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L’histoire des Corans brûlés : une destruction de preuves

Le comportement des soldats américains, totalement incultes pour la plupart, n'a pas changé en près de dix ans de guerre en Afgnanistan ou en Irak. C'est toujours le même mépris, et surtout la même incompréhension de l'adversaire, avec au mileu du problème la langue, qui restera, les historiens le relèveront dans quelques années, l'obstacle principal du problème de la présence américaine dans un autre pays. Depuis le début, c'est un gignatesque quiproquo, les américains ne faisant aucun effort pour s'adapter un tant soit peu à leur nouvel environnement. On l'a vu, dans les bases américaines, on a reproduit un mode de vie typiquement US, avec self-service où des gens se sont fait tuer pour alimenter les hamburgers produits en salade fraîche. On a a vu des soldats uriner sur les corps de leur adversaire, et d'autres sauvagement violer des petites filles, en déclarant que ce n'était pas des êtres humains. Aujourd'hui, on assiste à un énième épisode de cette longue liste d'attitudes hautaines, méprisantes et idiotes avec l'histoire des Corans brûlés qui vient de provoquer un séisme et a mis en danger d'autres soldats, dont des français, obligés de se retrancher à Kaboul. Derrière cette histoire se cache en réalité une autre affaire, pourtant. Si les américains ont tant tenu à faire disparaître ces fameux Corans, ce n'est pas parce qu'ils constituaient à leurs yeux un écrit religieux. Ces fameux livres religieux étaient les seules pages de papier que détenaient les prisonniers afghans, qui avaient annoté dessus plein d'éléments de leur propre vie courante, prouvant les trois quarts du temps que leur détention n'avait pas de sens et était totalement arbitraire. Toute cette affaire montée en épingle n'est qu'une tentative de suppression de preuves : une autre énième exaction d'une armée prête à tout pour arriver à ses fins. Celles d'imposer une seule vision des événements. La sienne.

L'histoire a commencé ainsi. Par une bévue, ou un manque total de compréhension de ce qu'un Coran pouvait représenter dans l'esprit d'un croyant musulman. Comme la Bible, sur laquelle les américains jurent fidélité à leur pays, et qui avait été distribuée massivement par Petraeus, devenu général évangéliste, l'ouvrage est considéré comme "sacré", au même titre que la Bible. Un Petraeus qui distribuiait des Bibles mais tançait un fabricant d'armes qui mettait sur ses fusils des versets Bibliques, allez comprendre. En fait, le lieutenant-colonel Safiullah de la prison de Parwan, près de Bagram, restée longtemps cachée, avait fait réunir les documents saisis sur les prisonniers. Dedans, il y avait des livres, dont des Corans : 1652 ouvrages exactement au total (la prison comportant 1900 détenus encore en août 2011). Décrétant qu'il n'avait pas la capacité pour les stocker, il avait décidé de les détruire. "Le lundi 20 février, les livres ont été transportés par une équipe de travail de plusieurs soldats, vers le camion qui allait finalement les amener à l'incinérateur. Cela a été une autre occasion manquée. Comme les livres devaient être jetés dans des conteneurs en attente d'être entassés dans le camion, quelques soldats de l'armée afghanes les ont vus, et les ont reconnus comme étant des livres religieux, et ils sont devenus inquiets, précise le père de Maulavi. Ils ont demandé où les livres avaient été pris et ont été informés par les soldats que les livres étaient destinés pour le stockage. Craignant que des Corans pourrait être parmi les livres et que quelque chose de mal pourrait leur arriver, les soldats afghans l'ont dit à leur commandant." Selon un responsable militaire US, " les trois soldats qui avaient apporté les livres saints à leur destination avaient peu ou pas de compréhension de ce qu'ils emportaient. "Pour ces trois soldats, ce n'était rien de plus qu'un point de détail d'un travail". Bref, ils ne savaient pas ce qu'ils transportaient, ce qui semble un peu difficile à imaginer.

L'expllication ne tient pas, où alors on a affaire à de vrais demeurés : pendant des semaines, à partir d'août 2010, les militaires US, qui ont accès sur la même base aux informations des grands chaînes TV ont pu entendre la longue saga du pasteur Terry Jones, du "Dove World Outreach Center", qui voulait brûler symboliquement le Coran devant des caméras ; pour célébrer à sa façon le 11 septembre à venir. Difficile d'affirmer qu'ils n'étaient pas au courant de ce qu'ils transportaient. Tout le monde avait encore en tête l'image de la pancarte de Jones, sur sa pelouse, indiquant "Koran Burning Site". Le général Petraeus avait même dû se fendre d'un communiqué pour calmer les esprits dans ses bases militaires : tout le monde avait alors vu à quoi ressemblait un Coran. Les militaires avaient pu pendant des semaines apprendre deux choses : à quoi ressemblait cet ouvrage religieux, et à quoi on s'exposait si l'envie prenait d'en brûler un, encore davantage si votre voisin était un afghan. L'explication ne tient donc pas, comme ne tient pas non plus la raison invoquée par le commandant de la base pour se séparer des livres, Corans compris. Pourquoi donc les détruire, voilà bien la question.

Une enquête diligentée par Hamid Karzaï a révélé ce que contenaient en fait ces fameux ouvrages , raconte le New-York Times du jour. Et démontrait que ca n'avait rien à voir avec un problème de place. « Nous avons vu quelques notes sur les marges des livres dans lesquels quelques-uns des détenus avaient écrit les souvenirs de leur emprisonnement, leur nom, le nom de leur père, l'emplacement et le lieu où ils ont été arrêtés", a déclaré QaziNazir Ahmad Hanifi, un membre du Parlement de Herat qui est un mollah qui a fait partie de ​​l'équipe d'oulémas qui a enquêté." Et ces annotations, les 3/4 du temps révélaient que leur auteur était éloigné du terrorisme : c'était souvent des traductions de mots, sans plus, l'un des prisonniers ayant demandé à un autre ce que le terme obscur signifiait. Le Coran ne prêche pas de façon linéaire, loin de là, et son contenu en forme d'auberge espagnole, au fur et à mesure de ses diverses rédactions n'aide pas à avoir un propos clair. "Lui et d'autres ont dit que, dans quelques-uns des livres, y compris des Corans, les mots ont parfois été écrits dans les marges, des traductions de mots difficiles arabes en pachtoune oudari. « Ce n'a rien à voir avec le terrorisme ou des activités criminelles", a-t-il dit." Bref, les américains s'étaient trompés sur le contenu... faute de traducteur compétent : "Le responsable militaire américain n'a pas entrer dans les détails, mais a seulement indiqué que "nous avons trop compté ici sur les linguistes," le terme militaire pour les interprètes et les traducteurs. "Aucun des soldats américains ne sait lire ceci." On a donc fait supprimer des livres annotés, ces annotations étant devenues pièces à charge pour expliquer la détention des prévenus. Des preuves fabriquées, à partir de traductions erronées.

Et c'est bien là un aveu d'incompétence notoire. Mais pas seulement : cela cache aussi une pratique, qui va bien au delà des termes légaux habituels. En somme, on aurait brûlé la preuve de traductions mal faites, et orientées à charge : celles affirmant par exemple que telle annotation pouvait être interprétée comme une preuve d'affiliation à un mouvement terroriste. Une fois reportée sur un ordinateur, via un traducteur, cela devient élément contre le prisonnier. Une preuve fabriquée... qui oblige en ce cas à détruire l'original pour éviter tout litige ultérieur. Car la destruction des documents originaux, dans l'Armée américaine, est une constante héritée de plusieurs années. Le sommet en ayant été la destruction de la preuve de la mort de Ben Laden, pour laquelle une rumeur tenace est en train de rejaillir en ce moment. Visiblement, on s'en doute, on a menti sur toute la ligne. Et comme le public commence à trouver la manipulation un peu grossière, on a promptement demandé à l'allié de toujours, à savoir l'armée pakistanaise, de faire un petit effort pour éviter que des opportuns, un jour, aillent relever quelques preuves embarrassantes laissées sur place à Abbatobad.  D'où également la destruction cette semaine de la maison censée avoir hébergée Ben Laden. Plus de traces, plus d'enquête ultérieure possible. La balle (ou les balles) qui a (ont) traversé la tête du soi-disant leader ; présenté en vieillard chenu, a bien dû laisser un impact quelque part dans le plâtre ou le béton, permettant d'infirmer ou non la thèse officielle de l'assaut, qui demeure à ce jour grandguignolesque. A plus. Plus de preuves : Agatha Christie en aurait rêvé : aujourd'hui il n'y a plus de corps ni de maison. Ne reste plus qu'à détruire le complexe de Tora Bora, bombardé adroitement à côté pour le laisser intact pour qu"il ne reste rien de la preuve de la présence de l'insaissable maître es-terrorisme de l'époque.

La traduction, dévolue à des entreprises privées de mercenaires, rémunérées à la feuille et non contrôlée, est un désastre de fait, on l'a abondamment constaté ces dernières années. Au point que les militaires eux-mêmes en sont réduits aujourd'hui à travailler avec les moyens du bord, et à chercher eux-mêmes les informations sur le réseau Internet (le "Cloud"). Ce dont se sont aperçu les firmes qui grattent depuis toujours la laine sur le dos du Pentagone : ainsi Lockheed-Martin, qui se sentant dépassée par la gauche par les soldats, a tenté de fourguer un énième programme coûteux appelé LinGO Link, accès sur l'usage du fameux Cloud. En fait, la même chose que ce que faisaient entre eux les troufions mais à un prix exorbitant : "Lockheed Martin a annoncé récemment qu’il prévoit de déployer LinGO Link, un système de communications qui permet à un soldat d’établir la liaison avec un traducteur à la demande. Sauf que le système n’établit pas la liaison avec Langley, en Virginie, mais plutôt avec un groupe d’interprètes locaux positionnés à proximité du front. Les demandes sont faites à l’aide d’un smartphone spécial fonctionnant sur un réseau de données propriétaire. C’est en réalité une conférence téléphonique à trois, un peu comme les travaux de traduction en temps réel aux réunions du Conseil de sécurité des Nations Unies". Grotesque, comme procédé : ce que faisaient les militaires en bricolant est devenu un programme militaire... coûteux.

 Grotesque, comme l'a démontré cet exemple du 12 juin 2008 entre un sergent du US 173rd Airborne's Charlie Company et un leader local pachtoune . "Une indication de ce qui pourrait aller mal avec un linguiste non qualifié ou hostile est illustré dans une vidéo, un court métrage documentaire produit par le journaliste John McHugh du journal The Guardian. Dans la vidéo, un sergent de l'Armée des États-Unis et un chef âgé des tribus afghanes s'engagent dans une conversation au sujet des tirs de roquettes des talibans. L'interprète traduit à l'américain de manière incorrecte la réponse du chef de tribu à une question sur la sécurité dans la région. L'aîné dit qu'il n'y a pas de sécurité dans le village et c'est un problème. L'interprète raconte au sergent que l'aîné lui dit que la sécurité est très bonne. "Nous n'avons pas de problèmes ici." L'aîné dit alors au sergent qu'il souhaite coopérer avec les américains, et pointe la direction d'où les attaques des talibans sont à venir. Mais il dit que les villageois ne peuvent pas coopérer dans les conditions actuelles que les talibans sont comme des "fourmis", ils sont partout et impossible à arrêter. L'interprète traduit les mots du chef tribal anciens en disant : « Il donne de nombreux exemples, le point principal est que si vous voulez obtenir de l'ACM [milices anti-coalition], ils sont situés à l'origine de cette route, derrière cette montagne." Comme ils s'en vont, l'interprète dit : « Je déteste ces gens." Incroyable scketch de totale incompréhension ! Surréalisme d'une guerre qui tourne à l'idiotie perpétuelle. "Cette vidéo met en évidence la nécessité pour les forces américaines et alliées d'avoir des interprètes qui sont fiables et loyaux, de comprendre le dialecte de la population locale, et qui peut servir de liaisons culturelles. Le succès de la mission américaine et alliée, ainsi que les conditions de vie des soldats, en dépend." comment le blog officiel : on peut plutôt parler d'un abîme d'incompréhension. Combien de soldats en sont morts, on est incapable de le calculer, et ce n'est pas l'armée qui va en donner les statistiques.

Grotesque et inutilement onéreuse : "le seul problème : les individus coûtent de l’argent, et si cette solution paraît moins chère que de déployer des traducteurs aux côtés des soldats sur le front, elle reste quand même plus onéreuse que les solutions technologiques automatisées (vous vous demandez combien ? Un seul chiffre : 679 millions de dollars pour le travail en Afghanistan d’un sous-traitant basé dans l’Ohio" précise Wired. Le fameux sous-traitant de l'Ohio n'étant autre qu'une firme fort décriée, ayant signé jadis un "no bid contract", à savoir un travail non précédé d'un appel d'offres. En mai 2010, Wired constatait les dégâts : "Il y a trois ans, Mission Essential Personnel était un entrepreneur militaire minuscule engrageant en banque moins 6 millions de dollars chaque année pour trouver une poignée de linguistes pour le gouvernement américain. Tôt cette semaine, l'armée américaine a remis à la société de Columbus, en Ohio, sans aucun appel d'offre, 679 millions de dollars pour l'extension de son contrat actuel à ce qui équivaut à fournir une petite ville de traducteurs pour aider les forces américaines en Afghanistan Pas mal pour une entreprise qui a été accusé de tout, de l'abandon des employés blessés à envoyer des interprètes inaptes sur les lignes de front. MEP rejette vigoureusement les accusations". Bref, l'attribution du mirobolant contrat avait semblé douteuse à pas mal d'observateurs. 

En fait, dans le deal, certains (du personnel US) se goinfraient, le personnel (afghan) mangeant les miettes qui restent : "une petite poignée de traducteurs MEP sont des citoyens américains d'origine afghane. Si ils ont des compétences linguistiques adéquates, et peuvent passer une habilitation de sécurité, ils peuvent se faire jusqu'à 235 000 dollars par année (160 000 euros, plus de 13 000 euros par mois !), ainsi que les avantages de santé et un dipôme 401-K, d''analyseurs de communications » pour « effectuer l'exploitation des documents », dans une des grandes et confortables bases militaires de l'Afghanistan. Mais la grande majorité des recrues de MEP sont des Afghans, qui gagnent environ 900 $ par mois pour accompagner les troupes de première ligne en mission. Ces interprètes reçoivent à peine une semaine de formation avant qu'ils ne soient expédiés au combat. Une fois là, ils sont tenus de passer une année de travail de 12 heures par jour, sept jours par semaine,et être disponibles sur appel durant le temps restant. C'est un calendrier épuisant.   Le travail est dangereux -"quelque 24 linguistes MEP ont été tués et 56 blessés"en moins de deux ans, note Pratap Chatterjee de CorpWatch". Une exploitation de plus, peut-on dire. Un nouvel esclavagisme, provenant d'une société de mercenaires sans foi ni loi : MEP a en effet à sa tête l'ancien marine et ancien vice-président de Blackwater, Chris Taylor. Une vraie tête de veau, avec les idées d'extrême droite qui vont avec. L'homme dans le ventre de la bête.

Chris Taylor, le ventru qui avait offert à Bremer un staff de protection en Irak que toutes les télévisions ont pu voir pendant des mois : des hommes proches d'un Jack Idema, qui est mort il y a quelques semaines maintenant (du Sida !). Lui, et son équipe de gros bras décriée par certains militaires US de haut rang, lassés de leurs rodomontades journalières en Irak "L'attitude arrogante de la société militaire privée qui escorte hauts responsables américains autour de l'Irak sont en partie responsables de la rébellion contre l'occupation américaine qui a coûté des dizaines de milliers américaine et de vies irakiennes, selon un colonel de la Marine qui a aidé les troupes irakiennes au stade initial de la guerre. "Ils se sont fait des ennemis partout, a dit « le colonel Thomas Hammes, un expert de ​​la guérilla et senior fellow à la National Defense University lors d'une conférence sur les contrats militaires la semaine dernière. Il faisait allusion à des tactiques utilisées par Blackwater aux Etats-Unis, la société de Caroline du Nord qui a été embauché par l'Autorité provisoire de la Coalition pour assurer la sécurité pour L. Paul Bremer,l'administrateur américain qui a été envoyé par l'administration Bush afin de faire fonctionner l'Irak en 2003. Quelques minutes plus tôt, Chris Taylor, le vice-président de Blackwater pour les initiatives stratégiques, avait vanté le cordon de protection de son entreprise autour de Bremer.  Grâce à un « paquet de sécurité clé en main », Bremer était accompagné par 36 spécialistes "de protection du personnel", de deux équipes K-9 avec des chiens, et de trois hélicoptères MD-530 construits par Boeing Corporation (des Hughes en fait). "Le fait qu'il (Bremer) est aujourd'hui à la maison avec sa famille est la seule mesure du succès », a déclaré Taylor. "Il a survécu et c'est bon." Blackwater fournit le même genre de protection aujourd'hui à l'ambassadeur américain, John Negroponte, qui a succédé à Bremer lorsque l'occupation (théoriquement) formelle a pris fin le Juin 30, 2004". Bremer, qui déclarera l'immunité pour son propre staff de protection ! Le droit de tuer quil ils voulaient !

Hammes avait clairement énoncé le problème : celui d'un conflit d'intérêt évident entre le pouvoir de G.W.Bush et les contractants privés, dont Blackwater : "Hammes a raconté son histoire pour appuyer sur un point et montrer qu'il y a un conflit d'intérêts inhérent entre les entrepreneurs, qui sont en Irak pour faire de l'argent, et l'armée elle-même, qui est là pour tenter de gagner une guerre. Et parce que cette guerre est devenue une guerre de guérilla classique, avec les deux parties en lice pour les cœurs et les esprits du peuple irakien, tout ce que peut faire les États-Unis pour attiser la colère aliéner la population devient une arme - celui que les combattants ont réussi à exploiter (ce qui peut expliquer, en partie, la décision apparente par la plupart des combattants irakiens de ne pas perturber le vote d'hier)". En réponse, le même Taylor esquivera."Taylor a admis que c'est  « politiquement sensible », mais a fait valoir que si une entreprise comme la sienne "souhaite le respect comme entreprise avec une solide réputation en tant que réalité qui affecte l'équilibre stratégique dans une région du monde, alors qu'il n'est qu' un élément du "donner et prendre" sur place . Nous aimons à penser que nous faisons seulement sur une base quotidienne. " dira-t-il sans de décontenancer. Mais « donner et prendre" avec qui ?" lui répondait l'auteur du très bon billet : " Eh bien, allez sur le site de la Chambre de Commerce des Etats-Unis en Azerbaïdjan et cliquez sur "agents" et vous allez vite voir qui sert Blackwater. James Baker III. Henry Kissinger. Brent Scowcroft. Etc. Et là-bas, au fond de la page, on trouve deux des anciens membres de la Chambre - Dick Cheney et Richard Armitage. Ces hommes sont la puissance derrière le trône en Azerbaïdjan, il est impossible d'imaginer que le gouvernement embauche Blackwater, sans jeter un d'œil sur ces principes". Peu de temps après, on retrouvait tout ce beau monde... en Somalie.

Une société qui avait donc des liens rapprpchés, avec le pouvoir, et qui renforce dès qu'elle le peut sa collusion évidente avec un Pentagone qui ne songe même pas à la mettre en concurrence avec d'autres. Pour une mission-cadeau à près de 700 millions !!! Un renforcement avec le recrutement d'anciens généraux. Mission Essential Personnel, renforcé par l'arrivée d'anciens militaires US, et pas des moindres : tel l'amiral Eric T. Olson, le premier général trois-étoiles et premier quatre étoiles des Navy SEAL, alors tout nouveau retraité du Special Operations Command (USSOCOM) (il a pris sa retraite en août 2011 !) et du Naval Special Warfare Command, qui a rejoint MEP en octobre 2011. L'homme avait reçu la Silver Star pour son action dans la bataille de Mogadiscio en 1993. Visiblement, l'amiral a décidé de "pantoufler" : le 6 décembre, deux mois après il apparraisait à la tête du consortium de satellites Iridium. Mais l'homme est surtout considéré aujourd'hui comme l'un des artisans de la fameuse capture de Ben Laden. De la disparition aussi de son corps, mais c'est une autre histoire. A peine Ben Laden soi-disant supprimé, en tout cas, notre vaillant amiral se répandait dans la presse pour faire peur à nouveau, et annoncer la "prochaine génération d'Al-Qaida"  : le grand cirque pouvait continuer. Il citait alors Anwar al-Awlaki, celui qui quelques années auparavant avait été invité au Pentagone lors d'un repas. Il sera déclaré volatilisé par un tir de drone au Yemen le 30 septembre 2011, dans la province de al-Jawf, sans que personne, là encore n'aît pu confirmer le fait. Là aussi, aucun corps à montrer : et cela, personne ne s'en est aperçu. La CIA en avait été rendue responsable, ce qui prête à toutes les interprétations possibles. "Tuer des citoyens américains sur territoire étranger se décide en très haut lieu", affirmant le Washington Post. Le journal rappelant que l'attaque était similaire à celle effectuée en 2002, contre Abu Ali al-Harithi, accusé de l'attaque de l'USS Cole en 2000. Selon Olson, le terrorisme "se transformera, il se disperse ... il deviendra en quelque sorte plus occidentalisé,  (avec) des détenteurs d'un passeport double » et des« hommes de cavernes en moins,". Le tout étant de traduire correctement ce qu'il disent une fois capturés, aurait-on pu ajouter. Pour Ben Laden, ça n'a pas l'air d'avoir été très au point comme technique d'interrogatoire. Ou un peu court comme échange verbal : tirer d'abord et discuter ensuite. L'armée américaine, c'est toujours Clint Eastwood dans l'inspecteur Harry et son célèbre"go ahead, make my day".

Aux USA, on sait donc détruire des preuves, pour en fourguer d'autres à charge, mais on sait aussi carrément en fabriquer. La semaine qu précédait l'affaire des Corans incendiés, une autre histoire démontrait l'autre tropisme récurrent du pouvoir US : celui qui consiste à attiser une haine naissante chez un jeune esprit, et lui fournir tous les éléments guerriers dont il aurait besoin pour l'assouvir. Comment fabriquer un terroriste, en quelque sorte, pour pouvoir dans la foulée proposer une loi plus restrictive encore sur le contrôle des individus, dans le pays. Et lorsque le présumé terroriste en herbe a reçu tout son matériel, aimablement fourni par un agent du FB déguisé, de le dénoncer à la vindicte publique en le présentant comme terroriste réel.  Ce n'est pas la première fois que le FBI agît ainsi : quand il ne colle pas des émetteurs GPS sous les voitures d'étudiants '(lire ci-dessous les deux exemples), ce que vient de lui interdire de faire la Cour Suprême, il fournit tout le matériel à un terroriste potentiel au lieu de le dissuader ou de l'arrêter préventivement. Il remplit un 4x4 dont les feux d'artifices à bord ne peuvent incendier une bouteille de gaz. Mais si on en doute, la CIA produit (après) l'expérimentation réussie du dispositif... sans qu'on puisse vérifier s'il s'agît bien du même équipement. Cela a été le cas de bout en bout de Faisal Shahzad, qui s'est pris lui aussi la perpète.  Il avait lui aussi clamé qu'il y en aurait d'autres... comme le dit aujourd'hui le général Olson. Leur entretient n'est pas prêt de se tarir. Bref, tout est fait, encore aujourd'hui, pour entretenir la peur d'un terrorrisme qui se résume invariablement depuis longtemps à quelques jeunes esprits échauffés chez qui parfois on va jusqu'à bourrer le slip d'explosifs, pour rééditer le coup de la chaussure foireuse. Ou inventer une attaque à l'imprimante. Elle sera l'objet d'une étude assez abracadabrantesque par Arnaud Palisson, policier viré pour crime de lèse-scientologie (je serais de lui, l'Eglise condamnée, je demandrais ma rééintégration !). Parfois ça tourne au grotesque, telle cette attaque de la Maison Blanche par une... maquette d'avion. En novembre 2011, à New-York, même chose avec Jose Pimentel, dont la bombe, présentée "reconstituée" semblait bien dérisoire.

Des mises en scène, où il y a toujours une caméra de disponible, où il y a toujours un représentant du FBI pour capturer le manipulé au bon moment. Surtout quand son dispositif, rendu inoffensif par le FBI qui l'a fourni, se révèle défaillant. Des manipulations évidentes. Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, avec ces fabrications de contre-preuves, ces destructions d'éléments d'enquêtes et ses manipulations de personnes, recrutées de plus en plus jeunes pour être davantage malléables. Le FBI, comme la CIA, pratiquent bel et bien ce qu'on peut appeler sans hésiter un terrorisme d'Etat.

Sur Blackwater, on peut relire ça :

1) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

2) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

sur les "pointeurs" GPS collés sous les voitures, on peut lire ça :

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...




par morice lundi 5 mars 2012 - 38 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Lg (---.---.---.159) 5 mars 2012 15:08
    Lg

    Si vous savez qu’il a été renommé pourquoi parlez vous de Blackwater alors ? (et non je survole vos article je n’ai pas 20 minutes par jour à consacrer aux courts article de Monsieur Morice...)

    Oui en effet la Prusse avance en économie... et Vladimir poutine a été réélu en U.R.S.S...

    Si les entreprises changent de nom et les pays aussi... c’est plus pour utilisé des termes anciens...

    Bref je clos direct, je vous annonce que je ne répondrais pas à votre prochain post, j’ai autre chose à faire que d’agrémenter votre journée...

  • Par velosolex (---.---.---.81) 6 mars 2012 00:17
    velosolex

    Merci Morice pour cet article

    D’abord d’honorer la mémoire de cette petite fille.
    Aucune légitimité de bêtise ne peut justifier quoique ce soit.
    Honte d’être un homme

    Se pose aussi
    Cet éternel débat du bien et du mal qui serait des valeurs sociétales

    Entendu à la radio il y a quelques mois un reportage sur des zoologistes, faisant des études comportementales ( mais de là à trouver les sources), et tirer des enseignements intéressants.

    Ayant mis des singes dans des situations de concours, avec primes offertes aux bonnes réponses, les scientifiques brouillèrent les codes qui semblaient d’emblée acceptés par les animaux ; à savoir récompenses offertes à ceux qui ne faisaient pas d’efforts.

    Très vite, émergèrent des réactions de révolte chez les animaux, désorientés : Il semble donc valider que le sentiment du juste et de l’injuste, et par extension du bien et du mal existent à l’état latent chez les animaux, et par conséquent que ce ne sont pas des valeurs relatives formatées par l’éducation.

    Ce genre de travaux m’a mis en joie, et conforté dans ce que je présentais, sans en avoir de preuve.

    - Que les animaux sont nos frères en sensibilité et en valeurs
    -Que la notion du bien et du mal existent à l’état naturel.
    - Que les individus savent pertinemment ce qu’ils font quand il le font, et que leur responsabilité ne peut être occultée qu’en cas de déficience mentale avérée

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