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Accueil du site > Tribune Libre > L’Économie est-ce compliqué ?

L’Économie est-ce compliqué ?

Vous pensez que l’économie est une science compliquée et qu’il faut être un banquier pour s’y frotter. La preuve, c’est qu’il y a des tas d’analystes à la télé, à la radio, dans les journaux, qui expliquent ce qui se passe à la bourse, à la banque, avec la monnaie (euro et dollar), qui justifient l’inflation (qui serait jugulée !)...

Le crédit c’est de l’argent

Vous pensez que l’économie est une science compliquée et qu’il faut être un banquier pour s’y frotter. La preuve, c’est qu’il y a des tas d’analystes à la télé, à la radio, dans les journaux, qui expliquent ce qui se passe à la bourse, à la banque, avec la monnaie (euro et dollar), qui justifient l’inflation (qui serait jugulée !), qui commentent les emprunts gouvernementaux et la dette souveraine, et nous menace de récession. Ce qui est le plus compliqué pour ces affidés c’est de ne rien révéler d’important tout en parlant amplement (1).

Prenons les notions de banque, de crédit, d’argent et de capital autour desquelles les économistes bourgeois créent une grande opacité. Pour vous et moi une banque c’est une carte bancaire, un chéquier, une carte de crédit, une hypothèque et puis (?) rien d’autre. Où se trouve votre argent en ce moment ? Où est votre salaire ? Qui détient votre crédit, votre hypothèque ? Votre banquier dans les voutes de sa banque ? Rien n’est moins certain. Une hypothèque est-ce de l’argent comptant ? Une carte de crédit est-ce de la monnaie ?

Eh bien oui, une carte de crédit c’est comme de la monnaie. Quand vous utilisez votre carte de crédit, vous demandez à votre banque d’émettre de la monnaie pour payer ce que vous achetez aux commerçants qui lui-même dépose votre argent à la banque qui ne lui verse aucun intérêt sur ses dépôts, ou presque, mais encaisse les intérêts sur les prêts. Même chose pour votre hypothèque, votre marge de crédit bancaire et votre emprunt automobile, toute ces formes de crédit, c’est de l’argent, sans être du Capital cependant, mais pouvant le devenir éventuellement.

Du Capital

Votre argent (crédit, hypothèque, emprunt, salaire déposé directement dans votre compte, allocation reçue de l’État) deviendra du Capital à deux conditions :

1- D’être mis en circulation via vos achats – ce qui est déjà le cas en ce qui concerne votre dette personnelle, votre hypothèque et votre emprunt automobile – vos versements mensuels faisant foi de la circulation de cet argent. 2- Que votre argent en circulation dans l’économie soit investi dans une entreprise qui fera produire de la plus-value. Si l’investissement d’argent ne sert qu’à faire circuler l’argent spéculatif, cela ne constitue pas du capital productif, mais du capital spéculatif qui ne peut servir, pour l’investisseur-spéculateur, qu’à tenter d’accaparer une plus grande portion de l’argent en circulation au détriment de ses concurrents.

Un exemple sera ici utile. Lorsqu’en 2007, les banquiers mettaient sur le marché boursier des papiers « acidifiés » – des paquets de créances, hypothèques, emprunts – titrisés, accompagnés de la promesse de verser de forts dividendes à l’acheteur impudent et imprudent, ces banques attiraient à elles de l’argent – c’est-à-dire une portion des profits financiers en circulation dans l’économie anarchique, jusqu’à ce que la bulle spéculative éclate et que les cours s’effondrent.

Tous auront compris que si la Banque ABC, vend la créance d’Olivier Le salarié, au spéculateur boursier La frime XYZ, cette transaction ne crée aucun travail – ne produit aucune valeur salariale – ne génère aucune plus-value. Alors d’où viennent les intérêts sur prêt que la Banque ABC devra verser au spéculateur boursier, ici La frime XYZ ? Ils proviennent du salaire d’Olivier Le salarié qui a gagé son salaire sur son hypothèque (notamment).

Il est facile de comprendre que pour être profitable cette transaction financière nécessite deux conditions :

À) la première, qu’Olivier conserve son emploi – et son revenu, quel qu’en soit la provenance – et la seconde ; B) que les intérêts hypothécaires payés par Olivier augmentent sans cesse, car si monsieur Le salarié paie toujours des intérêts identiques, il n’y aura jamais augmentation de l’argent en circulation à se partager entre les créanciers (banques et spéculateurs) et toute l’opération d’arnaque boursière aura été inutile.

Appliquons ces concepts à l’analyse de la crise économique systémique de 2008. La crise économique fut déclenchée par la combinaison de deux facteurs incontournables : i) d’une part, de très nombreux salariés étatsuniens, comme Olivier Le salarié, perdirent leurs emplois et ; ii) les taux d’intérêt augmentèrent jusqu’au point que les salariés emprunteurs, même ceux ayant conservé leur emploi, ne parvenaient plus à rembourser leur hypothèque.

Un paradoxe économique capitaliste

Voici un paradoxe que les économistes patentés ne doivent jamais vous expliquer. Nous avons révélé précédemment que pour que l’opération pyramidale de titrisation d’actifs bancaires sulfureux soit profitable, cela requérait que les taux d’intérêt sur les prêts augmentent sans cesse sinon comment accaparer plus de profits bancaires (portion de la plus-value globale) pour son clan au détriment de ses concurrents ? Hors, si les taux d’intérêt augmentent un très grand nombre de salariés deviennent incapables de rembourser leurs emprunts surévalués et ils font défaut de paiement, sont saisis et expulsés de leurs foyers (des millions de ménages aux États-Unis entre 208 et 2012, même drame prolétarien en Espagne présentement), expulsions qui ne procure cependant aucun bénéfice aux banquiers ni aux spéculateurs boursiers floués.

De la circulation de l’argent au Capital financier

Chacun doit comprendre que la raison d’existence de la Banque ABC n’est pas de rendre des services financiers à Olivier Le salarié (ce n’est que le prétexte pour ces activités bancaires). La Banque ABC retient et emmagasine son argent, son crédit, son hypothèque, son salaire, avant même qu’Olivier ne l’encaisse, et surtout, elle fait circuler son argent réel et virtuel (pas encore gagné ni empoché). Faire « circuler » l’argent signifie que la Banque ABC joue à la bourse sur les marchés mondiaux avec l’argent, le crédit d’Olivier et celui de ses camarades salariés. La banque spécule sur le prix du grain canadien et ukrainien, sur le coton égyptien, sur l’or et le diamant sud-africain, sur les actions de Renault et de Bombardier, d’Airbus, de Boeing et de Facebook.

Faire « circuler » l’argent cela signifie, pour le Banquier ABC, de faire du pognon avec l’argent d’Olivier, sans travailler 8 heures à l’usine c’est assuré. Mais cette circulation de l’argent, d’un portefeuille d’actions à un autre, d’un fonds de placement à un autre, ne produit aucune richesse, aucune marchandise, aucune valeur réelle, aucun bien immobilier, aucun produit mobilier, ni aucune valeur. Alors comment se fait-il que le banquier utilisant 10 milliards de dollars que lui ont confiés nombre d’Oliviers salariés, l’ait placé en actions Facebook et que le lendemain matin la Banque ABC se retrouve actionnaire de 12 milliards de dollars de valeurs Facebook ? Y a-t-il eu production de valeur – de richesse – de patrimoine – de Capital chez Facebook pour deux milliards $ pendant la nuit ? Évidemment non ! La société Facebook ne produit aucune richesse aucune-marchandise tangible. La firme Facebook maintien en fonction un système (en location), de moyens de communication informatiques sur Internet permettant à vos enfants de s’expédier des images et des messages sympathiques (le plus souvent) et elle espère qu’on lui achètera de la publicité et des services informatiques.

Les deux milliards de renchérissements des actifs de la firme Facebook constituent une émission de monnaie spéculative, inflationniste, frauduleuse en terme moral, mais légal en terme juridique sous le système d’économie politique capitaliste. Ces deux milliards $ de crédits constituent une anticipation sur la capacité de la firme Facebook d’attirer vers elle, comme dans une pyramide de Ponzi, d’autres banquiers-financiers-boursicoteurs- spéculateurs qui viendront tenter leur chance à la Loto boursière, où rien ne se crée, rien ne se perd, mais où tout se transforme en argent spéculatif et inflationniste, mais cet argent n’est souvent que du vent comme nous l’expliquons au paragraphe suivant.

Nous venons d’observer que l’argent, le salaire réel et même virtuel-anticipé, d’Olivier Le salarié, est transformé en actions bidon, en argent virtuel spéculatif inflationniste. Mais un jour un gros banquier investisseur et quelques-uns de ses amis membres du sérail capitaliste, décideront d’encaisser leur « profit », c’est-à-dire de vendre leurs actions Facebook alors que le prix est gonflé – soufflé – arnaqué, ces initiés empocheront ainsi leur pognon. Si votre banquier ne fait pas partie des sélects magouilleurs de premier rang qui ont repris leur mise – il perdra tout, ses actifs Facebook acheté 10 milliards de dollars et gonflé instantanément jusqu’à 12 milliards ne vaudront plus que 100 millions de dollars ou moins. La société canadienne Nortel vendait ses actions 124 $ en 2000 et seulement 000,47 $ en 2002. Sa capitalisation totale à la bourse de Toronto qui se chiffrait à 398 milliards $ en 2000 ne valait plus que 5 milliards $ en 2002 (2).

La fausse monnaie « inventée et éventée » se sera volatilisée. Rien ne se perd, rien ne crée, tout se transforme en argent ou en dépôts de bilan ! L’illusion devient « actions » puis redevient illusion, voilà la transformation banquière-boursière des actions-spéculations. Les salariés chypriotes ont vécu la résultante de cette manigance bancaire boursière un matin de mars 2012, leur banque était fermée et leur argent séquestré. Quelques semaines plus tard, ils apprenaient que 40% de leurs économies avaient été expropriées par leurs banquiers et ne leur seraient jamais remboursés, sans compter que l’État chypriote européen aura dû verser des milliards d’euros aux banquiers floués par leurs camarades chacals des banques et de leurs alliés.


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Semaine prochaine : LE CYCLE ÉCONOMIQUE INFLATIONNISTE

(1) Les économistes à la solde publient de grosses briques de 650 pages comme ce monsieur Piketty – superstar de l’économie capitaliste –, mais incapable de régler le moindre problème du système : http://plus.lapresse.ca/screens/4ee... (2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Nortel...

 


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25 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 7 mai 2014 17:11

    Oui...très compliqué...regardez une fiche de salaire.. ?


    • Hervé Hum Hervé Hum 7 mai 2014 17:14

      Juste une remarque, dans une crise financière comme celle que vous rappelez, on parle toujours des perdants, mais jamais des gagnants. Et pour cause, les gagnants sont forcément les escrocs, mais comme il est interdit de les désigner du doigt par tout ce qui est officiel, seuls les perdants sont livrés à la vindicte populaire. Et le système peut ainsi continuer un tour de plus.

      Mais le plus extraordinaire cher auteur, c’est que malgré tout ce que vous dites, malgré le fait que vous y mettez le doigt dessus et même appuyez dessus fortement, l’essentiel continu à échapper.


      • Robert Bibeau Robert Bibeau 7 mai 2014 22:50

        Merci de m’indiquer cet essentiel qui nous échappe ? Qu’Est-ce ?

        Oui vous avez raison il y en a qui empoche je le spécifie très précisément - ceux qui échanges leurs actions Facebook les premiers entrainant le reste de l’édifice de Ponzi à la dérive. Mais le perdant capitaliste est le gagnant dans l’arnaque de demain ou d’après demain seul le salarié est TOUJOURS floué.


      • Hervé Hum Hervé Hum 8 mai 2014 09:33

        L’argent ne représente plus la valeur des biens et services, mais uniquement la mesure de la valeur du temps travaillé.

        L’usage veut qu’on ne retienne que le prix d’achat d’un produit ou service, pour autant, celui ci est la somme du temps travaillé effectif et du temps travaillé volé (intérêts, prix matières 1eres brute, prix des terrains à batir, spéculation, etc, sont du temps de travail volé). Chose très bien expliqué et démontré par Marx.

        Vous le rappelez très bien dans votre article et pourtant, autant Marx que vous, n’en tirez pas les conséquences, c’est à dire, l’argent ne représente rien d’autre que la mesure de la valeur du temps travaillé.

        Toute l’intelligence du capitalisme est là, savoir vendre ce qui est gratuit, pour se rendre gratuit la seule chose qui lui coûte vraiment, le temps travaillé. Vous pouvez capitaliser du temps de vie (personnel) dans l’espace, mais pas dans le temps (ce sera vos enfants !).

        Mais pendant que les gens se focalisent sur leur pouvoir d’achat, leur petite épargne stupide et mortifère, qu’on les gaves de toutes ces fausses analyses que vous relevez dans votre article, les gens ne voient pas que ce qui est en jeu est uniquement leur temps de vie travaillé au profit d’autrui. Tout le discours des capitalistes et des pseudos libéraux est du pur sophisme, mais comme dit, un mensonge répété mille fois devient une vérité. A plus forte raison lorsque ce mensonge est répété mille fois par ans pendant 5 000 ans !!!! Car le capitalisme a bien commencé avec la propriété privé.


      • gaijin gaijin 7 mai 2014 17:15

        banque : des gens qui vous prennent votre argent s’en servent pour en gagner plus et vous font payer pour vous le rendre .......


        • G.L. Geoffroy Laville 7 mai 2014 17:36

          Il ne faut pas oublier la complicité obligé des Banques Centrales. Avec leurs taux directeurs aux plus bas, elles incitent les Banques Commerciales à créer artificiellement de l’argent.

          On appelle ça aussi « faire marcher la planche à billets ». Car normalement on doit alors imprimer de nouveaux billets pour rendre liquide tout cet argent crée ex nihilo par les Banques.

          Bien sûr, créer de l’argent, créer de l’inflation et diminue donc la valeur de l’argent.

          Cette politique monétaire est aussi bien défendu par les Monétaristes de l’Ecole de Chicago que par les Keynésiens (chers à l’Etat...).

          La solution, pronée par l’école Autrichienne (cher aux authentiques libéraux) est que la masse monétaire reflète concrètement les richesses produites, biens ou services. La masse monétaire est limité et ne devrait pas être crée artificiellement.

          Autant dire que pour en arriver là, il faudra commencer par se débarasser par les Banques Centrales (qui ont été co-responsables de la crise des sub-primes).


          • Robert Bibeau Robert Bibeau 7 mai 2014 23:16

            Merci M. Geoffroy de me fournir l’occasion de retaper sur le clou - le cœur de cet article - la contradiction principale du capitalisme.

            OUI les banques centrales sont les chefs d’orchestres de ce bal musette de la dette et de l’arnaque de Perrette et le pot au lait (les capitalistes de la phase initiale du capitalisme concurrentiel).

            Mais, de grâce oubliez l’école autrichienne, aussi alambiquée et déjantée que les deux autres écoles de pensées bourgeoises que vous identifiez correctement dans votre commentaire.

            C’est le système économique capitaliste qui fonctionne ainsi et pas autrement. LA NON ADÉQUATION DE LA MASSE MONNÉTAIRE EN CIRCULATION AVEC LA QUANTITÉ DE BIENS ET DE SERVICES PRODUITS ET DISPONIBLES. Je vous cite « est que la masse monétaire reflète concrètement les richesses produites, biens ou services. La masse monétaire est limité et ne devrait pas être crée artificiellement. »

            Ca s’appelle une crise de SURPRODUCTION.

            Vrai, dans un monde capitaliste imaginaire et disparu avec l’impérialisme envahissant global et mondial et qui ne reviendra plus JAMAIS - Fini ce capitalisme du bon vieux temps. ICI git le capitalisme concurrentiel et triomphe l’impérialisme monopolistique. 

            Tous les économistes du monde savent ces choses élémentaires à propos de la monnaie qui ne devrait être qu’un moyen d’échange et un reflet de la masse des biens disponibles - échangeables. Mais le système capitaliste étant propulsé indépendamment de leurs intentions ou de leurs interventions vers la course inéluctable - nécessaire - imparable - obligée vers la reproduction élargie du capital = par la valorisation du capital pour un nouveau cycle de reproduction élargie = il ne pouvait ce système s’empêcher d’imaginer - d’indiquer - d’orienter ses servants - vers une pirouette monétaire utopique pour simuler la circulation et la pseudo reproduction du capital en créant de la fausse monnaie qui se multiplie jamais adossé à des valeurs réelles concrètes. C’est ce qui entraine tout à coup l’évaporation de milliards de « valeurs -actifs - obligations » frauduleuses - inexistantes en terme économique réelle et non virtuelle. 

            Comme je l’explique dans l’article, cette opération de reproduction de monnaie-crédits-argent est une méthode efficace pour attirer plus de profits financiers (la portion de la plus-value alloué aux services tertiaires - aux profits comptables - aux activités transactionnels - qui se multiplient (en effet vous savez qu’il y a de plus en plus d’intermédiaires tertiaires entre l’usine productrice et le client consommateur). Tout ceux-là intermédiaires parfois utiles - parasitent sur le salaire de l’ouvrier et sur la plus-value accaparée par le capitaliste industriel puis distribué à chaque chacal affamé..

            L’école autrichienne ressemble aux chamans qui supplient les nuages de cessez la pluie afin de sauver les récoltes des paysans appauvris et qui en plus demande des offrandes pour leur futile intercession.

            Le Dieu capitaliste les entendra-t-il ?

             


          • Claude Simon Claude Simon 7 mai 2014 22:31

            Si, l’économie est compliquée car elle oscille entre la science et l’intérêt des individus, des classes, et des lendemains imprévisibles

            C’est donc un millefeuille d’interprétation, d’anticipation.

            Prenez l’exemple des cycles comme décrit dans cet article. Les taux sont bas, donc on consomme, on investit à crédit. L’inflation commence à se faire sentir, les banques centrales augmentent les taux pour la contenir (et défendre les rendements financiers), et krach, les actions sont bazardées au profit des rendements obligataires.

            Sauf que, actuellement, la croissance et donc l’inflation sont sapées par la concurrence des pays à bas coût. Et les économies riches ne redémarrent pas, à quelques exceptions près.


            Depuis janvier, les marchés actions donnent sérieusement l’impression que le pêcheur (le financier donc) attend que le goujon (l’emploi) morde à l’hameçon. Son buzuc, le voici : nous faire croire que la situation s’améliore après avoir rincé l’économie depuis 2007-2008, accaparé les différents « quantitative easing » (japonais, anglais, américain, etc) et profiter d’un krach très juteux par la suite.

            Par ailleurs, vous avez raison de souligner que le financier se paye sur la bête via le salarié, l’emprunteur. Les banques françaises détiennent au moins 20-25 plus d’actifs financiers que le PIB de la France. Qu’est-ce à comprendre si ce n’est qu’elles espèrent de 20-25 façons s’accaparer la richesse effectivement produite.
            Par ailleurs, vous avez à nouveau raison de souligner qu’elles essayent de s’accaparer l’épargne ou plutôt l’investissement des particuliers.

            Ce qui manque à votre article, c’est qu’elles (les banques, mais aussi les hedge-funds, les traders, etc) essayent de s’enrichir rapidement en étant très informées des orientations monétaires des banques centrales .

            • Robert Bibeau Robert Bibeau 7 mai 2014 23:52

              Cher Simon VOUS COMMETTEZ QUELQUES ERREURS fondamentales.

              1) Je débute par la fin. (J’ai mentionné hedge funds et traders sous le vocable de boursicoteurs - spéculateurs dans mon article. Ils ne sont pas très informés des orientations des banques centrales - ils déterminent et orientent les décisions des banques centrales - qui depuis 2008 ne sont pas difficiles à orienter = bas taux d’intérêt pour la monnaie des banques centrales et les prêts de banque à banque et hausse secrète - camouflée des taux d’intérêts pour les particuliers - tout comme l’inflation que l’on nous dit basse mais que nous voyons bien élevé pour les biens de première nécessité.

              2) NON NON le pêcheur = le financier dans votre parabole = n’attend pas l’emploi qui viendrait comme la chance - ou le malheur - il sait que l’emploi ne viendra pas car il n’y a plus de nouveaux marchés à conquérir

               


            • Robert Bibeau Robert Bibeau 8 mai 2014 01:09

              Cher Simon vous écrivez ceci « Sauf que, actuellement, la croissance et donc l’inflation sont sapées par la concurrence des pays à bas coût. Et les économies riches ne redémarrent pas, à quelques exceptions près. »

              Les économies occidentales ne redémarrent pas parce qu’elles sont minées par les capitalistes eux-mêmes qui ne cherchent pas la croissance - mais l’accumulation de profits pour un nouveau cycle de revalorisation - reproduction élargie - et si l’Asie peut mieux les servir les profits alors allons-y en Asie. VOIR les accords de libre-échanges que nous avons analysé il y a deux semaines. 

              Ce n’est pas la bonne expression de dire que la croissance est sapée par les bas salaires de l’Asie. Les capitalistes des pays occidentaux sont ceux qui délocalises. Il faut donc comprendre que pour eux la planète entière est un vaste marché - une vaste économie unifiée et que les distinctions que vous faites occident - orient - pays pauvres - pays riches n’ont plus aucune pertinence.

              La planète est le lieu de l’économie impérialiste et chaque région est en concurrence avec toutes les autres et le capitaliste déplace ses pions en fonction de la capacité d’engranger de la plus-value pour la réinvestir et provoquer un nouveau cycle étendue.

              LE PROBLÈME C’est qu’il n’y a plus un coin ou la chose est possible et ceci inclut la Chine qui périclite peu à peu.


              • Claude Simon Claude Simon 8 mai 2014 07:37

                « La planète est le lieu de l’économie impérialiste et chaque région est en concurrence avec toutes les autres et le capitaliste déplace ses pions en fonction de la capacité d’engranger de la plus-value pour la réinvestir et provoquer un nouveau cycle étendue.

                LE PROBLÈME C’est qu’il n’y a plus un coin ou la chose est possible et ceci inclut la Chine qui périclite peu à peu. »

                Et bien la solution est simple. La phase extensive étant achevée, il reste l’intensif.

                C’est à dire qu’il va falloir privilégier l’enrichissement des individus, hors d’un cadre de mondialisation comme actuellement où la mise en concurrence de tout les travailleurs entre eux ne lui permet pas de négocier décemment son salaire, une mondialisation qui exacerbe les inégalités.


                Pour dire autrement, l’esclave ne consommait pas, le salarié à 2 dollars par jour non plus.

                Mais la mondialisation n’est pas un environnement très porteur pour cela, car la tentation de surexploiter pour s’enrichir plus rapidement est extrêmement forte, dans un environnement devenu très incertain car mondialisé. Les gains de productivité peuvent aussi laisser à penser que l’inactivité risque de croître vis-à-vis de l’emploi, faisant pression sur les salaires.

                Quoiqu’il en soit, lorsque l’on voit ce qui est fait en Europe où les avantages acquis sont détruits pour rester compétitifs, nous n’en prenons pas le chemin.

                Il y a bel et bien des revalorisations de salaires minimum ici où là (US dans certaines villes, certains états, Allemagne). Mais globalement, l’empowerment social reste très dégradé.

                Mais la solution est simple, et elle n’est que politique.


              • clermontparis 8 mai 2014 09:46

                l’économie est un bien vague mot : Une vision théorique d’une situation qui change à chaque instant et qui est soumise aux aléas de tractations ,d’alliances , d’OPA, , enfin tout ce que nous connaissons et ne connaissons pas, et ce à l’échelle mondiale . Tout cela soumis aux lois de chaque pays que les politiques modifient journellement à leur gré ou non . Ajoutez les différentes géopolitiques , les guerres , les religions , révoltes , grèves ,cataclysmes,intempéries , erreurs humaines et tout ce vous pouvez imaginer . Rajoutez les banques et les spéculateurs .. l’économie ne peut-être que théorisée schématiquement .personne ne connait rien à rien . tous ceux qui viennent nous en parler ont des bribes d’un chaos que certains vont jusqu’à prétendre qu’il s’organiserait harmonieusement en fin de compte . Cinquante experts économistes réputés sur un plateau et vous obtenez cinquante points de vue . Il semble que les seuls gagnants sont les spéculateurs qui ne gardent les« titres »qu’une fraction de seconde . les garder une heure , une nuit est très dangereux .
                Notre seule satisfaction est de savoir que les gagnants d’une journée seront les perdants de demain .. Et je me fiche de savoir qui c’est puisque je ne peux rien y changer . (Mais les vrais et toujours perdants sont les particuliers qui font confiance aux parasites qui vivent du système . ) . Écouter les économistes , c’est écouter un astrologue , un diseur de bonne aventure . jouer à la loterie . Excusez ma franchise !


                • Robert Bibeau Robert Bibeau 8 mai 2014 22:52

                  @ Clermont.

                  Il faut faire la distinction entre la science de l’économie politique et les faits économiques observables autour de vous et le charabia d’intellectuel plumitifs qui déblatère à propos des phénomènes économiques qu’ils ne comprennent pas parce ils refusent les préceptes de bases de l’étude économique scientifique.

                  Pour motif idéologique les économistes ont mission de ne rien expliquer et de tout embrouiller. Ce ne sont pas les phénomènes économiques qui sont aléatoires - alambiqués - tordus mais l’interprétation qu’en donne des gens ayant d’autres intérêts en tête que le mieux être des salariés et de leur descendance.

                  Il n’y a aucune loterie - parchésie et jeu d hasard dans la science économique et prédire une guerre mondiale n’est pas faire de l’astrologie mais simplement voir ou nous mène la crise en cours.


                • Pere Plexe Pere Plexe 8 mai 2014 10:11

                  Tentative louable d’expliquer les mécanismes de l’économie.

                  Je ne suis en revanche pas d’accord sur votre opposition entre argent virtuel et réel.

                  L’argent est la représentation conventionnelle d’une valeur,le plus souvent d’une dette.

                  Sa valeur est donc conditionné d’une part à la solidité de cette convention et d’autre part à la valeur intrinsèque de la valeur en question.En particulier en cas de dette par la solvabilité du débiteur.

                  En ce sens tout l’argent peut être considéré comme virtuel.


                  • Robert Bibeau Robert Bibeau 8 mai 2014 22:46

                    @ PerPlexe

                    Vous écrivez « L’argent est la représentation conventionnelle d’une valeur, le plus souvent d’une dette. Sa valeur est donc conditionné d’une part à la solidité de cette convention et d’autre part à la valeur intrinsèque de la valeur en question. En particulier en cas de dette par la solvabilité du débiteur.En ce sens tout l’argent peut être considéré comme virtuel. » FIN.

                    Vous faites erreur mon ami. L’argent est bien la représentation d’une valeur mais le plus souvent ce n’est pas une dette mais un potentiel - une capacité d’achat. Mon salaire que je reçois par versement direct dans mon compte de banque est de l’argent et pas une dette. Mon paiement d’hypothèque à la fin du mois transforme mon argent versé (électroniquement par versement automatique - ceci n’a aucune importance dans notre démonstration) constitue le remboursement d’une dette il est vrai mais pour le créditeur ce paiement constitue un actif monnayable - investissable - échangeable. 

                    NON la valeur de l’argent n’est pas conditionné à la solidité de la dite « convention » FAUX. Une valeur est une valeur et ne peut fluctuer en fonction du niveau de confiance. Si l’économie d’un pays est prospère et solide son argent - sa monnaie (ce ne sont pas des équivalents attention) alors les gens auront confiance dans cette monnaie et l’argent - le capital issu de ce pays. Ca ne change pas la valeur de cet argent ca ne change que le degré de confiance - et possiblement les taux d’intérêts qui seront pratiquées dans ce pays prospère VERSUS un pays dont l’économie décline. 

                    Le mot Virtuel signifie POTENTIEL = SUSCEPTIBLE D’EXISTÉ évidemment qu’il est faux de dire que tout argent est virtuel - potentiel. Le dollar canadien que j’ai en poche en ce moment n’est pas du tout virtuel - je puis de ce pas aller m’acheter une bouteille de lait avec ce dollar ici au Canada mais je ne le pourrais pas au Chili ou cette monnaie serait refusé parce que inconnu et non échangeable sur le marché. Ceci ne rend pas mon dollar virtuel au Chili. Ceci annihile totalement la valeur de mon dollar canadien au Chili. Je puis le jeter il n’a plus aucune utilité.

                    Merci de votre commentaire

                     


                  • Hervé Hum Hervé Hum 9 mai 2014 01:07

                    Ceci annihile totalement la valeur de mon dollar canadien au Chili. Je puis le jeter il n’a plus aucune utilité.

                    Si c’était vrai, il n’y aurait pas beaucoup de tourisme. Je vous suggère avant de le jeter à la poubelle, de vous rendre dans une « casa de cambio » !
                     
                    Mon salaire que je reçois par versement direct dans mon compte de banque est de l’argent et pas une dette.

                     L’argent est une épargne de temps travaillé, contre laquelle vous pourrez acheter un bien ou service, lui même issu d’une somme de temps travaillé ou d’activité.

                    On peut donc postuler que l’argent est une dette, celle de tous ceux qui ont quelque chose à vendre, pour le travail que vous avez fourni. Tant que vous ne dépensez pas cet argent, tout le monde du commerce est en dette avec vous à hauteur de l’argent dont vous disposez. Donc, épargne ou liquidité.

                    L’argent est une épargne de temps travaillé pour celui qui la détient et une dette de temps à travailler pour celui qui la convoite.


                  • Pere Plexe Pere Plexe 11 mai 2014 15:33

                    Une valeur est une valeur et ne peut fluctuer en fonction du niveau de confiance

                    Alors pourquoi le morceau de papier imprimé que l’on appelle billet peut du jour au lendemain ne plus rien valoir ? Pourquoi les emprunts russes sont retournés subitement à la valeur du papier ?


                  • Robert Bibeau Robert Bibeau 11 mai 2014 16:30

                    @ Perplexe Vous écrivez : « Alors pourquoi le morceau de papier imprimé que l’on appelle billet peut du jour au lendemain ne plus rien valoir ? Pourquoi les emprunts russes sont retournés subitement à la valeur du papier ? »

                    Vous posez ci-haut une série de questions essentielles.

                    1) Qu’est-ce que la valeur ? 2) Comment se détermine la valeur ? 3) un billet de banque dites-vous dont la valeur fluctuerait = c’est impossible dites-vous ! 


                    Pourtant sous vos yeux chaque jour vous savez bien que la valeur de votre billet de banque fluctue - peu en phase d’inflation restreinte - beaucoup en jour d’inflation importante.

                    J’étais à Moscou en 1991. Nous échangions nos dollars en roubles à chaque jour car le lendemain nous obtenions plus de roubles que le jour d’avant = l’inflation était galopante. 

                    La valeur est produite par le travail en économie capitaliste. La monnaie est un instrument intermédiaire représentant la valeur = la quantité de travail contenu dans un produit.

                    Je reviendrai sur les autres concepts complexes dans des textes ultérieurs.



                  • Doume65 8 mai 2014 14:04

                    Bonjour

                    Quelque chose m’ennuie dans cet article :
                    L’hypothèque est présentée comme une forme de crédit.
                    Mais un hypothèque n’est qu’une garantie prise par un créancier.
                    La question posée « Une hypothèque est-ce de l’argent comptant » n’a absolument aucun sens, c’est comme demander si 2 x 2 est rouge (vous ne comprenez pas cette dernière question ?, c’est normal, ça ne veut rien dire).

                    C’est dommage, l’article semble intéressant, mais ce genre de confusion enlève du crédit (sans jeu de mot) au reste.


                    • Robert Bibeau Robert Bibeau 9 mai 2014 05:58

                      Vous avez le droit de nier l’évidence mais vous avez tout de même tord quand vous écrivez ceci « hypothèque n’est qu’une garantie prise par un créancier. »

                      Une hypothèque est de l’argent et la preuve évidente c’est que des millions d’hypothèques aux USA ont servit à spéculer à la bourse de New-York en 2007 et quand ces argent s’est révélé dévalué - par faute de paiement de ceux qui devait les honorés - leur valeur monétaire s’est effondré en même temps que la valeur de leurs cotes en bourse entrainant un des grands crash bousier monétarisé du siècle.

                      Avant de donner des leçons il faut vérifier ses avancées - 

                      Toutefois je dois vous félicitez tous c’est l’une des premières fois sur Agoravox que nous avons un débat sur le sujet du texte écrit plutôt que des invectives personnelles entre correspondants.

                      Continuez ainsi j’aime bien que l’on discute concept et principes.


                    • coinfinger 15 mai 2014 09:23

                      La question et la réponse sont révélatrices de deux ignorances : le crédit hypothécaire n’existe pas en France d’où l’incompréhension du Français qui questionne et du Canadien qui répond .


                    • Le421 Le421 8 mai 2014 19:08

                      En attendant et pour faire plus simple...
                      Travailler normalement en produisant quelque chose de concret (agriculteur, artisan, etc...) ne nourrit plus son homme. Et pourtant, la création de richesse est bien réelle.
                      Travailler dans les salles informatisées en jouant au loto sur des valeurs boursières virtuelles rapporte généralement beaucoup. Tout le monde ne s’appelle pas Kerviel et ce garçon a vraiment beaucoup de choses à nous apprendre...
                      Il y a aussi le trafic, l’escroquerie, le vol et le loto.
                      L’économie ?? C’est très simple...
                      L’invention de la monnaie scripturale a tout changé.


                      • Le Gaïagénaire 9 mai 2014 22:18

                        Nouveau Monsieur Bibeau,

                        « Une hypothèque est de l’argent et la preuve évidente c’est que des millions d’hypothèques aux USA ont servit à spéculer à la bourse de New-York en 2007 et quand ces argent s’est révélé dévalué - par faute de paiement de ceux qui devait les honorés - leur valeur monétaire s’est effondré en même temps que la valeur de leurs cotes en bourse entrainant un des grands crash bousier monétarisé du siècle. »

                        Ce paragraphe tel qu’écrit avalise la fraude des prêteurs et donc les dations en paiement et les évictions qui ont suivies smiley 

                        • Hervé Hum Hervé Hum 10 mai 2014 08:49

                          Manifestement, ce n’est pas l’essentiel qui vous échappe, mais vous qui le fuyez !


                          • Jean Keim Jean Keim 11 mai 2014 15:53

                            Oui l’économie c’est compliqué mais à dessein afin de masquer l’essentiel et peu importe que l’on vole du temps ou des biens, la réalité est simplissime, il faut beaucoup d’inféodés (aux banques) pour faire un riche.

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