Ce sont toujours les mêmes, les Jacquard, les Hessel, les vestes retournées qui crachent dans la soupe façon Quilès, ex ministre socialiste de la Défense1, qui prennent en charge la procédure préliminaire de discréditation médiatique… ici il s’agit de nos forces nucléaires de dissuasion, devenues à leurs yeux superfétatoires, inutilement coûteuses – en ces temps de crises et de restrictions budgétaires - et plus encore, dangereuses au même titre que le serait le méchant nucléaire civil… dont on ne déplore en quarante ans2 de bons et loyaux services que trois catastrophes2 : Three Mile Island en mars 1979, Tchernobyl en avril 1986 et Fukushima en mars 2011. Drames où le facteur humain et ses défaillances pèsent lourd. Si les faits sont têtus, les idéologues le sont davantage.

Mais derrière les grands sentiments, les professions de foi humanitariennes, repris en chœur par la foule bien intentionnée des idiots utiles, se cachent des réalités moins nobles, souvent moralement assez sordides, en vérité lourdes de conséquences ! Des éléments d’appréciation que ne peuvent ignorer les grands ténors tel le sieur Quilès frais converti aux séductions du désarmement global3, lequel dans les faits n’est jamais qu’un désarmement unilatéral… bref un désarmement tout court, soit un effacement volontaire assimilable à une reddition en rase campagne. Rendre les armes c’est se déclarer “terres et villes ouvertes“, un terre où chacun peut entrer à sa guise et s’installer. Les armées d’occupation ne sont pas toujours visibles et au fond, n’est-ce pas déjà le cas dans un pays où les lois nationales s’appliquent de moins aux migrants invasifs et de plus en plus le “Droit humain“. À ce titre M. Quilès a le mérite de dire clairement ce que nous pouvons tous voir : la France n’existant plus, à quoi bon en défendre le territoire ? Dissoute dans le magma européen, il s’agit de mutualiser – Dieu que ce mot est à la mode – les capacités de l’Union… au demeurant inexistante. Or pas plus qu’il n’existe, sauf sur le papier de réelle force européenne, il faudra se rabattre sur l’Otan et au bout du compte se placer sous l’ombrelle américaine. Vous avez bien lu “ombrelle“ car qui pourra croire qu’en cas de coup dur, de guerre Est/Ouest – Bloc Russie-Asie contre bloc Euratlantique – déclenchée inopinément à la suite de débordements proche-orientaux et d’une guerre intempérante israélo-irano américaine ayant recours au mininukes [têtes nucléaires miniaturisées], les États-Unis prendrait de grands risques pour couvrir l’Europe ? Gageons que La Fontaine nous a déjà tout dit sur la question car depuis toujours certains fols vendent la sagesse !
Si vis pacem para bellum
Si tu veux la paix, prépare la guerre. Autrement dit pour être tranquille mieux vaut être fort et surtout craint. Pour cela il est utile de faire montre de sa force et même s’il est des statures naturelles que nul ne se soucie de défier. La Russie ne vient-elle pas d’en faire la démonstration en tirant deux missiles balistiques, l’un depuis la Méditerranée orientale, l’autre depuis le Caucase pour rappeler utilement aux puissances alliées – É-U, UE, Arabie saoudite, Qatar – qu’il serait risqué de jouer avec le feu en ce qui concerne en priorité le dossier syrien. Un “signal fort“ comme l’on dit, marquant la détermination russe à ne pas s’en laisser compter – même si la Douma vient de ratifier l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce – qui est à associer à l’envoi ce 10 juil. 2012 d’une flotte de guerre en Syrie. Celle-ci partie de Severomorsk à destination du port de Tartous, est placée sous la conduite d’un bâtiment de lutte anti-sous-marine Admiral Tchabanenko et se compose de trois bâtiments de transport de troupes appartenant à la flotte du Nord ainsi que de deux autres unités venues de la Baltique.
D’instinct, ou d’intuition, nous savons donc tous que la dissuasion nucléaire – par définition expression de la puissance – est une garantie de relative souveraineté pour la nation. Qu’elle est le moyen par excellence de “sanctuariser“ le territoire national selon le très vieil adage “qui s’y frotte, s’y pique“. Dans ce cadre, nos armes dites de théâtre – celui des opérations bien entendu – devaient constituer le coup de semonce, l’ultime avertissement avant l’engagement de nos capacités nucléaires, missiles balistiques ensilés, embarqués dans les flancs de nos submersibles, délivrés par nos bombardiers stratégiques… cela dans l’éventualité de la grande “Bataille du Centre Europe“… puisque celui-ci devait être l’ultime lieu d’une éventuelle confrontation Est/Ouest durant les quatre décennies de plomb de la Guerre froide.
Grâce au ciel, le choc des Titans n’a pas eu lieu et la dizaine de milliers de chars du Pacte de Varsovie n’ont jamais déboulés sur Paris dans les 72 heures qui devaient suivre le lancement de l’offensive soviétique comme le prévoyaient leurs plans. La Guerre Froide s’étant achevée le 26 décembre 1991 avec l’implosion de l’Union soviétique4, les missiles tactiques français Pluton et Hadès à courte portée – cent Kilomètres – ont été par conséquent remisés dans leurs bunkers avant d’être démantelés tout comme les vecteurs balistiques du plateau d’Albion. Mais est-ce parce que la menace à disparue à l’Est que nous devrions nous dépouiller des attributs militaires de la puissance ? Rappelons à ce propos que la doctrine française de dissuasion, telle que voulue par de Gaulle et pensée – entre autre – par Pierre Marie Gallois, était « tous azimuts », autrement dit sans cible désignée… en l’occurrence pas plus la Russie poststalinienne que des Alliés qui se seraient montrés envahissants !
Notons également que la France, au contraire du Royaume-Uni tributaire des É-U pour ses dotations en vecteurs nucléaires, ne doit qu’à elle seule ses moyens et capacités. Qu’en cela elle est et reste la seule puissance militairement autonome en Europe. Une autonomie limitée certes puisque l’on sait qu’au bout de quelques jours d’intervention en Libye, nos forces aériennes à court de munitions, il fallu aller piocher dans les arsenaux de l’Otan et quémander auprès de Big Sister America dont nous faisons de cette manière tourner les industries d’armements au détriment des nôtres. Réflexions pragmatiques, voire cyniques, mais de rigueur dans le contexte économique actuel.
Un argumentaire bien rodé mais usé jusqu’à la corde
À entendre les contempteurs de la dissuasion nationale, celle-ci ferait peser sur nos têtes une menace permanente, une véritable “Épée de Damoclès“ cumulant tous les vices, parmi lesquels ceux d’une dangerosité potentielle cumulée à un coût exorbitant… Remarquons que les années de Guerre Froide et de Pacifisme militant ont rodé des arguments - archi usés pour les anciens - mais dont l’impact se fait sentir sur les nouvelles générations qui n’ont pas encore eu le temps de réfléchir suffisamment pour ne pas gober – privilège de la jeunesse – que deux et deux ne font pas cinq contrairement à ce que nos vils démagogues s’efforcent de leur faire accroire. Nos jeunes gens n’ont en effet pas connu les longues années du face à face de l’équilibre de la terreur et la doctrine de la destruction mutuelle assurée – Mad : fou en anglo-américain – qui se traduisaient par une terrible guerre des mots ayant pour objet les opinions publiques et la mise en œuvre d’intenses “mesures actives“, passées dans le vocabulaire courant sous le vocable de “désinformation“… et relayées les partis communistes, de leurs organisations satellites tels le Mrap – alors Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix devenu aujourd’hui le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples - de leurs multiples “courroies de transmission“ notamment syndicales.
Parmi le florilège de sophismes prodigués par les défenseur de la paix, hier au service du soviétisme, à présent ayant changé de bord – en étant passé du côté de la grand cause euratlantiste, mais beaucoup de sots naïfs seraient bien surpris de l’apprendre tout comme leurs aînées hier croyaient sincèrement défendre la paix et l’amitié entre les peuples - se trouve en tête de gondole l’inusable “combien d’écoles, de dispensaires, d’hôpitaux, de postes de fonctionnaires à recruter pourrait-on financer avec ces fonds gaspillés, littéralement jetés par la fenêtre ?“ La réponse est lapidaire… pour les écoles, le premier poste budgétaire de l’État avant la santé, l’évidence saute aux yeux : malgré une surenchère permanente dans l’investissement en personnels et en moyens, la formule chère au regretté Jules Ferry “ouvrir une école, c’est fermer une prison“ est infirmée voire même contredite tous les jours par la rubrique “faits divers“ des feuilles de choux. Une Éducation nationale qui s’est faite une spécialité de produire un nombre grandissant d’illettrés et ce, malgré les supposés immenses progrès de la pédagogie ; jamais la langue – parlée ou écrite - n’a été aussi pauvre ni l’effondrement intellectuel plus sensible… Conclusion les entreprises de formatage idéologique et d’apprentissage – pour une minorité heureusement – du parasitisme social que sont devenus une majorité d’établissements scolaires, n’ont nul besoin d’être encore plus subventionnées qu’elles ne le sont déjà. Quant au recrutement d’agents de la fonction publiques, il s’agit d’une autre aimable billevesées à l’heure où l’État, de toute évidence, crève de surcharge pondérale et où il se montre incapable de rémunérer convenablement les membres du service public dont l’utilité est immédiate et incontestable comme les personnels médicaux, paramédicaux et de police… par exemple !
L’Épée de Damoclès
Pour ce qui est de l’Épée de Damoclès, censée nous protéger mais qui constituerait en fait un authentique danger d’autant plus qu’il n’y aurait plus de menace, directe et identifiable… « L’arme nucléaire comme garantie de sécurité par la dissuasion n’est plus aujourd’hui qu’un argument d’autorité, un slogan5 » ! Posons-nous alors la question de savoir pourquoi la France va-t-elle participer à l’installation à l’Est de l’Europe, en Turquie, en Méditerranée Orientale et en Mer Baltique, de cet avatar de Guerre des Étoiles revu à la baisse, qu’est le bouclier anti-missiles cent pour cent américain ?
Pour mémoire, “la guerre des étoiles“ de son vrai nom l’Initiative de défense spatiale contribua conjointement avec le bourbier afghan, le national-catholicisme polonais, et la catastrophe de Tchernobyl – une guerre contre la dévastation qui mobilisa cinq cent mille hommes – à abattre la meurtrière utopie bolchévique… sans oublier ces refuzniks à qui les autorités soviétiques refusaient des visas d’émigration vers l’État hébreu… et qui déchaînèrent à leur profit le tonnerre des grands médias occidentaux, faisant connaître au passage les vrais dissidents qui autrement seraient restés dans l’ombre. Peut-être leur devons-nous la puissante œuvre d’un Soljenitsyne qu’ils auront favorisée et promue directement pour servir leur propre cause, et indirectement en négatif parce que le dit grand écrivain rédigea d’exil des textes leur ayant déplu souverainement6 ?
Oui, pourquoi un bouclier anti-missile si la menace n’existe plus. En la circonstance, il s’agirait de protéger l’Amérique et accessoirement l’Europe de l’extrême dangerosité de la mollarchie iranienne soupçonnée de vouloir arroser l’Occident de bombes nucléaires… qu’elle ne possède pas ! M. Hollande, juste élu, vient donc d’accepter au nom de la France – dans l’habituel silence des médias - d’entrer dans ce projet qui ne menace de facto qu’un seul pays où le bouclier est perçu comme une agression à peine déguisée, à savoir la Russie souverainiste.
Curieusement les militants qui partent en guerre contre la dissuasion française – inutile, trop coûteuse et dangereuse et qualifiée à contresens d’anachronique par Global zéro - apparemment mûs par d’excellentes intentions, en réalité des ouvriers paveurs des enfers à venir, n’évoquent pas le bouclier nucléaire américain. Comme c’est étrange ! Curieux oubli ! Sans doute se rendent-ils pas compte que renoncer pour la France à sa défense légitime signifie s’en remettre entièrement aux États-Unis, c’est-à-dire à leur bon vouloir, leurs caprices et peut-être, leurs chantages. Que cela revient à se placer sous leur coupe, car le commandement du “dôme de fer“ européen – désignation de la version cheap israélienne pour missiles low cost artisanaux – sera exclusivement américain de même que les matériels issu du complexe militaro-industriel d’outre-Atlantique.
C’est accepter de facto, en renonçant à une défense indépendante ou plutôt autonome – puisque nous somme revenus en 2007 dans le commandement intégré de l’Otan - une forme inédite de servitude volontaire, obtenue sans contrainte par la seule trahison de soi-disantes élites, celles qui s’arrogent le droit de diriger à leur guise et sans jamais consulter la “base“ nationale, surtout lorsqu’il s’agit de questions engageant l’avenir du pays, nos affaires et notre destin collectif. Élites issues de minorités politiques qui n’accèdent au pouvoir “démocratique“ que par un ensemble de mécanismes institutionnels et de combinaisons spécialement conçus justement pour juguler toute velléité d’expression d’une volonté populaire authentique.
Débarrassons-nous - enfin - d’un préjugé qui nous coûte cher

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
C’est un article intéressant et bien composé qui doit ses 43 % de votes négatifs (...)
24/07 14:30 - Méfrange@AUTEUR Vous dites : « L’heure n’est-elle pas à la concurrence économique et non (...)
16/07 07:52 - Leo Le SageOui, dans un monde divisé et en concurrence, la force est la loi et la loi la philosophie du (...)
16/07 02:09 - Hervé Humj’hallucine devant tant de stupidités alignées dans un article d’un autre âge. « (...)
14/07 19:00 - chuppasur 11 votes 6 non ? les sionistes réagissent vite !
14/07 16:06 - non667
La démocratie à la grecque et le droit à l’information
Un outil pour aider les jeunes à gérer leur vie privée sur les réseaux sociaux
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération