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La « France-à-fric » de Sarkozy : quand les scandales ne font plus scandale

Suite des articles déjà publiés sur Agoravox et complément à l’ananlyse sur la "dépénalisation des affaires" dans la France de Sarkozy, cet édotrial publié sur RELATIO.fr, l’Europe en revue, à propos des "liaisons dangereuses" entre un chef de l’Etat et ses tuteurs à qui il doit reconnaissance...

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

3373e79898c3db5a7dc586168a43387e.png« Casse-toi, pauvre con »...

Héros bien malgré lui d’une affaire qui le dépasse (et qui dépasse aussi les bornes du tolérable), Jean-Marie Kuhn va finir par croire que c’est ce genre de réponse que masque l’épais silence qu’observe à son sujet le palais de l’Elysée...

Ou le type de réplique auquel il va avoir droit s’il continue à s’obstiner à harceler les pauvres collaborateurs du chef de l’Etat sur une minable affaire d’1,25 milliard d’euros (d’argent public) venu grossir les fortunes des deux têtes de gondoles de la « fric-francophonie » dans une « France-à-fric » où les scandales ne font même plus... scandale !

Desmarais, le Canadien et Frère, le roi belge du CAC 40, les deux tuteurs de Sarkozy, ont reçu leurs breloques. Entre quels autres cadeaux d’amitié ?

Le premier en public : une vraie cérémonie. Avec hommage public à celui sans qui Sarkozy, selon son propre aveu, ne serait pas où il est (comme si le vote des Français n’était qu’une légitimation du succès d’une stratégie définie après l’échec de Balladur par les empereurs de l’hyper-capitalisme qui adorent jouer les « faiseurs de rois »)...

Le second en privé. A huis clos ou presque, avec les intimes dont Fillon, qui ne pourra jamais dire qu’il ne connaît pas Albert Frère et Dati, la Garde des sceaux, ministre de la Justice, sans doute là dans son rôle ministériel essentiel : servir de caution « juste » aux honorés du président de la République. On me dit (mais je n’ai pas vérifié) que c’est Frère qui a demandé de la discrétion : le protégé reconnaissant fait trop de bruit, ce qui nuit aux affaires... Trop « bling-bling », Sarkostar pour le châtelain discret de Charleroi et d’ailleurs.

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Les « breloques » en question n’ont rien de ces médailles en chocolat qui faisait sourire Napoléon chaque fois qu’il en agrafait une sur une poitrine vaillante : l’art de la récompense fait partie de l’art du bien gouverner... Grand-Croix de la Légion d’honneur, ce n’est pas rien. Même si Poutine y a eu droit aussi... De quoi donner de l’eau au moulin de ceux qui en rient... Morceaux choisis...

* « En France, le deuil des convictions se porte en rouge et à la boutonnière  », Jules Renard, Journal.

* « Si on voulait me donner la Légion d’honneur, j’irais la chercher en slip pour qu’ils ne sachent pas où la mettre », Coluche

* « La Légion d’honneur, ça ne se demande pas, ça ne se refuse pas et ça ne se porte pas » François Mauriac

* « La Légion d’honneur est comme une maladie contagieuse : seuls ceux qui l’ont déjà peuvent vous la conférer », Gilbert Cesbron

* « Demander la Légion d’honneur au gouvernement, c’est une politesse à lui faire », Emile Bergerat, Souvenirs d’un enfant de Paris

* « La Légion d’honneur de Lyon ? La rosette ! », Boris Vian


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Quand je pense à ceux qui la mériteraient vraiment et qui ne l’auront jamais, je n’ai pas envie de rire. Et quand la République se discrédite en la remettant pour services particuliers rendus, j’ai peur que François Léotard ait raison de tirer la sonnette d’alarme dans son dernier livre : Cela va mal finir...

Cela dit, entendons-nous bien. Etre riche n’est pas un défaut. Avoir bâti de beaux empires économico-financiers n’est pas une tare. Montrer de la reconnaissance envers ceux qui vous ont aidé à concrétiser une ambition légitime n’est pas un vice. Tout au plus, devrait-on davantage tenir compte du contexte... C’est-à-dire en l’occurrence d’une actualité qui est surtout alimentée par des affaires... qui ne sont bonnes que pour ceux qui en tirent parti.

Hier, le ministre du Budget nous jure, les « yeux dans les yeux  » que toutes les affaires de fraudes fiscales (une bagatelle de 40 milliards d’euros !!!) seront « menées jusqu’au bout »... Ben voyons ! Un joli sujet de conversation pour les habitués du Fouquet’s... Pardon, je ne suis qu’un « pauvre con » de journaliste qui aime son pays, l’Europe et la démocratie...

Aujourd’hui, ce sont des révélations sur les indemnités dont a bénéficié l’homme des « caisses noires » de l’Union des industries métallurgiques et minières. On vit où ? On fait quoi ? La patronne du Medef en interrompt ses vacances... Pauvre femme. Mes confrères experts en cirage de pompes élyséennes vont encore souffrir. On ne peut tout de même pas toujours tout passer son silence.

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Les Belges le savent mieux que nous encore, Albert Frère qui a construit sa fortune sur les ruines d’une sidérurgie en crise a su ces dernières années tirer son épingle du jeu dans une série d’opérations où quelques complicités financiéro-politiques étaient et, visiblement, sont indispensables. L’essentiel, pour un joueur, c’est de miser sur le « bon cheval ». Avec Sarko, c’est au galop qu’il a gagné.

Chez lui la coupe n’est jamais pleine pour agrandir ce qu’il appelle la « galette ». Que faites-vous quand vous avez réussi un gros coup, lui demande une journaliste de la RTBF ? « Je pense aux coups suivants », répond-il en précisant : « Mais il n’y a pas que les gros coups, il y a les petits coups, aussi. »

Kuhn, pour lui, était un « petit coup »... Et Suez-Sarkozy, un « gros ». Un homme plein d’énergie, comme on dit chez Total. Un patron-béton, comme on dit chez Lafargue. On est loin des clous de papa. Et on ne mange pas souvent dans un Quick...

Pour s’en tenir aux bénéfices que Frère, son groupe et son « indissociable frère de fric » canadien ont déjà tirés de sa position-clef dans le « dossier Suez », quelles suites ont été données aux révélations déjà anciennes du Canard enchaîné (le 5/09/2007 ) ? Et pourquoi depuis que Relatio a révélé le « dossier KUHN » devenu « l’affaire Frere/Sarkozy/Suez-GdF » n’avons-nous eu aucune réponse à nos questions légitimes, de simple bon sens ?

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La fonction fait l’homme ? En l’occurrence, c’est plutôt l’homme qui défait la fonction.
Dessin de Kroll
sélectionné par Courrier International Le Soir(Bruxelles)

Nous avons aujourd’hui relancé des demandes d’ITW à quelques-unes des nombreuses personnalités citées dans ce dossier. Nous avons alerté les médias sur la deuxième lettre ouverte adressée par Jean-Marie Kuhn publiée hier sur Relatio. Notre messagerie est lourde de messages de citoyens outrés, mais déserte en courriels des personnalités concernées. Qui moquait jadis l’Italie et ses lois de l’omerta ? Qui ironisait voilà peu encore sur les « républiques bananières » ? Sarkozy vient de réitérer sa volonté d’en finir avec la « françafrique » dont les procureurs d’hier étaient qualifiés de surnoms insultants. Mais c’est « France-à-fric » qui est aujourd’hui en questions.

Allez vous étonner après cela que quelques intellectuels comme Alain Badiou en tirent parti pour faire renaître des idéologies populistes et totalitaires dans des pamphlets à succès aussi dangereux pour la démocratie que les maux qu’ils dénoncent.

De quoi Sarkozy est-il le nom ? véritable charge contre la loi des urnes. « Tout le monde voit que la démocratie électorale n’est pas un espace de choix réel. » Face à la « corruption » des démocraties par les puissances de l’argent, l’heure serait venue de définir « une nouvelle pratique de ce qui fut nommé "dictature" (du prolétariat). Ou encore, c’est la même chose : un nouvel usage du mot "Vertu". »

Voilà qui donne froid dans le dos. François Léotard a vraiment raison : tout cela risque de très mal finir. Et là ce n’est pas Sarkozy qui est « harcelé », comme notre ami Rosenstielle le déplore dans un de ses billets sur Relatio : c’est lui qui joue les pyromanes de la démocratie et de l’esprit républicain.

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Consolons-nous : la vie continue... Tout va très bien, messieurs mes petits marquis : Cécilia va être entendue par les policiers sur l’affaire du « texto » d’amour-passion du président d’avant son remariage dans les salons de l’Elysée transformés en mairie de quartier, et selon le dernier sondage, une grande majorité de Français pensent que les médias ne sont pas indépendants de Sarkozy. Et cerise sur le gâteau de l’optimisme déclamatoire : 1200 têtes de listes aux prochaines municipales dans les grandes villes ont signé le pacte anticorruption de transparence internationale... Dans les Hauts-de Seine aussi ?

Desmarais et Frère avaient vu juste : « cet ambitieux de Sarkozy est l’homme qu’il faut à la France »... Pour que les Français mettent « bas les masques », peut-être.

Daniel RIOT

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LA DEUXIEME LETTRE OUVERTE DE J-M KUHN A NICOLAS SARKOZY

par Daniel RIOT (son site) lundi 3 mars 2008 - 7 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Lisa SION (xxx.xxx.xxx.93) 3 mars 2008 14:44
    Lisa SION 2
    Mesdames et messieurs,
     

    Le mot "secret" est en lui même répugnant dans une société libre et ouverte. Et en tant que peuple.
    Par nature et historiquement, nous nous opposons aux sociétés secrètes. Parce que nous devons faire face tout autour du Monde à une conspiration massive et impitoyable qui s’appuie d’abord sur des moyens déguisés permettant le déploiement de leur sphère d’influence, basée sur l’infiltration plutôt que l’invasion, utilisant la subversion plutôt que les élections et de l’intimidation au lieu du libre arbitre.
    C’est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d’une machine étroitement soudée et d’une efficacité remarquable. Elle combine des opérations militaires, diplomatiques, de renseignements, économiques, scientifiques et politiques. Leurs planifications sont occultées, et non publiées. Leurs erreurs sont passées sous silence ou non relayées par la Presse. Leurs détracteurs sont réduits au silence et leur avis non sollicité.
    Aucune dépense n’est remise en question, aucun secret n’est révélé.
    C’est pourquoi le législateur athénien Solon décréta comme crime tout citoyen se désintéressant du débat.
    Je sollicite votre aide dans l’immense tâche qui est d’informer et d’alerter le peuple américain. Avec la certitude qu’avec votre aide l’homme deviendra ce pourquoi il est né :
    LIBRE et INDEPENDANT.
     
  • Par Papybom (xxx.xxx.xxx.117) 3 mars 2008 14:05
    Papybom

     

    Vu sur le net : Sujet de réflexion.
     
    2007 - Le 15 novembre 2007, René Carron, Président de Crédit Agricole S.A., et le Général d’armée Jean-Pierre Kelche, Président de Un Avenir ensemble et Grand Chancelier de la Légion d’honneur, ont signé une convention de mécénat par laquelle le Crédit Agricole s’engage à soutenir la future fondation à hauteur de 250 000 euros. 15 novembre 2007 dans | Paris, le 10 septembre...
     
    Créé en 2002 à l’initiative de Power Corporation du Canada (Famille Desmarais), Sagard est un spécialiste européen du capital investissement. Sagard investit, aux côtés d’équipes de management ambitieuses, dans des entreprises de taille moyenne ayant la capacité de prendre le leadership sur leur marché.
     
    LE 30 août, dans l’après-midi, à Puniversité d’été du Medef, quand Sarkozy, sur un ton vibrant, enjoint les dirigeants de Suez de « faire un choix stratégique » en se séparant de leur filiale d’environnement
    pour fusionner avec Gaz de France, il ne prend pas de risque. Il sait que les grands actionnaires de
    Suez ont convoqué, le matin même, le président du groupe, Gérard Mestrallet, pour siffler la fin de la partie. Il n’a pas vraiment le choix. Son actionnaire principal est le milliardaire belge Albert
    Frère, un intime de Sarko, associé à la plus grosse fortune canadienne, Paul Desmarais, qui invita naguère le Président en vacances. Ils se sont assurés l’appui de René Caron, patron du Crédit agricole. Et le numéro deux de Suez est un employé d’Albert Frère.

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