Les « voyous » à col blanc ne sauraient être traités de la même manière que leurs compères qui braquent des fourgons, cambriolent des bijouteries, arnaquent les individus. Il ne faudrait surtout pas les brusquer sinon ils risqueraient de s’expatrier vers des contrées moins contraignantes et cela, nous dit-on, pourrait entraîner l’affaiblissement des places boursières nationales. Ce qui est un risque assez dissuasif pour tout gouvernement qui oserait remettre au pas par des lois parlementaires ces « enfants gâtés » coupés, comme on a pu le constater, de la réalité, de la dureté quotidienne des hommes ordinaires. Un « voyou » diplômé de
Le monde est injuste, et « on s’en fout ! » comme qui dirait dans les « brèves du comptoir », le plus important n’est-il pas de toujours s’assurer de tirer la couverture vers soi ? Le monde, c’est les autres. Il n’y a rien de mal à tout cela, ce n’est qu’un égoïsme inhérent à l’individu contemporain, un droit naturel de ne se soucier que de sa propre survie. Mais seulement l’on a tendance à oublier trop vite que dans un système mondial globalisant, les malheurs et péripéties des autres nous affectent souvent tout aussi violemment. Et que nous ne sommes pas des îlots dans un océan de connectivités. On peut se souvenir que c’est avec un certain détachement, une pointe d’indifférence que le citoyen moyen regarda la chute de Lehmann Brothers, sans comprendre que ce n’était que les prémisses d’une crise financière et économique d’une ampleur rarement égalée qui pousserait les gouvernements à la débâcle. Aujourd’hui, c’est ce même citoyen qui est sollicité pour payer les errements de certains au travers des plans d’austérité ou de rigueur.
L’on nous avait annoncé une révolution mondiale de la finance, en fin de compte l’on a eu une rigolade politicienne. Les banques et les grands groupes financiers ont enregistré des bénéfices hallucinants, l’individu lui est appelé à travailler jusque dans sa vieillesse pour renflouer les caisses de l’Etat vidés par des privilégiés qui entre autre chose s’exilent fiscalement ailleurs. Et lorsque l’on voudrait faire payer les « pollueurs » c’est-à-dire nos barons de la finance, des esprits bien éclairés tentent de nous convaincre que c’est une vraie bonne fausse idée, que cela serait contre-productif, irraisonnable et fragiliserait le tissu économique déjà bien mis à mal par les délocalisations et autres turpitudes du capitalisme. Pourtant plus que jamais, le besoin de justice n’a été aussi fortement ressenti par les classes populaires à qui l’on demande de consentir à des sacrifices supplémentaires. Il faudrait impérativement rééquilibrer l’exigence d’un effort global, repartir le poids de la relance de manière à ce que les responsables de ce marasme en portent la part la plus imposante. Et même aller plus loin, mettre en place au niveau international une sorte d’Interpol de la finance et de la délinquance économique afin de traquer les comportements irresponsables et criminels, de mettre fin aux malversations et aux rodéos de grandes instances financières. Une structure indépendante composée d’experts internationaux et dont les pouvoirs, les compétences, seraient suffisamment élargis pour débusquer les « gangsters modernes » partout où ils se réfugieraient.. On pourrait dans le même ordre envisager la création d’un Fond international pour l’Equité en charge non seulement d’édicter les règles de contrôle des flux financiers, d’assainir le « milieu », mais aussi de redistribuer aux Etats les sommes importantes détournées qui dorment dans ces instances. Ce Fond international pourrait se voir confier en outre la responsabilité de publier une liste noire des groupes financiers, des gouvernements, des personnes accusés d’enfreindre les droits économiques et sociaux, aussi de proposer une série de sanctions appropriées, échelonnées. Il est clair que de telles suggestions seront rapidement tancées, moquées et catégorisées comme relevant d’un utopisme hilarant – si ce n’est délirant.. Mais « c’est par des utopies que le monde avance ».
A l’heure où l’on réfléchit à la reforme d’un capitalisme qui a perdu de son sacro-saint d’intouchabilité, à quelques semaines d’une nouvelle présidence du G20 que l’on veut ambitieuse voire historique, et que l’on songe à une évolution juridique des compétences de
Les « gangsters » à col blanc avec leur allure de « Golden Boy » et le charme de gendre idéal sont une « racaille » comme une autre. Il serait incompréhensible de ne pas demander plus de fermeté à leur égard alors que l’on légifère en durcissant à chaque éternuement dans les banlieues. Il en va de la crédibilité des politiciens de tous bords. Devant les non-sens de la finance – un Goldman Sachs aidant

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