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La hausse continue du prix des carburants : scénario délirant d’un bouleversement prochain ?

Est-il raisonnable d’acheter encore une voiture aujourd’hui ? Celles qui roulent ne sont-elles pas dès maintenant condamnées à brève échéance à l’immobilisation le long des rues, des routes ou dans les garages ? Va-t-on voir sous peu villes et campagnes devenir des cimetières de voitures ?

Autrement dit, l’augmentation quotidienne du prix des carburants ne porte-t-elle pas en elle, à court terme, la fin de la civilisation automobile avec les bouleversements immédiats et brutaux du mode de vie qu’elle a produit au XXe siècle. Voit-on revenir le temps où les carrosses étaient le privilège de la fraction la plus riche de la population, du moins tant qu’une alternative énergétique comme l’électricité ou l’hydrogène ne sera pas opérationnelle ?

Un dollar de plus tous les trois jours

Le prix du baril de pétrole a atteint, mardi 20 mai 2008, 129,31 dollars à New York. Depuis des semaines, il augmente quasiment d’un dollar tous les trois jours. C’est en février dernier qu’il a franchi la barre psychologique des 100 dollars. Pour mémoire, en 1999, le baril revenait à 20 dollars et, en 2003, à 30. Du coup, les prix à la pompe atteignent des records : un litre de super sans-plomb 95 tourne autour d’1,50 euro, (soit 10 francs !), et le litre de gazole tend à le dépasser.
Les professions qui sont les plus exposées sont entrées en action : les marins-pêcheurs barrent les ports, les chauffeurs routiers s’apprêtent à renouer avec le blocage des raffineries. Les stations-service dans certaines régions sont prises d’assaut et affichent déjà des cuves vides.

Facteurs structurels et conjoncturels

On sait tous que les cours du pétrole dépendent, disent les experts, de facteurs tant structurels que conjoncturels. L’arrivée des pays « émergents » à l’âge du développement industriel a accru la demande que l’offre ne peut forcément satisfaire, surtout si les pays producteurs entendent maintenir leurs revenus à un niveau élevé. La moindre tension politique dans une région d’extraction accroît aussitôt les tensions sur le marché, qu’il s’agisse de l’Irak, de l’Iran, du Nigéria ou du Venezuela. S’ajoutent à cette occasion les ravages des spéculateurs.

Peut-on imaginer que les prix retombent ? Il ne semble pas. Sans doute, rendent-ils concurrentiel le développement d’autres énergies, et contraignent-ils à des mesures drastiques d’économie. Mais les premières ne sont pas encore opérationnelles et les secondes ont leurs limites. Va donc venir un temps très proche, si ce n’est déjà fait, où nombre de familles vont devoir se servir de moins en moins de leur voiture jusqu’à y renoncer. Quels revenus sont en mesure aujourd’hui de faire face à cette hausse continue des carburants ? Sûrement pas ceux de la majorité des Français.

Vivre sans voiture dans un monde pour voitures

On voit déjà pour une famille les conséquences d’être sans voiture quand elle s’est établie dans le lotissement d’un de ces villages satellites plus ou moins éloignés d’une ville métropole où ses membres travaillent et en périphérie de laquelle se sont concentrés les centres commerciaux. Les transports en commun sont encore loin d’être faciles pour seulement se rendre à son travail ou faire ses courses. Ne parlons plus de voyages : l’avion comme la voiture deviendra lui aussi hors de prix : le tourisme de masse est condamné à une mutation sans précédent. Quant aux produits de toute nature qui pour être offerts aux clients doivent être acheminés par transports, ils ne peuvent eux aussi qu’augmenter du coût croissant des carburants.

On n’ignore pas que, dans le prix d’un litre d’essence, la taxe intérieure sur les produits pétroliers est d’environ 70 %. Mais quand bien même l’État accepterait de la rogner, au train où vont les cours du baril, dans un an ou deux on se retrouvera devant le même problème.

Ce scénario catastrophe est-il délirant ? A-t-il été imaginé par les gouvernants ? Des solutions ont-elles été explorées ? À partir de quel prix du litre d’essence le processus va-t-il s’enclencher ? Attend-on que l’on soit devant le fait accompli pour contraindre les citoyens à s’adapter vaille que vaille à ce bouleversement ? Celui-ci peut-il se faire progressivement en douceur ou au contraire dans la douleur ? La pénurie et le marché noir qu’elle engendre avec son cortège de dissensions, de « siphonages » des réservoirs et d’agressions des réserves, sont-ils inévitables ? Une « policiérisation » accrue au nom de la sécurité ne va-t-elle pas être favorisée ? La société française peut-elle résister sans trop de dommages à un changement de civilisation aussi radical ? Ou bien ce scénario ne peut-il germer heureusement que dans un esprit complètement siphonné ? Paul Villach



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Les réactions les plus appréciées

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    Par Lapa (xxx.xxx.xxx.141) 21 mai 2008 12:23
    Lapa

    l’avantage de l’augmentation du coût du carburant c’est qu’il va, à terme, rendre moins atractif les échanges commerciaux lointains.

     

    vous savez, ces pommes pas chères qu’on fait venir du pérou, ce bois pour parquet qu’on prélève dans les forêts française mais qu’on fait transformer en chine et revenir en france... quand le coût du transport ne supportera plus la comparaison avec les gains de délocalisation, alors ENFIN, on se retournera vers nos voisins pour s’apercevoir qu’à 2 km de chez nous ils savent cultiver des pommes et découper du bois ! On arrêtera de se faire livrer tout et n’importe quoi en 3 jours par camion alors qu’on aurait pu attendre sans problème 15 jours avec une péniche.. ;etc...

    la localisation de l’économie est une chance pour absorber la mondialisation et peut être sauver notre planète !

  • 0 vote deja vote forum
    Par plume (xxx.xxx.xxx.34) 21 mai 2008 12:10
    plume
    donc 2009 :
     
    pas de croissance
    pas d’augmentation de salaire
    un temps de travail en augmentation
    des RMIS supprimé des listes
    encore plus de sans abris
    une essence qui risque de doubler
    les prix de l’alimentation qui vont suivre
    des charges toujours plus forte
    une crise sociale en pleine éclosion
    pas de fric pour la majorité des français .....
    beh , le tableau n’est pas beau vu d’ici
    c’est quoi les bonnes nouvelle ??????
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    Par Ronfladonf (xxx.xxx.xxx.200) 21 mai 2008 12:29
    Ronfladonf

    Les bonnes nouvelles ? c’est qu’à force de traiter d’illuminé tous ceux qui osent penser que la population et les besoins de l’Homme en général croissent trop vite, le recalage naturel entre les besoin ddes humains et ce que la Nature peut lui fournir va être encore plus violent que prévu

     

     

    Mesdames messieurs accrochez vos ceintures, relevez la tablette qui est devant vous, nous allons passer de très fortes tubulences... Ca risque de secouer un peu !

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    Par Yvance77 (xxx.xxx.xxx.38) 21 mai 2008 11:58
    Yvance77

    Un bon article qui pose de bonnes questions. L’homme moderne s’est shoote a l’auto, difficile de la refaire devenir pieton. Comme pour la clope ce sera dur pour certains d’arreter. Et la desintox sera longue.

    Puis il y a tous ces professionnels, lies au bitume qui faut prendre , pour livrer, transporter etc... l’industrie n’est meme pas prete, ou n’a pas voulu l’etre pour trouver une alternative credible. Et le gouvernement tourne les yeux, le cash rentre contrairement a ce qu’ils veulent laisser penser.

    Le pire de tout cela, c’est la mobilite que veut imposer ce cher Sarko a ces salauds de chomeurs. Se taper 30 bornes a pattes pour aller toucher sa misere ... meme si ca fera pas baffrer gras ; ca fera de jolis mollets a ces feignasses de air-aime-istes. Qui sait ce sera sa facon de lutter contre l’obesite apres ses heures passer avec le cerveau dispo pour la tele du copain Bouygues.

    Si cela pouvait booster une alternative ecolo et vite j’applaudirai ces hausses mais j’en doute, tous les lard-feuilles sont pas encore syphonnes, et pi faut remplir les cuves du yacht a Bollo pour les prochains ouiquendes a Malte

     

    A peluche

     

     

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