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La Cantonade

La notoriété ouvre les portes. Sans cela la proposition de M Cantona serait passée inaperçue comme celles que nous lisons dans nos blogs.

Si sa proposition de retrait est quelque chose de difficile et de dangereux, elle peut constituer une menace efficace.

Il n’est pas sot de constater que l’impuissance des moyens traditionnels ne porte pas leurs fruits, la France, la Grèce, le Portugal, l’Espagne et d’autres par le passé, pour ne rappeler que la grève des mineurs anglais, ont échoué, malgré quelques succès que nous avons en mémoire face M. Balladur et Juppé.

Ceci ne remet pas en cause ce recours traditionnel à la grève et aux manifestations, mais pose l’interrogation de l’usage d’autres moyens de pression sur le pouvoir ou les entreprises.

J’ai le souvenir d’avoir défendu en 1988 l’idée d’utiliser le boycott comme moyen de pression face à l’incapacité de plus en plus avéré du monde salarial à avoir l’audace d’un conflit direct, pris entre la pression sur l’emploi et celle des crédits et nous pouvons ajouter le constat d’une désyndicalisation.

L’idée ne fit pas son chemin, même si nous pouvons constater que dans les supermarchés l’on n’hésite plus rembourser la clientèle sans poser de questions, que certains constructeurs d’automobiles rappellent leurs clients, conscients d’éviter une fuite de clientèles par une mauvaise notoriété.

Cette proposition s’est transformée en associations des consommateurs qui exercent une pression individuelle mais ne constituent pas une capacité de contestation pour améliorer les conditions de travail et de salaire dans certaines entreprises.

Aucun essai ne fut tenté pour en développer cette pratique et faire face aux difficultés que ce moyen soulevait, les innovations sont toujours hasardeuses.

Au moins pour M. Cantona, son initiative sera suivie d’effet par quelques personnes qui ont rebondi à sa proposition.

Il est vrai que depuis 1973 et l’obligation de faire les dépôts dans des banques, celles-ci grâce à cela ont développé une capacité de création de monnaie qui les rend indispensables depuis que la banque de France y a renoncé, même si elle joue un rôle de garantie par subsidiarité de la BCE

En contrepartie nous avons connu un développement sans précédant en faisant circuler la monnaie.

Mais la crise financière nous a contraint à refinancer leurs risques, pris par une cupidité sans précédent.

En lui-même le processus ne pêche que par la faiblesse de la répartition de la richesse qui oblige les gouvernements à s’endetter pour couvrir les financements des nécessités sociales que ne veulent pas financer  les populations dans leur ensemble.

Nous vivons alors le paradoxe de ces banques ou des détenteurs des masses financières par organismes interposés, comme des compagnies d’assurances et autres, qui détiennent par les dépôts ou les souscriptions des fonds disponibles, obtenu par obligation ou par souscription volontaire, une capacité de crédit qui leur fournit le pouvoir de peser sur les Etats, au point d’imposer des mesures de rigueur sur le remboursement de fonds dont elles ne sont pas propriétaires, pour beaucoup, mais dont elles jouissent de l’usage. Un usage qui serait bien utile à l’Etat pour ne pas s’endetter.

Alors il est tout à fait juste de dire qu’en retirant nos dépôts, faute de moyen d’actions sur les compagnies, nous ébranlerions leur capacité de création de monnaie et celle du crédit. De quoi bloquer en un mois tout le processus financier des banques.

En l’état cela serait contre productif, mais si l’idée mûrit elle pourrait être source d’une nouvelle orientation des dépôts par la création d’une nouvelle banque Populaire dans laquelle les salariés iraient effectuer leurs dépôts obligatoires, et retrouver dans leur gestion le pouvoir que donne la possession de la création de monnaie qui a glissé des mains du peuple vers des particuliers.

Imaginer par aporie que tous les Français déposent leurs revenus dans une banque unique dont ils assumeraient la gestion, ils auraient créé de fait la banque de France, car dans leur totalité ils sont l’Etat.

Et nous pouvons comprendre que d’imposer les dépôts dans diverses banques a offert à leurs propriétaires nominatifs ou mutualistes comme la banque populaire le pouvoir de battre monnaie qui était celui du peuple.

C’est ainsi qu’afin d’éviter la thésaurisation et de lutter contre la dévaluation nous nous sommes rendus dépendants d’oligarchies financières qui imposent leurs lois et de plus nous ne pouvons pas les laisser s’effondrer pour garantir les dépôts que nous leur avons confié.

Alors Madame Lagarde devrait regarder les matchs de football pour comprendre que la marche en avant n’est pas la ligne droite et ainsi trouver dans les propos de M. Cantona le fond de la rébellion face aux injustices d’une régression qu’elle cautionne, servile aux marchés financiers qui la presse.

Et je comprends que l’idée la fasse trembler.




par ddacoudre samedi 4 décembre 2010 - 18 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Morpheus (---.---.---.7) 4 décembre 2010 11:37
    Morpheus

    zelectron, vous manquez cruellement d’idées.

    - transfert dans une banque suisse (c’est légal si c’est déclaré au fisc, et cet argent est ainsi retiré du circuit européen)

    - convertir le pécule en métaux précieux (Platine, Or, Argent)

    - placer dans un coffre (y compris dans un coffre d’une banque) > l’argent est retiré des fonts dont la banque bénéficie [1]

    [1] les fonts des banques, constitué par les dépôts en espèce des clients, constituent la réserve fractionnelle au départ de laquelle la banque dispose le droit de faire du crédit. Cette réserve constitue aussi l’assise réelle de cette réserve fractionnelle. Ce principe compris, vous déduirez que retirer 1000 euros en espèce dans une banque pèse beaucoup plus lourd dans la banque, puisque cette valeur peut être multipliée considérablement (en zone euro, je crois que c’est de l’ordre de 30 à 50 fois, mais à vérifier).

  • Par plancherDesVaches (---.---.---.120) 4 décembre 2010 20:14

    Non. Le pouvoir ne corrompt pas obligatoirement.
    Voyez Roosevelt, De Gaulle, et bien d’autres dirigeants qui ont accepté d’abandonner une partie du pouvoir qu’ils détenaient.
    Juan Carlos, ça ne vous dit rien.. ???

    Par contre, vu la pollution américaine, la propagande marche très bien pour faire croire le contraire.

  • Par BA (---.---.---.142) 4 décembre 2010 21:25

    L’appel de Cantona pour vider les comptes en banque monte en puissance.

    Va-t-il faire sauter la banque ? Economistes et spécialistes du monde bancaire s’accordent pour dire que l’appel d’Eric Cantona aux Internautes à vider en masse leurs comptes courants relève de l’utopie.

    Pourtant, le mouvement continue de prendre de l’ampleur sur Internet.

    19 000 personnes le 27 novembre, 30 000 le 2 décembre, plus de 34 500 ce samedi après-midi.

    ..le nombre de personnes qui ont proclamé leur « participation » sur Facebook au mouvement initié par l’ancienne star du ballon rond ne cesse d’enfler.

    Sur la page du réseau social intitulée « Révolution ! Le 7 décembre on va tous retirer notre argent des banques », l’appel de l’ancien de Manchester United est relayé en ces termes :

    « Parce que visiblement aujourd’hui manifester ne sert plus à rien pour se faire entendre de nos élites dirigeantes et que le pouvoir est tenu par les banques, allons tous d’un seul homme retirer notre argent des banques et fermer nos comptes épargne et pension le 7 décembre 2010 ».

    L’appel de Cantona, relayé sur la toile, peut-il vraiment inquiéter les géants bancaires ? Jeudi, certains sont sortis de leur réserve comme le directeur général de BNP Paribas, Baudoin prot, qui affirmait « mal fondé » sur le plan bancaire cet appel.

    Le président de la Fédération bancaire française (FBF), François Pérol, a pour sa part expliqué ne pas croire que l’appel « traduise un malaise » des Français, mais estime qu’il « ne rend service à personne ».

    C’est le 6 octobre dernier, dans un entretien au quotidien Presse-Océan, qu’Eric le Rouge avait prôné une « révolution ». Le principe : une déferlante de retraits massifs dans les banques. Le résultat : faire en sorte que « le système s’écroule », expliquait Cantona.

    Jeudi, dans un entretien au journal Libération, l’ex footballeur était clair : « Le 7 décembre, je serai à la banque ». « Le système tient par les banques, il doit être détruit par les banques. Et si 20 millions de personnes retirent leur argent, tout s’écroule. C’est une révolution sans armes, ni sang », rajoutait l’acteur, bien décidé à ne pas laisser passer ce casse du siècle.

    Du côté des politiques, chacun tente un appel au calme. Christine Lagarde, Ministre de l’économie tentait mercredi un tâcle, rappelant que si Cantona était un « immense footballeur », il n’était pas...banquier.

    Ce samedi, François Baroin lui a même adressé un carton rouge : « C’est grotesque et irresponsable. Cantona en conseiller financier, ce n’est pas très sérieux (...) A chacun son métier, et les vaches seront bien gardées ! », a brocardé le ministre du Budget dans une interview à France-Soir.

    Reste que 99% des Français possèdent un compte en banque et que Cantona profite d’une cote de popularité inébranlable. Si les « participants » Facebook se donnent réellement rendez-vous, cela risque de causer des désagréments dans les agences bancaires... mais pas de quoi renverser un système fort de ses 40 000 agences et 53 000 distributeurs de billets. 

    http://www.leparisien.fr/economie/l...

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