Il y a en ce moment en France, dans tous les médias, le sempiternel débat sur la “nocivité” supposée d’Internet. Cette avalanche fait craindre le pire. Avec notamment, la mise sur pied d’une censure graduée. On est donc en droit de se demander le pourquoi du comment ces derniers-les grands médias-, ont des sites de leurs propres organes qui parfois hébergent en plus, des blogs, si Internet était l’isotrope de la pire des choses.
Au lieu de discuter, puisqu’ils se complètent, n’en déplaise aux esprits chagrins et rétrograde, certains blogeurs et certains journalistes, se regardent ainsi en chiens de faïence. Mais, ceux qui croient être le sanctuaire de l’information se muent parfois tueurs. C’est le règne du prédateur. Le codex internetarius (codex alimentarius = chasseur) veut broyer sa proie, l’invective, le lynche. Une organisation bien huilée où, toutes les formes de casses sont visibles : vènerie, braconnage, abattage, déterrage, piégeage, chasse devant soi, chasse à l’affut, chasse à l’approche, chasse au leurre, chasse à courre….Fichtre.
C’est la chienlit. Haro sur le Web. Qu’on le jette aux lions ! Internet c’est le défouloir, la honte, l’imbécilité. Internet est une poubelle, l’obscurantisme, l’anarchie. “Il faut nationaliser Internet” avait même osé dire le très droitiste député des Yvelines, Jacques Myard. Internet n’a pas le cul bordé de nouilles. C’est sûr. Mais, la production de l’information est-elle une chasse gardée aujourd’hui d’un corps, puisqu’il y a eu un phagocytage en règle des stars, pour faire du buzz essentiellement, invités par ces mêmes médias-là… Plaît-il ? Internet permet de voir et revoir par des vidéos postées ici et là, les attaques des politiques entre eux, comme celle de Pierre Moscovici qui a traité le ministre Eric Besson de "petit télégraphiste" de Sarkozy.
La gloire irrépréhensible des médias traditionnels semble perdre de sa superbe. Non point en ce qu’ils pensent d’Internet, mais de continuer de croire qu’ils demeurent l’Alpha et l’Oméga de l’information et jettent l’opprobre sur les non professionnels. S’il faut rester dans le cadre de la déontologie tant fêtée, décrétée et ressassée urbi et orbi, il suffit de s’arrêter un seul instant. L’affaire Rachida Dati sur Métropole Télévision (M6). Voilà comment une journaliste, sous prétexte qu’elle fait de l’information, a mis en ligne une conversation privée pour faire du…buzz. Ah, si c’était le Net, l’amplificateur universel par excellence disent-ils, on n’en serait plus là ?
Plus que jamais, par cette frénésie de critiques, on sent chez les détracteurs d’Internet, une réelle fébrilité. Auparavant, il était aisé d’insulter certains en toute impunité à la télévision ou dans les journaux, sans même qu’ils ne puissent bénéficier d’un droit de réponse. Or, le droit de réponse est un recours existant en France mais pas appliqué alors que ces médias devraient avoir l’obligation de le publier si une personne en fait la demande. Alors, puisque ces personnes citées, qui, dans un journal, qui, à la télévision, à défaut de ne pas avoir ce privilège se retournent vers le Net. C’est une chance. Ce droit existe en France depuis la loi du 29 juillet 1881 (article 13) pour la presse écrite, et 1974 pour la radio et la télévision (auj.art.6 de la loi de 1982 sur la communication audioviduelle).
En réalité, Internet permet de répondre aux journalistes et autres falsificateurs de l’information, concrètement. Il permet de répondre aux politiques aussi. Internet est plus que jamais le baromètre sociétal, l’empêcheur de tourner en rond. Vox populi vox Dei ? Sans nul doute. Mais, qui a donc peur d’Internet ? Ceux qui, pour un besoin électoraliste installent des caméras de surveillance dans les villes qu’ils dirigent et justifient ce fait en arguant que quand on a rien à se reprocher et bla bla bla, sont apparemment contre Internet. C’est un vrai paradoxe. J’ai le droit de vous contrôler mais vous, non. Au nom de quoi ? Néanmoins, Internet n’est pas la panacée, loin s’en faut, c’est un autre débat dans lequel on pourra parler de la cybercriminaité notamment…

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