• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > L’Histoire n’a que le sens qu’on lui donne

L’Histoire n’a que le sens qu’on lui donne

1956, jeune sous-lieutenant sorti de Saint-Cyr, je débarque en Afrique du Nord ; dans ma cantine, les ouvrages du père jésuite Theilhard de Chardin. Catholique convaincu, je crois que l'évolution a un sens. Nourri de culture antique par des professeurs passionnés, je m'imagine qu'il nous revient de porter au monde ce que les Grecs nous ont apporté jadis. Après l'abomination de la Shoah, le livre de Krachenko "J'ai choisi la liberté" me révèle l'existence des goulags soviétiques ; c'est pour moi le déclic. Abandonnant mon goût pour les sciences de la nature, persuadé que la civilisation est de nouveau en danger, je m'engage pour l'Indochine que menace le communisme, mais je suis dérouté sur l'Afrique.

Maroc, le bled. Accrochée à une pente rocailleuse du Rif, une pauvre maison préhistorique isolée de tout. Sur le toit, trois enfants pauvrement habillés explosent de joie en voyant apparaître le croissant de la lune qui marque la fin du ramadan. Meknès, ville merveilleuse d'apparence médiévale ; ruelles étroites bordées d'échoppes, ruelles exhubérantes de vie où se côtoient habitants et ânes chargés du transport des marchandises. Le soir, au lieu de l'angélus de mon enfance, appel à la prière que se renvoie un muezin à l'autre. Puis le silence mystique de la nuit... image d'une société en équilibre ? Pourquoi la changer ? 

Algérie, le bled. En tant que lieutenant commandant d'une compagnie, j'ai la responsabilté d'un territoire. J'interdis tout acte de torture. Je me rends au souk. J'y suis bien accueilli. Je fraternise avec l'officier SAS qui fait de l'action humanitaire. Au volant de ma jeep, en pleine période de ramadan, je traverse un village. Vêtus de djellabas blanches, bien alignés de chaque côté de la rue, les hommes sont assis, silencieux. Ils me voient passer. Le message est clair : étranger je suis. J'ai pour moi l'avancée technique, certes, mais eux ont la vérité d'Allah. C'est leur fierté et leur supériorité. Deux types de civilisations... incompatibles. 

Dans le sous-quartier voisin, en pleine forêt, un grand marché couvert financé par la métropole devrait, parait-il, s'y trouver. Par curiosité, étant alors à Alger, je visite un groupe de maisons construites tout récemment sur un piton désert dans le cadre du plan de Constantine financé par la métropole : village à la Potemkine. Pour vérifier la solidité des bâtiments, je donne un coup de pied dans un mur et mon pied passe au travers. Non, je n'ai pas de repentance, seulement le sentiment que c'est bien la métropole qui, dans cette affaire, a été le pigeon et la "vache à lait". Je retourne chercher mes harkis que j'avais dû laisser sur mon ancienne position et les rapatrie.

L'histoire a-t-elle un sens ? Non ! L'Histoire n'a que le sens que les hommes lui ont donné, lui donnent et lui donneront. Ou alors, il faudrait admettre que l'homme, les hommes, ne sont pas libres, ce qui serait absurde. Il n'y a pas de plan de Dieu. L'hypothèse teilhardienne est fausse et le mondialisme aveugle une dangereuse utopie. Les trois religions du Livre sont créations purement humaines où, sur une terre devenue trop petite, des populations disparaîtront et d'autres survivront dans la prolongation des lois de la nature et non dans le bouquet final d'une utopie mondialiste religieuse, pseudo-religieuse ou fraternelle.

C'est la conclusion pessimiste à laquelle je suis finalement arrivé après m'être posé un tas de questions sur les valeurs de mon engagement. Sept livres publiés en auto-édition. Pour savoir où l'on va, il faut bien savoir d'où l'on vient. Des années de travail, de recherche, de réinterprétation des textes anciens. 

Après une carrière honorable, j'ai quitté l'armée à 25 ans de services. Je ne me voyais pas continuer dans un bureau ou participer à des exercices contre l'ennemi "rouge" alors que s'infiltrait dans le pays une autre culture, source de futures tensions.

En 1987, mes sept premiers ouvrages sont écrits dont mes "Histoire du Christ" et mon "Histoire de Mahomet". En 1995, je m'apprête à les publier mais prenant conscience du bouleversement des croyances que cela peut entraîner, je demande au ministre de la Défense à être entendu par une commission militaire... sans succès malgré un avis favorable de M. Charles Millon, ministre de la Défense (lettre C2B/VR - 041107 du 13/11/95 de Jean-Yves Moracchini, chef du cabinet civil).

Comptant sur le soutien de Mme Claudie Haigneré, ministre de la recherche, qui m'a félicité pour mes publications jusqu'à mes "Histoire du Christ", je lui envoie le 30.1.2004 mon manuscrit sur Mahomet... Je soupçonne M. Raffarin, premier ministre, d'avoir mis le "holà !".

J'ai échoué. Le débat médiatique que je souhaitais n'a pas eu lieu. L'islamisme radical qui aurait dû sombrer dans le ridicule après une réinterprétation logique et claire de écrits fondateurs a prospéré du fait de l'aveuglement du pouvoir politique. L'attentat meutrier de Nice du 14 juillet 2016, ainsi que ceux qui vont suivre, montre d'une façon on ne peut plus claire les conséquences d'avoir laissé entrer sur le territoire l'étranger endoctriné qui ne s'intègre pas.

Quelle politique de défense ? Nos stratèges sont en retard d'une guerre. Comme en 40 où on a choisi la ligne défensive de Maginot. Comme hier où on a continué à mener une guerre conventionnelle alors qu'elle était subversive, impliquant les populations. Comme aujourd'hui avec l'opération "sentinelles" actuellement très critiquée à juste raison. 

Face à mes camarades généraux étoilés, je ne suis qu'un modeste petit lieutenant-colonel en retraite (proposition au grade de colonel dans les réserves à laquelle je n'ai pas donné suite). J'ose un commentaire suite à un article Agoravox de ce jour :: Quelques idées pour une autre stratégie (avec économie à la clé). Primo : stigmatiser l’adversaire en développant dans les médias une campagne d’information orientée pour montrer l’inhumanité, l’aveuglement des attentats contre les populations, ainsi que le caractère antipathique de leurs auteurs.
Secundo : instaurer des tribunaux d’exception qui décideront, dans la semaine, de la mise à mort des auteurs d’attentats, sans leur chercher d’excuses. En même temps, retirer l’armée de l’opération « sentinelles ». Ce n’est pas son rôle premier.
Tertio : ouvrir le débat sur les textes fondateurs de l’islam.
Quarto : regrouper les migrants aux frontières de leurs territoires pour en faire des bases de reconquêtes et d’interventions encadrées.

François Vesin me répond : primo : mettre immédiatement un terme aux guerres dans lesquelles nos présidents (et leurs affidés) nous ont précipités contre des pays qui ne nous ont rien fait.
secundo : nous désengager de l’OTAN et revenir à la situation voulue par le général De Gaulle.
tertio : redonner un rayonnement à notre diplomatie d’une part et faire de notre armée une force de défense performante (ce qui suppose des unités de renseignements dûment dotées en personnels et en matériels). Notre défense nationale doit protéger notre territoire : elle n’a rien à faire comme suppléante de quelque force impérialiste que ce soit sauf à générer des haines dont le peuple est la seule et unique victime.

J'approuve. Mais bien sûr ! Quelle drôle d’idée d’avoir éliminé Kadhafi qui maintenait l’ordre en Libye ! Quelle drôle d’idée d’avoir, de même, éliminé Saddam Hussein ! Avant la Révolution, la politique militaire et étrangère de la France consistait principalement à protéger les frontières du territoire en veillant à écarter tout voisinage dangereux, et au besoin, en y favorisant la discorde pour l’affaiblir. Quand j’écris en quarto : regrouper les migrants aux frontières de leurs territoires, je veux dire par là que c’est à eux de prendre les armes pour régler, entre eux, leurs différents et pas à nous. Que si leurs pays sombrent dans l’anarchie, que cela soit un exemple pour les autres.

Pour le reste, tout à fait d’accord.

Emile Mourey, 11 août 2017

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.94/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

20 réactions à cet article    


  • bob14 bob14 12 août 10:09

    On croit mourir pour la patrie : on meurt pour des industriels.

    Anatole France,
    L’Humanité, 18 juillet 1922


    • MAIBORODA MAIBORODA 12 août 11:26

      @bob14


      effectivement

    • Cateaufoncel 12 août 18:56

      @bob14

      « On croit mourir pour la patrie : on meurt pour des industriels. »

      C’est une vieille rengaine. Elle m’est revenue l’autre jour en feuilletant un album, grand format, des plus beaux villages et paysages de France.

      Et je me suis dit que toute cette beauté, les industriels ne pourront jamais se la payer, et qu’il est donc légitime de se battre pour la protéger des soudards et des envahisseurs d’où qu’ils viennent.


    • BA 12 août 10:14

      L’Histoire va maintenant prendre un chemin imprévu.

      C’est la première fois que l’espèce humaine bouzille le climat.

      Le réchauffement climatique est en train de s’emballer.

      Maintenant, nous allons devoir imaginer les conséquences concrètes du réchauffement climatique.

      A lire, et à relire :

      http://www.les-crises.fr/clive-hamilton-requiem-pour-lespece-humaine/

      Jeudi 10 août 2017 :

      2016, année noire pour le climat et réchauffement à un niveau record.

      Le dernier rapport annuel sur « l’État du climat » dresse un portrait des plus sombres de notre planète après deux années consécutives où la température globale était au plus haut depuis le début des relevés de températures en 1880.

      Les températures, la montée des océans et les émissions de gaz à effets de serre ont atteint des niveaux sans précédent en 2016, une nouvelle année noire pour le climat, montre jeudi une étude internationale de référence.

      « Les records de chaleur de l’année dernière résultent de l’influence combinée des tendances de réchauffement du climat à long terme et d’un fort El Nino au début de l’année », le courant chaud équatorial du Pacifique, explique le rapport qui vient d’être publié par l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) et l’American Meteorological Society (AMS).

      Ce document de 300 pages, auquel ont contribué près de 500 scientifiques dans plus de 60 pays, montre bien que les principaux indicateurs du changement climatique continuent à refléter des tendances conformes à une intensification du réchauffement planétaire.

      Même s’il ne sont pas pris en compte dans le rapport, les six premiers mois de 2017 sont également parmi les plus chauds enregistrés depuis 1880, selon la NOAA.

      La publication de ce rapport intervient une semaine après l’officialisation auprès de l’ONU par les États-Unis de leur décision de se retirer de l’accord de Paris sur le climat conclu en 2015 par 195 pays, le président Donald Trump jugeant en effet cet accord « néfaste pour l’économie américaine ».

      Plusieurs marqueurs clés comme les températures à la surface du globe, le niveau des océans et les gaz à effet de serre dans l’atmosphère, ont battu les records de l’année précédente.

      En 2016, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) sur la Terre ont dépassé les 400 ppm (parts par million) - 402,9 - pour la première fois depuis le début des relevés. C’est également le plus haut niveau en 800.000 ans, si l’on prend en compte les données provenant de l’étude des couches glaciaires.

      Plusieurs pays, dont le Mexique et l’Inde, ont enregistré des températures annuelles records en 2016. Une vague de chaleur d’une semaine dans la péninsule indienne, avec des températures dépassant 44 degrés Celsius, a contribué à créer une pénurie d’eau pour 330 millions de personnes et fait 300 morts.

      Dans l’Arctique, zone la plus sensible au réchauffement, la température moyenne à la surface l’année dernière se situait deux degrés au-dessus de la moyenne de 1981-2010, battant tous les records. À la fin de l’hiver en mars, l’étendue maximum des glaces arctiques était la plus faible en 37 ans d’observations par satellite.

      Dans l’Antarctique, la banquise a connu son plus faible accroissement, très inférieur à la moyenne de 1981-2010.

      Quant à la température globale sur les océans elle a été plus élevée (+0,1 degré Celsius) que la tendance de 1950 à 2016, précise le rapport.

      La fonte de glaces et des calottes polaires a élevé le niveau des océans à un nouveau record, 82 millimètres au-dessus de la moyenne enregistrée en 1993.

      Dans les régions équatoriales, 93 tempêtes tropicales se sont produites en 2016 soit plus que la moyenne de 82 entre 1981 et 2010 mais moins que les 101 en 2015. « Le changement climatique est l’un des problèmes les plus pressants auxquels l’humanité et la vie sur Terre doivent faire face », écrivent les auteurs de ce rapport de référence, disponible sur internet.

      http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/08/10/01008-20170810ARTFIG00272-2016-annee-noire-pour-le-climat-et-rechauffement-a-un-niveau-record.php


      • Emile Mourey Emile Mourey 12 août 10:53
        Lu, hier, le commentaire de Covadonga 

        « quand on patrouille armé et en gilet d’assaut parmi les civils
         sur son sol c’est que l’on déjà perdu la guerre intérieure ! »

        • egos 12 août 10:54

          Pour savoir où l’on va, il faut bien savoir d’où l’on vient.

          Question orientation, il est tout aussi utile de savoir ou l’on est.

          • MAIBORODA MAIBORODA 12 août 11:38

            à l’auteur :


            Autre expérience de la guerre d’Algérie. Différente de la vôtre.
            Cf. Rubrique « Séquences algériennes »
            Article : l’Algérie de Camus .... et des autres.

            ..... Mais je ne fus pas, comme vous, militaire de carrière, et je n’ai pas, comme vous, une connaissance approfondie du Coran.


            • Emile Mourey Emile Mourey 12 août 14:07

              @MAIBORODA

              Merci. Vaste sujet !

            • Taverne Taverne 12 août 12:51

              Votre témoignage est touchant.

              Vous dites « Il n’y a pas de plan de Dieu. » Vous avez donc renoncé à décoder l’algorithme de dieu ? Moi, qui suis athée, je songe parfois à dieu, comme Idée, dans les moments où je pense en poète (non « revendicatif » smiley) et j’imagine son plan en forme de spirale : comme le ruban enroulé de l’ADN et comme la suite des décimales de Pi qui suivent une forme en spirale, ainsi que je l’ai montré dans mon vain livre de philosophie. « Vain » car je crois en réalité qu’il est vain de chercher l’algorithme. Quand on croit l’avoir trouvé, c’est que Dieu (ou la Vie, selon que l’on est croyant ou pas) nous jette sur une fausse piste pour donner une diversion à notre intelligence.


              • Emile Mourey Emile Mourey 12 août 13:52

                @Taverne

                Oui au poète ! Oui aux sciences et aux arts, poésie, peinture, littérature... qui peuvent nous laisser entrevoir et espérer qu’il existe un je ne sais quoi que nous ne comprenons pas bien et qui nous dépasse.

              • Agafia Agafia 12 août 13:01

                Merci Monsieur Mourey pour ce très bel article, plein de vérités et très touchant à lire.


                Respect.

                • Orageux / Maxim Orageux / Maxim 12 août 13:15

                  Tout à fait d’accord avec cet article ....Pour info, je suis un ancien des centaines du 11eme Choc en AFN , service action du SDECE .....


                  • Sigismond Sigismond 12 août 16:16

                    Cher Grand Ancien,

                     

                    Votre très lointain bazar s’engagea quand vous quittèrent l’institution. L’ennemi était effectivement devenu rouge et la terre d’Afrique ressemblait pour beaucoup déjà à un mythe ancien inaccessible à la plupart, sauf à recourir aux services de Nouvelles Frontières. Seuls quelques privilégiés dont je fus purent connaitre quelques contrées ayant fait partie de nos colonies, et où finalement, quelque 20 ans après la décolonisation nous étions fort bien accueillis par les populations. Comme quoi la France passe souvent pour plus hideuse chez elle que chez « ses victimes ». Mais ça il ne faut pas le dire.

                     

                    Evidemment votre texte m’intéresse en tant que témoignage d’un officier d’une autre génération sur ce qui est le sens de l’engagement. J’ai souri quand vous avez évoqué votre départ et les raisons de celui-ci, car les raisons du mien correspondent également à un changement fondamental de notre posture militaire. J’ai en effet pour ma part assisté à ce phagocytage progressif de notre défense (et donc de notre politique étrangère) par l’OTAN. Un processus qui démarra sous Mitterrand, fut poursuivi avec zèle par Chirac, malgré le sursaut de 2003, pour se terminer avec la réintégration sous Sarkozy. C’est lui qui devant l’histoire portera la responsabilité d’une décision qui lui aura finalement beaucoup échappé puisque ce n’était qu’un aboutissement logique d’une politique visant justement à donner un point final à celles étrangère et de défense. Après avoir abandonné les politiques économique, financière et monétaire aux instances technocratiques européennes, c’était bien le moins que d’abandonner ce qui nous restait de souveraineté pour que nos hommes politiques puissent enfin se consacrer à l’essentiel, à savoir l’égalité hommes-femmes, le mariage pour tous, le droit à l’enfant, et le statut de la première dame autoproclamée. Le tout évidemment enrobé de moraline avec, puisque ça semble être acquis, la prochaine impossibilité pour les déviants, entendre ceux qui revendiqueraient certains particularismes culturels et entreraient ainsi dans le cadre de l’apologie de la haine raciale ou religieuse, etc., de représenter le peuple français. Cette dernière notion devrait d’ailleurs cesser d’exister puisque si  selon notre génial président il n’y a pas de culture française, il n’y a aucune raison qu’il existe une nation et un peuple français. Nous parlerons donc en bon multiculturalistes de peuples en France.

                    Et donc voilà pourquoi j’ai souri quand vous évoquiez votre départ. Car si vous pouviez vous interroger sur le sens de l’engagement d’un officier de ma génération, je m’interroge également sur celui d’un jeune officier aujourd’hui.

                     

                    Mais davantage qu’une interrogation, c’est une inquiétude qui me saisit. Comme vous l’écrivez justement et comme votre expérience personnelle vous l’a fait découvrir, l’histoire n’a que le sens qu’on lui donne, à comprendre évidemment comme la direction qu’on lui indique quitte à s’appuyer sur un sens perverti du passé.  Si la place de l’esclavage, de la colonisation, en fait de toutes les horreurs qu’on impute à la France selon une grille de valeurs très contemporaine, s’est ainsi élargie dans les programmes d’histoires de nos enfants, ce n’est évidemment pas un hasard. Il faut apprendre à nous haïr assez pour souhaiter notre disparition.

                    Et voilà donc ce qui m’inquiète. Je pense que vous ne me contredirez pas si je déclare que si les militaires n’écrivent pas l’histoire, ils ont été travers les siècles un instrument privilégié entre les mains de ceux qui l’écrivaient. En France il y a eu en effet très peu confusion entre les pouvoirs militaires et civils. Le Consulat et le Premier Empire sont une des rares exceptions. Il était d’ailleurs inutile et con que Macron vienne devant les armées pour dire "c’est moi le chef". Ridicule personnage ! Et donc ce que je vois, ce que j’ai vu à mesure que les années passaient, quand j’étais dedans, puis dehors, c’est que l’instrument était de plus en plus maltraité, d’autant plus maltraité que finalement plus personne ne voulait plus écrire notre histoire, notre histoire commune, prolongation des siècles passés. Le court terme ce sont les prochaines élections qui deviennent l’objectif prioritaire une fois celles qui vous ont porté au pouvoir achevées. Et le long terme, c’est la disparition, la dilution dans quelque chose qu’on ne peut guère décrire, la mondialisation peut-être et certainement pas heureuse pour le plus grand nombre, la fureur islamique plus surement en ce qui nous concerne. Et dans ce processus que devient l’armée, que deviennent les militaires et donc les officiers ? A quoi peuvent-ils encore servir si leur rôle d’instrument de l’écriture de notre histoire est révolu ? Leur reste-il à être les complices en tant que moyen de police internationale, car l’intégration à l’OTAN peut conduire à cela, de l’instauration d’un ordre mondial participant à la disparition de leur pays ? Seront-ils conduits dans un avenir plus proche à devenir, ils le sont déjà de fait avec l’opération Sentinelle, des supplétifs des forces de police sur le territoire ? Tout ça est inquiétant. Et suffisamment pour que je souhaite que mes enfants ou petits-enfants n’aient pas l’idée de suivre la voie que nous avons tous deux suivie dans d’autres temps.


                    • Emile Mourey Emile Mourey 12 août 16:40

                      @Sigismond

                      Merci pour votre commentaire et surtout pour votre témoignage ... et où finalement, quelque 20 ans après la décolonisation nous étions fort bien accueillis par les populations. Comme quoi la France passe souvent pour plus hideuse chez elle que chez « ses victimes ». Mais ça il ne faut pas le dire.

                    • chantecler chantecler 13 août 08:20

                      @Emile Mourey
                      Bonjour Emile Mourey ,
                      Merci pour votre témoignage .
                      Je passe rapidement sur votre intérêt d’autrefois pour T.D. C.
                      Il a été largement démontré en quoi il a truqué ses « recherches » pour les faire coïncider avec ses thèses . Il était tut de même une référence dans les années d’avant guerre ...
                      D’autre anthropologues beaucoup plus sérieux et scientifiques ont pris fort heureusement la relève .
                      Maintenant vous posez le sens des valeurs dans la vie .
                      Question que je me pose avec bien d’autres heureusement .
                      Etant devenu athée , je pense que les seules valeurs qui vaillent sont les valeurs humanistes , et démocratiques ....
                      Mots galvaudés tant elles sont détournées par les prédateurs , les parasites et les psychopathes qui tiennent les leviers du pouvoir et dirigent le monde .
                      Le pouvoir aujourd’hui c’est l’argent , le $ , la £, l’€ , etc etc , ceux qui l’ont accumulé ....
                      Fallait se méfier de Picsou !
                      Et sa foultitude de serviteurs :banquiers , assureurs , spécialistes , boursicoteurs , traders avec leurs relais politiciens et médias .
                      Et l’avenir ne m’apparaît pas radieux avec les immenses abus la misère croissante dans le monde et nos sociétés et les crises financières en préparation qu supporteront les populations .
                      Avec sans doute à la clé une sale guerre .
                      Naturellement je n’ai pas de réponse : remettre en question le « système » , le libéralisme , le rôle du $ qui n’a aucune valeur (sauf celle du papier) en dehors des forces armées qui le défendent dans le monde ....
                      Cdt.
                      Cr.


                    • chantecler chantecler 13 août 08:45

                      J’ajoute :
                      En pure coïncidence et « surfant sur le net » à la recherche d’un article intéressant je suis tombé sur celui-ci .
                      N’y voyez aucun prosélytisme .
                      Je m’en garderais bien ..... !
                      Mais je vous laisse le lien . :
                      http://lesakerfrancophone.fr/le-dernier-rivage-2017


                    • Cateaufoncel 12 août 19:13

                      « …il faudrait admettre que l’homme, les hommes, ne sont pas libres, ce qui serait absurde. »

                      Tant que, par définition, nous n’aurons pas conscience de notre inconscient, la liberté ne sera qu’une illusion, et nous n’aurons jamais conscience de notre inconscient.

                      Trotski l’avait compris, alors, étant de gauche et pas plus avare d’idioties que ses camarades ou ex-camarades, il nous renvoyait à un chimérique surhomme ultérieur :

                      « L’homme (devenu libre) s’efforcera de commander à ses propres sentiments, d’élever ses instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là, il se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un surhomme, si vous voulez. »


                      • Alain Dussort Alain Dussort 13 août 06:36

                        La faute de l’abbé Mouret version agoravox : avoir vécu une histoire d’amour avec l’Histoire et se retrouver rappeler sous les ordres.

                        Qu’importe ! Une vie bien remplie, même d’échecs, reste une vie bien remplie. Quarante après, quelle est la différence, au niveau du ressenti individuel, entre un succès et un échec ?

                        • leypanou 13 août 08:46

                          @Posé Y Don
                          Quand on a aucune limite de temps pour en disserter avec soi même : c’est vrai çà Shawford, un petit plussage aussi ne ferait pas de mal.


                        • JC-van-Dale 14 août 06:37

                          Bonjour,

                          Il y a l’histoire racontée par les hommes...
                          Mais il en existe une autre, celle dévoilée par les Femmes.
                          Cordialement.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires