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L’Open d’Australie et la théorie des jeux

Alors que L'Open d'Australie bat son plein, et que tous les joueurs cherchent la faille dans le jeu de Djokovic pour tenter d'enrayer son règne sans partages, c'est l'occasion de se pencher sur "la théorie des jeux" appliquée au tennis.

Certains chercheurs ont tenté de rationaliser les échanges ludiques, en cherchant ce qui déterminait leurs interactions. J’ai étudié tout un été « la théorie des jeux » de von Neumann, où il est notamment question de comment les joueurs interagissent entre eux, et appréhendent les conséquences d’un éventuel changement des stratégies adoptées par les uns et les autres. Un serveur à la Raonic doit-il baisser sa vitesse de première balle pour se concentrer sur sa régularité en fond de court ? Un défenseur contreur a-t-il intérêt à perfectionner sa volée, au risque d’oublier sa base de jeu ?

Ils doivent tous analyser la réaction prévisible de leurs adversaires pour choisir au mieux leurs nouvelles initiatives. Cette approche s’applique parfaitement au monde du tennis, car le nombre de concurrents n‘est pas trop élevé, les différentes interactions stratégiques pendant les tournois présentent d’authentiques répercussions, il n’y a que très rarement une situation de concurrence parfaite, le monopole d’un joueur peut s’étendre à un tournoi, une surface, mais dans le temps, il y a toujours une faille qui se présente, une défaillance physique, mentale, qui vient altérer la domination en question. Toute partie se résout le plus souvent par l’élimination des stratégies dominées. La clef consiste à savoir changer les tenants et aboutissants qui président à l’interaction tactique d’une rencontre pour aboutir à une issue différente. La structure du scénario d’un match est liée aux actions des joueurs. Si l’on modifie ses intentions premières, cela se répercute sur la stratégie appliquée jusque là et donc sur l’issue du jeu. Une stratégie ne reste dominante que tant que le rival ne s’aligne pas dessus en augmentant ses qualités techniques dans la même filière. La matrice d’un match est alimentée invisiblement par ce genre d’alternatives. Parfois, il vaut mieux ne pas s’opposer frontalement à un joueur quand on sait que sa filière proposée sera épuisante à long terme, et même en s’imposant, le temps de récupération ne sera pas suffisant pour enchaîner par un autre match le lendemain. Il vaut mieux subir sa loi et le contrer via une autre filière, un autre rythme, une autre option pour tirer le meilleur de la situation. Il arrive également que chaque concurrent abandonne unilatéralement ses options faibles pour tout miser sur leurs coups et tactiques fiables, cela débouche sur un équilibre à peu près complet du rapport de forces qui se tranchera sur un coup de dés. Pour installer un combat asymétrique, il faut disséquer l’opposition tactique, technique, et dégager les options susceptibles d’ouvrir de nouvelles séquences.

Les rivaux ont tendance à adopter simultanément les mêmes déplacements, quand chacun prend sa décision sans anticiper ce que fera l’autre. Il faut alors préempter le terrain avant l’autre en s’engageant le premier dans une option singulière. On ne sait si Gilles Simon a étudié cette stratégie (même si l'on connaît le grand sens tactique de ce joueur) ce dimanche 24 janvier à l'Open d'Australie, mais il entre dans le groupe assez fermé des joueurs à avoir poussé le numéro un mondial dans un cinquième set lors d'un Grand Chelem. Si l'on dissèque ce match en termes de nombres, Simon a parcouru 6 kilomètres lors de son affrontement avec le serbe en huitièmes de finale, ce dernier atteignant les 5,6 km. Gilles Simon a parcouru 17,6 mètres par point. Novak a obtenu 25 balles de break, 6 ont été converties. Sur deuxième balle, le "Djoker" a obtenu 55% des points. Ratio très moyen pour lui. Il a provoqué 100 fautes directes, dont 51 en coup droit. Lors de ses trois premiers tours, il s'était contenté d'en commettre respectivement 27, 14, 37, soit un total de 78 fautes seulement. Cela faisait 1328 jours qu'un français n'avait pas réalisé cette "perf".


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2 réactions à cet article    


  • Alibaba007 Alibaba007 25 janvier 21:20

    @ Thomas Roussot « Cela faisait 1328 jours qu’un français n’avait pas réalisé cette »perf« . »



    COCORiiiiiiiiiiiiCOOOOOOOOO 
     smiley


    T’avais parié sur qui ??? smiley

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