Et puis il y en a d'autres encore d'histoires étranges à raconter. La dernière en date est celle d'une expédition, montée pour retrouver les corps de pilotes disparus par plusieurs garde-côtes, dont les collègues avaient disparu en tentant de sauver des vies. Une demande appuyée par la famille Pritchard, qui demande au gouvernement US de réactiver les recherches pour retrouver un avion et ses occupants... disparus en plein Groenland, en décembre 1942. L'affaire n'est pas la première : on a récemment retrouvé sous des mètres de neige devenue glace congelée un avion en si parfait état qu'il vole à nouveau, entièrement remis à neuf, et a été surnommé le "Glacier Girl" un superbe P-38 roi des meetings aériens désormais. L'avion de Pritchard mérite aussi le détour, puisqu'il s'agît d'un rare Grumman Duck, un étonnant hydravion à coque-sabot, construit à fort peu d'exemplaires. L'ironie veut que l'équipage de ce Duck se soit crashé en allant sauver un équipage de B-17 crashé lui aussi au Groenland. Lui même parti à la recherche d'un autre avion... disparu.
Les archives regorgent de ce genre de choses. En pleine guerre, des appareils disparurent, et on ne les retrouva jamais, ou alors bien plus tard, vidés de leurs occupants. Celle qui vient à l'esprit est évidemment celle des célèbres Grumman Avengers disparus... juste après guerre, le 5 décembre 1945, dans ce qu'on a appelé le "Triangle des Bermudes". Le "Lost Squadron" dont on a fait toute une littérature de gare. Une étude de 1975 aura beau eu prouver que cet endroit du monde n'était pas plus dangereux que d'autres, la légende perdure, hélas. Les 5 avions partis de la Naval Air Station de Fort Lauderdale avaient eu des ennuis de compas, pour sûr et s'étaient perdus en mer. Mais l'envoi d'un lourd hydravion Martin Mariner du Training 49 (BuNo 59225), sur les trois partis à leur recherche et lui aussi disparu allait alimenter la légende. Le dernier contact des Avengers sera au niveau de New Smyrna Beach, en Floride. En 1986, lors des recherches sur la navette Challenger, tombée à proximité de l'endroit présumé de la disparition, on avait crû trouver des morceaux d'Avengers. Peine perdue, l'archéologue spécialisé Jon Myhre n'arrivera pas à convaincre de sa découverte. En 1991, le mystère semblait résolu : cinq avions Avengers étaient détectés à 750 feet de profondeur près de la Floride par le bateau de recherches Deep Sea. Le problème, c'est qu'ils n'étaient pas du Squadron 49... les premiers relevés indiquaient les numéros s FT-120 et FT-87 sur la queue, ainsi que le 241 : pas un seul ne correspondait. Seul le N°28 pouvait correspondre : l'avion du leader était le FT-28. Les avions, disposés au même endroit mais construits à des dates différentes, avaient dû être jetés par dessus bord d'un navire après avoir été déclarés inopérables. Les matelots du tanker SS Gaines Mills, qui passait dans les environs avait bien entendu et vu une boule de feu : celle de l'explosion de l'hydravion, dont la réputation de bombe volante n'était plus à faire. Si les Avengers s'étaient perdus, le Mariner avait bel et bien explosé, tuant ses 13 membres d'équipage. On est toujours à la recherche des FT-28, FT-36, FT-3, FT-117 et FT-81. Et de leurs 14 membres d'équipage (les Avengers contenant trois personnes, sauf le N°81). Certains ont bien une théorie, mais elle est un tantinet hollywoodienne.
Un autre escadron volant perdu s'était lui perdu pendant la guerre, et cette fois au Groenland. Les américains avaient décidé de convoyer dès 1942 des avions récents pour supporter les anglais dans leurs efforts pour contenir Hitler. C'était l'Opération Boléro décidée par Roosevelt en personne. Les avions étaient envoyés en vol, via le Labrador, le Groenland et l'Islande : le premier convoi de ce type fut piloté par Paul Tibbets, qui s'illustrera plus tard autrement (à Hiroshima !). Le 15 juillet 1942, un convoi de 2 B-17 et de 6 P-38 tous neufs décolle du Maine, direction l'Angleterre en passant par Reykjavík. Arrivé aux abords du Groennland, une énorme formation de cumulus les oblige à monter très haut, les pilotes devenant "bleus" à l'intérieur de leurs avions. Quand ils ont terminé de le contourner, ils tombent sur un banc de brouillard alors qu'ils ont consommé bien trop d'essence. La patrouille dirigée par Carl Rudder décide de se poser au complet, B-17 et P-38 ensemble. Le premier à le faire est Brad Mac Manus, qui tente de se poser train sorti : il se retourne aussi sec mais sort vivant de son habitacle !
Les cinq autres décident de se poser train rentré, dont l'avion du Lieutenant Harry L. Smith, à peine âgé de 23 ans. Les deux B-17 qui ont envoyé message sur message se posent sans encombre : les 25 pilotes de l'opération y séjourneront jusqu'au 24 juillet, où une équipe à skis partie de la base du Sud du pays viendra les secourir. On leur a au préalable largué un dinghy, et des vivres, ils repartent avec un ou deux souvenirs de leurs appareils, abandonnés sur place.
Cinquante ans après, Brad Mac Manus est arrivé à nouveau sur place à bord d'un Pilatus : on a réussi à monter une expédition pour retrouver les vestiges de la patrouille. Le problème, c'est qu'il n'y a rien en vue. En 1988, il y retourne à nouveau, cette fois armé d'un radar de surface : selon les experts, les avions sont recouverts par les mètres de neige devenue glace depuis le crash. Le dirigeant de l'expédition étant un foreur en pétrole, il décide de creuser à l'endroit où un écho à été trouvé, à l'aide d'une tarière chauffée : bingo, ils tombent sur l'avion de Smith, les hélices presque intactes car il les avait mises en drapeau avant de se poser. L'appareil est... nickel, ou presque. Le B-17 à côté à moins de chance : le poids de la glace l'a complètement écrasé. L'équipe a déjà dépensé 1,5 millions de dollars et ne reviendra qu'en 1992 avec 500 000 de plus pour commencer à sortir l'avion de sa gangue glacée. Seul le cockpit est écrasé sur l'exemplaire : un expert en restoration descendu au fond du tunnel creusé déclare l'avion... réparable, et c'est ce qui sera fait, en effet !
Un vrai travail d'orfèvre ! Pour alimenter en argent le projet fou, on montre à la Mecque d'Oshkosh (cette année c'est le 21 juin , avec comme invité... le P38 des glaces, de nouveau de retour !) des morceaux de l'appareil à partir de 1994, dont la partie centrale remontée dès 1992. Au final, 80% de l'avion restauré sera original : en 2008 ses moteurs tournent, et le 17 septembre 2001, après près de 20 ans de restauration, les deux moteurs rugissent à nouveau (quel son !) et l'avion décolle à nouveau, doté de son nouveau nom : "Glacier Girl", évidemment ! Depuis, il est de tous les meetings. Magnifique !
Et puis il y en eût un autre encore : et là c'est toute une cascade tragique de crashs qui est en cause. Tout d'abord un C-53 (un DC-3), qui s'égare au dessus du Groenland le 9 novembre 1942. Pour savoir ce qui lui est arrivé, on envoie un B-17 (PN9E, N°42-5088), avec 9 personnes à bord. Qui lui même s'écrase après avoir heurté de l'aile un glacier, lors d'un virage un peu trop serré.
Résultat, on décide trois semaines après de dépêcher un navire, l'équipage ayant réussi à communiquer avec sa base : il est tombé à seulement 25 miles d'une base météo. Le navire Cutter Northland, sous le commandement du Lieutenant Commander Francis C. Pollard est envoyé à la recherche des infortunés sauveteurs.
Le navire arrive à Comanche Bay, sur la côte Est du Groënland le 28 novembre, apportant avec lui un avion de recherche tout neuf : un Grumman J2F "Duck", le remplaçant de son vieux SOC-4 Seagull. L'avion du LT John A. Pritchard Jr, et de son radio Benjamin Bottoms, se pose au train sur la glace et entreprend de ramener l'équipage, dont en priorité les blessés.
Deux par deux, le Duck emporte les hommes affaiblis par le manque de nourriture. Le lendemain, un autre vol est prévu, mais au retour l'avion est pris dans un banc de brouillard qui enrobe son navire mère. Pritchard n'atteindra jamais son navire : l'avion s'écrasera un peu plus loin, et son épave sera vue d'avion huit jours plus tard, avec aucun signe de vie à bord.
Les deux sauveteurs et le Caporal Loren Howarth du vol PN9E sont morts. Pritchard et Bottoms recevront la Distinguished Flying Cross, et les derniers occupants du B-17, ravitaillés par avion, seront embarqués en avril 1943, après être restés 6 mois dans la queue de leur avion devenue leur seul refuge. L'avion du Col. Bernt Balchen, (ci-contre en photo, deuxième à gauche) un Catalina dépêché sur les lieux pour venir les chercher, découvre effectivement le B-17 le fuselage cassé en deux parties, l'avant broyé.
Balchen, pour arriver à se poser, s'était posé... sur la glace ; mais sur le ventre, avec son Catalina, une première ! Pour ramener l'équipage (gelé), Balchen avait pris d'autres risques inouïs ! Depuis 1942, les deux valeureux sauveteurs morts en héros sont toujours considérés comme MIA (Missing in Action). On pense pourtant l'affaire terminée à jamais.


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jeune retraité de l'Education Nationale (PEGC) et du privé très (très) actif.
Voir ses articles, sa fiche et ses statistiquesHynek avait comme copain Jacques Vallée ; ça en dit long... http://www.languedaude.fr/bibliothe...
18/06 01:49 - moriceRésultat, vos petits hommes verts de Roswell sont des nains de jardin.... des sondes (...)
18/06 01:26 - PyrathomeDites-donc, à propos de nombreux témoignages et photos des pilotes de l’époque, ils (...)
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