L'Europe peine à innover. Pourtant, les idées sont là ... Mais il manque quelque chose pour les faire passer dans les moeurs ... On n'y croit pas ... Il y a de l'argent en Europe, mais cet argent ne circule pas. "La santé coûte trop cher ... Alors, l'innovation, vous pensez ..." : telle est la rengaine entendue chez les soignants de l'hôpital public, plutôt désespérés. L'innovation en santé, un problème de riche, une affaire de luxe ?
Petite conversation avec des ingénieurs d'Apple Inc.... Face à ces propos défaitistes, ils sont dubitatifs ... "Vos toubibs se plantent", me disent-ils ... "L'innovation ne sert pas aux riches, mais aux classes moyennes", m'expliquent-ils. Point de vue iconoclaste, vous aurez du boulot pour convaincre les institutionnels de la santé en France, les gars. Ils pensent exactement l'inverse ... A ces institutionnels - médecins et gestionnaires de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris -, il faudrait ajouter les associations de patients ... Les ingénieurs d'Apple me donnent l'exemple suivant : "Prenez l'iPhone ... Croyez-vous qu'il soit utile à Mme Liliane Bettencourt, Mme L'Oréal, 3ème fortune française ? Elle pourrait s'en acheter des dizaines par jour ... Mais que ferait-elle du reste de son argent ? Elle a une armée de secrétaires pour lire ses mails, au mieux l'iPhone est un joujou pour elle ... Un iPhone c'est moins de 700 EUR ... Certes un investissement pour quelqu'un de la classe moyenne, mais un investissement rentable : avoir accès à l'Internet où que l'on se trouve, donc à l'information, pouvoir la partager, rester en contact permanent avec son réseau familial et professionnel, suivre sa santé, acheter moins cher ... A qui pensez-vous que l'iPhone soit le plus utile ? A Mme L'Oréal ou à un usager lambda de la classe moyenne ?"
Sont forts les gars d'Apple ... Pourtant, le refrain chanté par le soignant gaulois lambda face à l'innovation en santé (voir), c'est : "La santé telle que nous la connaissons, coûte cher, trop cher pour nos finances quoi qu'on fasse." On est loin de la vision du monde donnée par les ingénieurs d'Apple. Conséquence, à échelle européenne : faute d'innover, les inégalités sociales se creusent, la classe moyenne fond ... Certains s'enrichissent, mais beaucoup s'appauvrissent ... faute d'innovation ... Il est urgent de promouvoir l'innovation en Europe ... par des mesures politiques concrètes ...
L'absence d'alternatives à la transplantation d'organes a permis d'instituer, au fil des décennies et de la "pénurie" ... une certaine prédation ... qui commence à poser problème ... On en prend conscience, c'est pourquoi la médecine de remplacement développe aujourd'hui, à vitesse grand V, des alternatives à la transplantation d'organes : engineering tissulaire, cellules souches du sang de cordon ombilical, micro-turbine pour assister un coeur défaillant, etc ... Aux USA et en Asie, l'activité dans tous ces domaines innovants explose : voir. Il en va autrement en France (où on peine à être innovants) ... et où se pose aussi la question du coût des solutions innovantes en santé, dans la médecine de remplacement en particulier mais pour tout le système de santé : j'ai demandé à des chefs de service hospitalier (urologie, urgences, chirurgie cardiaque, digestive) de réagir à l'article suivant, fait par un expert santé : "Un regard sur un demi-siècle de réformes de notre système de santé" (lire)
Réaction unanime : "Intéressant mais reste lénifiant. Le problème que l'auteur comprend mais qu'il ne veut pas affronter non plus, c'est que la santé telle que nous la connaissons, coûte cher, trop cher pour nos finances quoi qu'on fasse." Alors l'innovation en santé ... si déjà le système coince ... l'innovation devient un problème de riche ... Sauf que l'innovation est facteur de démocratisation : elle réduit la fracture ou les inégalités sociales ... Par manque d'innovation, les inégalités entre les classes sociales vont croissant en France - la santé n'est pas un domaine qui ferait exception. Privatiser la santé ? Voilà qui va hérisser plus d'un Français ... Mais notre Sécu, c'est le Titanic ... On ne pourra donc pas se passer d'innovation ...
Donner, oui ... être prédaté, non ... dit le bon peuple américain
Don ou prédation ?
Le recensement de patients hospitalisés et pouvant - de près ou de loin - décéder du fait d'une pathologie neuronale (traumatisme crânien, AVC ou accident vasculaire cérébral) - se fait en milieu hospitalier grâce à un partenariat sans faille entre l'Agence de la biomédecine et les établissements de santé : Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) : lire.
Ce recensement peut être ressenti comme une prédation par les proches de patients hospitalisés, puisqu'il se fait un peu à leur insu (lire) ... C'est le cas aux USA où actuellement a cours une polémique sur ce sujet (lire ici et ici) : un article de journal grand public titrait récemment : "Hovering, hovering, hovering to get more organs" : rôder, rôder encore et toujours à la recherche d'organes ..., tandis que nombre d'usagers de la santé découvraient une pratique de prédation ébranlant leur confiance dans le système du don d'organes : volontaire, anonyme et gratuit ... Modifier la définition de la mort afin d'inclure toujours plus de patients dans le pool de potentiels donneurs d'organes - prélèvements dits "à coeur arrêté" ; aux USA on parle d'"organ donation under cardiac death" ; recenser le plus possible de décès éventuellement prévisibles (décès de cause neuronale) afin d'organiser au mieux la chaîne de prélèvements des organes vitaux à des fins de transplantation, "consentement présumé" inscrit dans la loi française alors qu'aucune information sur les "prélèvements à coeur arrêté" n'est faite (tout consentement éclairé nécessite une information au préalable) ...
Le don d'organes, entre prédation et innovation :
Un proche récemment confronté à la question du don d'organes m'a écrit ce matin : "J'ai découvert sur le site de l'Agence de Biomédecine un document qui décrit la procédure suivie pour un prélèvement d'organes :
1 - Dans l’établissement de santé où se trouve une personne décédée chez laquelle un prélèvement est envisagé, la demande d’interrogation est faite par le directeur de l’établissement de santé ou son représentant désigné, par télécopie, selon un formulaire d’interrogation standardisé (FAX).
2 - Interrogation du registre des refus au niveau de l’Etablissement français des Greffes
3 - Réponse par télécopie quant au résultat de l’interrogation (FAX)
Plusieurs documents sont donc échangés entre l'Etablissement d'accueil du patient et le service qui gère le Registre des Refus de greffe (Agence de Biomédecine).
Cela amène deux questions :

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