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Accueil du site > Tribune Libre > La gestation pour autrui peut-être, mais pas pour les homos (...)

La gestation pour autrui peut-être, mais pas pour les homos ?

Dans le débat qui s’ouvre sur la gestation pour autrui, un point semble faire consensus  : si on légifère pour encadrer cette pratique, ce sera en excluant les homosexuels du dispositif.

Or, tout comme les couples hétérosexuels dont la femme ne peut porter un enfant, des homosexuels se rendent dans les pays où la gestation pour autrui est autorisée, sont soumis aux mêmes aléas et risques éthiques et rencontrent les mêmes difficultés lorsqu’il s’agit de retranscrire l’état civil d’enfants n’ayant pour seul parent le père. Ils ne pourront donc profiter de l’encadrement éthique que procurerait une législation autorisant la gestation pour autrui en France. Exclus du dispositif, les plus fortunés d’entre eux devront continuer à se rendre à l’étranger pour réaliser leur désir d’enfant. Aux États-Unis, des femmes disent préférer porter l’enfant d’un couple de gays parce que ceux-ci noueront une relation durable avec elle. Si le corps des femmes leur appartient au point qu’on admet qu’elles sont libres de concevoir ou non, d’interrompre une grossesse ou non, pourquoi ne pourraient-elles décider pour qui elles veulent porter un enfant ?

Bien sûr, il n’y a aucun moyen pour un couple de personnes de même sexe de donner à leur enfant deux parents. Le rapport du groupe de travail du sénat remis la semaine dernière souligne qu’il conviendrait de mener pour cela une « réflexion autonome sur le principe même de l’homoparentalité, dont la légalisation suppose de modifier en profondeur le droit de la filiation ».

Laissons de côté les arguments de ceux qui sont hostiles tant à une réforme autorisant la GPA qu’à l’inscription des familles homoparentales dans la réalité juridique et sociale de notre pays. Examinons plutôt les réticences ou les arguments de ceux qui sont favorables à proposer un cadre éthique à la GPA mais en excluant les homosexuels.

Le premier argument est celui du droit à l’enfant qu’on cherche à éviter.

Le rapport du groupe de travail du sénat indique qu’ « ouvrir aussi largement l’accès à la gestation pour autrui reviendrait en effet à consacrer un droit à l’enfant ». Le même rapport préconise cependant en évoquant la souffrance des couples frappés d’infertilité « d’éviter d’aggraver cette souffrance en donnant le sentiment à ceux qu’elle frappe que toutes les causes de l’infertilité ne méritent pas la même considération, en maintenant une prohibition stricte de la maternité pour autrui alors qu’un encadrement idoine permettrait de dissiper les craintes légitimes qu’elle suscite. » Il est remarquable que lorsqu’on parle des couples hétérosexuels en désir d’enfant, on souhaite alléger leur souffrance, tandis que le désir d’enfant des homosexuels évoque immédiatement la consécration d’un droit à l’enfant qu’il faudrait absolument éviter. On ne peut qu’en déduire qu’il y a pour les hétéros un droit à l’enfant qui est tout à fait convenable et qu’on interprète comme un désir légitime qui, s’il est contrarié, a vocation à être secouru par la médecine.

Le deuxième argument est celui selon lequel les techniques de procréation médicalement assistée et la Gestation Pour Autrui devraient pallier une pathologie. Cela justifierait que l’accès à ces techniques soit limité aux couples hétérosexuels souffrant d’infertilité ou risquant de transmettre une maladie. Ainsi formulés, les critères posés par les lois de bioéthique créent l’illusion que l’Assistance Médicale à la Procréation est un remède qui peut se limiter aux couples hétérosexuels qui devraient pouvoir procréer, mais ne peuvent le faire sans assistance.

En réalité, l’AMP avec don de gamètes ou recours à une GPA ne guérit aucunement l’infertilité. Une femme privée d’utérus n’est pas guérie par la GPA, elle n’a pas plus d’utérus après le recours à une GPA qu’avant. Un homme n’est pas guéri de son infertilité par un don de sperme. Lorsqu’il y a un don de gamètes, l’AMP remplace le partenaire infertile mais ne le rend pas fertile. La procréation médicalement assistée permet de devenir parent, elle ne guérit pas, elle répond au désir d’enfant de couples qui ne peuvent pas procréer. Si le couple est hétérosexuel, le désir d’enfant est légitime, si le couple est homosexuel, on intitule ce même désir « droit à l’enfant » et il est combattu.

Le troisième argument est que le recours à l’aide médicale pour procréer ne doit pas être motivé par des convenances personnelles. On peut sans doute contester le droit d’une femme qui n’a pas de problème pour mener une grossesse à bien, à faire porter ses enfants par une autre. Mais pour le reste, cette limitation est une autre manière d’affirmer que tous les enfants devraient naître de l’union sexuelle procréatrice de leurs parents ou qu’on puisse le croire ; dit encore autrement, que seuls les couples hétérosexuels auraient le droit d’être aidés si leur sexualité n’est pas procréatrice.

Il y a là une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle quant au respect des choix de vie des uns et des autres. Le droit respecte le choix de vie d’une femme dont le compagnon est stérile et qui pourrait résoudre « naturellement » son problème en choisissant pour partenaire, un autre homme, celui-là fertile. Il serait bien sûr scandaleux qu’on renvoie cette femme à ce « remède » naturel consistant à choisir un autre compagnon. Les lois de bioéthique permettent de respecter son choix de vie et de l’aider en lui fournissant médicalement les gamètes d’un autre. Il n’en est évidemment pas de même dans la situation d’un couple de femmes auquel cette aide sera refusée et qu’on incitera à choisir un partenaire plus « naturellement » adéquat. Pourtant la seule différence est que l’infertilité du couple de même sexe est évidente dès le début alors que le couple hétérosexuel ne la découvre qu’ultérieurement.

Finalement, au nom de quoi, les procréations assistées et la gestation pour autrui devraient elles être exclusivement réservées aux couples hétérosexuels ? Est-ce parce que seul un homme et une femme constitueraient la meilleure famille dans l’intérêt de l’enfant ? C’était ce qui motivait les limitations des lois de bioéthique en 1994. Depuis, on sait que des centaines de milliers d’enfants grandissent dans des familles différentes sans en pâtir. Peut-être se fonde-t-on encore sur une conception religieuse pour laquelle une famille ne peut être que celle voulue par Dieu ?

Les mêmes lois de bioéthique qui prohibent actuellement la gestation pour autrui, interdisent également qu’un homme puisse s’engager par convention à renoncer à sa paternité, c’est-à-dire interdisent d’être géniteur pour autrui. Dans l’hypothèse d’une législation permettant l’encadrement éthique de la gestation pour autrui, une partie de la réforme reviendrait à donner aux femmes la liberté de renoncer à l’avance à leurs droits parentaux. Cette liberté pourrait s’appliquer également aux hommes qui souhaiteraient aider une femme ou un couple infertile (qu’il soit de même sexe ou de sexe différent) en donnant son sperme. Les hommes pourraient eux aussi avoir le droit de renoncer à l’avance à établir leur paternité vis-à-vis du fruit de leur don. Dans l’éventualité où il renonce clairement à ses droits, l’adoption ultérieure de l’enfant par le nouveau compagnon ou par la compagne de la mère en serait facilitée en éliminant l’éventualité d’un père potentiel dont les droits viendraient en conflit avec ceux des parents d’intention.

Être parent c’est s’engager pour la vie auprès de ses enfants. Fonder la parenté sur une déclaration d’engagement parental devrait permettre aux femmes autant qu’aux hommes de déclarer leur volonté d’être parent, sans être soumis aux seules lois de la nature. Un parent est toujours d’abord un parent d’intention avant d’être un géniteur. Ce qui importe, ce n’est pas tant qui a conçu les enfants et comment mais ceux qui ont souhaité leur venue au monde et sont prêts à être leurs parents pour la vie.


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113 réactions à cet article    


  • Annie 19 juillet 2008 19:57

    J’ai apprécié votre article. Je pense qu’il y a effectivement beaucoup de résistances à offrir la possibilité d’une gestation aux couples homosexuels. Mais je pense que vous avez oublié un facteur important, qui est la rationnalisation des soins de santé. Tout le monde sait très bien que certaines places de rééducation fonctionnelle seront refusées à des patients plus âgés. Cela paraît terrible, et c’est effectivement arrivé à mon père, mais à partir du moment où il n’y a pas assez d’argent pour tout le monde, des choix doivent s’opérer. Alors que dans certains domaines, la ligne de démarcation est l’âge, ici elle semble s’appuyer sur la conception idéale (chrétienne) de ce que devrait être un couple. Si l’on ne fait plus cette distinction particulière, j’aimerai savoir où vous allez tirer cette ligne et comment (avec quels critères) vous allez la justifier, sachant que ce traitement ne peut pas être offert à tout le monde. 
     


    • Martine Gross 20 juillet 2008 09:51

      Vous avez raison de poser la question de la rationalisation des soins. D’habitude cette question est formulée en évoquant le remboursement par la sécurité sociale.
      Je crois que c’est une question qui doit se poser mais seulement une fois qu’on aura résolu celle de l’encadrement légal de l accès sans discrimination aux techniques de reproduction assistée et à la gestation pour autrui.
      La gestation pour autrui est d’abord une question juridique : permet-on à une personne de renoncer à ses droits parentaux en faveur d’une autre, permet-on de fonder une filiation maternelle en dehors de l’accouchement.
      Certes seuls les plus économiquement avantagés, qu’on soit homosexuels ou hétérosexuels, pourront régler les frais liés aux aspects juridiques
      Sur le plan médical, en ce qui concerne les homosexuels, la gestation pour autrui ne passe pas nécessairement par des soins couteux. Le protocole de FIV avec don d’ovocyte, qui est très couteux, n’est pas indispensable sauf si la gestatrice préfère porter un enfant qui ne soit pas issu de ses propres gènes. La gestation elle-même ne doit pas être considérée autrement que n’importe quelle autre grossesse dont les aspects médicaux sont pris en charge par la sécurité sociale.


    • pierce 19 juillet 2008 21:43

      Personnellement, je n’ai pas beaucoup de considérations pour le communautarisme religieux, sexuel ou politiques. Donc, une revendications « des homosexuels » ne m’intéresse que si il s’agit de défendre l’intérêt d’individus qui, étant catalogués par la société comme faisant parti de ce groupe, se voient exclu d’un avantage quelconque en raison de cette appartenance.

      Il s’agit bien de ce cas ici : des individus vivant en couple reçoivent un traitement différent suivant qu’ils sont ou non classés comme homosexuels. Or, il n’y a pas deux possibilités : soit vivre en couple « homosexuel » est reconnu comme un cas déviant de la « normalité » et donc cela doit être interdit, soit c’est reconnu comme un cas aussi « normal » que tout autre cas de figure et donc ce couple en particulier doit être traité comme tous les autres couples en général.

      Bref, cette revendication est légitime et aucun argument ne devrait logiquement s’opposer à ce qu’un couple homosexuel puisse faire appel à la gestation pour autrui.


      • Martine Gross 20 juillet 2008 09:59

        Dans "le meilleur des mondes", il s’agissait d’une usine de fabrication d’êtres humains dans un objectif de rationalisation industrielle de la reproduction humaine.
        ce n’est pas parce que les progrès scientifiques permettent aujourd’hui de séparer la sexualité de la procréation que le parallèle s’impose avec le "meilleur des mondes". Même sans sexualité, la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui restent  des reproductions sexuées et surtout les enfants nés de cette manière sont des fins en eux-mêmes, ils ne sont pas fabriqués dans un objectif autre qu’être les enfants de ceux qui ont souhaité leur venue au monde : leurs parents.


      • Martine Gross 20 juillet 2008 10:17

        Ce n’est pas parce qu’on sait faire des enfants en dehors de la sexualité que ce sera la manière habituelle de faire des enfants. Avec le risque de ce type de généralisation, on devrait empêcher toute aide médicale à la procréation.
        L’argument de mon article est celui de la non discrimination. La souffrance de ne pouvoir procréer mérite sous la plume des sénateurs qu’on la soulage et on parle de désir d’enfant s’il s’agit de couples hétérosexuels et n’est qu’un droit à l’enfant qu’il faut condamner et combattre quand il s’agit d’homosexuels. C’est ce "deux poids, deux mesures" que je critique.


      • Martine Gross 20 juillet 2008 11:11

        Laissons de côté les comparaisons entre homosexualité et divers handicaps, elles vous appartiennent.
        Je ne vais répondre qu’à votre argument faisant appel à la nature.
        Faut-il aider les couples hétérosexuels stériles ? Selon votre argument, il ne le faudrait pas. Leur sexualité ne pouvant être procréatrice, ils n’ont qu’à changer de partenaire ou renoncer à faire des enfants.
        Penser que les enfants ne devraient être qu’issus de la sexualité procréatrice de leurs parents relève de la conviction. Une telle conviction barre la route de l’adoption et des procréations Médicalement Assistées (PMA).
        Ma propre conviction c’est que les parents sont ceux qui souhaitent la venue au monde de leurs enfants, qui peuvent s’engager auprès d’eux et pas seulement ceux dont la sexualité a été procréatrice.
        En tant qu’humains, nous avons la possibilité d’échapper aux contraintes de la nature, à ses injustices, ses inégalités. La nature n’est pas toujours bonne pour l’homme. Parfois elle est mêmedestructrice (ouragans, séismes, bêtes sauvages, etc...), nous devons la combattre.
        Quoique nous fassions, dés lors qu’il s’agit de se reproduire en tant qu’individu, nous ne dérogeons pas,à la reproduction de l’espèce. Les enfants nés en dehors de la sexualité de leurs parents, (enfants adoptés, nés du recours à une PMA, une GPA,  etc...) font bien partie de la grande famille des humains.
        Votre conviction c’est que les enfants doivent être conçus naturellement. La mienne c’est que peu importe qui et comment ils ont été conçus, ce qui importe c’est qui  sont ceux qui les élèveront,  les aimeront, s’engageront auprès d’eux à les conduire à l’age adulte, s’inquièteront d’eux et leur transmettront ce qu’ils auront eux-même éventuellement  reçu de leurs propres parents. D’une certaine manière, il s’agit là de reproduction sociale plus que de reproduction biologique.


      • Olga Olga 20 juillet 2008 11:17

        Les progrès de la science vont permettre de réaliser les pires fantasmes. Le corps de la femme ne sera même plus "nécessaire" pour procréer, avec le clonage et l’utérus artificiel. Ce n’est qu’une histoire de temps. Tout ce que la science a envisagé par le passé, s’est réalisé, ou est en cours de l’être. Et dès que ça fonctionne, on utilise tout de suite : par exemple la bombe atomique. Donc "Brave new world" c’est pour demain, mais c’est en train de se préparer maintenant...


      • Martine Gross 20 juillet 2008 11:55

        pourquoi cette panique morale ? Pourquoi évoquer des scenarii qui font peur (clonage, utérus artificiel) ?
        Des enfants nés d’une insémination artificielle sont élevés par des couples de femmes, des enfants nés d’une gestation pour autrui sont élevés par des couples d’hommes, sans compter les enfants adoptés par un homme ou une femme, élevés par des couples de même sexe. Brave new families ?
        Toujours est-il que nos lois leur interdisent à ces enfants d’avoir deux parents.


      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 11:57

        Philippe,

        est-ce si simple ? Es-tu vraiment persuadé que cet instinct paternel ou maternel que tu évoques soit si inné ?

        Que fais-tu du conditionnement culturel ?


      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 12:18

        Il y a au moins le cas d’une société humaine où les parents biologiques sont dépossédés de l’éducation de leur enfant.

        En plus cet "instinct" doit quand même évoluer entre une société où enfanter est un choix et une société o la naissance d’un enfant peut arriver au mauvais moment (période de disette). Je pense que l’attachement (et heureusement pour l’équibilibre psychologique des parents) est nettement moins fort.

        Si nous prenons un exemple qui nous concerne, le dogme des limbes pour les enfants non baptisés, n’était-il pas une adaptation culturelle qui soustrayait le nouveau-né (à une époque où sa survie était loin d’être acquise), à l’état d’humain à part entière afin de tenter de rendre plus supportable sa mort ?


      • Olga Olga 20 juillet 2008 12:21

        Philippe

        L’instinct de procréation peut aussi se définir comme l’instinct de perpétuer l’espèce humaine dans sa globalité. L’homme par sa maîtrise technologique bouleverse les méthodes de reproduction, au niveau de l’individu lui-même. Mais l’instinct de perpétuation de l’espèce humaine n’est pas forcément menacé. C’est même certainement une "mutation" indispensable à la continuation de l’espèce à plus long terme.
        Ce qui est à craindre, c’est la confiscation de la science et des technologies par une "élite" (Etats, multinationales, grosses fortunes), qui réservera l’utilisation des "progrès" à venir, à une petite partie de la population mondiale (c’est déjà le cas aujourd’hui entre "pays riches" et "pays pauvres").

        Masuyer

        L’instinct naturel de reproduction est certainement encore très fort, même pour une espèce "intelligente", "évoluée",  comme l’homme. Bien sûr la "pression" sociale, culturelle joue également un rôle important, pour réfréner/canaliser cet instinct (Chine) ou pour le perpétuer/renforcer, comme en France par exemple.


      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 12:29

        Olga,

        nous sommes d’accord sur "l’instinct de procréation". Ce qui n’est pas la même chose que "l’instinct maternel ou paternel", que je pense nettement plus idéologique et culturel.


      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 12:40

        Philippe,

        pour répondre à ta question je n’ai pas d’enfants au sens biologique. J’ai par contre vécu longtemps avec une femme ayant des enfants. Et je pense que c’est très culturel. Il existe d’ailleurs des gens qui n’aiment pas leurs enfants, leur manquerait-il un gêne ?


      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 12:48

        Au fait Philippe, la notion d’insctinct ne me pose pas de problèmes particuliers par contre les frontières entre instinct, éducation, culture etc... me semble très très floue. C’est d’ailleurs amusant, mais c’est aux USA que se développe un fort mouvement du "tout biologique", cherchant des gênes de l’homosexualité par exemple.

        Dernière chose, j’ai connu plusieurs familles recomposées où l’un des parents préférait clairement les enfants de sa compagne ou compagnon aux siens "biologiques". D’où une certaine réticence chez moi au concept d’instinct paternel ou maternel.


      • Martine Gross 20 juillet 2008 12:51

        je réagissais à un autre commentaire que le vôtre. Pour une raison que j’ignore, je n’arrive pas à poster mes réactions au bon endroit. désolée donc.


      • Olga Olga 20 juillet 2008 12:51

        Masuyer

        Je ne suis pas certaine qu’il y ait une différence entre "l’instinct de procréation" et "l’instinct maternel ou paternel", chez les espèces qui "élèvent" leurs petits. L’instinct de procréation et l’instinct maternel sont  indisociables et comparables entre une femme et quasiment l’ensemble des femelles mammifères. Il n’y a pas d’idéologie ou de "culture" chez une lionne ou une femelle chimpanzé, mais l’instinct maternel est bien là. Et il est certainement plus fort encore quand une femelle met peu de petits au monde au cours de sa vie (grands mammifères).


      • Olga Olga 20 juillet 2008 13:00

        Mais comme je le disais plus haut, chez l’homme, cet instinct (de procréation, maternel, paternel) est "modelable" par un environnement culturel, économique, social, etc.


      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 13:25

        Olga,

        nous sommes pleinement d’accord. Je souhaitais surtout souligner ce rexours à "une nature" qui servirait à justifier un état de fait pas forcément si "naturel". Le recours à "la nature" en réthorique me rappelle souvent le recours à Dieu.
        L’exemple des grands mammifères, par contre, s’il peut nous éclairer sur l’instinct maternel, nous éclaire par contre fort peu sur celui "d’instinct paternel".

        Malgré tout, les frontières restent bien floues entre instinct et réflexe conditionné(qui fait intervenir la notion de culture). Et même chez les animaux, l’idée de comportements "culturels" n’est plus si farfelue qu’elle a pu être, notamment grâce aux progrès de l’éthologie.

        La question est maintenant, nous sommes-nous beaucoup éloigné du sujet initial. smiley (merci Constant)


      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 13:39

        Philippe,


        Tu as un talent admirable pour paraître plus bête que tu n’es

        Tu noteras que c’est un art délicat, surtout que chez moi ça oblige à repousser très loin les limites de la bêtise. smiley smiley

        Bon pour dire vrai, je ne suis pas d’un naturel inquiet, et dans le coup je suis parfois un peu sourd aux inquiétudes de mes semblables.

        Et peut-être qu’il est dangereux de ne pas tracer de limite claire entre nature et culture, mais toute limite sera, à mon avis très arbitraire, et tout aussi dangereux.


      • Martine Gross 20 juillet 2008 14:29

        Philippe,

        je ne crois pas que l’absence de procréation personnelle empêche que se développe une cellule familiale et entraine au delà des conséquences dramatiques sur le lien social. Les familles adoptives sont la meilleure preuve qu’il est possible d’être un parent sans avoir donné la vie.
        Avoir donné ses gamètes ne fait pas de vous un parent. Il faut une parole, un acte pour transformer un géniteur en parent. Qu’il s’agisse de mariage (un engagement à l’avance de prendre pour enfant ceux qui naitront de l’épouse, c’est la présomption de paternité), de  reconnaissance ou d’adoption, il faut une parole instituante. L’instinct n’est ni suffisant ni nécessaire.
        Dans les familles homoparentales, les parents réunissent dans la même cellule familiale, un parent biologique et un parent non relié biologiquement (ni légalement). Il y a de la procréation personnelle, il y a de l’adoption dans ces familles. Ce qui relie le parent non biologique à son enfant ne se raccroche probablement pas à un instinct de reproduction mais à autre chose qui s’apparente davantage au lien adoptif et peut-être dans bon nombre de cas au projet parental  du couple. ce que vous exprimiez avec l’idée que ça n’aurait pas été la même chose si l’enfant était d’une autre femme que la vôtre.

        Quand on écoute les parents (hétéro ou homo) qui ont eu du mal à procréer, on s’aperçoit qu’il mette une importance à un point ou à un autre en fonction de la solution qui leur a permis de fonder une famille.

        - si c’est un don d’ovocyte, les mères diront que l’important c’est davoir porté l’enfant et que le lien génétique ne compte pas

        - si c’est une gestation pour autrui, les mères diront que l’important c’est d’avoir les mêmes gènes et que la gestation ce n’est que 9 mois

        - si c’est un don de sperme, le père dira que l’important ce sont les liens concrets avec l’enfant et que les gamètes sont peu de choses

        - si c’est une adoption, les parents diront que l’important c’est ce qui se construit avec l’enfant, la paternité et la maternité relationnelle,
        etc
        l’expérience de chacun modifie son point de vue
        Pour vous, c’est l’instinct qui est le plus important, pour moi c’est l’engagement parental et les liens au quotidien.


      • claude claude 20 juillet 2008 14:33

        bonjour,

        philppe et masuyer ont levé un point intéressant : " est-ce si simple ? Es-tu vraiment persuadé que cet instinct paternel ou maternel que tu évoques soit si inné  ? "

        l’instinct maternel....
        dans les années 80, elisabeth badinter a écrit un essai très intéerssant et bien documenté " l’amour en plus" www.evene.fr/livres/livre/elisabeth-badinter-l-amour-en-plus-10611.php
        www.lplm.info/spip/spip.php

        • "Contre cette évidence de l’instinct maternel, Elisabeth Badinter avait écrit en 1980 un livre choc, L’Amour en plus (Flammarion). Loin d’être une donnée naturelle, un instinct inscrit dans les gènes des femmes, l’amour maternel serait profondément modelé par le poids des cultures. Son dossier - bien ficelé - était de nature à ébranler les certitudes. Reprenant les travaux sur l’histoire de l’enfance, l’auteur en concluait que l’idée d’un amour maternel était une idée relativement neuve en Occident, qu’elle datait précisément des environs de 1760. Auparavant, du fait du nombre d’enfants qui mouraient en bas âge, des contraintes économiques qui pesaient sur la femme et, surtout, du peu de considération que l’on portait aux enfants (qu’on jugeait comme une sorte d’ébauche grossière d’être humain), l’attention apportée aux petits n’était pas si forte. De fait, le nombre d’enfants abandonnés ou laissés en nourrice montrait que beaucoup de mères n’étaient pas attachées à leurs petits. La littérature révèle aussi un nombre important de mères distantes et parfois brutales. Pour E. Badinter, ce n’est qu’à la fin du xviiie siècle que le rôle de mère a été valorisé et que le regard sur l’enfance a changé. C’est alors que l’on a enfermé les femmes dans le rôle de mère nourricière exigeant un dévouement total à sa progéniture."
        pour parodier une autre féministe, on ne nait pas mère, on le devient.
        il y a un moment dans la vie d’une femme où elle se sent prête à avoir des enfants, à leur donner cet amour infaillible et indestructible.
        être mère ne veux pas dire forcément donner la vie, mais comme le dit l’auteur, accopagner un enfant jusqu’à l’âge adulte, du mieux que l’on peut.

        il existe des femmes qui ne seront jamais "mères", car elle ne peuvent ou n’ont pas envie de tisser ce lien particulier. des millions de femmes subissent la maternité du fait du poids des traditions et de la société. certaines parviennent à dépasser cette contrainte et d’autres pas. à défaut de mauvais traitements physiques, elles sont incapables d’entourer leurs enfants d’affection.

        même chose pour les pères.

      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 14:36

        Merci Claude et Martine pour vos commentaires.


      • Reflex Reflex 20 juillet 2008 15:15

        Etrange ! Vous avez ressenti la puissance de ce fabuleux instinct de procréation lors de la naissance de votre enfant… Faut-il croire que seul l’accouplement fécond de deux adultes engendre la parentalité ? Ses joies, ses hantises, ses bonheurs, ses angoisses ?
        Décidément, nous n’appartenons pas à la même espèce humaine. A la naissance de mon fils biologique des larmes ont jailli, mélange d’émotions contradictoires. Lors, au tribunal de Medellin, ma fillette adoptée me fut remise, les mêmes larmes traduisant les mêmes sentiments, spontanément, ont de nouveau jailli.
        L’enfance est trop belle pour être galvaudée dans des dogmes. La parentalité est un sentiment et une responsabilité qui nous grandissent tous, homos ou hétéros, parents biologiques ou volontaires.


      • claude claude 20 juillet 2008 18:21

        bonjour philippe,

        le livre d’élisabeth badinter est très intéressant car il analyse la notion d’instinct maternel. celui-ci est né à la fin du XVIII° siècle, avec notamment rousseau. et il est devnu une convention au XIX° quand on a re-défini la femme à travers la maternité. les jeunes filles étaient formatées dès l’enfance pour devenir de bonnes épouses et de bonnes mères.

        j’ai lu ce livre lorsqu’il est sorti, et je ne m’en rappelle que des lignes principales.

        jusqu’à récemment, on ne pensait que la femme ne pouvait "se réaliser" que si elle était "mère"... les "vieilles filles" étaient l’objet de sarcasmes ou de comissération, quand aux femmes dites "stériles", on les plaignait. encore actuellement, certains se posent des questions quand une femme dit qu’elle ne désire pas d’enfant et qu’elle est très heureuse comme cela.

        l’enfant est aussi devenu un "objet" d’amour quand la notion d’amour conjugal a évolué.
        comment vouliez-vous qu’une femme s’investisse émotionnellement dans des enfants qui arrivaient dans un contexte où les mariages étaient imposés ? où les relations sexuelles étaient subies et portées uniquement sur la reproduction ? que celles-ci étaient nommées "devoir conjugal" ?

        www.hemes.be/esas/mapage/euxaussi/femme/amoumat.html

        à notre époque, on peut illuster l’ instinct maternel inné/acquis par ce qui se passe en chine ou en inde, où on assiste à un véritable "génocide" des bébés filles. www.dailymotion.com/video/xjrz3_un-genocide-silencieux_news

        fr.wikipedia.org/wiki/Infanticide

        • "(...)Depuis les années 80, les parents sélectionnent donc les naissances par l’échographie et l’avortement, afin de donner le jour à des garçons (voir l’article sur la démographie de l’Inde). Mais l’infanticide postnatal n’a pas totalement disparu : aujourd’hui, dans les campagnes de l’Inde, on trouve encore des bébés filles empoisonnées ou étouffées. En outre, les négligences volontaires dont elles sont l’objet (manque de soins et de nourriture) expliquent que les fillettes ont une mortalité infantile bien supérieure à celle des garçons.(...)"

        nous aimons nos enfants, car nous les avons désirés ; ils sont pour nous symbole de bonheur. . il nous parait donc "normal" de les aimer avant même qu’ils ne soient conçus, car ils sont la matérialisation de ce qu’il a de plus beau en nous : l’amour qui uni 2 personnes.

        et pourtant, il y a des ratés :

        www-org.france5.fr/maternelles/parents/W00310/20/
        • Une mère épanouie, tendre, rayonnante... On a toutes grandi avec cette image idéale de la maternité. Pourtant, la réalité est parfois toute autre, plus compliquée : "Je viens d’accoucher, je devrais être heureuse et pleine d’amour pour mon bébé, mais c’est terrible, je ne ressens rien".

          Honte, silence, culpabilité, et un terrible désarroi, voilà ce que ressentent plus de 80 000 femmes chaque année, en lieu et place de la grande vague d’amour qu’elles attendaient. Et ce décalage inavoué laisse la mère souvent désemparée.


        www.mamanpourlavie.com/grossesse-maternite/psycho/2229-l-instinct-maternel.thtml

        www.scienceshumaines.com/-0aun-defi-a-l-instinct-maternel-0a_fr_3975.html

        www.cyberpresse.ca/article/20070511/CPACTUEL/70511019/1015/CPACTUEL




      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 20:26

        Claude,

        je tiens à remercier solennellement ici votre lave-vaisselle qui nous permet de profiter de vos commentaires toujours profondément, je ne dirais pas humain pour ne froisser personne, en tout cas remplis de ce subtil mélange d’intelligence et de sensibilité.

        Bien à vous


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 20 juillet 2008 20:37

        normal c ’est un Laden... smiley


      • masuyer masuyer 20 juillet 2008 21:10

         smiley smiley smiley smiley


      • claude claude 20 juillet 2008 21:51

        merci masuyer,

        vous me faire rougir...
        c’est toujours un plaisir de converser avec vous. smiley


      • JL JL 20 juillet 2008 09:40

        Pour moi "le droit à l’enfant" est une expression que je traduis par : "le droit à exploiter le marché des personnes en mal d’enfants" et qui ne peuvent pas ou ne veulent pas adopter.

        Maintenant, que l’on appelle ça du libéralisme, cela contribuera encor un peu plus à dévoyer ce mot, pour le plus grand bonheur des ayatollahs de toutes obédiences.

        Philippe Renève nous renvoie à le lecture d’Huxley, moi j’ai envie d’écouter Brel.

        Le Diable (ça va)

        Un jour, le Diable vint sur terre pour surveiller ses intérêts,
        ...
        Rien ne se vend mais tout s’achète
        L’honneur et même la sainteté
        ca va
        Les Etats se muent en anonymes sociétés
        ça va
        ...
        Lesgrands s’arrachent les dollars venus du pays des enfants
        ça va
        ...
        Les hommes ils en on tant vu que leurs yeux sont devenus gris
        ça va
        ...
        On traite les braves de fous
        Et les poètes de nigaux
        Mais dans les journeaux de partout
        Tous les salauds ont leur photo
        ça fait mal aux honnêtes gens
        Et rire les malhônnêtes gens.
        ça va ça va ça va


        • Iren-Nao 20 juillet 2008 10:11

          Nous sommes dans un temps ou le "DESIR" se voudrait un droit , ou l’individu est la valeur supreme ce qui est fort bon pour le commerce et favorise tous les egoismes....
          Nous avons ainsi batit une societe qui est en train de devenir infernale et rongee de frustations , et qui par ailleurs nous mene droit dans le mur.
          On peut tres bien comprendre le desir de tout ce que l’on veut d’ailleurs, mais dans toute societe tant soit peu structuree, l’arrivee d’enfant a un role social autrement complexe que l’assouvissement d’un desir.
          Les antropologues vous expliqueraient cela beaucoup mieux que moi.
          Pour que des individus puissent survivrent, et leur lignee avec, ils ont besoin d’appartenir a un ensemble plus grands qu’eux meme et qui forcement a des regles, dont celles de la nature n’est pas la moindre.
          Certains, certaines, ont choisi, mais pas toujours choisi, l’homosexualite comme mode de vie ce qui est peut etre leur droit, et en tout cas un fait.
          Comme tout choix de vie, il y a un prix a payer socialement.
          J’ai un pote daltonien, finalement il laisse tomber la peinture...
          J’ai un pote cul de jatte, finalement il laisse tomber son desir de velo....
          Mon Ami le nain volant, ne sera pas basketeur finalement...
          Et un autre vraiment tres mal-comprenant....il songe a la politique.
          Dans l’ordre normal de la nature, la sexualite ne sert qu’a la Selection dans l’espece en vue de reproduction ...Vous n’imaginez pas les quantites de spermatozoides qui ne vont pas a Dame, c’est profondement injuste aussi.
          J’ajouterais que en des temps ou l’on se veut si respectueux de la Nature ( et accessoirement sur une planete tellement surpeuplee) on se demande ou est l’interet de ces tripotages reproducteurs pour gosses de riches.
          Il y a le feu a cette Bon Dieu de Planete, je crains que vous n’evoquiez la un probleme extremement mineur ma Chere.
          Il existe des tas d’autres facons moins narcissiques de dispenser de l’Amour.

          Cordialement

          Iren Nao


          • Bois-Guisbert 20 juillet 2008 10:49

            Le mieux serait que ces gens retournent dans les égoûts, d’où ils n’auraient jamais dû sortir !


            • claude claude 20 juillet 2008 15:00

              et les égouts, ça, vous connaissez ! me trompe-je ??? smiley


            • HELIOS HELIOS 20 juillet 2008 11:35

              Que de bla bla, dirait notre princesse...

              Tout ça pour dire que d’abord seul un homme et une femme peuvent avoir des enfants. C’est la nature, et les homosexuels, malgrés leur desirs, n’arrivent pas a la convaincre de changer d’avis !

              Dans la PMA, l’etape medicale venait palier a une defaillance de l’homme ou de la femme, en traitant la maladie. En ce sens, elle exclu toute notion d’homosexualité. Par contre elle apporte un risque majeur au developpement de l’homme en ce sens qu’elle outrepasse la prudence les conditions naturelles défavorable (sauf en cas d’infertilité accidentelle).

              Le cas particulier de la PMA avec don de sperme ou d’ovule Il s’agit d’une procreation par procuration, puisque seul un parent est le vrai parent. Il s’agit donc d’une adoption de la part de l’autre. les conditions naturelles sont quasiment respectée...


              Dans le cas d’une GPA "pure et dure" avec re-implantation d’un embryon 100% exterieur, ce n’est en fait qu’un moyen technique qui pourrait être automatisé, dehumanisé, disons, demain. La femme porteuse accepte d’etre ravalée au rang d’uterus sur patte, même si par ailleurs elle fait un acte d’amour non mesurable. La nature en elle même est respectée, l’homosexualité n’a rien a voir.


              Une GPA incomplete, c’est a dire une insemination artificielle d’une femme avec pret du ventre ce n’est jamais que revenir au cas de la PMA avec don de sperme... l’homme est alors polygamme dans les actes, même s’il ne jouit(! !) de sa polygamie que sur le plan de la reproduction. nous revenons a un mecanisme d’adoption pour le couple initial.

              Nous voyons tous de suite qu’hormis la PMA qui force la nature "malade" a se reproduire, il n’y a aucune raison d’interdire, la GPA, mais naturellement il faut en, encadrer les mecanisme pour qu’aucune derive ne vienne l’entacher.

              Le problème des homosexuels reste dans la tête et seulement dans la tête.
              La simple gestion sociale (donc culturelle) est a regler. Les homosexuels sont aujourd’hui doté de tous les droits sociaux, il n’y a aucune disrimination envers eux, que la nature ele-même n’a pas imposée.


              • Olga Olga 20 juillet 2008 11:45

                Bonjour Helios

                Ce que vous dites est clair, sauf les 3 dernières lignes...


              • masuyer masuyer 20 juillet 2008 11:50

                Helios,

                je pense que vous devriez un peu questionner cette notion de "nature"..

                L’homme est certes un animal, mais c’est un animal culturel (il semble d’ailleurs que ce ne soit pas forcément un cas unique dans le monde animal)

                La frontière entre nature et culture est assez floue et je crains que vous la passiez sans vous en rendre compte.


              • masuyer masuyer 20 juillet 2008 11:42

                Le débat qui s’est engagé me semble éviter la question posée par l’article. Serait-ce trop dérangeant ?

                Je mets volontairement le commentaire de Bois-Guibert de côté (il aurait pu être tenu par un Khomeyny, un Hitler, un Lefevre, n’importe quel réactionnaire).

                La GPA peut-être débattu, on peut s’interroger sur un "désir d’enfant" transformé en "droit à l’enfant". Mais dans ce cas, la question doit être posé pour tous, parents isolés, couples hétérosexuels ou couples homosexuels.

                Le modèle parental que nous connaissons actuellement est récent et n’est pas universel. Dans la société paysanne française d’avant l’ère post-industrielle, l’éducation de l’enfant est collective, la question de la filiation intéressant surtout la transmission du patrimoine.

                Certains peuples confient l’éducation de l’enfant à l’oncle et la tante et no aux parents biologiques.

                Philippe et JL, j’ai envie de vous interroger, je veux bien comprendre vos réticences à la GPA. Que pensez-vous alors de l’adoption (lègale et non par subterfuge) par des couples homosexuels reconnus comme tels ?


                • masuyer masuyer 20 juillet 2008 12:06

                  Philippe,

                  merci de ta franchise.

                  J’ai une opinion plutôt différente. Le modèle familial évolue suivant les époques et les zones géographiques. C’est un élément adpatatif. Le modèle familial n’est pas le même dans une société de chasseurs-cueilleurs nomades, dans une société d’éleveurs nomades, dans une société agraire sédentaire ou dans une société post-industrielle qui peut contrôler les naissances (et qui peut-être y est forcée pour compenser ses victoires sur la nature).

                  Mettre au point un contraceptif ne m’apparait pas par exemple, de manière si évidente comme un acte anti-naturel. C’est bien la nature qui nous a doté des outils pour le fabriquer.


                • JL JL 20 juillet 2008 12:22

                  Puisque je suis interpellé … Quelle est la question ? J’en vois deux, sinon dans ce texte, au moins dans le principe. Et selon moi, elles doivent faire l’objet d’analyses séparées.

                  Sur la première question, celle de la gestation par autrui, je ne souhaite rien dire de plus que ce que j’ai mis dans mon précédent post.

                  Sur la question des homosexuels, les interventions d’Iren-Nao, Philippe, Furtif, internaute, … rendent sur ce sujet la mienne inutile.

                  Bref, pour être clair, je suis contre et mon premier post est valable aussi concernant cette deuxième question. Je veux bien en discuter, je ne crois pas que cela servirait à quelque chose, ce sujet n’étant pas de ceux qui m’empêchent de dormir.
                   


                • masuyer masuyer 20 juillet 2008 12:25

                  Philippe,

                  j’y crois fortement au contraire. L’agriculture par exemple n’est absolument pas naturelle stricto-sensu. L’enfant qui grandit en voyant un homme et une femme comme ses parents est vrai (était vrai) chez nous depuis un temps limité. Essaye d’imaginer ce que pouvait-être la vision d’un enfant élevé dans la société bourgeoise du XIXe, de nourrice en nurse et précepteur.

                  Ou les nombreuses sociétés où l’enfant ne connait que les femmes jusqu’à l’âge "d’homme".

                  Je ne dis pas que tu as tort, je trouve juste que ce n’est pas si évident et finalement assez "ethnocentré".


                • JL JL 20 juillet 2008 12:26

                  Masuyer, puisque j’y suis, vous avez écrit plus loin : ""Ce rejet de la marchandisation n’est-il pas aussi un héritage catholique  ?""

                  Et alors ? Pourquoi faudrait-il "jeter le bébé avec l’eau du bain" ? Un rejet ad hominem ?

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