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Accueil du site > Tribune Libre > L’extraordinaire diversité des villages de France

L’extraordinaire diversité des villages de France

Rares sont les pays sur la planète où, sur une superficie comparable à celle de la France métropolitaine, la diversité architecturale des villages est si grande et si spectaculaire. Petit visite guidée...

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Eguisheim, Collonges-la-Rouge, Gordes, Locronan (Photos Fergus, sauf Gordes, anonyme)

550 000 km², c’est grosso modo une superficie comparable à celle de pays comme le Cameroun, le Kenya, le Maroc, la Suède, l’Ukraine, la Thaïlande ou le Yémen. Des pays aux attraits plus ou moins diversifiés en matière d’habitat rural, mais dont les villages ne se caractérisent pas par des différences qui, d’une région à l’autre, sautent aux yeux des visiteurs. Tel n’est pas le cas en France où le voyageur qui parcourt le pays du nord au sud et d’est en ouest découvre un patrimoine d’architecture rurale d’une variété probablement unique au monde sur un territoire de cette taille.

L’explication de ces différences – souvent spectaculaires – entre les villages de nos terroirs est due à plusieurs causes principales. En tout premier lieu, à la diversité des cultures et des traditions locales qui, avant de s’agréger au fil du temps pour constituer la nation française telle que nous la connaissons aujourd’hui, ont profondément marqué les patrimoines régionaux. Autre facteur important : les contrastes climatiques marqués qui opposent les régions de plaine aux massifs montagneux, les régions du nord à celles du sud, les contrées de l’intérieur aux zones littorales, les différences étant accentuées pour ces dernières par les influences maritimes très marquées de l’Atlantique et de la Méditerranée. À cela il convient d’ajouter la grande diversité des activités agricoles, très impactées par le climat local, le relief et les caractéristiques géologiques de chaque terroir. Enfin, la nature des matériaux de construction disponibles sur place, et le savoir-faire des artisans locaux, progressivement sortis de la condition agricole pour devenir des bâtisseurs, ont évidemment joué un rôle important dans le style des constructions.

Les habitations qui, de nos jours, composent le cœur des villages de France ont, pour la plupart d’entre elles, été construites au cours des 18e et 19e siècles en remplacement de l’habitat précaire et périssable (murs de terre ou de torchis, toits de chaume) qui prévalait auparavant. Mais il existe également, en de nombreuses régions, des habitations plus anciennes – ici en pierre, là en pans de bois – qui datent des 16e et 17e siècles. La plupart du temps, il s’agit de logis de maître, voire d’hôtels particuliers, érigés par les nobliaux du cru, les riches négociants ou les vignerons fortunés. Des belles bâtisses qui, bien souvent, ont servi de modèle aux paysans enrichis et aux habitants embourgeoisés pour construire leur propre habitation, plus modeste que ces demeures huppées, mais de facture proche dans le choix des matériaux, les appareillages de la pierre ou du bois, et parfois les éléments décoratifs.

On a coutume de dire que les matériaux disponibles ont très largement induit les différents modes de construction dans l’habitat rural, et ce fait est vérifiable le plus souvent. Quelques exemples : les maisons picardes ou flandriennes à dominante de brique là où manquaient le bois et la pierre de taille ; les chalets en bois du massif alpin où prédominait la forêt ; les habitations en grès de Provence ou en tuffeau du Val-de-Loire, régions où ces matériaux étaient aisément accessibles et de surcroît faciles à « travailler ». Pour autant, il existe des exceptions remarquables comme la Bretagne, la Corse ou les Cévennes, contrées naguère riches en forêts mais où les populations ont clairement fait le choix de la solidité et de la pérennité en optant très tôt pour le granit ou le schiste omniprésents.

Du village circulaire à la bastide carrée

Il résulte de tout cela une formidable diversité qui ne manque pas de surprendre les visiteurs de notre pays et qui réjouit tous les amoureux du patrimoine bâti, entre les habitations à colombages de différents types (alsacien, basque, bressan, gascon, normand) ; les maisons en pierre de toute nature (calcaire, grès, granit, basalte, voire poudingue et galet) et de tous styles, y compris gothique ; les chalets de montagne plus ou moins trapus ; les habitations appareillées en brique, avec ou sans association à des moellons ou des pans de bois. Sans compter les édifices publics et religieux qui apportent eux aussi leur touche régionaliste et contribuent incontestablement à l’identité du village, de même que les châteaux qui dominent certains villages, les remparts qui en ceignent d’autres ici et là, ou les innombrables halles, lavoirs, puits sculptés et fontaines anciennes.

La couverture des maisons joue, cela va de soi, un rôle de séduction important. Ici, l’on a eu recours à des tuiles plates (possiblement vernissées), là à des tuiles canal, ailleurs à des ardoises plus ou moins épaisses selon la nature des filons, quand ce n’est pas à des dalles de lauze ou à des bardeaux de mélèze.

Quant à l’aspect des façades, il varie considérablement selon les régions, entre celles qui laissent la pierre ou le bois nu, celles qui offrent à la vue des appareillages décoratifs plus ou moins sophistiqués, celles qui osent les couleurs les plus vives, et celles qui offrent de multiples nuances d’ocre à la mode italienne. Sans oublier les essentages d’ardoise ou de tavaillons que l’on peut observer en divers lieux.

La forme des villages varie également fortement selon la nature du terrain et, le cas échéant, de la nécessité de se protéger. Nombreux sont, principalement dans la partie méridionale du pays, les villages perchés sur des collines et souvent constitués de rues concentriques, parfois caladées et reliées par des andrones, autour de l’église et de la place centrale. D’autres au contraire ont été bâtis au fil du temps de manière plus empirique pour profiter de l’ensoleillement ou laisser libre cours à la volonté de chacun. Enfin, il en est dont les bâtisseurs ont délibérément adopté le plan carré. C’est notamment le cas des nombreuses bastides du Sud-ouest construites au Moyen Âge autour d’une place, elle-même carrée et caractérisée sur son pourtour par des arcades en berceau et des galeries couvertes. Mais c’est aussi le cas des villages garnison édifiés au cœur d’une enceinte fortifiée de type Vauban.

D’autres particularités locales s’ajoutent ici et là, telle la présence dans chaque village basque d’un fronton de pelote, d’un trinquet ou d’un jaï-alaï. Et que dire de ces modestes villages ruraux du Finistère qui, aux 16e et 17e siècles, ont été dotés de remarquables et coûteux enclos paroissiaux, directement nés de l’orgueil de leurs habitants ?

Toutes les régions disposent de villages remarquables, chacun doté d’un caractère propre lié à la géographie, à la culture locale, et parfois aux soubresauts d’une histoire agitée. Il suffit, pour se convaincre de cette extraordinaire diversité, d’effectuer un tour de France... alphabétique en cliquant sur le nom de chaque village :

Autoire (Lot), Baumes-les-Messieurs (Jura), Collonges-la-Rouge (Corrèze), Domme (Dordogne), Espelette (Pyrénées-Atlantiques), Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or), Gerberoy (Oise), Hérisson (Allier), Ile-d’Aix (Charente-Maritime), Jausiers (Alpes-de-Haute-Provence), Kaysersberg (Haut-Rhin), Locronan (Finistère), Montsoreau (Maine-et-Loire), Noyers-sur-Serein (Yonne), Oppède-le-Vieux (Vaucluse), Peillon (Alpes-Maritimes), Quintin (Côtes d’Armor), Rochefort-en-Terre (Morbihan), Salers (Cantal), Turenne (Corrèze), Usson (Puy-de-Dôme), Vézénobres (Gard), Wissant (Pas-de-Calais), Xaintrailles (Lot-et-Garonne), Yvoire (Haute-Savoie), Zonza (Corse-du-Sud).

Un salut amical à tous les compatriotes d’outremer : malgré le caractère métropolitain de ce tour d’horizon, ils ne sont évidemment pas oubliés.

Dans les villages de naguère :

1957 : jour de batteuse

1965 : un dimanche au village

 

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Kientheim (Haut-Rhin)

 

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Loubressac (Lot)

 

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Sare (Pyrénées-Atlantiques)

 

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Pontrieux (Côtes d’Armor)

Moyenne des avis sur cet article :  4.16/5   (32 votes)




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183 réactions à cet article    


  • Le p'tit Charles Le p’tit Charles 30 mars 09:01

    +++++

    Intéressant article...mais vous oubliez un facteur important....le climat (il me semble)

    • Fergus Fergus 30 mars 09:17

      Bonjour, Le p’tit Charles

      Cet élément joue évidemment un grand rôle dans le choix des sites et la nature du bâti. Et c’est pourquoi, dans la première partie de l’article, j’ai écrit ceci : « Autre facteur important : les contrastes climatiques marqués qui opposent les régions de plaine aux massifs montagneux, les régions du nord à celles du sud, les contrées de l’intérieur aux zones littorales, les différences étant accentuées pour ces dernières par les influences maritimes très marquées de l’Atlantique et de la Méditerranée. »


    • Le p'tit Charles Le p’tit Charles 30 mars 09:47

      @Fergus...je dirais un rôle prépondérant...influant sur tout le reste..c’est mon sentiment.. !


    • Fergus Fergus 30 mars 10:11

      @ Le p’tit Charles

      « influant sur tout le reste »

      A mon avis, non, bien que ce facteur soit très important.

      La preuve en est dans les innombrables maisons à colombages d’Alsace, région à climat continental très marqué (très chaud l’été, très froid l’hiver), comparables aux très nombreuses maisons du Pays basque, région à climat doux !


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 30 mars 11:26

      @Le p’tit Charles

      Ce n’est pas le climat qui explique l’absence totale de diversité des villages et villes étasuniens, mais l’histoire, comme c’est l’histoire qui explique pour quoi ce sont les régions les plus « identitaires » qui valorisent et entretiennent le plus leur patrimoine.

    • Fergus Fergus 30 mars 11:37

      Bonjour, M de Sourcessure

      « c’est l’histoire qui explique pour quoi ce sont les régions les plus « identitaires » qui valorisent et entretiennent le plus leur patrimoine. »

      Entièrement d’accord avec vous sur ce point.


    • Le p'tit Charles Le p’tit Charles 30 mars 12:39

      @M de Sourcessure...Les variations climatiques dépendent étroitement de la position astronomique de la Terre....

      L’inclinaison de l’axe des pôles par rapport à la perpendiculaire au plan de l’écliptique et la révolution engendrent les saisons astronomiques à partir de quatre positions :
      L’activité volcanique rejette notamment du CO2 (actuellement en quantité moindre que les activités humaines) et de l’acide sulfurique sous forme de gouttelettes. Les rejets de cendres peuvent atteindre des millions de tonnes jusqu’à plusieurs kilomètres d’altitude.
      Toutes les éruptions volcaniques ont des effets sur le climat de l’échelle locale à régionale. Certaines d’entre elles, particulièrement importantes, rejetent des poussières dans la stratosphère (au-delà de 13 km d’altitude) et modifient le climat planétaire pendant quelques mois. Dans ce cas, ce phénomène crée une couverture atmosphérique opaque qui filtre la luminosité et la chaleur qui vient du soleil. Ceci peut entraîner un refroidissement du climat comme le volcanisme intense d’une centaine de milliers d’années qui a eu lieu lors de l’extinction des dinosaures....Au niveau planétaire, actuellement, les eaux de surface des mers de Norvège et du Labrador, plus salées avec la formation de glace, plongent entre 2 000 et 4 000 mètres de profondeur (on parle de l’Eau Profonde Nord Atlantique) et circulent lentement vers les autres bassins océaniques. Dans le même temps, les eaux tropicales chaudes de surface remontent notamment vers le pôle Nord. Cette circulation lente (environ 1 500 ans) atténue les différences de températures entre les latitudes....Les travaux du mathématicien serbe Milutin Milankovitch (1941) confirmés par l’astronome belge André Berger, le paléoclimatologue américain John Imbrie et le mathématicien J.Laskar mettent en évidence que la variation de la position de la Terre sur son orbite induit des variations climatiques majeures...L’interglaciaire actuel a débuté il y a 10 000 ans. La circulation atmosphérique générale s’est alors décalée (l’anticyclone des Açores passe de 35 à 30° nord, la dépression d’Islande de 55 à 65 ° nord). Et, il ne devrait pas y avoir de glaciation majeure avant 60 000 ans (JOUSSAUME, 1993 ; FOUCAULT, 1993, etc.).
      Infime source de la variation du climat sur la terre comme sur ses régions, donc sur l’homme et son environnement... !
       






    • mmbbb 3 avril 12:34

      @Fergus l’histoire certes et évidemment le lieu puisqu auparavant les matériaux pour des raisons de cout et de nécessite de ne traversaient pas le pays Mon pays est l’ain les maisons traditionnelles sont en pise Si les murs sont proteges cette terre argileuse presente des caracteriques thermiques excellente Je pratique la montagne en France nous avons pas su conserver le style traditionnel et l architecture est hétéroclite contrairement a la valle d’aoste ou les italiens ont conserve le style en toit de lauze qui donne une unite architecturale Mais depuis quelques annees le tavaillons ( tuile en meleze ) est de retour dans la vallee de Chamonix Notre pays a un tres grand privileges l extraordianire diversite des paysage qui donne donc des architectures des vins et des terroirs gastronomiques tres différencies Les francais devraient prendre soins de ce cadeau ( detritus ) naturel 


    • Fergus Fergus 3 avril 14:14

      Bonjour, mmbbb

      Sauf erreur de ma part, le pisé en Franche-Comté est principalement visible dans les régions de plaine. En montagne, c’est surtout des maisons trapues en pierre (notamment calcaire) qui prédominent, parfois complétés par des greniers en bois. Mais, malgré mes crapahust dans la région, je ne suis pas spécialiste de la question.

      Pour ce qui est de l’architecture montagnarde préservée, il n’y a pas que le Val d’Aoste dans les Alpes : la haute vallée de la Maurienne - entre autres - comporte de nombreux villages et hameaux qui ont conservé leurs constructions traditionnelles en pierre et leurs toits de lauze. De l’autre côté du Galibier, de nombreux villages du Briançonnais et, un peu plus bas, du Queyras, ont conservé de nombreuses habitations anciennes au cachet parfaitement préservé, à l’exception - malheureusement - de trop nombreuses toitures en bac acier ayant remplacé les bardeaux de mélèze traditionnels.

      Tant mieux si les tavaillons sont de retour ici et là. C’est incontestablement un « plus » tout à la fois sur le plan du patrimoine et sur celui du tourisme. Il faut dire à cet égard qu’il existe des aides financières des collectivités locales qui ont fort heureusement donné le coup de pouce nécessaire.

      D’accord avec votre conclusion sur le soin que nos compatriotes devraient apporter à soutenir cette diversité, non seulement de l’architecture, mais aussi des paysages, des cultures et des produits de nos terroirs. Tout cela contribue à faire de la France un pays exceptionnel à bien des égards.


    • sarcastelle 30 mars 09:02

      La transition énergétique avec son isolation par l’extérieur, ça va donner quoi ? 

      Sera-ce réservé aux pavillons en béton ? 

      • Fergus Fergus 30 mars 09:29

        Bonjour, sarcastelle

        Très franchement, je ne sais pas comment l’habitat ancien traditionnel sera adapté. Néanmoins, j’observe que la plupart des maisons anciennes protègent d’ores et déjà leurs habitants, tant des fortes chaleurs que des grands froids. Leur problème d’isolation se situe plutôt au niveau de la toiture et des ouvertures, ce qui peut être facilement résolu.

        Pour ce qui est des isolations extérieures, elles sont évidemment incompatible avec des façades décorées (par exemple par des alternances de pierre de taille et de briques) qui perdraient tout leur cachet. Et il en va de même évidemment pour les maisons à pans de bois, très nombreuses en France dans différentes régions. Sans doute faudra-t-il imaginer des solutions adaptées pour ne pas nuire à l’esthétique.


      • chantecler chantecler 30 mars 18:39

        @Fergus
        y’ a beaucoup à débattre , à apprendre , à échanger sur ce thème ...
        Un autre article de Fergus ?
        .....
        « Les solutions simples, pratiques , peu coûteuses pour ?
        Bâtir,
        Rénover,
        Isoler,
        Chauffer ,
        Traiter les eaux usées,
        Fabriquer sa nourriture ,
        ... »
        Si tu t’y lances et si je suis devant mon PC (car je déménage bientôt en C.L ) , je ferai « l’animateur », mais je suis certain que le fil durera des semaines !


      • Rincevent Rincevent 30 mars 19:01

        @sarcastelle

        Il me semble vous avoir déjà rassuré, sur un autre fil. C’est effectivement plutôt pour du neuf, sans décrochements. Maintenant, rien n’empêchera d’y mettre une décoration par dessus, aux architectes de l’imaginer.


      • Rincevent Rincevent 30 mars 19:06

        @Fergus

        Avec l’instauration du DPE on s’est aperçu que beaucoup d’habitats anciens ont de meilleures performances thermiques que le tout-béton d’après-guerre...


      • Fergus Fergus 30 mars 19:51

        @ Rincevent

        Oui, c’est ce que je faisais remarquer dans un commentaire précédent. Et c’est une excellente nouvelle pour sauvegarder le bâti ancien.


      • rocla+ rocla+ 30 mars 09:52

        Sympa ce tour de France des villages .


        En effet nous avons , par chemins  sentes traverses  venelles et
        pavements  un merveilleux pays  de contrastes suivant les régions parcourues .

        J’ en profite pour parler de vous , euh non de toit  :

        en Alsace les toits sont couverts  pour beaucoup de maisons de Bieberschwantz 
        littéralement  : queues de castor  , ef fait des tuiles ayant cette forme là . 



         Les diverses fontaines de nos villages  faisant  jaillir  la belle eau sont 
        de véritables bijoux  sur les places et recoins . 


        Cheminer  le long de la Meuse sinueuse   est plaisir des yeux . 


        La Creuse  ses rivières lacs et étangs  est  pleine de grâces .


        La France un très beau village . 

        • Fergus Fergus 30 mars 10:32

          Bonjour, Capitaine

          Exact pour les couvertures en « Biberschwanz » que l’on trouve également, avec ou sans motif décoratif, en Allemagne et en Suisse.

          Pour ce qui est des fontaines, certaines, datant souvent de la Renaissance, sont remarquables en Alsace (Barr, Eguisheim, Kientzheim, Molsheim, Obernai, Ribeauvillé, Wettolsheim, etc), de même que les puits à seaux, parmi lesquels ceux, superbes, de Boersch et Obernai.

          La Meuse, j’en connais surtout Givet où, de nuit en 1967, j’ai dû attaquer la citadelle après avoir manqué couler dans la rivière, traversée sur une botte de paille avec un bidon écrasé comme pagaie. On savait s’amuser en ce temps-là au centre d’entraînement commando ! smiley

          La Creuse, comme les autres départements du Limousin, est un lieu de tranquillité remarquable où les gens prennent le temps de vivre. Il y manque parfois un peu d’animation pour les jeunes, jusque dans la préfecture, Guéret.

          « La France un très beau village ». Je partage cette opinion sans réserve.


        • rocla+ rocla+ 30 mars 11:56

          @Fergus


          Givet  pas loin de Fumay  est une petite ville jouxtant la frontière 
          Belge . 

          Vous avez pas toujours du rire dans ces exercices commandos ....

          Il s’ y tient la célèbre foire aux Oignons le 11 novembre de chaque année, drainant 
          des milliers de visiteurs  dont une grande partie de Belges .

          J’ ai été exposant à cette foire pendant plus de trente ans d’ affilée par beau 
          temps , neige , brouillard , pluie , vent , une des dernières fois on a du remballer 
          vers 10 heures du mat tellement le vent était fort . 

          Une journée perdue après mille km de route aller retour . 

          Par une chance extraordinaire la tuile qui a chuté d’ un toit de 10 mètres de haut 
          a eu le bonne idée de tomber à 50 cm à côté de moi . 

          Les péniches  de particuliers  accostent le long des quais , c’ est joli de couleurs 
          variées sur la Meuse .


        • Fergus Fergus 30 mars 14:35

          @ rocla+

          « Vous avez pas toujours du rire dans ces exercices commandos ... »

          Non, mais ce séjour « organisé » à Givet m’a permis de découvrir la ville belge de Dinant et, au sud, les méandres de Revin. Je n’ai malheureusement pas été sur place lors de la foire de l’Oignon. Je me suis rattrapé depuis avec les oignons roses de Roscoff, probablement les meilleurs dans leur genre. A ce propos, il est possible qu’un jour je raconte l’histoire des Johnnies, ces roscovites qui, naguère, partaient vendre leur production en faisant du porte à porte dans les rues de Londres.

          Par chance, vous avez échappé à la « tuile », un danger au propre comme au figuré !

          Cette région ardennaise méconnue est intéressante à plus d’un titre. Comme son homologue belge, et pas seulement pour Liège-Bastogne-Liège ! smiley


        • gruni gruni 30 mars 16:06

          @Fergus


          Concernant Givet, nous avons fait la même expérience sur la Meuse et certainement goûté de la même façon aux autres « plaisirs » du centre commando n°2. Comme l’eau de la Meuse était froide en ce mois de mars 1973.

          Merci pour l’article

        • Fergus Fergus 30 mars 16:22

          Bonjour, gruni

          Amusant, ces souvenirs communs de Givet.

          Personnellement, mon mauvais esprit - je refusais de courir entre deux ateliers - m’a coûté 2 semaines d’arrêt au retour à la caserne du 21e RI à Dijon.

          Pour ce qui est de la Meuse « froide », elle l’est toujours. Et pour peu que la bière soit chaude, cela tourne au cauchemar ! smiley


        • sarcastelle 30 mars 17:26

          @Fergus

          .
          La Creuse, comme les autres départements du Limousin, est un lieu de tranquillité remarquable

          Cela se discute. Tenez, pas plus tard qu’en début d’après-midi j’ai fait une demi-heure Entre Guéret et Jarnages sur mon ULM. 

        • Fergus Fergus 30 mars 17:32

          @ sarcastelle

          Un ULM isolé n’est pas une nuisance. Il transporte un visiteur aérien qui prend le temps d’apprécier le paysage. Bref, un épicurien comme les contemplatifs qui savourent ces mêmes paysages sans quitter le plancher des vaches.


        • chantecler chantecler 30 mars 18:25


          Merci Rocla+ pour tes commentaires et merci Fergus pour cet article et ce voyage que tu nous proposes dans notre magnifique pays .
          Oui, les villes, villages , pittoresques ou non , les hameaux , les fermes isolées : fortifiées ou non .
          Les clochers , les mairies, les écoles ...
          Les routes : des mégaroutes aux petits chemins ruraux avec des traces de voies romaines ...
          Les voies de communication .
          Insérées dans la géographie : mers , rivières , forêts , montagnes, plateaux, plaines....
          Avec des constructions adaptées aux climats (soleil, pluies ,vents, neiges ) , aux apports culturels , aux activités humaines...
          L’argile ,(torchis) la pierre, la brique , autrefois le bois avec pilotis ou non .(je dois en oublier !.... Ah oui : les habitations troglodytes , les cavernes, les creutes dans l’Aisne (chemin des dames)....
          Les toitures , leurs pentes, leurs découpages , leurs matériaux : lauzes , ardoises, chaume, tuiles plates romaines : climat essentiellement et ressources locales , etc etc...
          Bon , il y des tonnes de livres qui parlent de , qui décrivent,qui expliquent , tout ça ...
          Et certainement des sites sur le net ....
          Parfois en partant du plus lointain au plus récent , ce qui est loin d’être stupide ....


        • Fergus Fergus 30 mars 18:51

          Bonjour, chantecler

          En effet, l’on peut s’intéresser à tout cela dans notre pays, et parfois s’en émerveiller. Souvent même en certaines régions tant le patrimoine rural est riche, tant il s’inscrit si bien dans les paysages.

          A propos de constructions adaptées au climat, c’est évidemment le cas en Lozère, eu égard à la rudesse hivernale qui y sévit. Mais ces constructions, encore faut-il pouvoir les trouver lorsque se lève la tempête. C’est pourquoi il existe dans quelques communes du Mont Lozère des « clochers de tourmente » (cf. Une cloche dans la tourmente) qui, malheureusement, n’ont pas toujours empêché des malheureux de périr dans les bourrasques glacées.

          Autre curiosité qui me vient à l’esprit, non dans les villages mais sur les routes qui y mènent : les nombreux monuments funéraires – parfois imposants - qui jalonnent les routes de Balagne en Corse. Il est désormais interdit de construire de nouveaux monuments, mais la tradition a longtemps été en vigueur.


        • rocla+ rocla+ 30 mars 19:31

          @chantecler


          Avec plaisir  Chantecler , on peut avoir des points communs aussi ... smiley

          Personne a encore parlé de l’ âme  qui traine dans ces villages anciens . 

          Les fantômes qui rodent , les revenants qui scrutent , les feux follets sur les 
          marbres et pierres de cimetières . 

          Les villages ont  un esprit  qui transforme la vue du passant . 

          Quand il voit l’ eau coulant dans la fontaine il ressent le  jaillissement 
          de la pluie tombée peut-être mille ans avant . 



          Quand il jette un oeil narcisse dans une flaque d’ eau il aperçoit 
          un pèlerin  ayant rendez-vous avec son destin mystique . 

          Cette âme ne peut s’ exprimer avec des mots , c ’est un condensé 
          de ressentis accumulés depuis la nuit des temps , guerre de cent ans , 
          Alésia , notre Vercingétorix  des contes  Jules César , Henri  Quatrième est 
          peut-être aussi passé par là . 

          L’ odeur de la soupe de châtaigne flotte encore dans l’ air . 

          Le village  , centre du monde d’ antan . 

          Bien à vous .




        • chantecler chantecler 30 mars 19:46

          @rocla+
          Hou , Rocla !

          « Les fantômes qui rodent , les revenants qui scrutent , les feux follets sur les 

          marbres et pierres de cimetières . »
          ......

          Tu me fiches les chocottes !
           smiley

          Tiens , je vais te faire une confidence, un souvenir  :
          Un jours j’ai assisté à une séance de thérapie familiale dans un centre psy ...
          Il était question dans le groupe d’un deuil infaisable d’un mari et d’un père je crois , pour un ou deux membres de la famille , avec dépression et comportement pathologique à la clé .
          ...
          Et le médecin psy , qui était un grand , qui s’appelait Ch.....l a prononcé cette phrase :
          .....
          « On ne peut enterrer les fantômes vivants ».
          .....
          Autrement dit : il faut accepter la mort même d’un proche , savoir l’ enterrer et ne pas vivre éternellement en sa compagnie .
          .....
          Sinon l’existence est très difficile .


        • chantecler chantecler 30 mars 19:50

          @chantecler
          Je rectifie :
          « On ne peut enterrer les choses vivantes ».


        • chantecler chantecler 30 mars 23:24

          Dernière rectification...
          Ce qui a été dit réellement :
          « on n’enterre pas les choses vivantes »


        • troletbuse troletbuse 1er avril 17:17

          @grounichou
          C’est vrai que t’as eu le cerveau gelé. On s’en aperçoit encore smiley


        • Etbendidon 30 mars 09:55

          Beuhhhh cé ti pas mignon cette petite France profonde bien tranquille
          On se croirait au journal du 13h00 de Jean Pierre Pernaut sur TF1
           smiley
          Bon heureusement que tout ça va bientot changer
          ces petiots villages se sont transformés en attrapes toutous, d’autres se sont vidés et sont déserts, d’autres encore sont des repaires de bobos venus des villes
          Fergugus il a oublié de parler de villages comme de la basse normandie : Orbec - Livarot - Domfront avec tous les commerces fermés
          Ou la Mayenne, ou la Creuse
          ou encore la Bourgogne (pas Vezelay bien sur)
          et meme en Bretagne surpeuplée
           smiley


          • Fergus Fergus 30 mars 10:42

            Bonjour, Etbendidon

            La vie des villages évolue d’autant plus que l’agriculture à fortement évolué. Et il est vrai que de nombreux villages sont devenus des villégiatures de bobos, voire de résidents étrangers. Mais cela a sans doute permis de sauver ce patrimoine en de nombreux lieux.

            Pour ce qui est des commerces fermés, cela touche en effet la plupart des villages ruraux, les activités commerciales s’étant concentrées dans les villes voisines, et le plus souvent sous la forme de galeries marchandes dans les centres commerciaux. Et même dans ces villes, cela s’est fait au détriment du petit artisanat local comme je l’ai évoqué dans un article de 2011 intitulé L’agonie commerciale des quartiers centraux dans les petites villes : l’exemple de Parthenay.

            « Bretagne surpeuplée ». A quoi faites-vous allusion ?



          • chantecler chantecler 30 mars 18:29

            @Fergus
            Mais justement il y a un mouvement actuel , un renouveau .
            Probable que le balancier va repartir dans l’autre sens : celui de la déconcentration , de la relocalisation avec du travail sur place avec un espoir pour ceux qui rejettent massivement le tout béton ...
            Fin des « Bouyghes », retour aux Castors ... smiley


          • Fergus Fergus 30 mars 18:57

            @ chantecler

            Oui, ce « renouveau » (le « revival » des Anglo-saxons) est bien réel, et il touche de plus en plus d’urbains en mal de retour à une vie « authentique ». Mais il y a parfois loin de l’image rêvée à la réalité de la vie rurale, surtout lorsque la ville est loin et les conditions climatiques rigoureuses durant la mauvaise saison.

            Néanmoins, le phénomène existe, et il permet à des villages de renaître. On va même, ici et là, jusqu’à restaurer puis rouvrir le four banal pour cuire à l’ancienne la pâte du pain que l’on a soi-même pétri. Sympathique, et à mon avis appelé à durer.


          • Cadoudal Cadoudal 2 avril 06:05

            @Etbendidon
            Les retraités du tertiaire se raccrochent aux branches et font du bruit avec leur bouche, ils votent Melenchon, voient l’avenir de la France dans un grand Maghreb uni, trouvent beaucoup d’avantages au multiculturalisme prôné par l’Imam de Brest, conchient les travailleurs Bretons qui voudraient que la Bretagne soient autre chose qu’une terre d’accueil pour les réfugiés blancs qui ont quitté leur banlieue Parisienne pourrie...
            Ils aiment le folklore Breton comme le folklore algérien, détestent les idiots racistes obtus qui pourraient affirmer qu’historiquement les celtes n’étaient pas des noirs, et font leur tour de France en camping car avec un vague sentiment d’avoir perdu quelque chose...
            Qu’ont ils perdu exactement ?
            Un vague sentiment de doute peut de temps a autre affleurer leur conscience de baby boomers repus, vite refoulé par 40 ans de dressage pavlovien, et le sentiment du devoir accompli, Juppe en 2017 sera le dernier sauveur blanc de leur bonne conscience...
            Ils adorent les émissions du service public telles « Des racines et de ailes », la France vue d’hélicoptère, multitude de monuments chrétiens et de villages construits par des chrétiens blancs survolés par un journaliste appointé qui aurait du mal a nous expliquer l’absence de chrétiens autour de la basilique Saint Denis sans risquer de perdre son boulot...
            Tout cela pourrait paraitre charmant, mais demandez a ces baby-boomers repus ce qu’ils pensent des Saint-Cyriens blancs accueillant en casoar la bague de Jeanne d’Arc au Puy du Fou, ils vous diront qu’en matière de culture a protéger ils ont ce qu’il faut avec nos « people » voyageant en terre inconnue chez les papous de Nouvelle-Guinée...
            Au mieux des hypocrites égoïstes, au pire des collabos de la pire espèce, qui nous font l’inventaire de la France comme de vulgaires promoteurs immobiliers...
            A qui veulent ils la vendre, a qui l’ont ils déjàvendue ?
            Paris vaut bien une messe, mais la bonne conscience des retraités du tertiaire combien vaut elle ???


          • Fergus Fergus 2 avril 09:11

            Bonjour, Cadoudal

            Ne craignez-vous pas de n’être pas crédible en accumulant ainsi des clichés mêlés d’affirmations très largement erronées tant ce corps des « retraités du tertiaire » est beaucoup plus divers que le portait caricatural que vous en faites ?

            Personnellement, je ne reconnais pas un « retraité du tertiaire » parmi ceux que je fréquente qui réponde à ce portrait.


          • Garibaldi2 30 mars 11:37

            Une amie qui a beaucoup voyagé me disait que nulle part au monde elle n’avait vu un pays avec une telle diversité de paysages et de villes et de villages. Dans certains pays le paysage ne change pas pendant des centaines, voire des milliers de kilomètres. Par exemple la taïga c’est des bouleaux et des sapins pendant des milliers de kilomètres

            Ce sont les villageois qui ont laissé leur patrimoine se dégrader, souvent trop heureux de vendre la bicoque à un couillon de ’’parisien’’, qui a fait les travaux nécessaires pour la relever, alors qu’ eux sont allés faire construire pas loin une maison en parpaings avec barbecue en béton rose !

            L’arrivée d’internet, de la télé par satellite, du matos de bricolage à petits prix, et des paby-boomers, ont beaucoup changé ces petits coins perdus. Ils sont en train de revivre après l’exode rurale.

            Bon article.


            • Fergus Fergus 30 mars 11:42

              Bonjour, Garibaldi2

              Merci pour votre commentaire.

              Entièrement d’accord avec votre amie. J’envisage d’ailleurs un deuxième volet consacré cette fois à la diversité des paysages, elle aussi unique au monde sur un territoire de cette taille.

              « Ils sont en train de revivre après l’exode rural. »

              Entièrement d’accord.


            • Cadoudal Cadoudal 2 avril 06:16

              @Fergus
              Je sais bien que les pères de la colonisation étaient de gauche, mais on est au 21eme siècle, vous ne pourriez pas rester chez vous, assumer vos choix politiques et rester vivre en territoire musulman plutôt que de vouloir venir reeduquer les bouseux réfractaires au vivre ensemble...
              La fuite est la seule solution que vous ayez trouvée, pas très glorieux tout ça, a l’image de vos vies de parasites mielleux...


            • Fergus Fergus 2 avril 09:26

              @ Cadoudal

              « rééduquer les bouseux réfractaires au vivre ensemble »

              Voilà un propos très désobligeant, non seulement pour les urbains convertis aux vertus du terroir, mais également pour les ruraux que vous vous prétendez défendre et dont le portrait que vous faites en filigrane est celui de gens rétrogrades, enfermés dans un mode de vie de reclus.

              Vous oubliez que ces « étrangers au pays » ont sauvé de très nombreux villages et hameaux de la ruine. Allez donc, comme je l’ai fait très souvent, vous balader près de chez vous dans les Monts d’Arrée et vous verrez tous ces hameaux qui connaissent une nouvelle vie après avoir été au bord de la ruine. J’ai même aidé avec un ami peintre lorsque j’habitais à Morlaix une amie peintre américaine à sauver un bâtiment agricole abandonné par son ex-propriétaire en arrachant tout les plantes parasites qui étaient en train de détruire murs et toiture.

              Au fait, cette amie ne voulait rééduquer personne ; tellement peu qu’elle était l’épouse d’un biniawer traditionnel qui se produit dans les festoù-noz ! Et contrairement à ce que vous affirmez ceux qui sont restés dans les villages et les hameaux sont heureux de ce renouveau et du retour, ici et là, d’enfants qui avaient disparu du paysage.

              Pour le reste, à quoi rime ce ton si plein de mépris (« vos vies de parasites mielleux ») ? Est-ce là l’idée que vous avez du débat ?

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