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L’ours russe peut-il poser sa patte sur le rugby mondial ?

Si les images de sportifs triomphant devant le Kremlin nous évoquent plutôt les grandes compétitions de gymnastique ou d’athlétisme, il va certainement falloir s’habituer à parler rugby de Moscou à Saint Petersbourg. Qualifiée pour la Coupe du Monde 2011, chose inédite, et candidate à l’accueil du mondial 2023, la Russie peut-elle devenir une valeur montante du rugby international ?

Du rugby en Russie. C’était encore difficile à imaginer avant la diffusion de l’excellent sujet d’interieur sport « LELOS, la force est dans l’unité ». Stéphane Le Goff, micro d’or 2009 pour ce reportage sur le rugby géorgien, nous faisait découvrir à cette occasion la rivalité ancestrale que nourrissaient géorgiens et russes, à travers le prisme d’un match qualificatif pour le mondial 2011.

Pourtant, l’équipe russe n’a pas découvert le rugby à quelque mois de son premier mondial. Pendant près d’un siècle (1936-1992), les joueurs soviétiques pratiquent, à un niveau inférieur, un sport qui, jugé contraire aux idéaux communistes, va être interdit entre 1949 et 1957. Dès lors, la trajectoire du rugby russe va être ascendante, sans être transcendante. En 1976, les bons résultats de l’équipe d’URSS poussent la Fédération Internationale de Rugby Amateur(FIRA) à l’intégrer dans le championnat d’Europe B. La progression est constante mais les Ours russes, surnom de la sélection, ne parviennent pas à atteindre le graal : la qualification pour le mondial, qui jouerait le rôle de catalyseur du rugby dans un pays qui n’en n’a pas la tradition. Mais en 2000, la Russie parvient à intégrer le Championnat d’Europe A, preuve de sa ténacité et de son ascension. En 2010, sa défaite face à la Géorgie n’entame pas les ambitions du rugby russe. Second du championnat d’Europe derrière son voisin du Caucase, la Russie parvient pour la première fois à se qualifier pour la Coupe du Monde.

Le parcours des Ours en Nouvelle-Zélande n’est pas sans embuche. Après une courte défaite face aux Américains(13-6), la Russie sombre et encaisse trois lourdes défaites qui la conduise logiquement à la dernière place de son groupe. Mais l’important est ailleurs. Médiatisés, mis en valeur, les joueurs russes, pour la plupart évoluant au VVA Podmoskovye ou à l’Enisey-STM, peuvent saisir au vol l’opportunité d’un début de carrière professionnelle. Pour l’instant, seuls trois d’entre eux évoluent au plus haut niveau, à Castres, Sale et Northampton. L’évolution du niveau de jeu russe est donc un chantier à long terme. Pourtant, la vitrine incroyable du Mondial doit permettre au rugby de s’implanter durablement et plus profondément.

C’est dans cette optique que la fédération russe de rugby a proposé sa candidature en vue d’organiser le Mondial 2023. Après la nomination du Japon pour la Coupe du Monde 2019, il semble que l’IRB soit enfin ouvert à un développement plus large du rugby mondial. La candidature russe est, en cela, une excellente occasion de promouvoir un sport ancien, mais qui n’a jamais vraiment trouvé sa place au sein de la scène sportive russe. La population du pays (142 millions d’habitants), alliée à son pouvoir économique et la dynamique sportive actuelle(organisation des JO d’hiver 2014, du Mondial de football 2018) peut répondre au défi que pose actuellement le rugby. L’occasion d’étendre la liste des grandes nations rugbystiques et de permettre de complexifier le réseau mondial.

Article à retrouver sur http://rubriquesport.wordpress.com/

par chronique d’un inconnu (son site) vendredi 21 octobre 2011 - 1 réaction
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