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Accueil du site > Tribune Libre > L’effet Larsen ou le règne de l’occis-mort dans la pensée (...)

L’effet Larsen ou le règne de l’occis-mort dans la pensée occidentale

Les injonctions intransitives, sans compléments d'objet ou sans attributs, variantes du paradoxe du menteur, ont envahi la pensée occidentale devenue incohérente, irrationelle, donc onirique et sans prise sur le réel.

Quelques petites réflexions sur l'envahissement de la pensée occidentale par le paradoxe du menteur ;

En logique mathématique, une théorie qui contient un tel énoncé paradoxal (à la fois vrai et faux), est considérée comme dépourvue de tout intérêt car on peut démontrer que tout y est vrai et tout y est faux.

Les exemples de cet invasion abondent :

Il est interdit d'interdire ! : donc il est permis d'interdire et par conséquent on peut interdire d'interdire etc.

il faut s'indigner !  : en particulier il faut s'indigner contre l'indignation, et donc ne pas s'indigner, en particulier il ne faut pas s'indigner contre l'indignation etc.

Il faut lutter contre toutes les discriminations ! : y compris contre la discrimination dont sont victimes ceux qui discriminent (homophobes, misogynes, misanthropes, ploutophobes —comme Hollande—, francophobes, germanophobes, antisémites, islamophobes, etc. bref, presque tout le monde, mis à part quelques saints, et encore, on peut les soupçonner démonophobie !) ce qui revient à encourager la discrimination, etc.

Il faut accepter l'autre !, : donc y compris ceux qui ont pour profession de foi de n' accepter pratiquement personne, ce qui revient à dire qu'il n'est pas obligatoire d'accepter l'autre etc.

Etc. Etc.

Ces injonctions intransitives, donc sans compléments d'objet ou sans attributs, sont dépourvues de sens et sans consistance !

Le monde occidental baigne dans l'oxymore. Le paradoxal est devenu sa doxa. Sa pensée n'a plus aucune prise sur le réel : c'est une pensée d'occis-mort, un cadavre au fil de l'eau. La pensée oxymorique est une pensée onirique. Comme dans les rêves, on peut y faire cohabiter une chose et son contraire. Comme dans les rêves on peut donc faire disparaître les contradictions.

Une société qui abandonne le monde du réel et de la rationalité pour se soumettre aux impératifs d’une telle pensée s'embarque dans « la nef des fous », et part à la dérive, car les contradictions, bien entendu ne disparaissent pas de la réalité par le recours à la magie du verbe. De temps en temps il se produit dans ce monde si parfait des phénomènes étranges, des sortes de "larsens sociologiques", des symptômes révélant une pathologie profonde de la société. On voit des femmes de ménage, émigrées, noires et pauvres crier "shame on you" contre une personne censée être le champion du parti des femmes, des noirs, des immigrés et des pauvres ! (ce que Ph. Murray décrit dans Moderne contre Moderne, en ajoutant que nous n'avons plus qu'à regarder le spectacle depuis l'orchestre). Quelqu'un explose (littéralement pour les intégristes musulmans qui sont des "bombes oxymoriques") contre un monde qu'il juge impie et blasphématoire— pourtant lui intimement convaincu d'être le meilleur des mondes possibles... ce que, au besoin il peut faire savoir à coups de bombes— ou fait un carnage de ses semblables (Breivik) pour affirmer sa différence qu'il pense mise en danger — n'est on pas enjoint de les accepter toutes ?— : tout le monde crie "c'est le retour de la bête immonde" sans s'apercevoir qu'elle est déjà présente depuis longtemps sous ma forme du "totalitarisme"* engendré par la pensée oxymorique.

Le Bien a décrété qu’il serait désormais seul sur la scène, croyant avoir mis le Mal dans sa poche. Mais le Mal, comme un Diable au bout d’un ressort surgissant de sa boite, y revient tenir son rôle éternel quand on ne l'attend plus. Notre Père qui êtes au cieux délivrez nous du mal.....

Comme l’a compris Ph. Murray, il n’y a que le rire pour nous sortir de la !

 * il faut entendre totalitarisme étymologiquement , dans le sens ou "total" s'oppose à "rien" (nihil), par conséquent c'est une sorte de négatif du nihilisme.


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12 réactions à cet article    


  • easy easy 4 août 2011 12:34

    Oui, les injonctions intransitives, aussi tranchantes qu’imprécises, sont hystériques.

    Mais même quand on passe à des formules plus pragmatiques, ça reste fou.
    « Toi, Vincent, moi Pierre, nous n’aimons pas la violence. Or Paul est violent. Alors nous estimons logique de le pendre ou l’emmurer vivant »

    Ce phénomène, dans lequel Larsen à a voir effectivement, provient de la pensée trop exclusivement cataphatique qui ne conçoit que ce qui est et ce qui n’est pas « Etre ou ne pas être » William n’aurait pas entrevu d’autre alternative que ces deux situations.

    Or Schröedinger aurait plongé le monde capataphatique dans la perplexité avec son chat



    Dans un monde cataphatique, Dieu ne peut exister que par ce qu’il aura fait ou pas fait.
    Partant de là, partant du fait que ce Parfait, n’aurait créé que du BIEN alors qu’on patauge tous dans la gadoue et les cadavres puants, il y a paradoxe fondamental

    Dans un monde apophatique, Dieu n’a pas besoin de créer ou ne pas créer pour exister. Il ne fait pas le Bien, il ne défait pas le Mal. Les étoiles ne sont ni magnifiques ni moches et on aime ses parents sans se poser de questions sur eux, sans les juger.



    • Laratapinhata 4 août 2011 17:18

      ...et on aime ses parents sans se poser de questions sur eux, sans les juger... Ben justement non...pas toujours, dans la réalité....Alors le monde ne serait-pas apophatique ?


    • easy easy 4 août 2011 17:45

      @ Lara,

      Ceux qui aiment leurs parents sans les juger, sans considérer ce qu’ils ont créé ou pas créé, ce qu’ils ont fait de bien ou de mal, ont, vis-à-vis d’eux, un regard apophatique

      Ca ne veut pas dire pour autant que la plupart des gens, vis-à-vis de leurs parents, des autres personnes et des autres choses, ont ce même regard qui ignore le calcul, la stratégie, l’utilité et le jugement.





    • Montagnais Montagnais 4 août 2011 15:25

      Heureusement que les Bear CusCus et autres ringtails savent pas lire l’auteur, sinon, c’est comme un cordeau détonant votre libelle. Tout le bazar à plat en un rien de temps..


      Déjà que tout le monde se bat pour la paix, que tout le monde hait les cons..

      Nihil Obstat. Vae Fasciculus.

      • loco 4 août 2011 15:29

         Pensée oxymorique, tu parles !!! 
        D’abord, le domaine de la blague, de la dérision : « interdit d’interdire », qui a jamais vu là une injonction est innocent, la formule ayant seulement voulu moquer la stupide prétention d’une dérive sociale visant à tout organiser par le biais de l’interdiction.
        Ensuite, le retour de la morale : « s’indigner » n’est pas à prendre au pied de la lettre, et n’est qu’une formule choisie par un ancien qui ne pense pas qu’il soit de son rôle de proposer des pistes vers une société qu’il ne vivra plus (honnêteté intellectuelle), mais tient à rappeler que la morale doit avoir sa place dans la réflexion personnelle, sociale, politique, et tente de secouer ainsi un monde où l’on apprend aux jeunes à « se vendre ».
        Enfin, malhonnêteté d’un propos qui se veut philosophique, et prétend pourtant évacuer la nuance, le jugement... que devient alors le doute ? et comment sait-on qu’on ne sait rien ?


        • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 4 août 2011 15:48

          C’est ce que l’on appelle la mauvaise foi : faire dire a l’autre autre chose que ce qu’il dit vraiment, pour le lui reprocher.


          Par exemple ; il faut s’indigner  ! S’adresse a la population face au monde économique, en relation avec ce qui se passe en ce moment, notamment avec les banksters. 

          Il ne s’agit pas comme le prétend l’auteur d’une indignation générale et sans but, s’indigner pour s’indigner.

          Il s’agit de s’indigner qu’au meme instant des peuples entiers meurent de faim, et des entreprise s ont des profits tels qu’ils ne savent plus ou spéculer, ce qui leur permet de détruire des Etats.

          Il s’agit de s’indigner sur notre condition humaine détruite par des financiers qui ne créent plus rien hormis du chaos.

          Il n’y a la aucun oxymore.

          Tout cet article est basé sur une grossière manipulation.




        • Laratapinhata 4 août 2011 17:21

          Tout cet article est basé sur une grossière manipulation.


          C’est ce qui lui donne sa saveur.


        • jaja 4 août 2011 17:13

          welcome back camarade abgeshiedenheit


          • jaja 4 août 2011 19:10

            je veux dir gohome


          • Jean-marc 4 août 2011 22:10

            "

            Il s’agit de s’indigner qu’au meme instant des peuples entiers meurent de faim, et des entreprise s ont des profits tels qu’ils ne savent plus ou spéculer, ce qui leur permet de détruire des Etats.

            "
            ce ne sont pas spécifiquement les entreprises qui font les profits mais les financiers, qu’il ne faut d’ailleurs pas confondre avec les banquiers. Si l’on s’indigne trop on confond tout.

            • kalon 5 août 2011 09:07

              Et une personne disant qu’elle ment toujours, dit’elle la vérité ?

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