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Accueil du site > Tribune Libre > La destruction perverse de l’École en deux images : un dessin de (...)

La destruction perverse de l’École en deux images : un dessin de Chaunu dans Ouest-France

Un dessin en deux vignettes, paru le 22 avril 2009 dans Ouest-France sous la signature d’Emmanuel Chaunu, donne à mesurer la frappe étonnante de l’image avec laquelle les mots ne peuvent rivaliser. La représentation analogique propre à l’image entraîne une condensation de l’information et sa saisie globale, quand la représentation arbitraire par les mots suscite la dispersion de l’information et sa lecture fractionnée.

 
Sans doute l’image souffre-t-elle d’infirmités comme l’impossibilité d’exprimer la négation ou la difficulté d’exprimer le temps. Ainsi, pour faire comprendre ici la succession dans le temps des deux vignettes, l’auteur doit-il recourir aux chiffres pour les dater, l’une en 1969 et l’autre en 2009.

Un contraste tranché 

Mais il n’y a que l’image pour offrir contraste aussi tranché entre ces deux scènes d’école à 40 ans d’intervalle. L’ellipse, en effet, qui omet tout ce qui s’est passé entre-temps comme non nécessaire à la compréhension, les fait, en les juxtaposant, littéralement entrer en collision. 
 
De son côté, la métonymie qui présente ici à la fois la partie pour le tout ou l’effet pour la cause, simplifie à l’extrême la représentation. Les deux scènes sont pour partie identiques : un même plan d’ensemble réunit dans un décor scolaire stéréotypé, autour d’un bureau de classe sur estrade et devant un tableau, une professeur, un élève et ses parents. Et brandissant un carnet de notes, ceux-ci ont le même cri de rage à la bouche : « C’est quoi ces notes ? », tonnent-ils à en faire éclater les bulles en nuages blancs de déflagration.

Mais, là s’arrête la ressemblance. La charge culturelle des couleurs, en effet, est diffèrente : éteintes ou lumineuses, elles suffisent à elles seules à évoquer le climat des deux époques, plus sévère en 1969, plus gai en 2009. Surtout, les relations entre personnages sont diamétralement inversées : ce n’est pas la même personne qui est prise à partie dans les deux cas.

- En 1969, c’est à leur fils que les parents demandent des comptes en le fusillant du regard. L’élève, tout penaud, se tasse sur lui-même sous l’orage dans une belle métonymie de la culpabilité assumée. La professeur, au contraire, droite comme un « i », offre celle de l’autorité traditionnelle, sûre d’elle-même, un peu stéréotypée tout de même dans son allure austère, avec lunettes, chignon, corsage à jabot, et moue aux lèvres de désapprobation justifiée.

- En 2009, c’est la jeune professeur que les parents dominent debout et invectivent, yeux exorbités et toutes dents dehors. Assise, intimidée, la jeune femme lève la tête vers eux. Plus avenante que son aînée, la coiffure libérée du sévère chignon et le pull échancré sur la gorge, elle supporte l’humiliation du savon, portant les doigts à ses lèvres selon une métonymie bien connue d’un aveu de culpabilité intériorisée. Pendant ce temps, l’élève, rigolard, assiste à la scène, bombant le torse bras croisés pour une belle métonymie de l’arrogance et de la bonne conscience.

Un sourire jaune

Une aussi grossière inversion de la distribution manichéenne des rôles entre coupable et innocent est le ressort même de la farce : la distorsion entre ce qui est en 2009 et ce qui devrait être comme en 1969, doit déclencher le sourire pour rétablir l’équilibre rompu. Mais la gravité du sujet est telle qu’on ne se surprend qu’à sourire jaune : on tolère mal, en effet, un monde à ce point à l’envers où triomphent l’arrogance du cancre et l’irresponsabilité de parents au détriment non seulement de l’autorité professorale mais de l’avenir même de leur enfant.

Un des symboles du désordre scolaire de 2009

En dépouillant les deux scènes de tous détails superflus ou contexte inutile, la stylisation ne nuit pas à leur signification : elle les fait au contraire accéder à la portée générale du symbole. À elles seules, elles suffisent à représenter deux états de l’école, l’ancien et le nouveau. L’ellipse du laps de temps qui s’est écoulé entre les deux, n’en altère pas la compréhension : en conduisant à leur juxtaposition, au contraire, elle accuse les reliefs du contraste, ce procédé structurel de la perception : la tragédie survenue n’en est rendue que plus évidente encore. Ce renversement des rôles contre nature est ressenti comme une contradiction insoutenable.

Mises hors-contexte, les notes reprochées à l’élève puis à la professeur sont le symbole d’une fonction scolaire ruinée, masquant tout le travail d’apprentissage avec ses aléas, son progrès ou sa stagnation. La conduite des parents, elle, n’est explicable que par deux hypothèses autovalidantes tout aussi symboliques : selon l’une, leur fils est à leurs yeux un phénix irréprochable et, selon l’autre, la professeur est présumée malveillante et/ou incompétente.

En conséquence, de mauvaises notes ne sont plus reprochées à l’élève mais à la professeur. L’élève n’a plus à rendre compte de son mauvais travail. C’est la professeur qui est tenue pour responsable de son échec et donc sommée de se justifier. Et, à en croire le dessin, la malheureuse s’y résigne humblement sous les foudres de parents devenus fous furieux, bien décidés à imposer leur loi. Leur langage incorrect, lui-même, - « C’est quoi ces notes ? » - symbolise autant leur colère que l’ inculture et l’arrogance qu’ils transmettent - hélas ! - à leur enfant.

Une représentation fidèle à la réalité

Le comble est qu’on ne peut même pas reprocher au dessinateur d’avoir versé dans l’outrance de la caricature. « Topaze » de Marcel Pagnol présentait, dès 1928, une semblable scène mémorable où Topaze, le professeur, devant Mme la Baronne, était contraint par le chef d’établissement de recalculer la moyenne de son fils pour éviter qu’une addition de zéros donnât zéro ; mais ça se passait alors dans une pension privée. Aujourd’hui, c’est l’enseignement public qui connaît le même sort. La hiérarchie pèse de tout son poids pour que les notes soient surévaluées : tous les moyens sont bons pour tromper l’élève, « acheter la paix sociale » et prouver que l’institution fonctionne bien. 

On entend encore le père d’une élève, directeur des ressources humaines d’une entreprise transnationale, s’écrier en apprenant que sa fille fraudait : « C’est impossible ! Je donne une bonne éducation à ma fille !  » On reconnaît la même hypothèse autovalidante de l’infatuation de soi : il ne pouvait évidemment venir à l’idée de ce monsieur d’inverser prémisse et conclusion : comment aurait-il pu admettre que, puisque sa fille trichait, l’éducation donnée n’était peut-être pas si bonne ? Quel professeur n’ est pas à même de se trouver des exemples comparables ?


Il manque, toutefois, à ce dessin, pour être encore plus fidèle à la réalité, la présence tutélaire et maléfique de l’administration qui favorise ce désordre. Car jamais parents ne se permettraient pareil outrage envers un professeur si un chef d’établissement ne le leur désignait pas expressément comme le responsable de l’échec de leur enfant pour s’exonérer du désordre dans l’établissement qui y conduit. On aurait bien vu, en arrière plan, dans l’entrebâillement de la porte, le sourire carnassier d’un hiérarque voyeur. Paul Villach

 
 



 
 

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63 réactions à cet article    


  • Alexeï 26 mai 2009 12:00

    Excellent article qui démontre l’inversion des valeurs scolaires.

    Je confirme que si les parents se permettent aujourd’hui de telles conduites, c’est le résultat de l’absence d’éducation de cette génération post-soixante-huitarde ainsi que la complicité d’une administration-voyou trop heureuse de voir les professeurs indociles mis au pas.

    Dans un collège de Vitrolles (ville des Boûvhes-du-Rhône dirigée par une mairie Front National de 1997 à 2002), un professeur d’histoire-géographie est traduit le 4 juin 2009 devant un conseil de discipline pour s’être opposé à une principale-voyouse en lui rappelant que le respect des règles de la classe était indispensable à toute vie en société.

    Les deux motifs invoqués par le recteur de l’académie d’Aix-Marseille ne manquent pas de piquant :
    - des absences répétées justifiées tardivement (le professuer diabétique insulino-dépendant est sujet à de fréquentes hypoglycémies induisant des pertes de connaissance) tandfis qu’une procédure médicale est parallèllement diligentée.
    - manquement de correction à l’égard es élèves. Le professsuer se voit reproché d’avoir fait remarquer à ses élèves qu’ils étaient mal éduqués (ce qui provoque l’ire des parents et de leurs élus qui ne représentent souvent que les intérêtes de leur progéniture). Cela a ému la PEEP qui, lors d’un conseil d’administration, a envoyé une déclaration au recteur sans que celui-ci ne soit averti ni par ses collègues élus ni par l’administration. Les noms des signataires ont été masqués conformément à la loi socialiste liberticide du 12 avril 200 qui autorise la délation. Le professeur est même accusé d’appel au meurtre : il est vrai qu’après un cours sur la liberté d’expression en Russie et le meurtre de la journaliste Anna Politkovkaïa, les chers voyous ont pris pour eux les paroles du professeur. La main courante déposée par les parents FN (et instits à Vitrolles) ne reprend même pas cette accusation délirante mais cela n’a pas troublé la principale-voyouse.

    L’auteur a raison de ramarquer que derrière la porte se cache une administration-voyou : il oublie simplement de signaler les chers collègues complices de cette même administration, par opportunisme ou lâcheté.


    • french_car 26 mai 2009 16:51

       Alexeï votre post est très confus et au fond on y comprend pas grand-chose.
      Un prof va être traduit devant un conseil de discipline face une principale sans-doute pour outrage d’après ce que vous sous-entendez.
      Les faits se sont déroulés à Vitrolles ville qui fut dirigé par le FN 7 ans plus tôt - quel rapport ?
      Le professeur a rappelé au principal que le respect des règles était indispensable alors que c’est précisément le professeur qui était absentéiste - sans-doute avec des raisons valables
      Le professeur a manqué de correction vis à vis des élèves. Et là je suscris à 100 %. Com bien de profs méprisants voire insultants ? Quant à dire à des élèves qu’ils étaient mal éduqués c’est invoquer la responsabilité de leurs parents et c’est extrêment déplacé. Il eut mieux valu l’exprimer directement aux parents.
      Vous parlez d’appel au meurtre mais qui voulait tuer qui ? Le prof voulait tuer le principal ?
      Vous parlez de main-courante, je comprends votre émotion tant à l’habitude ce sont les profs qui portent plainte pour un oui pour un non. Mais qu’est-ce qui pouvait justifier d’une main courante ? Le fait d’avoir dit que les élèves étaient mal éduqués ? Et le procureur a poursuivi pour cela ? Qu’est-ce qui vous fait dire que les parents étaient au FN ? Et qu’est-ce qui fait que le corporatisme qui veut qu’en général les instits « suivent » les profs n’a pas joué ?
      Bizarre tout ça ...


    • Alexeï 27 mai 2009 08:36

      @ french-car.

      Le professeur est traduit le 4 juin 2009 devant un conseil de discipline au rectorat de l’Académie d’Aix-Marseille pour les motifs suivants :

      « Par courrier en date du 22 avril, je vous informais que la situation créée depuis le début de l’année scolaire au collège S.d.B par vos absences répétées et justifiées tardivement, comme les excès verbaux relatés dans le rapport établi le 26 janvier 2009 par le chef d’établissement faisant état de vos propos tenus à l’écart des élèves de la classe, m’avaient cinduits à engager à votre encontre une procédure disciplinaire ».
       Si les absences ne sont pas niables (le professeur est diabétique insulino-dépendant contraint de se faire quatre injections quotidiennes d’insuline), perd souvent connaissance suite à des hypoglycémies nocturnes et ne peut de ce fait justifier immédiatement une absence qui le prend de court. Par ailleurs, le recteur a diligenté une procédure d’aptitude à l’emploi auprès du médecin de prévention du rectorat et d’experts qu’il jugera utiles de nommer. Ce grief imputé au professeur fait double emploi avec la procédure médicale qui est la seule adaptée.

      Pour le second grief, le professeur a fait remarquer à quelques élèves-voyous intrumentalisés par une principalevoyou inculte (une ancienne PEGC qui se entend se payer la peau d’un agrégé par concours, trouvant là l’occasion de prendre une revanche professionnelle et sociale.

      Voici le courrier qu’il a envoyé au ministre de l’Éducation Nationale par la voie directe pour l’informer du harcèlement dont il a été victime depuis la rentrée de septembre 2008.

      Monsieur S.M.
      Professeur agrégé d’histoire-géographie
      Collège
      13 127 VITROLLES

                        
                                     AIX, le 7 mai 2009.

      OBJET : Demande de protection de la collectivité publique au titre de l’article 11 de la loi n°83-634 du 11 juillet 1983.

      J’ai été attaqué dans l’exercice de mes fonctions par Mme J., principal du Collège ... à VITROLLES qui a rédigé le 26 janvier 2009 à l’adresse du recteur de l’Académie d’AIX-MARSEILLE un rapport mensonger à l‘origine d’une procédure disciplinaire diligentée à mon encontre. Voici une liste malheureusement non exhaustive des outrages que j’ai eu à subir depuis ma reprise à mi-temps dans l’établissement le 23 septembre 2008 :
       - provocation délibérée en m’offrant un gâteau tout en sachant pertinement que je suis diabétique insulino-dépendant (4 injections par jour) et que le sucre constitue un poison mortel.
       - manquements répétés à son devoir de réserve en insistant sur l’incompé-  tence supposée de Mme R., principal-adjoint au collège durant l’annnée 2007-2008 (ces questions doivent se régler entre le chef d’établissement, l’intéressée et le rectorat) ou sur la mienne (“Vos cours sont totalement inintéressants”, “On ne se contente pas de demander uniquement des dates aux élèves” oubliant que l’acquisition des repères chronologiques et spatiaux fait partie des savoirs exigibles au diplôme national du brevet)
       - prise d’otages (le terme n’est pas outrancier) de mes copies du devoir commun de 4e pour me contraindre à les réclamer dans son bureau.
       - rébuffades humiliantes perpétuelles en public, devant la stagiaire de Mme C., professeur de lettres modernes (que je compte faire citer comme témoin lors de la CAPA disciplinaire) ou au secrétariat (je ferai également citer la secrétaire de direction comme témoin), ce qui me contraint à ne plus y mettre les pieds et à envoyer notamment les arrêts de travail par la poste, ce qui est totalement inélégant, ralentit leur transmission et leur traitement.
       - rédaction d’un rapport mensonger daté curieusement du 26 janvier 2009 (dans un français des plus approximatifs) m’accusant d’insultes auprès des élèves de 4C et notamment d’appel au meurtre (la main-courante rédigée au commissariat de police de VITROLLES sous la dictée de l’élève A. ne reprend pas cette accusation délirante) qui mériterait, si elle était avérée, que je sois traduit devant le tribunal correctionnel et non devant une commission rectorale dont le résultat est déjà connu d’avance. Le chef d’établissement évoque l’exigence de respect de ma part : c’est bien le minmum que l’on puisse attendre d’élèves en manque de repères. Elle oublie par contre de mentionner les propos racistes tenus par certains de  ces élèves que je lui ai signalés en présence de son adjoint. Il est plus commode et plus lâche d’accuser l’enseignant. Face à de semblable agissements, je mesure à quel point j’ai eu raison d’utiliser l’informatique uniquement sous la surveillance de l’ATI : ce n’est pas une procédure disciplinaire qui me tomberait aujourd’hui dessus mais la prison.
       - instrumentalisation des élèves-voyous pour obtenir ma peau, ce qu’elle est parvenue à faire. Les actes les plus abjects ont été encouragés et les propos les plus immondes d’une élève manifestant publiquement sa joie à voir des êtres humains mourir sur internet tolérés.

       Peut-on faire pis ? Un individu qui est capable d’agir ainsi ne devrait-il pas être exclu à jamais de toute fonction d’autorité. Il a déshonoré sa fonction et nui gravement à la légitime considération que les citoyens doivent avoir pour les institutions de la république. Eh bien non : la madame est toujours chef d’établissement tandis que le professeur qui exige l respect des règles de la classe est traduit devant une commission de discipline.

      Mais les protecteurs de ces gens sans principes ont beau faire. Que tout ce beau monde reste en fonction, soit promu et couvert d’honneurs, rien en dehors des cercles de courtisans ne pourra masquer son discrédit. C’est ainsi que se construit une administration-voyou. Je me permets de vous rappeler, Monsieur le ministre de l’Éducation Nationale, que la légitimité d’une autorité républicaine puise dans le respect scrupuleux de la loi.

      En conséquence, j’ai l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance la protection de la collectivité publique conformément à l’article 11 de la loi n°83-634 du 11 juillet 1983 qui stipule que « la collectivité publique prévoit de protéger les fonctionnaires contre les diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l’occcasion de leurs fonctions ».

      Je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de ma considération distinguée.

               


    • Alexeï 27 mai 2009 08:51

      @ french-car (bis)

      Pour terminer, vous remettiez en cause le fait que les parents appartiennent au Front National. Peut-être ne sont-ils pas encartés mais les propos tenus par les enfants (13 ans) ne leur sont pas propres : ils sont le reflet de ce qu’ils entendent à la maison. En outre, ces élèves se sont caractérisés par des refus de travail concernant certains sujets précis dont « La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen », partie intégrante du programme d’éducation civique. Nul ne peut ignorer que ce texte, héritage des Lumières, est la bête noire des frontistes et racistes de tous poil qui prônent l’inégalité des races. Je précise que ces élèves refusent de rendre les devoirs à LA DEMANDE DE LEURS PARENTS.

      POUR CE QUI EST DU CORPORATISME, COMMENT PEUT-ON COMPTER SUR DES PROFS OPPORTUNISTES ET LÂCHES (LES HEURES SUP DÉFISCALISÉES DE SARKOZY ONT FAIT CHÛTER LE TAUX DE GRÉVISTES, PAS UNIQUEMENT L’OBTENTION DE LA HORS-CLASSE QUI EST UN DROIT POUR TOUS LES PROFESSEURS ET QUI DEVIENT FAVEUR, COMME LE SOULIGNE L’AUTEUR DANS UN COMMENTAIRE). Le professeur s’est même adressé (pour conseils) à une association de défense des droits de la personne qui a superbement ignoré son courrier. Il est exact que le corporatisme existe pour protéger voyous et criminels : dans les années 1990, deux recteurs, le procureur de la République ainsi que le maire socialiste d’Aix-en-Provence (1989-2001) se sont coalisés pour empêcher qu’un instit pédophile dont le père, ancien de l’OAS et secrétaire occulte de la mairie, échappe à toute poursuite : il a été mis à la retraite avec droit de travailler et, vous aurez peut-être du mal à le croire, il continue son activité de prédateur.


    • french_car 27 mai 2009 21:24

      Alexeï je n’ai toujours pas compris ce qu’il y avait dans la fameuse main courante et en quoi le prof aurait appelé je ne sais qui à tuer je ne sais qui d’autre.
      Manifestement il y a un contentieux entre le principal et le prof.
      Je ne vois pas non plus exactement le lien avec le PS, l’instit pédophile etc ...
      Mais bon je constate qu’il n’y a pas que les petits caïds qui détruisent le système, les profs et leur hiérarchie s’y emploient très bien tous seuls.


      • ZEN ZEN 26 mai 2009 12:43

        Cher Paul

        C’est quoi ces notes ? :

          Paul Villach mardi 26 mai 2009

        10%
        Article intéressant ?
         
        (10 votes)
        90%

        Pas mal !...
        Très bien vu ! Le dessin parle de lui-même...
        Je me rappelle les contorsions absurdes qu’il fallait faire au bac pour relever les notes pour obtenir absolument la moyenne programmée par les services de Grenelle... statistiques obligeant !
        On en arrivait à relever des notes de 2 à 8(copies vides de contenu) , pour ne pas avoir à mettre 18 à trop d’élèves (copies moyennes)...Cette pratique était pour moi une épreuve !


        • Paul Villach Paul Villach 26 mai 2009 13:09

          @ Cher Zen

          Je garde les mêmes souvenirs que vous. Quelle mascarade ! Paul Villach


        • Paul Villach Paul Villach 27 mai 2009 10:37

          @ au pauvre Léon

          Ce qui a de bien avec vous, pauvre Léon, c’est que, comme l’a montré l’École de Palo Alto, dans une communication, il arrive que la relation elle-même démente son contenu.
          - Ainsi ne cessez vous pas de cracher sur mes analyses, voilà pour le contenu.
          - Mais vous ne pouvez pas vous empêcher de venir les lire. Voilà pour la relation qui exprime malgré vous le grand intérêt que vous leur portez.
          Lisez donc « l’Équipe » au lieu de venir polluer le débat que suscitent mes articles, pauvre Léon ! Paul Villach


        • Paul Villach Paul Villach 27 mai 2009 16:01

          @ Camé Léon

          C’est une addiction que vous faites à mes articles ! Vous êtes camé, Léon ! Si vous n’aimez pas la pédanterie que vous croyez y déceler, fuyez-les ! Pourquoi perdez-vous votre temps ?

          Votre relation dément bien, comme je l’ai déjà dit, le contenu de vos vomissures ! Paul Villach


        • Paul Villach Paul Villach 27 mai 2009 16:52

          @ Camé Léon

          Je suis honoré de la considération que vous m’accordez. Car je suppose que ma supposée imposture est d’une telle importance qu’elle mérite que vous perdiez votre temps à la traquer !

          Je me fais donc une raison ! Je souffrirai la férule de votre censure, mais avec douceur, tant vos critiques sont mal ciblées et pour tout dire ridicules. Paul Villach


        • french_car 27 mai 2009 21:28

          @Villach
          Je n’ai aucune affinité avec l’Equipe mais pourquoi la lecture de ce quotidien serait-elle inférieure à l’analyse de votre métonymique prose cher Mr Jourdain ?
          Delenda administratio smiley


        • saint_sebastien saint_sebastien 26 mai 2009 13:10

          beau dévellopement.

          ma mère , prof dans un lycée public a heureusement été mutée dans un centre de recherche , elle garde son salaire de titulaire et se débarrasse de tout ces élèves et parents ingrats.


          • french_car 26 mai 2009 17:39

            Saint Seb vu le nombre de l et de p que vous incorporez au mot « développement » on sent tout de suite que votre maman a connu quelques échecs personnels à défaut de succès professionnels.


          • appoline appoline 26 mai 2009 13:15

            Il n’y a rien à rajouter à ces deux dessins. Voilà ce qui se passe quand on fait tomber les barrières et les interdits, on se fait bouffer.


            • thomthom 26 mai 2009 13:16

              Ça me rappelle une expérience récente.

              Je me promenais lors d’une foire à la brocante, les bras chargé d’une caissette de vaisselle assez fragile que je venais d’acheter.

              Et voici qu’un gamin déboule de derrière moi, me bouscule, manque de me déséquilibrer et continue sa course comme si de rien n’était.

              Je l’interpelle, l’enguirlande gentiment (en gros je lui fait les gros yeux...). Et voila-t-y pas que je me fais prendre à partie par la mère du môme qui était derrière ! « non mais ça va pas ! il a 4 ans.... c’est un gamin de 4 ans !!!!!Vous ne pouvez pas le laisser tranquille ? »

              Bref, sous prétexte qu’il n’a que 4 ans, tout lui est permis, il doit pouvoir bousculer les gens sans risquer le moindre réprimande.... bah non ! Il ne faudrait surtout pas essayer de lui apprendre à se comporter de manière appropriée ! Il a toute la vie pour ça, n’est-ce pas ?

              Il ira loin ce môme dans la vie ! Et puis je souhaite bien du courage à la mère lorsque l’adolescence pointera le bout de son nez !


              • french_car 26 mai 2009 16:34

                @thomtom

                 Socrate écrit : “Les fils sont devenus des tyrans….Ils ne se mettent plus debout quand un vieillard renter dans une pièce. Ils contredisent leurs parents, bavardent pendant les visites. Ils sont de gourmands à table et tyranisent leurs professeurs.”

                rhaaa la jeunesse moderne ...


              • french_car 26 mai 2009 18:15

                @Alchimie
                Vous n’avez rien compris, ce ne sont pas les faibles qui sont massacrés mais les enfants précoces. Demandez à notre ami Daniel ex principal de collège qui vient ici commenter de temps à autres.

                Parce-que le corps enseignant est profondément réactionnaire et n’accepte rien de ce qui ne rentre pas dans le moule.


              • french_car 26 mai 2009 18:37

                Alchimie un enfant précoce ça s’ennuie pendant les cours, ça pose des questions, ça essaie de porter la contradiction aux profs, bref ça emmerde les profs qui préfèrent une population de bons petits moutons terrorisés.

                Il n’est pas question de petits caïds ici.


              • french_car 26 mai 2009 21:39

                Alchimie je suis bien placé pour vous répondre je vous le garantis et à tous point de vue y compris de celui des profs étant à la fois fils, père, ancien élève et entouré de profs retraités.
                Si les enfants précoces vous intéressent cherchez l’article de Daniel ainsi que le blog qu’il y consacre. Vous aller y apprendre des trucs.
                Je ne nie pas que les petits précoces ont des difficultés d’intégration sociale et en particulier avec les autres enfants de la classe lorsque les centres d’intérêts sont décalés.
                Mais il est révélateur que la moitié de ceux-ci sont en échec scolaire et que beaucoup de profs tentent de les coller dans le moule plutôt que d’essayer de particulariser leur enseignement.
                Arrêtez avec vos caïds je ne nie pas que cela puisse exister mais les médias leurs donnent une telle importance que vous en voyez partout.


              • HappyPeng 27 mai 2009 06:08

                @Alchimie

                Vous vous trompez en confondant enfants précoces et bons élèves, où « bon » doit être ici entendu au sens de l’Education Nationale, c’est-à-dire qui a des bonnes notes, envie d’aller à l’école, qui suit le cours avec intérêt et qui pose des questions pour aller plus loin. Ces bons élèves sont ceux dont les professeurs aimeraient voir leur classe emplie, mais d’un autre côté ils sont effectivement la cible des « caïds », traités d’« intellos » ou de « suceurs » et doivent donc être protégés.

                Les enfants précoces eux, ne sont simplement pas adaptés à ce cadre. L’enseignement est trop lent, trop distant, trop formel pour la créativité et la vivacité avec laquelle ils pensent, plus adaptée à l’échange qu’au cours magistral, à la discussion qu’au devoir rendu, à la recherche personnelle qu’à l’apprentissage par coeur. Le caractère biaisé des contenus, qui sont totalement formatés pour une transmission verticale, autoritaire d’une « vérité », est également à considérer. Non seulement ils s’ennuient à mourir et ils n’apprennent en définitive qu’assez peu de choses par rapport à ce qu’ils sont capables de trouver eux-mêmes en dehors (dans les livres, sur Internet), et donc ils ne savent pas pourquoi ils sont à là, mais ils sont mêmes mals vus, voire sanctionnés, par les professeurs, pour leur manque de motivation, leur caractère souvent brouillon, désorganisé par rapport aux critères scolaires.

                Contrairement à ce que vous affirmez, le « caïd » n’est pas l’ennemi direct de l’enfant précoce, comme il est celui du bon élève. Au contraire, l’ennui profond, le désarroi venant de l’absence d’apprendre et d’être soutenu par les professeurs des enfants précoces, qui est vécu tantôt comme une dépression, tantôt comme une révolte, peut mener à une sorte de « gauchisme scolaire », où tout évènement venant destabiliser le cours normal de la classe et l’autorité du professeur va présenter un intérêt particulier par rapport au morne quotidien. Il peut donc être pour ces enfants bien plus intéressant de se placer du côté des « caïds », qui représentent la liberté, l’absence de contraintes, que du côté du professeur.


              • zelectron zelectron 26 mai 2009 13:23

                Excellent Paul ! Je comprend mieux une partie des affres du corps enseignant.

                remarque complémentaire :
                A force d’acheter de la paix sociale, d’abord il n’y en aura plus pour tout le monde et après pour personne, alors on essayera de vendre de la guerre sociale puisqu’il n’y aura que cela qui restera...


                • vero87 26 mai 2009 13:24

                  bravo ! plus vrai que nature !
                  maintenant j’ai un peu peur pour la vignette 2049 !
                  peut-etre .....................« c’est quoi des notes ? » !!!!!


                  • Yannick J. Yannick J. 26 mai 2009 16:25

                    Non non ce sera par mail :

                    « c koi c not ? »


                  • Alexeï 26 mai 2009 13:25

                    @ zen

                    Je confirme ce que vous écrivez.

                    Ayant corrigé les épreuves du bac en 1997, j’avais reçu les consignes suivantes de mes IPR
                    - « Toute copie excellente devra recevoir une note supérieure à 16/20 »
                    - « Toute copie très faible (ne comportant notamment ni introduction ni conclusion devra recevoir une note inférieure à 5/20 ».

                    J’ai donc procédé auxdites corrections en respectant scrupuleusement ces instrucrtions auxquelles j’adhérais sans réserves. Le jour des délibérations, le président du jury (professeur de droit à l’université d’Aix-en-Provence) nous a tancés, ma collègue et moi, en déclarant que nos notes étaient très inférieures à la moyenne académique : je lui ai rétorqué que les copies que nous avions corrigées étaient inférieures à la moyenne académique. Pour finir, ce monsieur si respectueux du droit a ajouté : vous avez osé osé mettre 4/20 à Mlle V.G, son père est le plus grand antiquaire de Marseille. En tant que président du jury, il s’est arrogé le droit d’augmenter la note de 3 points afin que la demoiselle obtienne son bac à l’aarachée.

                    Oui, monsieur, cette hstoire se passe en...France dans un État qui est encore appelé État de droit.


                    • french_car 26 mai 2009 16:15

                       Pas déçu de l’oeuf du jour, un peu de déconicité, de métonymie - foin de leurre sexuel.
                       Plaisanterie mise à part :
                      - il est clair que les enseignants de 1969 ne sont hélàs plus en fonction et que ceux qui leur ont succédé ont souvent été recrutés par l’échec
                      - il est clair que le niveau d’étude des parents s’étant élevé en 40 ans ils sont plus à même de juger de la qualité de l’enseignement et du contrôle des connaissances de leurs enfants

                      Ce qui est cocasse chez Villach and Co c’est qu’à la fois ils accusent les parents de se désintéresser de la scolarité de leurs enfants et de s’y intéresser de trop près.

                      Sans oublier les profs autocritiques qui vous expliquent que « le niveau actuel de la classe de première est celui de la classe de cinquième d’il y a trente ans » (sic)

                      Alexeï il est clair qu’il n’y a aucune raison que les notes attribuées par tel ou tel jury ne soient pas homogènes, les copies ont été distribuées aléatoirement et les distorsions dûes à l’inhomogénéité de la notation doivent être corrigées, dans les 2 sens.

                      C’est d’ailleurs ce qui est pratiqué par le jury de concours Mines-Pont :
                      - chaque « équipe d’examinateur » établit un classement interne à l’issue des oraux
                      - le jury classe ex aequo d’office les candidats ayant reçu, à l’issue des épreuves orales, le même rang de classement de la part des différentes équipes d’examinateurs


                       

                       


                      • Flo Flo 26 mai 2009 16:38

                        Considérer que l’état actuel de l’école publique est le résultat direct des bouleversements sociétaux induits par mai 68 est au moins abusif, sinon franchement malhonnête. Le niveau des professeurs est globalement assez bon, quoique l’on puisse en dire. Quand au niveau du baccalauréat, avant qu’un intervenant réac ne vienne nous jeter à la figure son effondrement supposé, il est bon de souligner qu’il n’a jamais cessé d’être relevé depuis la création de l’épreuve et est bien plus difficile à obtenir aujourd’hui qu’en 69, par exemple (bon, ok, ne parlons pas de celui de 68).

                        @M. Villach :
                        Le désordre scolaire actuel me semble lié à une volonté politique délibérée de destruction méthodique des outils d’ éducation de masse. L’ingérence des parents d’élèves, grave problème de l’école d’aujourdh’ui, a permise et fortement encouragée sous des gouvernements qui ne cachent pas leur hostilité aux enseignants, notamment ceux du primaire. Ces mêmes gouvernements ont organisé de vastes campagnes de dénigrement de l’éducation nationale dans son ensemble, qui ont rencontré un acceuil proportionnel aux moyens médiatiques mis en oeuvre (comme toute propagande).
                        Ne pensez-vous pas que l’essentiel du problème réside dans l’image de l’école plus que dans l’école elle-même ?


                        • french_car 26 mai 2009 18:35

                          Flo je suis partagé quant à votre argumentaire.

                          Le niveau de connaissance des professeurs est globalement plus que bon. je n’en dirais pas autant de leur sens pédagogique voire de leur sensibilité à la psychologie adolescente ni de leur motivation.

                          Il est clair que le gouvernement actuel ne flatte pas les enseignants puiqu’il ne récupérera pas cet électorat - fonctionnaire - il est plus juteux de les maltraiter et de les discréditer vis à vis de la France d’en Bas pour reprendre l’une des plus célèbres raffarinades.

                          Néanmoins le mot « ingérence des parents » me parait profondéement déplacé. En tant que parents chacun d’entre nous est hautement concerné par tout ce qui concerne l’instruction de nos enfants. Si l’institution collaborait en bon intelligence avec les familles au lieu de les traiter avec condescendance voire mépris les rapports seraient beaucoup plus sereins. C’étaient d’ailleurs les grandes lignes du projet de Lionel Jospin lors qu’il fut ministre de l’Education au début des années 1990. Bayrou a passé 4 ans à tergiverser, Allègre s’est ensuite inséré un peu brutalement dans le système, puis arrivée de Lang aussi immobiliste que Bayrou, Ferry qui n’a pas marqué l’Histoire, puis Darcos plus préoccupé de sécuritarisme et d’autoritarisme que de qualité de l’enseignement, bientôt 16 ans sans que l’on s’attaque à réformer complètement le « mammouth ».
                          Par contre je suis content de voir que vous partagez un point de vue que j’essaie de défendre assez vainement ici : le niveau des bacs GENERAUX n’a pas baissé bien au contraire.


                        • Paul Villach Paul Villach 26 mai 2009 20:13

                          @ Flo

                          Je suis entièrement d’accord avec vous : il y a une volonté délibérée de détruire le service public dans une stratégie à moyen terme de privatisation.

                          Quand au problème que vous soulevez de l’image de l’école qui ferait plus problème que l’école elle-même, je ne puis y souscrire. J’ai été témoin de comportements de l’administration à tous les niveaux, du chef d’établissement jusqu’au ministre, qui ne peuvent s’expliquer que par une stratégie de destruction en s’en prenant prioritairement aux professeurs qui défendent le service public par la qualité de leur travail : tous les moyens sont bons, entendez-vous ? pour les intimider ou les chasser !!! Paul Villach


                        • french_car 26 mai 2009 21:46

                          @Villach
                          Le gouvernement n’a pas pour idéal de privatiser l’enseignement à tout va, il semble d’ailleurs s’en ficher pas mal.
                          Et s’il tape un peu sur le corps enseignant c’est qu’il sait que cette corporation dont vous êtes l’exemple caricatural est profondément réac et immobiliste. Cependant elle est électoralement irrécupérable pour la droite parce-qu’elle est arc-boutée sur un statut et des avantages que notre droite qui se veut modernisatrice veut rogner pour faire des économies, tout simplement.
                          Et puis taper sur le corps enseignant flatte un peu le LePeno-populiste de base, c’est bon électoralement aussi.
                          Maintenant si le corps enseignant voulait bien se réformer, c’est à dire accepter de replacer l’élève au centre de l’établissement scolaire et non plus son propre intérêt, accepter les remises en causes, les mutations qui permettent de connaitre d’autres cadres de vie, d’autres couches sociétales, d’autres milieux, associer les parents, se former à la psychologie adolescente etc etc ... on pourrait en reparler.


                        • Tristan Valmour 26 mai 2009 16:40

                          Bonjour Paul & cie

                           

                          Très bon article qui illustre parfaitement les changement entre 1969 et aujourd’hui. Permettez-moi d’apporter quand même quelques précisions qui, je l’espère, enrichiront le débat.

                           

                          En 1969 comme en 2009, l’enfant qui se présente au bureau du professeur en compagnie de ses parents symbolise avant tout l’élève en échec, pas tous les élèves. En 1969 comme en 2009, il y a de bons élèves qui ne sont pas concernés par les vignettes. C’est important de le préciser.

                           

                          D’autre part, la vignette de 2009 permet à mon sens (mais je ne l’ai pas autant étudiée que vous) une double lecture. Soit les parents accusent l’école de ne pas avoir fait son travail puisque leur enfant n’a pas obtenu les notes escomptées, soit ils pensent que l’école note mal leur progéniture.

                           

                          Dans un cas comme dans l’autre se pose le statut de l’école, assimilé à un service marchand qui met en prise un consommateur avec un prestataire de service. C’est le triomphe de l’utilitarisme, de la consommation.

                           

                          Se pose également le statut de l’évaluation, un contrat qui matérialise le travail fourni par l’enseignant comme par l’élève. Or constatons dans le milieu scolaire et professionnel la prééminence des évaluations, absente en 1969. Aujourd’hui, l’élève travaille avant tout pour la note, pas pour la discipline.

                           

                          Ces deux vignettes traduisent peut-être aussi de façon inconsciente l’évolution des pratiques pédagogiques, donc le statut de l’élève et du professeur. En 1969 on pratiquait encore la pédagogie de la transmission, la mise en relation d’un émetteur (le prof) avec un récepteur (l’élève). Le prof parle parce qu’il sait, l’élève écoute parce qu’il ne sait pas. Notons que les classes étaient homogènes comparé à aujourd’hui. Si l’élève a de mauvaises notes, c’est parce qu’il n’a pas appris. Puis, sous l’impulsion des behavioristes, on est passé à la pédagogie du conditionnement dont l’un des avatars est la pédagogie par objectif. On a pensé qu’on ne pouvait pas acquérir les connaissances de manière mentaliste (réfléchir, comprendre, imaginer…), mais selon des objectifs déterminés par des verbes d’actions (réunir, diviser, prendre…). Adapté à l’enseignement technique et spécialisé, la PPO n’était pas la panacée pour l’enseignement général et long. Dans ce modèle, si l’élève a de mauvaises notes, c’est la faute du professeur, ce dernier n’ayant pas fixé les bons objectifs.  Aujourd’hui, c’est la pédagogie constructiviste qui est à l’honneur et le fameux triangle pédagogique (savoir-élève-enseignant) de Jean Houssaye.  Seul le temps nous dira si l’équilibre a été trouvé.

                           

                          Il faudrait aussi parler des représentations sociales de l’école, des enseignants et de l’enseignement, mais je n’ai plus le temps. C’est pourtant l’un des implicites des vignettes. Qui se lance ?

                           

                          Bonne journée à tous.


                          • french_car 26 mai 2009 17:21

                            @Tristan Valmour

                            Ne pas confondre consumérisme et défense de l’intérêt général.
                            Certes le médecin libéral est souvent règlé directement par le patient qui lui-même se fait remboursé mais ce n’est pas toujours le cas par exemple du médecin hospitalier. Et pourtant le patient se sent autorisé à exprimer sa satisfaction ou non de la prestation. Il existe un système d’évaluation des pratiques.
                            Au pire le patient qui s’estime mal soigné porte l’affaire devant la justice.
                            Dans l’éducation nationale foin de tout cela. Pas d’enquête de satisfaction, pas d’évaluation de la pratique, pas de recours contentieux.
                            Rappelons par exemple que dans les Grandes Ecoles et dans les entreprises, chaque session de formation se termine par une évaluation de la qualité de la prestation.


                          • LeGus LeGus 26 mai 2009 16:45

                            "Lorsque les pères s’habituent à laisser faire leurs enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie"
                            Platon.


                            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 mai 2009 11:45

                              Merci LeGus pour ce beau passage qui dit très bien ce qu’il faut, comme il faut. Décidément on ne se lasse jamais de lire les classiques.

                              @ Valmour
                              Vous vous égarez concernant le behaviorisme et la pédagogie par objectif. Celle-ci n’a rien à voir avec celui-là. Toute pédagogie digne de ce nom est cognitiviste. Sinon, c’est du dressage. Nous n’avons plus ça dans les écoles depuis longtemps. Même si je le reconnais, certains (au pouvoir) voudraient y revenir.

                              @ l’auteur
                              Merci pour avoir donné à cette image l’audience qu’elle méritait. Il y a là, en effet, quelque chose de saisissant. Dans le jeu de la patate chaude, il manque cependant le moment où elle se trouve refilée aux parents. Et Dieu sait que les enseignants et l’institution ne s’en privent pas le moment venu. Bien que cela soit légitime dans l’immense majorité des cas, il faut bien admettre que les parents ont des circonstances atténuantes vu la situation psycho-socio-économique qui leur est faite par notre néo-libéralisme triomphant que la crise actuelle semble encore loin de pouvoir abattre.



                            • Tristan Valmour 27 mai 2009 14:21

                              Salut mon ami Luc-Laurent

                               

                              Pas d’accord avec toi cher collègue sur l’origine de la pédagogie par objectifs. Si c’est Ralph Tyler qui a initié la pédagogie par objectifs dans les années 30, elle a puisé sa théorie dans le behaviorisme de Skinner. Tu trouveras cela partout (Hameline, Mager), mais c’est encore Jean-Pierre Astolfi qui en parle le plus clairement (« l’école pour apprendre »). La PPO a été introduite en France en 1970 mais c’est dans les années 80 qu’elle a explosé. Tu m’as lu trop vite, sinon tu aurais remarqué que j’ai fait un bref historique des 3 grandes étapes qui ont marqué notre système scolaire : modèle transmissif, modèle behavioriste, modèle constructiviste. Cela implique donc que le modèle behavioriste ait été abandonné et rejoint donc ce que tu as énoncé.

                               

                              « Toute pédagogie digne de ce nom est cognitiviste ». D’accord avec toi, pas de problème de ce côté-là.

                               

                              Un fidèle de Piaget (clin d’œil)

                               

                               

                               


                            • ykpaiha ykpaiha 26 mai 2009 17:45

                              Il est a ajouter a cette gabegie, une notion importante et pas souvent relevée.
                              Les assos de parents d’éleves.
                              Lourdement condamnables par omission, compromission, clientelisme, mensonges, ce ramassis de frustrés ont été et sont le bras musclé de la debandade actuelle.


                              • french_car 26 mai 2009 18:20

                                Ykpahia vous y allez un peu fort.
                                Il y a certes pas mal de profs parmi les membres des associations de parents - étant donné qu’ils ont plus de temps à y consacrer que la moyenne et que l’on peut vous inviter à une instance à toute heure du jour pourvu que ce soit avant 17:00. Ceux-ci peuvent constituer d’excellents collabos et couvrir tous les excès de leurs chhers confrères.
                                Néanmoins il faut éviter de généraliser et puis c’est quand même la seule forme de contre-pouvoir face au « mammouth ».


                              • Internaute Internaute 26 mai 2009 18:09

                                Les dessins sont excellents. Votre démonstration du procédé est intéressante et il est trés souvent utilisé par les partis au pouvoir pendant les campagnes électorales pour discréditer leur adversaire. J’appelle cela des appositions terribles. J’ai ainsi pu remarquer qu’un article sur Le Pen est toujours apposé à une rétrospective sur Hitler ou Auchwitz. Oh, quel hasard ! Je l’ai vu même en Amérique latine dans des journaux de langue espagnole à l’occasion des élections. Alors que ces pays n’ont même pas été touchés ni de prés ni de loin par la 2eme guerre mondiale, brusquement il devenait essentiel de faire une page entière sur Hitler, puis sur la page d’en face, un article sur Le Pen qui se présentait aux élections en France.

                                Pour en revenir aux dessins, j’aurai plutôt présenté celui de 69 en couleur et celui de 2009 en sombre.


                                • ocean 27 mai 2009 04:11

                                  @internaute : les pays d’amérique latine pas touchés ni de près ni de loin par la 2ème guerre mondiale... vous plaisantez ? l’argentine ? le brésil ?


                                • Daniel Arnaud Daniel Arnaud 26 mai 2009 18:36

                                  Bonjour Paul,

                                  L’article sonne juste, et j’aime beaucoup la conclusion, qui rappelle le poids de la hiérarchie. Il est effectivement essentiel de prendre en compte ce dernier. Même si les textes officiels invitaient les enseignants à plus de rigueur, un principal ou un proviseur dispose aujourd’hui des moyens de faire pression sur un agent pour « revoir » ses notes... et lui « pourrir la vie » s’il ne s’exécute pas. Et les motivations ne manquent pas : faire bien devant les parents, soigner les statistiques, promouvoir l’image de l’établissement... C’est ce que j’appelle la « kervielisation » du système ; d’après Jérôme Kerviel, ce jeune trader qui aurait dissimulé les pertes de sa banque... De la même manière, avec des résultats d’examens truqués, on dissimule des pertes non pas financières mais culturelles. Il existe des chefs d’établissements voyous de la même façon qu’il existe des patrons voyous. Il faudra bien qu’ils rendent des comptes un jour...

                                  PS : le non initié doit savoir que cette même hiérarchie peut empêcher un enseignant de dénoncer les dysfonctionnements dont il serait témoin dans son établissement en brandissant la menace du « manquement au devoir de réserve » pour le faire taire.

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