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L’enfant face aux prédateurs

Deux formes de prédateurs ont fait la une de l’actualité ces jours derniers : les pédophiles avec « Les infiltrés » de France 2, et les mouvements sectaires avec la publication le 7 avril du rapport de la Miviludes. On oublie trop facilement que l’infiltration des journalistes, critiquée par certains, est l’arme favorite et redoutablement efficace des sectes et des pédophiles. Avoir cette réalité en face permet de relativiser les faits et de prendre conscience des dangers auxquels nous laissons nos enfants exposés !

L’enfant est bien entendu victime de bien d’autres prédateurs, notamment la publicité agressive ou plus sournoise encore la publicité séductrice, alléchante. La société de consommation est un piège à innocence, comme la télévision et Internet dans une certaine mesure. Mais les pédophiles et mouvements sectaires sont les pires prédateurs.
 
La Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a publié son rapport 2009 le 7 avril 2010. Elle y dénonce les dangers du chamanisme, des nutritionnistes fantaisistes. En 2008, elle avait mis au grand jour le "syndrome du faux souvenir induit" pratiqué par les sectes qui injecte dans l’esprit des gens de faux souvenirs d’abus sexuels. C’est une technique destinée à déstabiliser l’individu pour le placer en état de sujétion et le manipuler aisément.
 
Si l’on remonte encore plus loin dans le temps, c’est en 2007, à l’occasion du vote de la loi du 5 mars de protection de l’enfance que le problème a connu de vrais débuts de solutions. De nombreux amendements adoptés ont permis de progresser réellement dans la prévention des risques sectaires. Cela faisait suite à un rapport d’enquête parlementaire intitulée "L’enfance volée : les mineurs victimes de sectes" de décembre 2006.
 
La Miviludes pointe le rôle essentiel des maires et conseils généraux dans la prévention des risques sectaires. C’est l’objet de son rapport du 7 avril.
 
Le maire est en première ligne. Souvent séduit par des démarcheurs sympathiques et motivés, il est tenté d’accéder aux demandes d’initiatives de sectes en matière de soutien scolaire, de loisirs, de prêts de locaux, etc. Comme ces sectes avancent masquées, il ne soupçonne pas de malveillance de leur part. Cela peut aller plus loin : des sectes infiltrent l’administration afin d’obtenir plus facilement des autorisations, des subventions, des permis de construire ou des locations de salles. La Miviludes recommande donc au maire une série de préventions, en particulier la vérification de la scolarité et du respect de l’obligation de vaccination. La scolarité n’est pas une obligation, et le choix de l’éducation à domicile ou par correspondance relève de la liberté individuelle. Il ne faut, par conséquent pas faire d’amalgame entre ces phénomènes et les risques de dérive sectaires. Ce sont toutefois des signes possibles à surveiller. Pour l’année scolaire 2007-2008, il y avait 13 547 enfants de 6 à 16 ans instruits à domicile. Le phénomène n’est donc pas négligeable.
 
La scolarité à domicile permet ainsi aux prédateur sectaires de s’introduire dans la maison et dans la tête des enfants. Ce sont de véritables infiltrés.
 
La Miviludes regarde aussi du côté des conseils généraux qui ont en charge la mission de PMI et donc les vaccinations. Dès 2006, le législateur a sensibilisé les conseils généraux à la formation au fait sectaire de personnels de leurs services sociaux en charge des agréments des assistantes maternelles et des adoptants.
 
Quelles sont les perspectives de lutte contre les prédateurs des enfants ? La Miviludes va publier dans le courant du troisième trimestre 2010 un "guide pratique de la protection de l’enfance face aux dérives sectaires". Pour ce qui est des pédophiles qui oeuvrent sur Internet, on sait d’ores et déjà que le reportage de France 2 "Les infiltrés" n’a pas eu d’effet sur le gouvernement contrairement au reportage en maisons de retraite. La ministre n’a annoncé aucun moyen nouveau pour la police qui agit avec un effectif et des moyens ridiculement dérisoires. Nadine Morano s’est contentée de déclarations vides de toute solution et d’un appel à une coordination internationale pour lutter contre la pédophilie sur Internet, une façon d’écarter définitivement toute action nationale contre les pédophiles nombreux qui pullulent sur la toile et abordent les enfants dans la plus totale impunité.
 
Alors infiltration ou pas infiltration ? Pendant que l’on débat au nom de la déontologie journalistique et que l’on mégote sur les moyens judiciaires, les sectes et prédateurs ont recours massivement à cette arme qui les rend chaque jour plus puissants.
 
"La faute à personne, la faute à la fatalité" ?
 
 



par Voris : compte fermé lundi 12 avril 2010 - 82 réactions
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