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Accueil du site > Tribune Libre > La France : un géant maritime !

La France : un géant maritime !

Très peu de nos concitoyens le savent : la France possède le 2e domaine maritime international, tout près des États-Unis et loin devant l’Australie. Au delà de la curiosité géographique, cette réalité pourrait revêtir une importance économique de tout premier plan dans les décennies à venir. Grâces en soient rendues à nos valeureux navigateurs découvreurs de terres inconnues ou aux négociateurs qui ont su acquérir les territoires polynésiens...

En matière maritime, les droits souverains d’exploitation des ressources s’exercent non seulement dans les eaux territoriales attenantes à la bande côtière, mais également dans ce que l’on nomme la zone économique exclusive (ZEE). Une ZEE qui comprend, à partir de la ligne de base (limite moyenne atteinte par les marées sur le littoral) : la mer territoriale, d’une largeur de 12 milles marins, la zone contiguë, également de 12 milles, et une zone d’exclusivité dont la largeur est librement fixée par chaque État maritime, le tout formant la zone économique exclusive, dans une limite fixée depuis 1982 par la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer, à 200 milles marins depuis la ligne de base

200 milles, c’est la largeur choisie par la France pour délimiter sa ZEE autour de l’ensemble de ses territoires souverains. Avec 11 millions de km² de ZEE, notre pays vient en 2e position derrière les États-Unis (12,2 millions de km²) mais loin devant l’Australie (8,5) et la Russie (7,6). Quant au Royaume-Uni, il ne se classe qu’au 8e rang avec 5,5 millions de km², une misère pour l’ex-empire, dépossédé de la souveraineté de ses plus beaux fleurons planétaires, y compris l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande qui n’ont gardé de leur ancienne dépendance que la tête couronnée de la reine d’Angleterre.

Contrairement à sa voisine d’outre Manche, la France possède encore, comme chacun sait, de nombreux territoires sur les différents océans du globe. Des territoires parfois largement éparpillés à l’image des 118 îles qui, réparties en 5 archipels, constituent la Polynésie française. Un éparpillement océanien qui, à lui seul, suffit à expliquer le classement de notre pays au 2e rang mondial. La ZEE de la Polynésie française est en effet de... 4,8 millions de km², derrière le Royaume-Uni (5,5), mais nettement le Japon (4,5).

Avec 1,4 millions de km², la Nouvelle-Calédonie occupe le 2e rang des possessions françaises, avec une ZEE à peine inférieure à celle de l’Afrique du Sud (1,5). Impressionnant, comparé à la ZEE métropolitaine, limitée par les eaux souveraines des pays voisins, et qui s’établit à un très modeste 0,33 million de km², loin derrière les îles Éparses (0,62), les Crozet (0,57), les Kerguelen (0,57) et même Saint-Paul et Amsterdam (0,51).

Certes, ces trois derniers territoires sont d’un accès lointain et difficile et, mis à part des membres de l’équipage et les rares passagers du navire ravitailleur Marion-Dufresne* basé à La Réunion, bien peu de manchots et d’otaries de ces Terres australes sont dérangés par la présence humaine. Sans doute le sont-ils davantage par les animaux introduits naguère, tels les bovins d’Amsterdam ou les ovins et caprins des Kerguelen.

Avec ses 11 millions de km² de ZEE, la France semble disposer d’un atout économique de premier ordre, mais un atout encore largement illusoire tant les ressources halieutiques (pêche en mer et aquaculture) sont menacées ici, du fait de la pollution ou de la surpêche, et bien trop éloignées des zones d’habitation ailleurs. Des expériences aquacoles basées sur l’élevage de la légine et de la langouste sont même en cours aux abords des terres australes, mais elles se heurtent à une concurrence encore plus féroce que celles des thoniers espagnols pour les pêcheurs métropolitain : celle des albatros et des pétrels, aussi nombreux que voraces, mais tellement beaux dans leurs évolutions aériennes.

L’homme n’a toutefois pas dit son dernier mot : si les pêcheurs ou les aquaculteurs semblent devoir limiter leurs prétentions à dominer la nature et à s’accaparer ses ressources animales, les scientifiques continuent de plancher sur une autre ressource, minérale celle-là : les nodules polymétalliques, particulièrement nombreux dans le secteur de Clipperton (ZEE de 0,43 million de km²) mais également présents dans d’autres secteurs de la ZEE française du Pacifique. Problème : ces nodules reposent le plus souvent à de grandes profondeurs et leur coût d’extraction les rend actuellement non rentables. Une situation qui pourrait pourtant évoluer dans les années à venir par la découverte de nouveaux gisements et la modernisation des techniques d’exploitation. Auquel cas la ZEE de notre pays pourrait se révéler un réel atout dans la compétition économique...

La France dont la ZEE représente 8 % des mers du globe alors que l’ensemble de ses territoires ne totalise que... 0,45 % des terres de la planète ! Étonnant, non ?

* L’une de mes ex-collègues a fait le voyage sur le Marion-Dufresne, seule passagère à bord à titre payant. Lors de ce périple dans les mers australes, elle a pu, grâce à l’hélicoptère de bord, visiter les Crozet et les Kerguelen en compagnie de scientifiques et de l’ex-navigatrice et ingénieur agronome Isabelle Autissier, alors membre consultatif du Conseil des TAAF et devenue depuis présidente du WWF France. Un voyage coûteux mais inoubliable, avis aux amateurs !


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34 réactions à cet article    


  • Georges Yang 17 mai 2011 19:00

    Merci Fergus d’avoir mentionné Clipperton dans votre article et la possible exploitation des nodules polymétalliques
    http://www.clipperton.fr
    Je suis l’un des membres fondateurs de l’association Clipperton, Projets d’Outremer, pour la promotion de ce territoire et sa mise en valeur, contrairement aux fanatiques écolos qui sont derrière l’explorateur des pôles, le m’as tu vu de la calotte glaciaire, qui y a fait un petit tapage médiatique il y a quelques années


    • Fergus Fergus 17 mai 2011 19:11

      Bonjour, Georges, et merci pour ce lien que je vais prendre le temps de visiter en détail.

      Les TAAF sont des lieux superbes et injustement méconnus, tant pour leurs richesses naturelles que pour leur potentiel sur différents plans. Clipperton fait partie de ces territoires fascinants. Félicitations pour votre engagement.

      Cordiales salutations.


    • Dominitille 17 mai 2011 21:38

      Bonsoir Georges Yang,
      N’ y a t-il pas eu un reportage sur des scientifiques ayant travaillé sur cette île ?
      Même si ce n’était pas à Clipperton, je salue bien bas tous ces scientifiques qui préservent cet environnement si fragile, fragile car la proie des prédateurs de tous poils.
      Et je suis fort aise de connaitre virtuellement un homme qui aime la même planète que moi ;
      Respects M. Yang


    • Fergus Fergus 17 mai 2011 20:27

      Merci pour votre commentaire, Bertrand.

      Des potentialités que l’on ne mesure probablement pas avec exactitude tant les progrès scientifiques peuvent ouvrir de nouvelles voies en quelques décennies. Ce domaine pourrait alors se révéler très important pour notre pays.

      Bonne soirée.


    • Georges Yang 18 mai 2011 00:11

      Il ne faut pas confondre les expéditions scientifiques et les pitreries écolos de J L Etienne


    • Dominitille 17 mai 2011 21:40

      Bonsoir Fergus,
      Ferions nous partie du cercle très fermé des amoureux de la Belle Bleue ?
      Mais N’y a t-il rien sur les DOM ? La Martinique peut-être dans vos cahiers ?
      Bonne soirée,


      • Fergus Fergus 17 mai 2011 22:05

        Bonsoir, Dominitille.

        Bien que n’ayant pas une âme de navigateur, j’apprécie énormément mers et océans. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, originaire d’Auvergne, je vis en Bretagne, non loin de ces sentiers côtiers que nous connaissons si bien, mon épouse et moi. Après avoir vécu à Morlaix, nous terminons d’ailleurs une parenthèse rennaise avant d’aller nous installer prochainement à Saint-Malo...

        Je n’ai pas mentionné les îles antillaises pour ne pas être trop long mais aussi parce qu’elle ne représentent qu’une ZEE de 0,10 million de km² pour la Guadeloupe et 0,05 pour la Martinique, ces faibles superficie étant évidemment liées à la proximité des autres îles des Caraïbes.

        Cordialement.


      • Dominitille 17 mai 2011 22:26

        Fergus,
        Trop long ? Votre article est une bouffée de fraicheur parmi ceux avec DSK en guest star.
        Toutes ces îles lointaines dont le seul nom évoque le sable fin et les embruns prêtent à l’imagination. Heureusement que des hommes et des gouvernements travaillent à leur préservation.
        Combien de ces petits paradis voient leur plage foulée par ces rapaces d’ agents immobiliers et leurs rêves merdiques de complexe de luxe pour touristes friqués.
        J’ai pendant plusieurs semaines regardé sur la chaîne Planète une excellente émission consacrée à la faune amazonienne. Les commentaires étaient de Pierre Arditi.
        Il m’est arrivé de pleurer car ne pouvant supporter la mort de la maman de la petite femelle paresseux.
        L’ homme détruit tant de belles choses qui existent depuis des millions d’années.
        Il se sent propriétaire des lieux mais pour combien de temps ?
        C’ était un plaisir de vous lire.


      • Fergus Fergus 17 mai 2011 22:37

        C’est également un plaisir de lire vos commentaires, Dominitille, car ils sont toujours emprunts d’humanité et de respect pour la vie sous toutes ses formes.

        Merci à vous et bonne nuit.


      • zadig 17 mai 2011 21:51

        Bonsoir Fergus,

        Merci de signaler ce qui est l’un de nos atouts.
        Cette richesse est à peine exploitée.
        Espérons que cela se fera de façon raisonnable et respectueuse.

        Parmi les espoirs :
        Certains géologues estiment importantes les chances de découvrir du pétrole
        au large de la Guyane.
        En effet, cette zone était il y a longtemps proche du Golfe de Guinée.

        Mais quand je pense Guyane, chez moi c’est un déclic :
        Je m’imagine dans mon hamac sur la canopée, avec à portée de main ;
        des fruits à profusion, des sauterelles craquantes,des chenilles juteuses, etc

        Bref le rêve (mais haro sur les fourmis de feu )

        Merci de tenir le cap au milieu des turbulences.

        Cordiales salutations
         


        • Fergus Fergus 17 mai 2011 22:15

          Bonsoir, Zadig.

          Il se dit effectivement qu’il existe des gisements de pétrole dans les eaux guyanaises. Peut-être verra-t-on s’y développer des plate-formes comme dans le golfe du Mexique. Une perspective bonne pour l’économie mais également - l’histoire récente nous l’a montré -potentiellement dangereuse pour l’environnement.

          Se laisser bercer dans un hamac au coeur de la canopée guyannaise doit être une expérience intéressante. OK pour les fruits, et éventuellement de quoi les arroser de ti punch, mais je ne suis guère tenté par les chenilles, à la rigueur par des sauterelles bien grillées (il paraît qu’elles ont un goût sucré).


        • Fergus Fergus 18 mai 2011 09:00

          Bonjour, rodier_a, et merci pour votre commentaire.

          En réalité, je ne suis pas spécialement optimiste, j’envisage une possibilité, rien de plus.

          Cela dit, vous avez entièrement raison concernant l’avenir de certains territoires qui, en cas de possibles débouchés économiques juteux, pourraient aller plus loin dans la voie de l’indépendance, notamment en Polynésie et, peut-être, en Nouvelle-Calédonie, mais le processus serait probablement très long et incertain.

          Qui plus est, les procédés d’exploitation nécessiteraient peut-être une technologie et des moyens hors de portée des nouveaux états qui pourraient trouver plus d’intérêt à bénéficier des retombées économiques en restant dans le cadre de la République française.

          Cela ne changerait en revanche rien pour le statut des terres australes.


        • kimbabig 29 mai 2011 02:15

          Si les DOM-TOM coûtent de l’argent, c’est aussi le cas de la Creuse, de la Corse, de la Lozère, du Morbihan, du Pas-de-Calais... L’appartenance d’un territoire à la Nation n’est pas déterminée par la rentabilité de celui-ci, sinon la France se limiterait à la région Parisienne, la vallée du Rhône et la Côte d’Azur.

          Le seul scénario qui pourrait conduire à l’indépendance de ces territoires serait que la Métropole souhaite se débarrasser d’eux, et cet article démontre bien que ce serait une grave erreur.

          Bien que l’insularité et l’éloignement de ces territoires leur confère un certain particularisme parfois revendiqué (et ceci dit ce ne sont pas les seules coins de France à revendiquer leur particularisme, il suffit d’aller dans le Finistère ou dans les Pyrénées Atlantiques pour s’en convaincre), leurs habitants restent attachés à la France. Ils ont bien conscience que leurs îles ne pourront jamais être vraiment indépendantes, que si la France s’en va ce sont les USA, l’Australie ou la Chine qui la remplaceront. C’est pourquoi il serait très surprenant qu’ils demandent l’indépendance, même si leurs ressources deviennent exploitables.


        • Fergus Fergus 29 mai 2011 11:53

          @ Kimbabig.

          Vous avez entièrement raison de rappeler qu’en France métroplitaine aussi certains territoires ou départements coûtent plus qu’ils ne rapportent à la collectivité (c’est d’ailleurs vrai dans la plupart des grands pays européens). D’où l’intérêt de pérenniser une politique de péréquation qui permet de mettre en place ici et là des systèmes de compensation. Cela relèvre de la solidarité la plus élémentaire. Et ce qui est possible en Métropole doit l’être également vis-à-vis des territoires ultramarins sans que cela puisse être remis en cause.


        • Surya Surya 18 mai 2011 10:45

          Bonjour Fergus,

          Merci pour ce bel article, et superbe photo qui rend zen rien qu’à la regarder smiley
          La France possède avec cet immense territoire maritime, en plus d’un territoire de pêche très étendu, une quantité non négligeable de lagons, et comme chacun sait, le corail se meurt lentement un peu partout dans le monde en raison de la montée progressive des températures. Il s’asphyxie, blanchit, et meurt, entraînant avec sa disparition celle de la faune magnifique qui résidait dans les lagons. Un devoir absolu, donc, de protéger cette biodiversité... Mais je crois qu’il faudrait qu’on arrête de dire que nous devons protéger la planète pour pouvoir l’offrir intacte en héritage à nos petits enfants etc... Dire cela, c’est encore une fois partir du principe que nous possédons la nature, que tout ce qui se trouve sur terre a été « créé » pour servir les intérêts des êtres humains, et que par conséquent, c’est pour nous-mêmes, et notre bon plaisir, que nous protégeons la planète. Il ne faudrait pas non plus oublier que, chronologiquement parlant et sauf erreur de ma part, nous sommes tout de même les derniers arrivés sur cette terre. Peut être devrions nous protéger la planète parce qu’elle est belle, tout simplement. Et que posséder la nature devrait vouloir dire la regarder, et l’admirer, s’imprégner de la poésie qu’elle dégage, et non l’exploiter, la presser comme un citron. Je me demande quel niveau d’impact négatif cela pourrait avoir sur l’âme humaine si nous n’avions (ou : le jour où nous n’aurons...) plus rien de beau à regarder, ne serait-ce qu’en photo ?


          • Fergus Fergus 18 mai 2011 11:12

            Bonjour, Surya, et merci pour votre commentaire.

            « Protéger la planète parce qu’elle est belle, tout simplement », écrivez-vous, et vous avez raison. Le temps est sans doute venu de cesser la course effrénée à la croissance, d’envisager différemment notre vie dans un plus grand respect de l’environnement. Sans doute va-t-on aller dans cette voie, mais cela demandera beaucoup d’efforts, et surtout une réelle volonté politique, incompatible en l’état actuel des choses avec les intérêts de l’oligarchie. Croisons les doigts pour que la prise de conscience survienne rapidement avant que l’action humaine n’ait commis de nouveaux dégâts irréversibles...

            Cordiales salutations.


          • Jean Lannes Christopher Lings 18 mai 2011 11:27

            Article très intéressant. Non, l’Empire anglais n’a pas totalement gagné la guerre ! ;)

            __________
            > Le bréviaire des patriotes


            • Fergus Fergus 18 mai 2011 12:00

              Merci, Christopher.

              L’empire britannique se recroqueville mais il a gardé l’essentiel : ses fastes monarchiques !

              Bonne journée.




            • Fergus Fergus 18 mai 2011 12:02

              Merci, Christopher.

              L’empire britannique se recroqueville mais il a gardé l’essentiel : ses fastes monarchiques !

              Bonne journée.


            • kitamissa kitamissa 18 mai 2011 13:31

              ce qui me fascine ,c’est l’époque de la marine à voile où les gens partaient avec des cartes totalement fantaisistes,une simple boussole et un peu plus tard le sextant ...


              pas de radio bien entendu smiley smiley il faudra attendre quelques siècles,de la nourriture salée en baril qui se gâtait rapidement,de l’eau potable qui ne l’était pas longtemps, des conditions de vie et d’hygiène épouvantables ,sans compter les maladies ou les blessures, y compris la piraterie !

              et cependant ,ces hommes ont parcourus tous les océans du monde sachant qu’ils n’étaient pas certains de revenir chez eux,mais au nom de la curiosité et de l’esprit de découverte et de conquête de l’homme !

              une époque fantastique que j’aurais aimé vivre si cela avait été de mon époque ,même avec tous les risques encourus,mais la récompense était trop belle,découvrir des paysages inconnus sous les tropiques ! quelle fantastique expérience surtout à ces époques ou les gens restaient cantonnés dans leurs villages !

              • Fergus Fergus 18 mai 2011 14:27

                Bonjour, Kitamissa.

                Eh oui, c’était véritablement une aventure à ces époques, avec son contingent de dangers maritimes mais aussi terrestres, sans compter les problèmes liés, effectivement, à l’alimentation avariée ou déséquilibrée avec, à la clé, les risques de scorbut.

                Des conditions qu’ont vécues ces coureurs des mers lointaines que furent La Pérouse, Bougainville, Marion Dufresne, Kerguelen ou Crozet, pour ne citer que ceux-là.

                Sans doute y avait-il là matière à enthousiasme, voire à exaltation, mais aussi, probablement, à déprime lorsque les choses tournaient mal. Fort heureusement, ce sont toujours les belles images qui demeurent...

                Cordialement.


              • alberto alberto 18 mai 2011 13:41

                Bonjiur Fergus

                Voilà un article joliment troussé dont le parfum d’iode chasse les remugles encore tout fumant émanant des « affaires »...

                Pourtant, quelques bémols à ton bel optimisme :

                Dans une ou deux décennies : quid de le « Nouvelle Calédonie » qui s’appellera peut-être « RKI » (République Kanake Indépendante). Voilà quelques milliers de miles carrés en suspend, non ?

                Ensuite pour éventuellement valoriser cette espace maritime qui nous est « encore » reconnu, faudrait-il disposer d’une marine suffisante pour affirmer nos droits et règlements sur ces espaces immenses, ce qui n’est loin d’être la cas, à voir la difficulté qu’éprouvent aujourd’hui nos marins à faire la chasse aux pêcheurs braconniers.

                Et à voir les abandons de crédits pour la construction de nouveaux navires : peu de chance d’exploiter ces richesses océaniques en tout quiétude.

                Reste des solutions de partenariat avec « d’autres » des propositions de concessions, etc...

                Et puis, sauf à quelques rares et brèves périodes de l’Histoire, la mer, les marins, les bateaux, n’ont jamais eut la faveur de nos terriens de dirigeants.

                Mais on peut toujours rêver, et pour ça, je suis prêt à t’accompagner !

                Bien à toi.


                • Fergus Fergus 18 mai 2011 14:35

                  Bonjour, Alberto, et merci pour ton commentaire.

                  En réalité, je fais un constat géographique, mais je n’en tire pas de certitudes économiques, loin de là.

                  De fait, certains territoires, à commencer, comme tu le soulignes justement, par la Nouvelle-Calédonie, sortiront probablement de la souveraineté française dans les décennies à venir (voir plus haut ma réponse à Rodier_a).

                  Quant à l’exploitation de ressources minérales ou pétrolières, elle reste évidemment très hypothétique pour les raisons que tu évoques. Cela dit, de futures découvertes de métaux rares pouraient, pourquoi pas ?, relancer l’intérêt économique de ces territoires auquel cas la ZEE française pourrait se révéler un atout. Mais cela reste du domaine du fantasme en l’état actuel des connaissances...

                  Cordiales salutations.


                • Arnes Arnes 22 mai 2011 16:42

                  Ces danseuses nous coûtent net 10 Mds € par an et les richesses hypothétiques tardent à se concrétiser.


                  Pire, la gestion désastreuse de ces îles crée une situation explosive avec d’un coté fonctionnaires et assimilés surpayés et de l’autre une population sans avenir tributaire de l’assistanat.

                  Il est urgent d’initier des politiques visant à l’autonomie graduelle de ces territoires.

                  • Fergus Fergus 22 mai 2011 17:59

                    Bonjour, Arnes.

                    Il est vrai qu’il existe ici et là (Antilles, Réunion, Guyane...) un véritable problème de déséquilibre des salaires entre les employés des entreprises locales et les fonctionnaires territoriaux.

                    Dans la plupart des archipels du Pacifique et de l’océan Indien, ce rôle de « danseuse » est à porter au crédit de la France dont l’action de préservation du milieu et de sauvegarde du biotope est essentielle à ces lieux témoins.

                    Cordialement.


                  • Arnes Arnes 22 mai 2011 23:10

                    @ fergus


                    Concernant la préservation du milieu naturel à la Réunion, je ne vois par en quoi les millions dépensés par la France pour surpayer les fonctionnaires locaux apporte quoi que ce soit comparé aux progrès accomplis à Maurice ou aux seychelles.

                  • Fergus Fergus 23 mai 2011 09:09

                    @ Arnes.

                    Je suis globalement d’accord avec vous ce point : il existe en effet de trop grands déséquilibres entre les salaires dans les Dom Tom. Déséquilibre d’origine du recrutement qui s’exerce également parfois au détriment des populations locales.

                    Pas d’accord en revanche pour ce qui concerne certains territoires (les TAAF notamment) qui s’exposeraient, hors de la souveraineté française et de sa protection environnementale, à de graves dérives de la part d’investisseurs privés.

                    Je vous souhaite une excellente journée.


                  • kimbabig 29 mai 2011 04:50

                    Bonsoir Arnes,

                    Ces danseuses comme vous dites font partie intégrante de la Nation depuis la première moitié du 19ème pour les plus récentes (c’est à dire avant Nice et la Savoie), et depuis le 17ème pour les plus anciennes.

                    Même à 10Mds (en admettant que ce soit le bon chiffre...), elles nous coûtent moins cher que l’union européenne qui n’a d’autre avenir que celui d’hospice géant, ne possède pas de ressources naturelles, ne fait pas partie de la France, et pire, nous dicte sa loi.

                    Les DOM-TOM ont par contre des ressources réelles comme le mentionne l’article, et leur répartition sur le globe permet une présence française dans des zones stratégiques (notamment le Pacifique, sur lequel les échanges commerciaux ont dépassé ceux de l’Atlantique) . N’hypothéquons pas l’avenir, celui de la France n’est pas de se recroqueviller sur l’Hexagone.

                    Les territoires du Pacifique se sont vus accorder une certaine autonomie (curiosité, ce sont les derniers coins de France à continuer d’utiliser des Francs), et décident donc de leur politique sociale. Il semble que les minimas sociaux y soient à niveau bien moindre qu’en Métropole ou dans les DOM, mais que le salaire moyen dans le secteur privé soit par contre supérieur à celui de la Métropole.

                    Cette autonomie n’a pas l’air d’être une franche réussite, car apparemment elle permet à certains politiciens corrompus et potentats locaux de prendre plus d’influence qu’ils ne pourraient en exercer dans un département (c’est de manière générale une des dérives de toute décentralisation). Ces îles sont des microcosmes fermés dont l’économie est par conséquent plus sensible à une prise de contrôle par un petit groupe de gens. Une autonomie accrue ne peut que s’accompagner d’une consolidation de l’influence néfaste de ces potentats locaux. Ce n’est sûrement pas la bonne marche à suivre.


                  • Fergus Fergus 29 mai 2011 11:47

                    @ Kimbabig.

                    Merci pour ces précisions utiles qui contribuent à remettre les pendules à l’heure...


                  • Fergus Fergus 22 mai 2011 21:59

                    Bonjour, Waldgänger, et merci pour ce commentaire.

                    En effet, les exemples de fautes de prospective du passé devraient nous inciter à envisager l’avenir avec prudence : nul ne sait quelles seront les découvertes de demain. Peut-être ces territoires et leurs étendues maritime prendront-ils une importance économique de premier plan. D’où l’intérêt de ne pas brader le patrimoine en se basant sur l’observation actuelle des potentiels économiques. Qui plus est, la France a un rôle éminent à jouer dans la conservation de plusieurs de ces territoires préservés, et cela doit plutôt constituer une fierté qu’un motif de critique.

                    Cordiales salutations.


                  • kimbabig 29 mai 2011 02:44

                    Il est clair que durant la guerre froide, les russes ont dû amèrement regretter qu’un tsar ait largué un siècle plus tôt un territoire qui s’était étendu à son maximum jusqu’aux portes de San Francisco !

                    Il ne faut surtout pas refaire avec nos DOM-TOM actuels la même erreur que Louis XV qui se moquait de la perte du Canada, que Napoléon lorsqu’il a bradé la Louisiane Française (13 états américains actuels) pour une bouchée de pain, ou encore que De Gaulle lorsqu’il refusa la départementalisation demandée par le Gabon en 59 de crainte de voir 300 000 Africains « attachés à la France comme des pierres au cou d’un nageur » selon ses dires (alors que le Gabon est bourré de pétrole et d’uranium, et qu’il est encore plus idéalement placé que la Guyane pour le lancement de fusées)


                  • Fergus Fergus 29 mai 2011 11:44

                    @ Kimbabig.

                    Vous avez raison de rappeler ces monumentales erreurs. Comme quoi l’on peut être un chef d’état plutôt avisé et commettre de spectaculaires bourdes en matière de prospective.


                  • kimbabig 29 mai 2011 02:28

                    Merci pour ce très bon article qui rappelle bien l’importance de la France Outre-Mer, trop souvent oubliée par beaucoup de Métropolitains. La France ne limite heureusement pas à l’europe ! Il est bon de rappeler que notre pays s’étend sur les trois océans.


                    • Fergus Fergus 29 mai 2011 11:40

                      Bonjour, Kimbabi, et merci pour vos commentaires.

                      Eh oui, la France ne se limite pas à ses frontières métropolitaines. Et si nos concitoyens ont présents à l’esprit la Martinique, la Guadeloupe ou la Réunion, beaucoup ignorent la réalité du domaine national territorial, et plus encore maritime. Un petit sondage rapide m’a d’ailleurs montré que les îles Éparses, de même que Saint-Paul et Amsterdam sont totalement inconnues, les Crozet étant à peine mieux servies. Mais il est vrai (c’est du moins ce que l’on prétend), que les Français sont fâchés avec la géographie. Dans une société mondialisée, c’est une regrettable lacune.

                      Cordiales salutations.

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