurrence acharnée avec tous les autres monopoles de l’aluminium mais aussi de l’acier, de la construction de navires, de la construction d’avions, de la production de meubles, etc. etc.

          6) L’impérialisme c’est le règne du capital roi - par lui-même - pour lui-même de la concurrence exacerbée - la guerre économie totale et permanente - entre oligopoles d toute provenances de toute marchandise (qui n’est qu’une valeur d’usage transformée en valeur d’échange).

          7) Revenons à votre prétention. Un monopole qui fixerait ses prix de marchandises sans tenir compte de quiconque - de ses concurrents - tous les autres producteurs de tous les autres produits - ferait faillite ou serait absorbé (OPA) par l’un ou l’autre de ses concurrents car il chasserait de la sorte tout le capital qu’il cherche pourtant à attirer puisque son marché s’amenuiserait comme peau de chagrin - les prix trop élevés pratiqués amenant le client à se priver de ce produit - ou à trouver un produit de substitution. Exemple l’aluminium est en concurrence avec l’acier et les produits composites pour la fabrication des voitures. Chaque monopole sectoriel guette et agresse ses concurrents sans vergogne.

          8) Conclusion. Le système d’économie politique capitaliste est dans l’impasse non pas parce qu’il ne suit pas ses lois d développement - mais parce qu’ils lui obéit aveuglément et contrairement aux réformistes nous disons qu’il ne peut absolument pas en être autrement.

          9) Ce mode de production est caduque - terminé - il a complété sa vie utile et il doit être remplacé par le mode de production socialiste plus performant.

           

           

           


        • Gandalf Claude Simon 15 mai 2014 15:08

          Et Robert, tu connais la loi du marché monnaie-produit ?


          Chiffre d’affaire récolté=variation du capital emprunté.

          • Robert Bibeau Robert Bibeau 16 mai 2014 16:49

            OUI je connais - mais ce n’est pas une loi d’économie politique - c’est une pratique développé spontanément en bourse pour fixer le prix spéculatif d’une action ou d’une obligation en fonction des bénéfices anticipés - ce principe est basé sur le même principe que l’arnaque de la pyramide de Ponzi.


          • coinfinger 16 mai 2014 04:17

            Je vais aggraver mon cas . Il existe un pb chez les Marxistes appelé transformation des valeurs en prix . Soit il est nié , soit il est déclaré résolu , mais la ’résolution’ révéle que les Marxistes n’ont rien compris au pb . Dans le cadre des schémas de la reproduction il est impossible de le résoudre parce qu’il n’existe pas suffisamment d’équations pour le faire . La valeur du capital reste indetérminée .
            En fait Marx le résoult par l’analyse des formes d’existence du capital . Capital financier , capital commercial , capital productif , si bien que ces 3 formes constituent un systéme d’équations complets .
            Cette incompréhension du pb aménent les Marxistes à poser une égalisation des tx de profits dans la sphére de production alors que les faits indiquent qu’elle n’existe pas , cette égalisation se fait par la bourse , par ex ...
            Mais le plus important en conséquence et en rapport avec votre article est qu’il ne peut y avoir de vente à la valeur et d’estimation à la valeur du capital productif sans une monnaie-or , en supposant un marché libre de l’or . Sans quoi le systéme n’a plus de garde-fous .
            Et sur ce point l’Ecole Autrichienne malgré tout ces défauts n’est pas si sotte que çà .
            J’ajoute que la crise générale que Marx avait prévue plus tot n’a pas eu lieu à cause d’un fait qui s’est produit de son vivant : la démonaitisation de l’argent . Ce qui a sensiblement déjoué ses pronostics .


            • Robert Bibeau Robert Bibeau 16 mai 2014 17:03

              Vous poursuivez plusieurs chimères dans votre commentaire monsieur Coinfinger Je n’ai ni le temps ni l’espace pour tout démêler ici MAIS :

              1) Capital financier est né de la fusion du capital industriel (que vous appelez productif ce qui est valable) et du capital bancaire et du capital commercial toutes ces formes de capital se retrouvant en gestion - contrôle entre les mains des banquiers - capitalistes financiers. Le capital financier est un amalgame et non une chose à part - une entité distincte des autres formes de capital.

              2) Vous écrivez : « Sans l’or étalon sans quoi le systéme n’a plus de garde-fous » . VRAI Et c’est la raison pour laquelle ils ont abolit Bretton Woods et son obligation (qui n’était plus respecté de toute façon) de tenir une réserve d’or de compensation. 

              Voyez-vous ce que vous ne comprenez pas et que l’École autrichienne fait semblant de ne pas comprendre - c’est qu’il n’y a aucun problème à identifier les remèdes - les solutions à la crise systémique du mode de production capitaliste dans ses formes monétaires, bancaires, financières, industrielles, etc. Tout cela est connu des riches et des économistes. 

              Ils ne peuvent tout simplement pas appliquées ces solutions - impossible - sans transformer les fondements même de l’économie politique capitaliste - sans construire une économie planifiée, non privée mais socialisée -

              Ce qui fait rigoler c’est de voir ces pseudos économistes s’étonner que personne n’applique leur recette de réinstaller l’étalon or sans se poser la question POURQUOI DES BANQUIERS L’ONT ABOLIT EN 1970-1973 ?

              La réponse à cette question sera la réponse à votre suggestion de réintroduire l’étalon or ( smiley)


            • coinfinger 16 mai 2014 18:02

              Derniére remarque et je m’éclipse , il n’est pas dans mon intention de suggérer un retour à
              l’étalon-or .Je ne partage pas les illusions de l’école Autrichienne . Pour une raison simple : l’or et l’argent sont maintenant sous controle des Etats . Je considére que si la Chine est devenue 1er producteur Mondial ( en méme temps que premier raffineur mondial d’argent ) depuis l’arrivée au pouvoir de Deng n’est pas un hasard . Il y a là collusion notoire entre les oligarchies et les Etats .
              La seule possibilité pour un retour à une monnaie-or serait un retour au pouvoir des paysans ( j’ai pas dit agriculteurs ) en Chine , ce qui est inconcevable .
              Le travail , la valeur , plus concretement la démographie devient le dernier régulateur . 
              Ce qui nous améne à quelque chose de plus large et plus grave qu’une crise du capitalisme : une crise de civilisation , du développement des forces productives pour parler comme Marx . L’issue est donc dans le rapport entre culture et nature , qui dépasse largement les questions économiques et politiques .
              Marx était un philosophe au départ , il n’a pas écrit une économie politique mais une critique de l’économie politique au travers du capital , chaque notion ( et non concept ) du capital est imbibée de çà . Si j’ai fait des commentaires c’est parce que la réduction au coté ’politique économique’ me hérisse le poil .


            • G.L. Geoffroy Laville 16 mai 2014 08:24

              « le faire passer entre les mains de l’ouvrier engagé, salarié, exproprié de son surtravail – de la plus-value qu’il a produit »

              Ce passage me choque, plus particulièrement venant d’un journaliste en économie politique.

              Le salarié n’est pas exproprié de son surtravail ! Il a échangé sa force de travail, son savoir-faire contre une rémunération respectant son contrat de travail.

              Je préciserais (inutilement) que le salaire n’est qu’une composante des coûts de production. Il faut incorporer les frais, les amortissements du lieu de production, l’énergie, les coûts administratifs, commerciaux, de maintenance... plus en aval, il y a des charges financières (des dettes et leurs intérêts).... les charges, taxes, impôts payés à l’Etat, aux collectivités locales, organismes sociaux....

              « L’ouvrier », qui est avant tout un salarié du secteur tertiaire et ce seulement dans le privé, bénéficie d’un salaire minimum, modeste mais pas précaire. Sachez que l’employeur paye un salaire brut. La différence avec le net versé sur notre compte bancaire, c’est l’Etat qui nous aura exproprié au passage pour financer en partie seulement un système de protection sociale et gaspiller le reste.

              Et je souhaite à « l’ouvrier » de pouvoir épargner lui aussi, autrement dit Capitaliser. Une fois qu’il aura versé sa dîme à l’Etat à travers la TVA... (Mais soyons pas méchant, une partie financera les écoles, les hôpitaux, les routes...)

              Qui exproprie qui ?

              Si vous voulez réellement dénoncer l’exploitation humaine à des fins vénales, intéressons nous à l’Asie du Sud-Est par exemple, ne serait ce qu’à la Chine. Mais l’« ouvrier » français comme le patron ont d’autres préoccupations ici même...


              • Robert Bibeau Robert Bibeau 16 mai 2014 17:12

                @LAVILLE

                1) Je ne prendrai pas une seconde de mon temps pour réfuter chacun de vos arguments - archis connus - du radotage des cours et des notes et des livres d’économie bourgeoises que l’on trouve partout en librairie et à l’université.

                2) Une remarque cependant : Tous ces radoteux experts sont-ils parvenus à résoudre les crises économiques répétitives autrement que par de nouvelles guerres meurtrières ? Savent-ils résoudre le problème de chômage et de vie chère et de misère et de pénurie au milieu de l’abondance commerciale ? JAMAIS

                3) Vous écrivez ceci « Si vous voulez réellement dénoncer l’exploitation humaine à des fins vénales, intéressons nous à l’Asie du Sud-Est par exemple, ne serait ce qu’à la Chine. Mais l’« ouvrier » français comme le patron ont d’autres préoccupations ici même... »

                Que savez-vous des problèmes des ouvriers français dont vous niez l’existence ?

                OUI vous avez raison la Chine solidement engagé dans l’économie impérialiste depuis des dizaines d’années vivra toutes les étapes du capitalisme-impérialiste que l’Europe a vécu avant elle et aboutira au même désastre en bout de course et alors ils seront 800 millions de prolétaires chinois expropriés et en colère... alors un nouveau monde sera à notre portée.

                 

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