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Accueil du site > Tribune Libre > La Lettre de Kery James à la République : Une vérité trop dure à entendre (...)

La Lettre de Kery James à la République : Une vérité trop dure à entendre ?

C’est en cette période de tension politique, sociale et économique qu’il a décidé d’adresser sa « Lettre à La République ». Kery James est considéré comme un des piliers du Rap Français et on ne compte plus les classiques qu’il a offerts à son public en 20 ans de carrière. Lyriciste à la plume d’acier, le « MC comme Militant et Conscient » comme il se définit lui-même est avant tout un Artiste. Il a su attirer l’attention d’un public général et diversifié sans changer le fond du message de sa musique notamment en collaborant avec des interprètes Français comme Amel Bent, Kayna Samet, Vitaa ou encore le grand Charles Aznavour. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser à cause des clichés infondés quant à la scène Hip-Hop, la réputation et la popularité du rappeur étaient déjà bien fournies depuis 2001 avec l’album « Si c’était à refaire » qui venait totalement bouleverser sa carrière jusque-là liée à celle de son groupe Idéal J. Entre 2001 et 2009, il évolue musicalement et humainement, sort 4 albums solos mais reste fidèle à ses valeurs sources en affirmant sa position contre l’Etat, en représentant les banlieues de France, et surtout en allant à contre-courant du « Gangsta-Rap » faisant l’apologie des drogues, des violences, du sexe et de l’ argent.

Après avoir annoncé qu’il se retirerait quelques temps courant 2009, Alix Mathurin de son vrai nom terminait le Réel Tour avec un concert mémorable au Zénith le 18 décembre 2009 et un concert de solidarité au peuple Haïtien –dont il fait partie- le 14 février 2010 avant de totalement mettre sa carrière entre parenthèses pendant deux ans.

Il avait éteint le micro avec la « Lettre à mon Public » en 2009, il revient l’allumer avec la « Lettre à la République » publiée le 27 février 2012. Et aux grandes lettres les grands moyens, un clip choc, percutant vient illustrer à quel point le contenu de cette lettre est dur, grave au même titre que ce et ceux qu’il accuse. Kery James revient et a beaucoup de choses à dire, avec une cible précise : la République et le Passé colonial de la France. Mais que reproche-t-il tant et qui accuse-t-il ?

« Racistes, Hypocrites, Pilleurs de richesses, tueurs d’Africains, colonisateurs, tortionnaires d’Algériens. » Tous ces mots graves et percutants sont ceux que l’auteur emploie pour qualifier ceux qui siègent en haut comme il les appelle dans le titre « J’ai mal au cœur » sorti en 1998. Dans la lettre à la République, il reproche la diabolisation des musulmans et de l’immigration en banlieue venant d’une France qui oublie son passé colonial et son présent discriminatoire. Il répond à tous ceux qui voient et considèrent l’immigration africaine comme une menace pour le territoire Français que c’est l’Etat qui en est à l’origine, étant donné que les travailleurs et leurs familles en provenance du continent africain ont été répartis et logés dans des zones de mise à l’écart fin 19è siècle. Il reproche aux réticents et aux inquiets face au communautarisme leur hypocrisie parce que les noirs Africains, les Maghrébins, les Antillais ne peuvent s’intégrer totalement dans une société où ils sont sans cesse surveillés et contrôlés comme pour leur rappeler qu’ils ne sont pas chez eux. De plus, les multiples discriminations dont ils sont victimes dans les magasins ou encore sur le marché de l’emploi sont aussi perçues comme un repoussement. On comprend alors la portée de la phrase « on ne s’intègre pas dans le rejet » qui vient répondre au débat sur l’identité nationale et à la question de l’intégration. Il est reproché à la France d’inciter officiellement et pour l’intérêt de son image patriotique à l’intégration au sein d’une « illusion républicaine » alors qu’en réalité elle a la phobie de l’Islam et des étrangers comme en témoignent les multiples débats sociaux alimentés avec la complicité des médias. Il invite d’ailleurs à relire l’histoire (la vraie) afin de comprendre que l’immigration n’est pas due au hasard mais qu’elle a été provoquée, et qu’avant de traiter les bénéficiaires des aides sociales d’assistés, on devrait commencer par se souvenir des deux guerres mondiales pendant lesquelles la France a bénéficié et profité d’importants effectifs de soldats Africains et Antillais.

5 jours après sa sortie, le clip comptait plus de 1 500 000 vues et avait été partagé et débattu sur les réseaux sociaux en masse, bien que ne faisant pas l’unanimité des avis. Il a surtout été reproché au rappeur une provocation aux Français à travers un discours raciste et une victimisation de tous les banlieusards. On pouvait aussi lire des commentaires accusant l’éternelle démagogie de l’artiste. Vous avez dit démagogie ?

C’est une critique amusante en plus d’être largement contestable quand on sait que Kery James est justement connu pour être un des rares rappeurs Français allant à contre-courant du Rap, mais aussi parce qu’il soulève des vérités crues dans ses textes et assume son engagement. « Nos vérités dérangent, on s’en fout, propager le mensonge, t’es fou ce sera sans nous, on a les mots pour les irriter, même le visage ensanglanté, on accepte le prix de la vérité ! » est le refrain du titre « Le prix de la vérité » présent sur son dernier album. De plus, il avait déjà averti le public sur son premier projet solo à la fin du titre « J’aurais pu dire » en déclarant « J'veux mourir avec la certitude d'avoir été utile aux gens et pour ça, J'peux pas toujours leur dire c'qu'ils veulent entendre. J'navigue à contre-courant, et ma musique est fidèle à mes convictions. J'suis loin d'être parfait Je l'sais, je l'crois, je l'dis, je l'vis, je l'chante ». Ces deux phrases pourraient répondre aux critiques de mauvaise foi n’hésitant pas à évoquer les ennuis judiciaires de l’artiste en 2009 pour les mettre en contradiction avec le contenu de ses écrits qu’ils estiment moralisateurs. Kery James avait d’ailleurs terminé la lettre à son public par : « que des débats sur les forums… en vérité, je ne suis qu’un Homme. » Ce rappeur qu’on prétend démagogue est pourtant l’auteur et l’interprète des titres Avec le cœur ou la raison, Au pays des droits de l’Homme, Réel, où il prend respectivement position pour la Palestine, dédie les prisonniers, ou encore condamne le grand banditisme promu par certains rappeurs influençant les jeunes ! Dire d’un artiste qu’il est démagogue alors qu’il ose écrire, dire ce que les 3/ 4 des artistes n’osent penser et qu’il prend position là où d’autres n’oseraient se manifester est alors dénué de tout sens et de toute logique.

Les accusations de racisme dont il fait l’objet sont encore plus infondées. « Banlieusard, Pleure en silence, Je représente » sont trois des plus belles chansons de Kery James où sa plume touche avec des paroles revendicatives, émouvantes, unifiantes et ce sans distinction de couleur, de culture ou de religion ! 

« Tu sais on ne souffre pas qu’en banlieue, partout tu peux lire le même manque d’amour dans les yeux ; même dans les beaux quartiers les sourires sont des masques, on n’achète pas le bonheur, sans qu’un jour le temps nous démasque. Et la détresse n’a pas de couleur, réveille-toi, sous combien de peaux blanches se cache la douleur… » Ces quelques paroles extraites de la chanson « pleure en silence » parlent d’elles-mêmes et réfutent toute accusation de racisme à l’égard du poète mélancolique. Pourquoi donc ces multiples accusations ? Sans doute à cause d’une erreur d’interprétation de la Lettre à la République ! En effet, la guerre d’Algérie, l’Islam et l’Esclavage sont des sujets qui fâchent, qui vexent, qui blessent. On peut penser que lorsque Kery James s’en prend à la France, les Français comprennent à première écoute qu’il blâme le peuple Français et généralise en les traitant tous de racistes, d’hypocrites alors qu’il en est tout autre. Ce sont encore les clichés alimentés avec la malveillance des médias qui sont à l’origine de cette réaction spontanée de la part d’une certaine partie du public. Lorsqu’un certain chroniqueur déclare que les rappeurs sont des analphabètes, et qu’à cause d’une incitation à la haine, ils sont en partie responsables des émeutes de 2005, on peut comprendre que certains voient en la Lettre à la République une provocation des Français. Et les médias, en censurant les plus belles performances des rappeurs, veillent à ce que le mythe du Rap en tant que musique dure, violente, choquante et offensant la France reste intact, alors qu’en réalité s’il était toujours asocial, des rappeurs comme la Fouine et Booba ne seraient pas invités pour chanter au festival de Cannes ! Le rap est quasiment la musique la plus populaire en France, les disques se vendent malgré la crise, et les salles de concerts se remplissent toujours. Il sera toujours rapporté dans la presse que ce dernier a jeté une bouteille dans le public ou provoqué une émeute dans un magasin des Champs Elysées, mais on fermera les yeux sur son concert affichant complet à Bercy ou encore le fait qu’il soit le premier rappeur avec Ali de Lunatic à devenir disque d’or sans maison de disque, et qu’il est l’un des rares à être au top jusqu’à présent malgré le boycott des médias. On se souvient d’ailleurs de la phrase du rappeur Booba « Fuck You, fuck la France, Fuck Domenech » qui avait créé la polémique avant que le franco-sénégalais ne précise qu’il s’adressait à l’Etat Français et non aux Français.

Ce qui est aussi étonnant est le fait que certains pensent que Kery James ne fait que se plaindre pour les banlieusards, ou encore qu’il a tort de revenir avec un discours qui déterre le passé parce que cela empêche d’avancer. Mais le problème est que la majorité des personnes veulent un avenir meilleur en région parisienne sans savoir où aller pour l’obtenir, et sans chercher à connaître les causes de la situation des banlieues. Et c’est là l’un des enjeux principaux de la lettre à la République qui vient rappeler à l’ordre l’Etat Français, les politiciens, les médias et les personnes racistes en soulevant le passé oublié volontairement. Nombreux sont ceux qui déclarent qu’il faut tourner des pages de l’Histoire alors qu’elles sont partiellement arrachées. L’Etat Français n’hésite pourtant pas « s’ériger en donneur de leçons » en proposant des lois condamnant le génocide Arménien par la Turquie alors pourquoi condamner une Lettre à la République qui rappelle les multiples Guerres en Afrique dues à l’Empire Colonial Français ? L’Histoire ne doit-elle pas être connue sous toutes les versions, qu’elles soient positives ou négatives ? On essaie pourtant d’inciter à l’oubli du passé colonial de la France en essayant de mettre en avant la colonisation positive alors que l’Histoire se doit d’être neutre, d’autant plus que ce pays est composé d’une population originaire des quatre coins du Monde. « L’illusion Républicaine » que dénonce le poète noir dans sa lettre est justement celle qui consiste à présenter la France comme un Pays des droits de l’Homme œuvrant pour la paix et la sécurité. L’ironie est qu’en 2011 des opérations militaires aient été menées dans des pays souverains comme la Libye et la Côte d’Ivoire au nom de la Liberté et de la Démocratie… ! Il s’agit de la version officielle. Cherchez l’erreur.

On l’aura compris, Kery James s’adresse donc aux gouvernements et chefs d’état successifs, aux médias, aux acteurs de la politique et aux autres personnages qui nourrissent et alimentent les clichés quant à l’Islam, aux Banlieues, à l’Immigration Africaine ou encore à la Colonisation. Parce que les médias ont aussi leur part de responsabilité dans la mesure où ils participent activement à cette diabolisation des banlieues en agitant les souvenirs des émeutes de 2005 pour alimenter les peurs et les réticences de l’opinion publique. Que demande-t-il ? Le respect de la diversité des cultures, des origines, des religions, ce qui n’interfèrerait pas avec la laïcité supposée en France. Il revendique le droit à la parole, à la consultation et au dialogue au lieu que les médias et politiciens censure cette partie de la France qu’ils essaient tant bien que mal d’oublier et de délaisser. Ce titre n’est donc ni un appel à la haine raciale ou à des conflits, ni une déclaration de guerre physique comme les émeutes. Il s’agit de la guerre des valeurs, des convictions, et des droits par le savoir, l’histoire, l’unité, l’intelligence, le travail en vue du progrès. La France d’en bas unie avec le peuple multiculturel, pauvre contre la France d’en haut avec ceux qui spéculent, les politiciens, les racistes et les non tolérants.

Un ultime uppercut verbal vient terminer cette lettre : « J’suis pas en manque d’affection, comprends que je n’attends plus qu’elle m’aime ! » Cette punchline, comme est appelée une métaphore qui claque l’auditeur de par sa technique et son sens résume à elle seule la raison d’être de la lettre à la République. On peut comprendre qu’après toutes les provocations faites par les médias contre les banlieues, par les partis politiques contre les musulmans et certains politiciens affirmant que les civilisations ne se valent pas, il ne pourra y avoir de fraternité que lorsque les efforts viendront des "deux camps", des "deux Frances".

J.Moreau


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28 réactions à cet article    


  • tikhomir 7 mars 2012 14:46

    Kery James ? Jamais entendu parler...


    • J Moreau 8 mars 2012 10:45

      LOL. Dans ce cas, maintenant vous savez, étant donné que j’ ai volontairement présenté l’artiste, sa carrière et son registre smiley
      Qu’avez vous pensé de cet article sinon ?


    • King Al Batar King Al Batar 7 mars 2012 19:33

      Bonjour et merci à l’auteur pour cet article. J’ai toujours bien aimé le poto Alix !
      Quand j’étais adolescent les 2 albums du Ideal m’ont marqué, je n’ai pas peur de le dire. « Au fond la France n’est qu’illusion... »
      Son premier album est clairement un tournan. 2 Issues est une perle du rap comme on en a jamais fait.
      Sa lettre à la Republique est un très bon morceau. J’ai hésité à la poster sur AV TV, puis j’ai eu la flemme.
      Avec Rockin ’squat, ce sont pour moi les deux seuls vrais messager rescapés de cette époque (même si Kool Shen se débat quand même finalement bien... sur la fin).

      JE trouve ca juste dommage que vous n’ayez pas mis la vidéo.
      Alors je m’en charge.

      http://www.youtube.com/watch?v=gp3XZDK7Lw4

      Merci encore !
      Peace !


      • J Moreau 8 mars 2012 10:44

        Bonjour, et merci à toi de l’ avoir lu et partagé, ça me fait très plaisir de constater que des personnes pensent comme moi aussi. Oui il y a aussi Keny Arkana qui est une vraie artiste tant sur la forme que le fond, je la respecte beaucoup. Médine aussi d’ailleurs . Après tu sais certains artistes sont aussi très engagés, même s’ils ne le crient pas sur tous les toits comme Youssoupha, Sinik, Mac Tyer etc.
        Oui, je n’ ai pas mis le lien parce qu’ à la différence de « le post.fr » où je postais avant et faisais la mise en page moi même, là c’est la rédaction qui le fait et filtre les articles avant publication...
        Alors merci d’y avoir pensé en tout cas !


      • bert bert 7 mars 2012 20:38

        ouaip encore une vidéo bien naze et bien pénible smiley (avec effets spéciaux ....) smiley

        j’suis pas allé au bout
        y’en à marre de ces racailles et mafia$ avec leurs insultes« nike ta race »
        y’a des types tu les invites chez toi ils te sortent des armes....
        alors koi ?????

        Ce kery il faut qu’il arrête avec sa républik .....
        il faudrait qu’il dépasse ce concept stupide.....
        il faudrait qu’il écoute ça par exemple........











        • King Al Batar King Al Batar 8 mars 2012 09:38

          Y en a surtout marre des abrutis qui entendent sans écouter...
          Kery James, c’est aujourd’hui un des seuls rappeurs qui incitent les jeunes de banlieue, dans ses rap, a travailler plutot que de faire le voyou, et qui expliquent clairement que la délinquance n’offre que deux issues : la mort ou la prison.
          Ce que vous faites, en le prenant pour un abruti qui ne fait que se plaindre, c’est refuser de regarder la réalité en face. En faisant cela, vous crachez à la gueule de plein de gens... Un peu à la manière de notre président quand il s’exprime !


        • J Moreau 8 mars 2012 10:50

          Quelle critique manquant d’objectivité...
          Il est bien facile de dire qu’une « vidéo est naze, pénible etc »
          Mais sur quoi vous basez vous ?

          Marre de ces racailles et mafias ? Voilà on retombe dans le cliché que je veux justement contredire dans mon article... C’est dommage que vous vous arrêtiez encore à des futulités comme cela. Vous critiquez à propos d’un sujet que vous ne connaissez pas, étant donné que vous n’avez même pas été jusqu’au bout.
          Quoi qu’il en soit, je respecte votre avis.


        • bert bert 8 mars 2012 20:05

          euh j’ai écouté le morceau en entier sur couleur 3  le 7 mars entre 21 h et 22H ;o)






          • HerveM HerveM 8 mars 2012 09:37

            Il faudrait le mettre en contact avec Mr Kemi Seba, ça lui ouvrirait de nouvelles perspectives sur la dignité du combat des africains pour libérer leur continent de la racaille blanche en cols....blancs !
            Lui c’est un noir qui pense comme un blanc à la sauce maçonnique. Aucun respect pour ce genre d’individus qui crachent sur leurs racines.


            • King Al Batar King Al Batar 8 mars 2012 09:54

              Le discours de Kery James, même si sur ce morceau il peut paraitre dur, est beaucoup moins violent et surtout beaucoup moins conflictuel que celui de Kemi Seba, ainsi il conseille aux balieusard de travailler et d’entreprendre pour se sortir de leur galère plutot que de rentrer en conflit ou de faire des conneries.
              Pour vous en convaincre, voici deux vidéo essentiel dans sa carrière.
              La première 2 issues est un morceau dans lequel il explique que la rue n’offre que deux issues : la mort ou la prison.
              http://www.youtube.com/watch?v=UliExv66tec
              Dans la seconde, il sort carrément des chantiers battus du Rap, puisqu’il dit que c’est bien beau de se plaindre d’une situation, mais qu’il serait temps que les jeunes de cité s’occupent eux même de leur réussite plutot que d’attendre une aide sociale qui ne viendra jamais.
              http://www.dailymotion.com/video/x43k27_kery-james-banlieusards_music

              Vous constaterez que son discours n’est pas forcément un discours de haine, même s’il est dur, comme peut l’etre celui de Kemi Seba.


            • HerveM HerveM 8 mars 2012 10:52

              Les lignes qu’essaye de faire bouger Kemi Seba avec ses moyens face à la propagande mondialiste nécessitent une certaine violence verbale pour secouer les consciences. Etre africaniste aujourd’hui alors que la globalisation détruit petit à petit les peuples et les cultures demande un énorme travail. Certains se couchent, d’autres dénoncent (http://www.youtube.com/watch?v=RYd4b3du3_g) et enfin, les plus courageux, comme Kemi Seba, luttent.

              Concernant « Kerry James », vous avouerez que choisir un tel pseudonyme pour un probable descendant d’esclave dénote d’un certain manque de culture. Ou d’une totale soumission à l’Empire.....


            • J Moreau 8 mars 2012 10:56

              ? ? Vous voulez bien développer un peu plus ?


            • King Al Batar King Al Batar 8 mars 2012 12:19

              JE comprends c que vous voulez dire sur son nom. Effectivement Kerry James est le nom d’un hors la loi dans des western.

              Ce qu’il faut que vous sachiez, c’est que cet artiste rappe depuis 1996 (officiellement, c’est l’année de la sortie de son premier album, meme si bien sur il a commencé plus tot). Et qu’il a eu clairement deux période dans sa carrière.
              Une première, entre ses 16 et ses 24 ans, clairement gangster de la pire espèce, ou il justifiait des actes de violences, et affichaient des propos propre au Gangsta Rap de l’époque. Epoque ou cela ne se vendait pas, ce choix était donc lié à son mode de vie, plutot qu’à une quelconque avidité comme cela pourrait être le cas aujourd’hui avec les nouveau rappeurs. Il a meme composé un morceau Harcore, véritable incitation à la révolution.

              A partir de 2000, son attitude et surtout ces textes ont considérablement changé. Ainsi il n’incite plusà la violence, ni a l’insurection, et demandent au petits de reflechir sur leur sort plutot que de plonger dans la violence. Passé de voyou à Sage, il a toutefois conservé son nom d’avant

              Voila pourquoi ce sage du rap porte le nom d’un brauqeur dans les westerns.

              POur ce qui est du reste, ce qui me parait le différencier fondamentalement de Kemi Seba, c’est qu’il n’oppose pas les blancs et ls noirs, et ne prone pas un retour des africains en terre d’afrique, ni n’incite à la haine ou à la vengeance.

              Dans son dernier morceau si vous l’ecoutez bien, il indique simplement qu’avant du juger une réaction il vaut mieux considérer l’action qui l’a engendré. « Toute arrivée à un départ ».


            • HerveM HerveM 8 mars 2012 14:58

              «  ? ? Vous voulez bien développer un peu plus ? »

              Désolé mais ça risquerait d’être un peu long est le temps m’est compté....Mais écoutez les interventions de Kemi Seba, vous trouverez ça facilement sur google ;)

              @King Al Batar

              Merci pour vos explications. Le fait qu’il évolue prouve déjà qu’il n’est pas borné et tous les espoirs sont donc permis.

              Ce n’est pas le fait que ce soit le nom d’un hors la loi télévisuel qui me gêne. Les descendants des esclaves ont hérité des noms et prénoms de la civilisation de leurs anciens maîtres, sans vraiment avoir le choix. Mais choisir une pseudo anglo saxon quand on est afro-haïtien, c’est, à mon sens, une hérésie.


            • bert bert 8 mars 2012 20:21

              ouaip 

              c’est sur les Sénégalais sont obligés de porter le tablier


            • J Moreau 9 mars 2012 09:14

              Oui, mais je connais Kemi Seba, sauf que je ne vois toujours pas le rapport.. enfin bref


            • Roland Nasky Roland Nasky 8 mars 2012 10:47

              MERCI pour cet éclairage bienvenu sur AGORA VOX !
              Je diffuse votre article sur tous nos réseaux sociaux.

              Suivez-vous éventuellement sur Scoop It :

              Suivez nous ici : http://www.scoop.it/t/chronyx-be-urban-music-with-a-conscience/p/1378167337/eclairage-la-lettre-de-kery-james-a-la-republique-une-verite-trop-dure-a-entendre-rapfr-acturap-respublica


              • J Moreau 8 mars 2012 10:54

                Bonjour, Merci beaucoup pour ces compliments et le partage.
                Pas de soucis pour le partage, de l’ article, Mais merci de laisser la Photo d’origine, et la source aussi. Je regarde votre site qui semble intéressant ! à bientôt


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 mars 2012 11:07

                « En effet, la guerre d’Algérie, l’Islam et l’Esclavage sont des sujets qui fâchent, qui vexent, qui blessent. On peut penser que lorsque Kery James s’en prend à la France, les Français comprennent à première écoute qu’il blâme le peuple Français et généralise en les traitant tous de racistes, d’hypocrites alors qu’il en est tout autre. »

                Alors, dites moi pourquoi ne devrait-on pas être vexé si on entend « blâmer la France » ?
                Quelle est la différence entre blâmer « la France » et insulter « les Français » ?

                La distinction est un peu trop subtile à mon goût et on pourrait vous répondre comme Emmanuel Todd :
                l’histoire de chaque pays a ses zones d’ombre et de lumière.
                Mettre en valeur, comme Kéry, obsessionnellement, les zones d’ombre, ça a une signification très claire. C’est d’ailleurs une pratique qu’il est loin d’être le seul à avoir (cf. BHL etc qui reviennent obsessionnellement sur Vichy, la collaboration etc...)

                Au fond, c’est triste :
                sous prétexte de ménager « la culture immigrée », on a crée des zombies qui ne sont ni totalement Français, et qui ne sont pas Haïtiens, Algériens ou autre.
                Le seul discours cohérant, ne vous en déplaise, c’est « si tu n’est pas content ici, personne ne te retient ».
                C’est bête, mais moi non plus je n’ai pas demandé à naître ici et c’est tout à fait défendable de vouloir une vie meilleure sous d’autres cieux.

                Il va pouvoir insulter « l’histoire de France » jusqu’à la fin de ses jours, c’est bien 5 mn, mais ça ne changera rien : ce qui a été fait a été fait, il ne fera que se pourir la vie lui-même, puisqu’il reste habiter en France, ce pays si moche.
                 smiley


                • King Al Batar King Al Batar 8 mars 2012 12:23

                  La réponse à ce que vous dites se trouve dans le morceau Banlieusard.
                  http://www.dailymotion.com/video/x43k27_kery-james-banlieusards_music

                  Il dit dans sa lettre à la republique : la france n’a pas les dirigeant qu’elle mérite.
                  Ce qui signifie bien que denoncer l’histoire de France, n’est pas incriminé ses citoyens.

                  Quand je critique la politique Américaine ou Israelienne, je ne critique pas les citoyens de ce pays qui ne sont en rien responsable des agissements d’hommes qu’ils ont élu par défaut...
                  Comme nous ne sommes pas responsables des politiques Sarkozienne.
                  Savoir faire la part des choses est quand même quelque chose d’essentiel quand on denonce des politiques.


                • Tab Tab 8 mars 2012 13:45

                  Peut-être mais quand on parle de discrimination à l’embauche, sur la fréquence des contrôles policiers, sur les entrées en boite, sur la présence dans les médias ou dans les instances représentatives, comme le font habituellement les caliméro de tout poil, on en arrive facilement au point où on explique que l’ensemble des français sont des gros cons racistes.


                • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 mars 2012 21:28

                  à King et à l’auteur

                  Merci pour le lien, mais ça confirme ce que je pense depuis longtemps.
                  Il s’agit d’une analyse vaseuse de sa part (mais c’est pas le seul) : il fait défiler des modèles « des cités », en déclarant d’une autre main que « le système » fait tout pour les étouffer, les pousser dans la délinquance, etc... Et il conclut en appelant les jeunes à ne pas tomber dans ces travers et à imiter ces modèles d’entrepreneurs « honnêtes ».

                  Ce genre de discours m’a intéressé quand j’avais 16 ans. À 20 beaucoup moins car c’est complètement bancal :
                  Si réellement il y a un complot contre « les banlieusards », alors toute tentative de s’en sortir par les voies du système est vaine, sauf à la marge !
                  Autant braquer des banques ou poser des bombes, puisqu’ « on » nous stigmatise d’entrée et que les dés sont pipés !

                  La société est un peu plus compliquée que ça, on s’en rend compte assez vite en grandissant (enfin c’est mon analyse perso) :
                  que la situation soit globalement plus dure pour les fils d’immigrés, c’est tout simplement normal (je n’ai pas dit plus acceptable !).

                  Il y a peu de travail, donc forcément, si t’as pas de relations, si t’es un peu « typé », et pas forcément par tes origines banlieusardes (avec un accent pecquenot, ça marche très bien aussi, expérience à l’appui ; bizarrement on n’en parle jamais smiley ), pas trop dans la norme, pas assez lisse, et bien tu vas galérer 2 fois plus qu’un autre.
                  Or, les enfants d’immigrés cumulent souvent ces caracéristiques.

                  Pas de grand méchant complot derrière, même s’il est vrai que l’assimilation des immigrés se fait rarement sans douleur.
                  C’est une « analyse » sommaire qui n’apporte pas vraiment de réponse sauf implicitement (pourquoi un complot, sinon parce que « la France » est raciste au fond ? ) 
                   
                  Quant au fait que « la France n’a pas les dirigeants qu’elle mérite » certes.
                  Mais Sarkozy n’a pas grand chose à voir avec la colonisation ou l’esclavage.
                  Touiller ça obsessionnellement n’est clairement pas innocent, surtout qu’on n’y peut plus grand chose maintenant.
                  Quant aux « petites phrases » de Sarkozy ou Guéant sur les immigrés, c’est un faux prétexte :
                  _il y a 10 ans son discours était le même, pourtant il n’y avait pas de Sarkozy et de Guéant
                  _heureusement, ces petites phrases, plus personne ne les écoute (au cas où Kéry n’aurait pas remarqué...)

                  Ce genre « d’analyses », comme celles de Thuram par ex, devraient susciter un immense éclat de rire. Or elles sont reprises le plus sérieusement du monde par des types sérieux, comme l’auteur de l’article, soucieux de prouver leur compréhension à l’endroit des « banlieues discriminées », nouveau prolétariat à la mode, et de ses représentants autoproclamés.

                  Enfin, l’intégration des immigrés précédents ne fut sans doute pas plus facile.


                • Tab Tab 8 mars 2012 13:40

                  « J’suis pas en manque d’affection, comprends que je n’attends plus qu’elle m’aime ! »

                  Cher Kerry James, je comprends ton désarroi. Il est vrai qu’il est incompréhensible que même Hollande, en proposant de taxer les haut revenus à 75%, se mette à stigmatiser les immigrés à travers leurs portes-paroles subventionnés, plein aux as, et pleins de haine.

                  Bien à toi.


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Auteur de l'article

Jason Moreau


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